QUESTIONS PRÉLIMINAIRES
pays pour que je sois en droit de jeter un blâme sur la conduite d’un médecin d’asile d’aliénés en Angleterre, qui croirait devoir, dans un cas particulier où il y a de violentes tendances au suicide, par exemple, ou à tout autre acte malfaisant, tel que l’homicide, prendre des mesures de précaution et préserver les malades de leurs propres excès.
Mais la méthode qui consiste à pouvoir se passer de camisole, de lien ou de tout autre instrument contentif étant chose bien avérée,, pour ce qui regarde la généralité des asiles anglais, voyons quels sont les procédés employés pour calmer l’aliéné. Examinons comment il est possible de faire converger tant de forces hostiles et désordonnées vers le calme, l’ordre et la tranquillité dont j’ai été témoin, et que je m’efforce de faire régner à l’asile de Saint-Yon, sans être parvenu encore, je dois bien l’avouer, à réaliser tout ce que je voudrais voir s’accomplir sous ce rapport.
Questions préliminaires. — Les aliénés en Angleterre sontils donc d’une autre nature que les nôtres, moins excités, moins excitables; ou bien les effets pathologiques de l’aliénation ne sont-ils plus les mêmes en ce pays? Le paralytique général est-il moins violent et désordonné dans ses actes ? l’épileptique, moins furieux avant ou après l’invasion de ses accès? l’idiot, moins instinctif et moins dégradé ? Ne se montre-t-il plus comme chez nous avec ses excitations périodiques et ses tendances malfaisantes? Ou bien encore le service médical est-il mieux organisé? Le médecin a-t-il à sa disposition des agents meilleurs, plus zélés et plus dévoués que les nôtres? L’organisation intérieure des asiles est-elle mieux entendue ? La disposition si naturelle des aliénés à la violence, à l’irritabilité est-elle tempérée par le bien-être plus grand dont ils jouissent sous le rapport du classement, de la nourriture, du vêtement, du chauffage, de la ventilation, de tous les éléments qui concourent à tempérer l’activité maladive des sens et à calmer les exacerbations du système nerveux? Ou bien enfin le non-restraint serait-il une chose factice, en ce sens que la proscription de ce moyen de contrainte envers certains aliénés momentanément furieux ou dangereux par la nature de leurs actes, serait remplacé, ainsi que l’ont insinué ses détracteurs, par d’autres moyens, tels que l’isolement cellulaire ou l’emploi d’un plus grand nombre de gardiens dans des circonstances déterminées ?
Voilà, Messieurs, les questions que je me posai et pour la solu-