ASILE DE MARSEILLE
minces proportions ; je la réduirai encore davantage en créant de nouveaux dortoirs. J’ai aboli tous les moyens contentifs barbares, mais je crois la camisole utile, le jour, dans quelques cas, et la cellule utile la nuit pour certains aliénés. Je ne veux l’abolition de l’une pas plus que de l’autre. La pratique est mon guide. Ce serait trop long d’entrer dans les détails. J’aime mieux laisser dans une cellule un aliéné bruyant que de le faire coucher dans un dortoir où il troublerait le repos des autres aliénés. Je ne veux l’attacher sur son lit à aucun prix. Dans le jour je préfère la camisole à ce moyen contentif de le maintenir à l’aide de plusieurs servants. Fera-t-on promener constamment l’aliéné paralytique qui ne peut pas marcher et s’agite d’une manière incessante ? Le fauteuil a encore parfois son utilité. » (il novembre 1858.)
Enfin quand nous arrivons à la question d’application pratique du non-restraint , nous voyons que dans un asile de plus de 800 malades, renfermant toutes les variétés possibles de la folie, les cas les plus difficiles, par conséquent, M. le docteur Aubanel ne comptait cependant, à l’époque où je visitais son asile, que deux camisoles. L’une était portée par une ancienne malade qui avait des accès de fureur tous les mois, l’autre par un aliéné paralytique qui déchirait ses vêtements et se déshabillait à tout instant. C’est bien moins que je n’en comptais à l’asile de Saint-Yon à la même époque où, sur 750 malades, nous n’avions pas moins de 12 à 14 femmes camisolées. Ce chiffre a baissé depuis, grâce à l’emploi des moyens dont j’ai déjà parlé et sur lesquels je reviem drai encore. Mais, comme j’en ai déjà fait l’aveu, nous ne pouvons encore en ce moment, malgré nos efforts et l’espoir qui nous soutient, présenter notre asile comme affranchi de tout moyen coërcitif.
Si maintenant je résume les opinions des médecins français qui m’ont fait l’honneur d’entrer en rapport avec moi sur la question du non-restraint , je puis constater que tous leurs efforts ont tendu et tendent encore à diminuer l’emploi des moyens coercitifs. Ils ne disent pas précisément : plus de camisoles ; mais : le moins de camisoles possible. Ces honorables confrères se préoccupent justement des cas exceptionnels, et ne veulent pas, en forçant les conséquences d’un principe, rester désarmés vis-à-vis d’aliénés temporairement furieux ou dangereux. Ce n’est pas non plus là l’esprit du système de M. Conolly, car j’ai intentionnellement cité les paroles où il dit qu’il se gardera bien d’affirmer avec M. le