A COTE FLAMANDE ET UL'NKEIKJL'E
marché flamand qu'elle avait conservé dans la partie qui n'avoisine pas inimt5diateaient les bassins. Le samedi les paysans des environs accouraient sur la place pour les ventes et les achats ; les jours de fête elle réunissait les riches fermiers d'alentour, pleins de l'exubérante joie d'une race forte, taxée de froideur en vertu d'un des innouibrables préjugés qui courent sur la Flandre. Son carnaval était réputé pour l'eutrain de la célèbre bande des pêcheurs qui, au son des tifres, circulait en chantant des chansons llamandes ou françaises. Des dunkerquois, émigrés depuis des années, accomplissaient souvent un long voyage afin de revenir assister à la réjouissance, sur la vieille terre des kermesses et des ducasses. Ne sont-elles pas blessées pour longtemps ces joies par où s'exprimaient la race, la tradition qu'il ne fallait pas demander à des témoins de pierres mais à la foule ? En effet, sans cesse bombardé, assiégé, Dunkerque ne possédait guère de ces vieux monuments qui font la calme gloire des cités heureuses. Au point de vue de l'architecture ancienne on comptait à peine quelques pièces dignes d'intérêt.
La belle église paroissiale de style ogival dédiée à saint liloi, détruite plusieurs fois par la guerre, rebâtie encore sur les mêmes plans en 1558 après son incendie par le maréchal de Ternes, eut le mérite de participer intimement à la vie de la cité quelle avait grou[iée dans les dunes. Elle recueillit les cendres de ses héros, tels que Jacobsen et Jean Bart, elle partagea les gloires et les deuils et, au cours des derniers événements, compta au nombre des temples martyrs. Sa vieille tour put mener une carrière plus heureuse. Aujourd'hui séparée de
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l'église, elle sert de belfroi et abrite un des carillons les plus réputés de la Flandre française. Les obus allemands qui s'acharnaient pourtant sur tout ce qui s'élève ne l'ont pas abattue, mais les bombes tombées alentour ont faussé le mécanisme du jeu de cloches, pour le moment silencieuses et qui recommenceront bientôt leur musique aérienne, langage balbutiant de l'âme naïve des cités flamandes.
Le souvenir du château élevé sur la côte par les seigneurs du pays subsiste seulement par son donjon octogonal, d'ailleurs de dimensmus modestes et de plan fort simple, situé face à l'avant-port, devant la cale des pêcheurs. Cette tour n'a de pittoresque que son nom « le leughenaer » c'est-à-dire en flamand « le menteur », épithète qui rappelle les époques troublées pleines de trahisons et d'embûches. Aujourd'hui pacifique feu de port le « leughenaer » indique aux vaisseau.K l'axe du chenal et abrite de son ombre la halle aux poissons qui malgré son titre bien régional, « le minck » rappellerait plutôt une sorte de bain turc qu'une bâtisse à l'usage de pêcheurs flamands.
Ce mépris pour l'art du terroir qui (sauf d'heureuses exceptions) régna dans tout le Nord et ailleurs pendant une bonne moitié du xi.x» siècle semble aujourd'hui en voie de disparition. S'il trouva le temps de perpétrer des horreurs, une heureuse réaction se fait désormais sentir. On se décide enfin à comprendre en France que l'uniformilé ne saurait convenir à un pays formé de vieilles provinces riches de tant de traditions diverses. Des hommes se groupèrent qui, au début, étaient surtout des Provençaux ou des Languedociens, les Frédéric Mis-