ASILE DE MARSEILLE
médecin intervienne dans beaucoup de cas d’une manière active afin de prévenir ou de mitiger certains accès de manie périodique. « Dans tous les cas possibles, dit M. le docteur Baume, nous traitons ces malades à l’infirmerie ou dans des salles d’observation pour faire avorter les accès qui se préparent, tantôt avec quelques grains d’émétique, quelques laxatifs, des bains prolongés; tantôt par une bonne affusion qui soustrait rapidement à la circulation cet excès de calorique qui accompagne constamment la fureur (1). »
Au reste l’application de la camisole à Saint-Athanase est trèsrestreinte et ne s’élève en moyenne qu’à une camisole tous les deux jours.
Asile de Marseille. — J’ai visité, l’année dernière, le bel établissement de Marseille, qui ne contient pas moins de 800 malades confiés aux soins éclairés d’un aliéniste éminent, M. le docteur Aubanel. J’ai admiré la tranquillité de cette quantité d’aliénés appartenant aux pays les plus divers. Il y a là des malades qui arrivent de l’Algérie, et le mouvement immense de la population flottante de Marseille amène à l’asile grand nombre de cas aigus. On sait que, dans cette période, l’agitation est excessive. Les réflexions que je faisais à mon honorable ami, M. le docteur Aubanel, sur le caractère différentiel des malades anglais et des malades français, lui font dire à son tour que les mœurs influent beaucoup sans contredit sur le mode d’action de la folie. « On ne transformera jamais, m’écrit-il, un Français en un Anglais, et jamais un homme du Midi en un homme du Nord. L’éducation donne à l’homme un caractère mobile. Mais l’organisation contribue également, et avant tout peut-être, à imprimer à la race un type qui ne s’efface jamais. Notre origine française ou anglaise fait de nous ce que nous sommes. C’est une nécessité en bien ou en mal que nous devons subir, sauf les modifications qui tiennent de l’éducation. Vous êtes émerveillé du non-restraint , c’est bien. J’aime comme vous, et comme les Anglais, que l’aliéné ne soit pas garrotté, mais je n’aime en aucun genre les excès. J’ai aboli chez moi la réclusion cellulaire du jour; j’ai réduit celle de nuit à de
(1) Il a été fait à l’asile de Saint-Athanase des expériences intéressantes, qui prouvent que lorsqu'un aliéné en fureur est plongé dans un bain d’eau froide contenant 300 ou 400 litres d’eau, la chaleur du liquide augmente de 3 ou 4 degrés au bout d’un quart d’heure.