‹ Le non-restraintChapitre 49 sur 53 · DES AFFECTIONS MENTALES · texte numérisé non relu

DES AFFECTIONS MENTALES

physiques et morales de l’espèce humaine. Je crois avoir démontré que, si les causes de tant de misères ont existé à toutes les époques, leur puissance actuelle se trouvait accrue, en certains côtés au moins, par la fréquence et la propagation plus grandes des excès alcooliques, par la dévorante activité qui remue toutes les couches de la société, et entraîne les individus vers des destinées nouvelles. L’ambition de parvenir est immodérée, comme on sait, et l’on sacrifie tout aux exigences du luxe et à la satisfaction des appétits matériels.

Ce sont là, sans doute, des causes bien actives de troubles de l’esprit, et de perversion des sentiments. Mais ce qui n’est pas moins constant aujourd’hui, c’est que la population en France a augmenté, et que l’autorité administrative, ayant bien plus de moyens d’investigation pour sonder les plaies du corps social et apprécier l’action des causes des maladies, peut se rendre un compte aussi exact que possible du nombre de ceux qui en sont les victimes.

Comment donc s'étonner si la statistique moderne découvre un aussi grand nombre d’aliénés ? Toutefois, malgré l’impossibilité où nous sommes de comparer le nombre des aliénés existant aujourd’hui au nombre probablement considérable, et plus considérable peut-être qu’on ne le pense, de ceux qui existaient autrefois, il est néanmoins facile d’apprécier, jusqu’à un certain point, les - différences qui existent entre les maladies mentales actuelles et les maladies mentales des temps passés. Il n’est pas moins facile, en comparant la différence des conditions sociales, de comprendre pourquoi les aliénés sont pour nous un embarras plus grand qu’autrefois.

I>es affections mentales dans leurs rapports avec la prédominance des causes existantes. — Il est bien certain qu’à raison même de la prédominance des causes que j’ai alléguées, les affections cérébrales idiopathiques, telles que l’apoplexie, la paralysie générale, le ramollissement cérébral, et toutes les nombreuses variétés de démence que ces lésions entraînent à leur suite, priment de beaucoup les délires des sentiments, qui étaient l’apanage d’une époque moins préoccupée de ses intérêts égoïstiques, et dévorée d’une activité moins grande pour atteindre le but de ses ambitions, et la satisfaction croissante des besoins nouveaux qui nous dévorent aujourd’hui. Il n’est pas moins constant que, sous l’influence de cette suractivité dans les causes que je signale,

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