SEDAN
cour contre Richelieu et dut céder sa principauté de Sedan à Louis XIII, pour avoir la vie sauve. Sur la même place se trouvent l'hôtel de ville, le palais de justice et le the’âtre.
La Meuse, faisant un grand circuit à l’E. , vient passer près de cette place. En la traversant, on se trouve encore dans un beau quartier neuf, puis dans une prairie que traverse le viaduc de Torcy, Plus loin, au delà d’un canal de navigation, est le faubourg de Torcy , avec une église et un couvent modernes du style gothique. La rue Wadelincourt, qui passe devant l’église, ramène à la gare.
Bazeilles , village à 4 kil. Va au S.-E. de Sedan (voit, partie., 2 fr. 50 et 3 fr. ; stat. , p. 72), est surtout l’endroit que visitent les personnes s’intéressant aux événements de 1870-71. La route commence au S. de la place Nassau, qui forme l’extrémité de l’avenue Philippoteaux et où se trouve un collège de filles.
C'est en effet de ee côté et plus particulièrement aux alentours de Bazeilles que fut le centre de la bataille de Sedan, le 1 er sept. 1870. L’armée de Mac-Mahon, partie du camp de Chàlons (p. 69) pour se porter au secours de celle de Bazaine à Metz, par Montmédy (p. 72), avait été rejetée sur Sedan par les armées du prince royal de Prusse et du prince de Saxe, cette dernière déjà victorieuse le 30 août au combat de Beaumont (p. 77). Le passage de la Meuse s'était surtout effectué du côté de Bazeilles, et les Français occupaient les hauteurs de la rive dr. de la Givonne, petit affluent ae la Meuse qui passe derrière Bazeilles, soit les hauteurs de la ifoncelle, Daigny et Qivonne (p. 72), leurs lignes se prolongeant à 1*0., par Illy et Floing , jusque vers la presqu’île d’iges (p. 69). Baz.eilles et la Moncelle furent d’abord les points les plus disputés, depuis 4 h. l/j du matin jusqu’après 10 h. ; ce furent ensuite Daigny et Givonne et finalement llly, oit les armées allemandes opérèrent leur jonction vers 2 h. du soir. Alors se terminait en faveur des Allemands une des plus importantes batailles des temps modernes. Des considérations politiques avaient dicté les ordres qui forçaient Mac - Mahon à se porter vers le nord , les chefs allemands avaient eu l’habileté de l’acculer dans le fond de Sedan, deux changements de commandement (Ducrot, de Wimpffen), à la suite d’une blessure dont lé maréchal fut atteint dans la matinée, avaient amené de nouvelles complications, la bravoure d’une armée de 130000 hommes, reconstituée à la hâte, devait être impuissante contre deux armées déjà victorieuses, comptant ensemble 240000 hommes. Lorsque la position d’Illy fut perdue, ce fut dans l'armée française une déroute complète; elle se porta dans le plus grand désordre vers Sedan, et une batterie allemande bombardant alors la ville des hauteurs de Frénois (p. 69), il n'y eut plus pour les vaincus qu’à périr inutilement ou se rendre. Napoléon III, qui se trouvait à Sedan , sans y avoir de commandement, se constitua prisonnier, et la capitulation livra en outre aux vainqueurs 88000 hommes, dont 1 maréchal, 39 généraux, 230 officiers d’état-major et 3000 autres officiers, avec 10000 chevaux, 4000 canons, 70 mitrailleuses et un matériel énorme. Les Allemands eurent, dit-on, 10000 hommes hors de combat et les Français li 000.
A l’entrée de Bazeilles, à g. de la route, se trouve un estaminet ayant pour enseigne : A la Dernière Cartouche. C’est la dernière position défendue dans le village par l’infanterie de marine , sous le commandement de Martin des Paillères, contre les Bavarois de Von der Tann. C’est aussi la seule maison qui échappa à la destruction et à l’incendie allumé par représailles, nombre d’habitants ayant pris part à la bataille. On y a organisé un petit musée, composé de toute sorte de menus objets recueillis sur le champ de ba-