‹ Le Nord, la Champagne et l'ArdenneChapitre 106 sur 446 · BOULOGNE :>— HISTOIRE. || [R · texte numérisé non relu

BOULOGNE :>— HISTOIRE. || [R

L'évêchc do Boulog-ne. rétabli en \f>r>9 à la suite de la dostruction de Théronanno. a <5to supprimé on HOO.

En 1801, Bonaparte, voulant tenter une descente en Angleterre, réunit sur la côte, d'Etaples à Ambloteuse, une armée nombreuse, sous les ordres du maréchal Soult. Kn même temps, le vice-amiral Bruix prenait le commandement d'une flottille de débarquement ; d'immenses travaux mettaient le port de Boulogne en état de recevoir 2,000 bâtiments. Napoléon vint trois fois visiter le camp de Jioulotjiie, et il y rit, le 16 août 18ul, la seconde distribution des décorations de la Lég:ion d'honneur. La défaite de Trafalgar et une nouvelle coalition de l'Autriche et de la Russie obligèrent l'empereur à lever le camp de Boulogne en 1805.

Le 6 aovit 1840, le prince Louis- .Xapoléon Bonaparte débarqua à A\'imereu.\. et lit à Boulogne, contre le gouvernement de Louis-Philippe, sa seconde tentative insurrectionnelle, qui lui valut quelques jours do détention au château, puis une condamnation à l'emprisonnement perpétuel.

Boulogne a vu naître : Gode f roi de .Bouillon (1058-1100) et son frère Daudouin (-f- 1118), premiers rois de Jérusalem, fils d'Kustache H, comte de Boulogne, et de Ste Ide; Daunou, érudit, organisateur de l'Institut et homme politique (1761-18-40); Frédéric Sauvaçje, qui appliqua le premier l'hélice pleine à la navigation (1786-1857) ; le critique Sainte-Beuve (1801-1869) ; l'ésrvptologue Auguste J/ar/e^te (18-21-1881) ; les peintres Aui/uste Delacroix 1812-1868), Jeanron (1809-1877), Edmond Hédouin (1819-1889) et Euf/. Bénard (1831-1879): les acteurs Coquelin, morts tous deux en 1909.

Renseignements de séjour. — Il e.xiste à Boulogne de nombreuses maisons meublées ; mais les personnes qui ont l'intention d'3' faire un séjour prolongé ont grand avantage à louer un appartement meublé dans une maison particulière, en s'adressant aux agences de locations, qui peuvent aussi procurer des domestiques. La location des appartements meublés est faite au mois; on ne fournit ni le linge ni l'argenterie.

Le centre des distractions est le Casino, dont la disposition intérieure et la belle situation, comme les fêtes, bals et représentations théâtrales, sont très appréciés. Les représentations au théâtre municipal ont lieu ordinairement les mardi, jeudi, samedi et dimanche. De temps en temps des fêtes et concerts se donnent au jardin des Tintelleries. Une bataille de fleurs a lieu sur la Digue tous les ans au commenc. d'août.

Les sports occupent dans la vie balnéaire de Boulogne une place d'autant plus importante qu'une partie notaljle de la clientèle est d'origine anglaise. I..e Tennis-Club a ses courts boulevard Eurvin. Le Golf-Club (siège social, salle des Pompiers, r. des Pipots) a un magnifique golf-links à l'ancien champ de courses d'Aubengue. Le Sportinf/-Club (r. de Montebello, S) est une société de sports et de jeux en plein air, secondée par l'Union sportive (Hôtel de la Poste, r. du Pot-d'Etain), notamment pour les matches de foot-ball provoqués pendant les mois d'hiver. La Société des Cyclistes (vélodrome, bd. du Prince-Albert) fait pendant la saison estivale des sorties et des rally-papers. Les courses de chevaux ont pour piste une belle plaine accidentée située à l'Inqueterie. près de Moulin-l'Abbé. En outre, du 20 au 31 juillet, se tient sur la vaste place de Capécure un concours hippiaue. En été, des régates internationales sur la Liane sont organisées par la Société d' Emulation nautique et le Boulogne-Club, et des concours de pigeons par les Sociétés colombophiles IWlliance, la Fraternelle et Pro Patria. Au Tir aux pigeons est affecté un stand international, vaste construction avec buffet, élevée au ham. de Terlinclhun, à 1 k. de la Colonne ( V. p. 104).

De nombreux bateaux de plaisance sont à la disposition des promeneurs pour des ercùrsions en mer. Sur le port et à l'entrée des jetées se tiennent des marins toujours prêts à offrir leurs services. Les personnes qui désirent faire une excursion de quehjue durée sur un bateau pêcheur doivent se munir d'un permis d'embarquement, qui est délivré par le capitaine du

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port (au bâtiment des j)ilotes, cjuai Gambetta, près de la jetée du Nord- Est). Sur le quai qui longe la Liane sont établis «in nombreux loueurs do canots à rames et à voiles pour la promenade en rivière.

Les jetées, le terre-plein du nouveau port et la digue Garnot offrent des postes l'avoraljlos pour la p/'clw du poisson de mer, comme les bords de la Liane en amont de Boulogne pour celle de la brème, de la truite, du bar et de Languille. La chasse comprend les battues de sanglier, noiamment dans la lorèt de Desvres, le tir au lapin dans les garennes do Condetto et d'Ecames. de Neufcliâtel, Dannes, etc.. et des oiseaux de passage.

Les deux grandes foires de Boulogne durent eliacune 15 j. (5--i0 août, 11-20 uov.). La première, ou foi7-e d'été, qui se tient sur le boulevard Mariette, coïncide avec l'époque des grands pèlerinages.

Les fêtes patronales ou ducassei des communes environnant Boulogne sont intéressantes comme mœurs locales ( V. la monographie do Boulogne).

ITINÉRAIBE. — La Gare Centrale mi de Boulogne-Ville est

situt'p jirès de la rive g. de la Liane, au faulKuirg de Capécure. Quand on en sort, on se trouve dans la rar du Moulin-i'i-Vapeiir, qui débouche à dr. sur la place de la République (^^ pour la place Dalton et la haute ville), donnant sur rarrière-port. La place est traversée par les voies reliant la pare Centrale à la Gare Maritime (ig), télégraphe), située à re.xtiéniité du quai (>hanzy et d'iài partent les paquehols pour l'Angleterre.

Traversant la Liane au pont Mavgucl, dont les écluses et l'arche marinière mettent en relation le port de marée avec l'arrière-port et le bassin de retenue, on aperçoit en amont le pont de la Liane, et au delà les ponts-viaducs du ch. de fer de Calais.

On trouve ii l'issue du pont la place Frédéric-Sauvage (petit square), où est la statue de Frédéric Sauvage (par Lafrance, basreliefs du piédestal par Lormier, 1881). Derrière la statue est, en bordure sur le «[uai, le nouvel hôtel des Postes (1910). .\u N. de la place Frédéric-Sauvage est la halle au poisson, dont les abords oirrent tous les matins le spectacle le plus curieu.x. Entre la halle et l'hôtel Christol s'ouvre la rue Faidherbe, dont la première partie forme avec la rue Adolphe-Thiers, qu'elle croise, le quartier le plus fréquenté de Boulogne.

Si, avant de pénétrer dans la ville, on suit à g. le quai Gambetta, bordé par de nombreux hôtels, on trouve le bâtiment de la Douane, ayant pour annexes des entrepôts de marchandises et de sel, et la Chambre de Commerce (bibl. de 5,000 vol.: ouv. de 10 h. -à 4 1;.), puis le pavillon des officiers du port (oii sont affichées les prévisions du temps) et la station des pilotes. Xu delà on atteint le Casino. En face, sur la rive g., on aperçoit une batterie, la crique d'épanouissement de la marée, entourée de chantiers, l'écluse à sas donnant accès au bassin à tlot, et la gare Maritime.

Le Casino (ouv. du 10 juin au 15 oct.), parallélogramme de 48 m. de façade, avec pavillons, construit en 1861-18()3 d'après les plans de Debayser, agrandi en 1884 et en 1893, est situé entre le quai Gambetta et le boulevard Sainte-Beuve, protégé par la digue du même nom transformée en square (kiosque de concerts). C'est sur la digue qu'a été érigée, en 1909, la statue éguestre (par H. Allouard) du gén'éral San Martin, un des héros de l'indépendance sud-améri-

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Il BOULOGNE : — LA PLAGE. || [R. 5, 1"] — 93

caine, mort en 1850 au n" 105 do la Graiido-Ruo. Le boulevard Sainte-Beuve horde une belle plage (cabines roulantes) unie de sable lin résistant, sans palets ni gravier, dominée à dr. par la falaise nue. Devant la IVu.'ade tournée vers la ville s'étend un jardin, avec kiosque de musique. En avant de l'édillce, du côté de la plage, est un étiiblisscinent liydrothérnpiqiie de premier ordre. Tout à côté sont deux bassins parallèles (oo m. de long, sur 13 de larg.) appelés V Ecole de natation : l'un est réservé au.x dames, l'autre aux hommes; ces bassins, alimentés à chaque marée et renouvelés par une pompe à vapeur, permettent de se baigner à toute heure et en toute saison; sur le pourtour s'ouvrent 80 cabinets de toilette.

Le rez-de-chausséo du Casino est occupé par la salle des Fêtes, longue de -28 m., large do 13 et. haute do 15, pouvant contenir 600 personnes. La r/alerie des Glaces s'ouvre sur une terrasse donnant sur la mer. Il y a, en outre, de grands salons de conversation, de musique et de travail pour les dames, de lecture et de correspondance, de bal, de jeu de petits chevau.\. do danse, de billard, un fumoir, un gymnase, un salon de tir, un cercle (1904), un café-restaurant (à l'aile g.1, etc. Au N. du Casino et en façade sur le boulevard Sainte-Beuve est un vaste théâtre (1,000 places).

Outre les représentations d'opéras, concerts, etc.. il y a, au Casino, tir aux pigeons, régates et courses de chevaux aux mois de juillet et d'août, courses vélocipédiques et pédestres, des jeux de tennis et de polo. L'orchestre du Casino se fait entendre t. 1. j. de 3 h. à 5 h. De plus, 3 ou 4 fois par semaine, il y a concert le soir, de 8 h. à 9 h., au kiosque du jardin.

La Société Humaine et des iVaufraf/es entretient, pendant la saison des bains, le long des plages fréquentées par les baigneurs, des surveillants choisis parmi les meilleurs nageurs. Son action s'étend sur toute la côte du Boulonnais (jusqu'à Etaplcs et au cap Gris-Nez), le long de laquelle sont disposés par ses soins des postes et boîtes de secours. Kn outre, deux canots montés chacun par deux hommes tiennent la mer dans les moments où l'affluencc est le plus considérable.

Contournant le jardin du Casino, on gagne la jetée du Nord- Est, très frétiuentée et sur laquelle est installé un bon café-rcslaurant; à côté se trouve le hangar du canot de sauvetage. De cette jetée on découvre la mer sur une vaste étendue, les falaises, le fort de l'Heurt (au Portel), la ville; par un temps clair, on aperçoit la côte anglaise. La nuit, le phare du cap Gris-Nez brille à dr., à une distance de 10 k. ha jetée du Sud-Ouest, également fréquentée, offre les mêmes points de vue : mais elle exige un assez long détour.

Revenu à la place Frédéric-Sauvage, on entre en ville par la rue Faidherbe, qui croise la rue de VAmiral-Bruix {école de commerce et d'industrie pour les jeunes jilies), la rue du Pot-d'Etain (n" 10. maison natale de Sainte-Beuve, avec médaillon) et la belle rue Victor- Hugo {n" 83, maison où naquit et mourut le corsaire Fourmentin- Bucaille). La 4" rue ijui s'ouvre à dr. dans la rue Faidherbe est la rue Adolphe-Thiers, où sont les principaux magasins, de beaux cafés, et qui va aboutir à la place Dalton. De la rue Thiers on aperçoit à g., au bout de la courte rue Monsigny, le Théâtre, décoré de statues par J. Hopkins.

La place Dalton (n° 8, maison natale de Daunou), où se tient un marché le mercredi et le samedi, et d'où partent plusieurs lignes de tramways, est bordée au N. par l'église Saint-Nic<das.

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Uéiilisc Saint-Nicolas, de pauvre apparenee, mérite cependant une visite à l'intérieur pour certaines particularités intéressante*. La nef, sans caractère, est du xviii' s. : mais la croisée et les parties attenantes des croisillons et du cineur sont du xni' s. : l'abside et les chapelles à pans, d'un tracé très original, (|ui la relient aux croisillons, sont du xv" ou du xvi" s. ; on y voit deux chapiteaux plus anciens qui ont été retravaillés à cette époque.

Butt'et d'orgues, en chêne sculpté, du xvii' ou du xvui'' s. — Au-dessus des arcades de la nef, tableaux sur fond d'or (les Apôtres), par Pinclli. — Bas-côté dr. : Descente de croix, école de Rubens. — Chœur : au retable, le Christ en croix, par Lehniaan; verrières par Lusson ( Vie (/e 5/ Sicolas); statues du commencement du xvi'- s. (les Apôtres; les têtes ont été refaites).

De la place, à l'O., part la rue de la Lampe, qui descend au pont de la Liane par la minuscule place des Capucins, où VHoly Trinity CRurch occupe une chapelle de Capucins (1620); il y a été annexé un cercle gratuit où les marins anglais trouvent une salle de lecture et une bibliothèque (concerts publics en hiver).

De la place Dalton, la (irandc-Rue monte à la haute ville. Dans cette rue, à dr., l'ancien séminaire, de 17.31 (chapelle dont le fronton est orné d'une statue d'Etienne de Blois, comte de Boulogne et roi d' .Angleterre de 11 33 à 1134), renferme le musée et la bibliothèque.

Le Musée, fondé en 1823, est ouvert au public, les dim. et jours fériés, de 10 h. a 4 h.: du 1" nov. au 31 mai. les mcrcr.. Jeudi l't sam., de 11 h. à 4 h.; du 1" juin au 31 oct., t. 1. j., de il h. à 4 h., mardi excepté: pendant les foires de la Madeleine et de la Saint- Martin, de 1 1 h. à 4 h., mardi excepté.

Dans la cour-jardin précédant le bâtiment du musée, buste en bronze de t'ahtjé Hiiigneré. historien du Boulonnais.

Rez-de-chaussée . — Musée lapidaire. — Pikck a g. : cippes antiques, verroterie gallo-romaine, poteries samiennes ; pierre tombale, brisée (xiu' s.), de MathieuT d'Alsace, comte de Boulogne. ~ 1171. — Vestibule: mosaïques, chapiteaux, cippes et autres déliris gallo-romains: statue de héros en marbre ; bustes en marbre de Galba et de Faustinc; génies porte-flambeaux; cuve baptismale romane de Wierre-Efl'roy; 3 pierres tombales duxui's. ; curieuse plaque de cheminée, xvi'" s. — Après le bain, statue en plâtre, par Xicot. — Palier : plaque commémorative originale de la mort des aéronautes Pilâtre de Rozier et Romain (T. p. 11-2); inscriptions anglaises et françaises des xv!!»^, xviii" et commencement du xix' s.

V étage. — V salle ià dr.). — Collection ethnographique, où sont représentés surtout les pays d'Kxtrème-Orient. — Monnaies et médailles françaises et étrangères. — Vierge on pierre du xiv*' s.

•2« SALLE ET PIÈCE A G. — Antiquités : belles collections de poteries du Boulonnais, de verrerie et de verroterie (petits vcrr"« à boire avec inscriptions appro|iriées â leur usage >; objets divers en verre signés Frontinus; vases en verre, quelques-uns très grands, trouvés notamment à Bréquerecque et à Etaples; poteries des ateliers de Lezoux (Puy-de-Dôme): parures, agrafes, peignes, miroirs, ustensiles en bronze, stj'lcts. pommeaux d'épée ; antiquités franques; moules de monnaies: médailles, jetons et méreaux; sigillographie; serrurerie et ferronnerie. — Histoire naturelle, principalement ichthyologie et entomologie. — Meuble italien. Renaissance. — Bustes du prince Albert d'.\ngleterre par \\'olf, du naturaliste Demarle, du peintre et graveur Chifflart. de Mgr HattVeingue.

3' SALLE. — Antiquités égyptiennes : momie de Nonmouth. prêtre dOsi-

Il BOULOGNE : — MUSÉE. || [R. 5, 1°] — 95

ris, avec double sarcophage peint (xviii'' s. av. J.C.), acquise en 1826 de la l'ollection Vivant-Dcnon, et sur laquelle Mariette commença ses études d'égyptologie ; momie d'entant; 2 vitrines d'antiquités égyptiennes diverses données par Mariette. — Objets préhistoriques du Boulonnais, dans des vitrines plates ; fort belle collection de poteries grecques, étrusques et romaines; vitrine d'antiquités mérovingiennes provenant du cimetière franc de Nesles (cant. de Samer). — Gravures représentant les illustrations boulonnaises: en pendant, curieuse collection de caricatures anglaises faites à l'époque du camp de lîoulogne et des guerres de l'Empire. 4* s.^LLE ou Galerie de peinture*. — De dr. à g. : Roll. Coquelin Cadet.

— /. Héraud. Coquelin Aine. — Gaspard de Crayer. Ouragan. — Ec. flaviande (x\u' s.i. Descente do croix. — Mai/er. Château royal de Frederiksborg (Seeland). — /. .Xoel. Pêcheurs de Fécamp. — Emile Breton. Soir d'été.

— Penfold. Triste nouvelle.— Billict. Coup contesté. — André Gill. L'Homme ivre. — Ya)i dcr Âleulen. Boulogne au xvir s. — Flameng. L'Appel des Girondins (toile originale; ce tableau a été souvent reproduit;. —Fortin. Une famille de Bas-Bretons. — Tuile. Le Port de Boulogne en 18^9. — /''. El' (Juesne. Les Filles de Méncstho. — Jeanron. Cap Couronne, près Marseille. Le Cap Gris-Nez. — Eufj. Demarqunij. Sainte-Beuve. — A. Delacroix. Bénédiction de la mer au Portel. — Euij. Bénard. Cueillette des moules à Ambleteuse. — Edm. ffédouin. Semeur. — E. Bénard. Embarquement du sultan Abdul-Aziz à Boulogne (1867). — Jules Cliamerlot. La Petite ravaudeuse. — E. Héuard. Entrée de la reine Victoria à Boulogne (1855). — Tattei/rain. La Femme aux épaves. — E. Joubert. Douar Ben Ganat (Biskra). — Lauf/ée. En octobre. — Chifflard. Martyrs aux arènes. — Eug. Boudin. Navires norvégiens. — Villeret. Eglise des Carmes déchaussés à Gand. — Lccomte-du-Xovtj. L'Amour qui passe. — Devéria. L'Escarpolette.

— Jacquainl. Charles I" et ses enfants. — Sculpture : Bustes du colonel Dupuis, de l'organiste Guilmant, de l'amiral de Rigny, d'André Chônier (par David d'Aur/ers], de l'agronome Victor Yvart et dû botaniste Dumont de Courset ; buste de jeune tille, par Jenny Weil; jeune homme dormant, statue en plâtre patiné par Alex. Bullier; statuette du P. Ilalluin, par Louis Noël.

Au milieu de la salle, au-dessus de vitrines contenant des médailles : — Tattef/rain. L'Image miraculeuse (esquisse). — Ed. Hédouin. Femmes mauresques. — Gxdllemer. Franchard (forêt de Fontainebleau). — Franck. Festin de P.althazar. — Drouais. (p) de femme. — Ricard-t'ordinfjley. Entrée du port de Boulogne. — P. /loyer. Vieux pilotes. — L.-A. Leclercq. Le Pain quotidien. — E. Ghigot. Heure mourante (Petit-Fort-Philippe). — .4/»;. Leleux. Intérieur breton. — Pluehurd. Meules. — Sulv. Bosit (?), Derniers rayons d'automne. — Bassan. Animaux sortant de l'Arche. — Albert Cuyp (?). Tète de vache. — F. Rossi. Sainte Famille. — P. Lastman. Laban et Jacob. — Ec. franraisc, xvii'' s. Fleurs. — Gérard, Bon (?). Tête de vieillard. — Ec. italienne. Prédication au bord du lac. — Ec. hollandaise. Pédicure. ' — Le Valentin. Musicien. — Petitjean. La Seine à la F'rette. — Ancienne école française. La Table et la Danse. — Martens. Fruits. — Ec. italienne duxv's, La V., l'Enf. J. et St ,Iean.

On revient, par la 3' salle, aux galeries d'histoire naturelle.

5", 6' ET 7' SALLES (ccs dcux dernières perpendiculaires à la 5^ parallèles entre elles, et occupant l'aile dr. des bâtiments). — Suite de l'histoire naturelle, particulièrement ornithologie. — Jetons, niéreaux, médailles commémoratives. sigillographie, enseignes de pèlerinage, miniatures.

Dans la ô' salle, un escalier provisoire monte à une salle consacrée plus spécialement aux mammifères; il y a été placé quelques tableaux.

8' SALLE ou G.\LEiuE CouiisET. — Paléontologie; série complète des fossiles du Boulonnais; objets du Soudan et de l'Alaska. — Géologie et minéralogie.

— Belle collection de faïences de Delft, d'Angleterre, de Vienne, Strasbourg, Lille, Saint-Amand, Desvres, Aire, Rouen (fontaine-aiguière dont il a été

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offert 30,000 fr.), do la Chine, etc. ; porcelaines asiatiques, poteries américaines, armes des régions équatoriales, armures.

Une vitrine, consacrée à Napoléon, contient le chapeau que l'empereur portait au camp de Boulogne, son masque mort, de petits modi'des de la colonne de la Grande-Armée et de la colonne Vendôme, divers souvenirs du projet de descente en Angleterre, notamment une médaille frappée à Paris, avec cette inscription mensongère : Fr.m-pkr a Londres.

Kn sortant de la S' salle on se retrouve sur le palier d'entrée.

La Bibliothèque communale, au-dessus du musée, esl ouverte au pulilic t. 1. j.. de 10 h. ù 4 ii. du 1"'' octobre au 30 avril, à Jî h. du soir du i" mai au 30 sept., fermée pendant la sein, de Pâques et du 15 au .30 septembre. Elle renferme 70.000 vol. imprimés. 325 manuscrits, une centaine d'incunables, dont (|uelques-uns très précieux, ainsi que 1,200 plans ou cartes.

Principaux manuscrits : — Itccitutioncs de St .Vugustin il" moitié du IX"' s.); — Ecaiif/ile selon St Mathieu, du i\' s., en lettres d'or; — magnifii|ue Psautier du .x"" s.; — St Ambroise du vi"" s. ; — Heures, Oftice de la Vierge et Pontificale Jiomantun du xii' s.; — Histoire du Maiiiaut, de Jacques do Guise, traduite en français et ornée d'incomparables miniatures du xv s.; — Patrologie, ix" et x" s.; — Pontifical italien, du xv« s.; — Cartulairc de Saint-Hertin, des premières années du xv' s. : — curieux manuscrit d'Aratus (ix"" ou X' s.i contenant un Calendrier universel, orné de tigures dans le style antique et accompagné de notes autographes du célèbre astronome Delambre.

Continuant de remonter la Grande-Rue, au delà du musée, on arrive au.\ remparts (à dr.) et (à g.) au siiuurc Pildlrc tic Bozicr et Romain, (jue borde la sous-préfccturc (1776 et 1850); une inscrii»tion, sur la grosse tour d'angle di-s remparts, rappelle que c'est de l'emplacement de ce square que partirent les aéronautes Pilàtre et Romain pour tenter la traversée de la Manche (V. p. 40). Au centre du jardin est le buste colossal en bronze (par David d'.\ngers) de Henri II, (}ui rendit Boulogne à la France; près de ce massif a été planté, en 1889, le chêne du centenaire de 1789. En tournant le dos à la sous-préfecture, on a devant soi, à lexlrémité du square, le monument d'Auguste Mariette (1882), pyramide tronquée surmontée d'une statue i)ar Jacquemart, et à dr. la porte des Dunes, remaniée de nos jours (les deux guichets ont été pratiqués en 1850).

Les remparts de la haute ville, construits en 1231, en même temps que le château, sur des suhstructious romaines, par le comte Philippe llurepel, forment un rectangle prescjue régulier de 400 m. de long, du N.-E. au S.-O. sur 325 de larg. du N.-O. au S.-E., d'appareil négligé et llanqué de tours demi-cylindri(|ues. De larges boulevards et de frais ombrages les entourent. Ils sont percés, outre la porte des Dunes au N.-O., des portes des Degrés au S.-O., Gayole au S.-E. et de Calais au N.-E. Si l'on veut faire le tour complet de cette enceinte, on peut, en dei;à de la porte des Dunes, à la hauteur de la sous-préfecture, prendre d'abord le boulevard du Prince-Albert, qui borde le front S.-O. et une partie du front S.-E., et où se trouvent le monument du Docteur Duchenne (par Desvergnes) et le monument du Souvenir (par Lormier, 1899), érigé à la mémoire des soldats morts pour la patrie de 1854 à 1871. La porte des Degrés, restaurée vers 1530 ou 1540. murée pendant le siège de 1544, rou-

Il NOTRE-DAME DE BOULOGNE. || [R. 5, l'J — 97

verte en 1895, fut alors remaniée. En face de la tour de Tanglc S. s'élève la statue de Jeiiner (par Eug. Paul, 1863), érigée pour rappeler que Boulogne est la première ville de France où la vaccine ait clé mise en pratique.

La porte Guvole (« de la geôle », parce que ses tours servaient de prison) est la moins restaurée des quatre; à sa g., à l'intérieur de la ville, est une fontaine en pierre de 1788 (deux génies des eaux sur un socle demi-cylindrique). Devant cette porte commence le boulevard Eurvin, ([ui fait coude, à l'angle E., où se trouve le château, et dont le nom finit au droit de la porte Neuve. La continuation de la voie prend ici le nom de boulevard Auguste-Mariette, lequel à son tour fait coude à l'angle N.de renceinte pour aller rejoindre, près du monument Mariette, le square Pilàtre. Le front N.-E. des remparts est le plus intéressantà parcourir de près, sous les frais ombrages, où. malheureusement, la propreté laisse parfois à désirer.

Les rues entrant des quatre portes dans la haute ville se rencontrent à la place Godefroi-de-Bouillon; c'est entre cette place et la porte Neuve qu'est la rue de Lille, longeant la basilique et toute voisine du château. C'est par la porte Neuve que nous introduisons le voyageur dans le haut Boulogne. La porte Neuve ou de Calais, primitivoment porte Flanicngue {(lamande), avec ses deux tours angulaires, n'est que de 1632; le passage pratiqué à la tour de g. est de 1894; en l'établissant, on a rencontré la muraille gallo-romaine, d'où l'on a extrait d'intéressants débris de sculpture.

La rue de Lille, (jui part de la porte Neuve, longe aussitôt la basilique, dont la porte latérale de ce côté est l'entrée ordinaire.

La célèbre Basilique Notre-Dame (vocable auquel a été ajouté, à la fin du xix' s., celui de Saint-Joseph) a été bâtie de 1827 à 1866, sur l'initiative et sous la direction de Mgr HaCfreingue, protonolaire apostolique. Elle occupe l'emplacement de l'ancienne cathédrale gothique (xii^-xv" s.), détruite après la Uévolution. La façade est flanquée de deux petites tours à dômes. Le grand dôme abrite dans sa lanterne une statue colossale de l'Immaculée-Conception, par Bonnassieux. La croix qui domine le campanile atteint 180 m. d'altitude. La basilique se divise en trois parties : l'église, le dôme et la crypte. La porte latérale, rue de Lille, sans caractère, est précédée d'un porche avec une pièce où se tient le gardien, qui ouvre aux visiteurs le sanctuaire, conduit à la crypte et au dôme (1 fr. pour celui-ci, autant pour celle-là), et vend des souvenirs et objets de piété.

Suivant la tradition, sous le r('\2:no de Dagobert, arriva au port de Boulogne un vaisseau sans matelots et sans rames, qui contenait une image do la Vierge, en bois. En même temps, la Vierge en personne apparaissait aux lidèles assemblés dans une église et leur ordonnait d'aller prendre son image pour la placer ensuite dans une chapelle. Après avoir été tour à tour prise par les Anglais en 1541, rendue par cu.v, puis jetée par les protestants dans le puits du château d'IIonvault fl567). et de nouveau recouvrée en 16.39, oUe fut brûlée, le 28 décembre 1793, Sur Tordre du représentant André Dumont. Dos pèlerinages solennels à Notre-Dame de lîoulogne attirent dans cette ville, pendant la deuxième quinzaine d'août et du 8 au 15 sept., des foules considérables.

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Eglise. — Nef (|iiintuplc; les premiers bas-côtés, fort élevés, ont leurs fenêtres iiarticuliôrcs au-dessus des seconds bas-cotés, lesnuols sont éclairés par le haut au moyeu de lanternons. Au delà du transept, les premiers bascôtés se terminent, à dr. et à <^. ilu maitre-autel, par des chapelles; les seconds bas-côtés se continuent par des passajjes conduisant sous le dùnie. Les voûtes et les murs des nefs sont couverts de jjjrisailles. La maîtresse vovite. formée de coupoles elliptiques et ajourée à chaque travée, laissi; apercevoir une seconde voûte, plus élevée, décorée de sujets en f^risaille tirés de l'Apocalypse. — Le maître-autel, donné par le prince Alex. Torlonia, a été exécuté à Kome; le tabernacle est une réduction minuscule de l'arc do triomphe antique de Vérone. La chapelle à g. du sanctuaire est la cliapelle Saint- Joseph; celle do dr. . la chnpcllo Saint lienoît-Lnlnu : dans une toile au-dessus di; l'autel, saint Benoît Lalire, originaire d'Amettes, est représenté au milieu du Colisée de Rome partageant avec dautres pauvres le pain de l'aumône. La chaire (xviii'' s.), dont la rampe est sculptée à jour, provient d'un couvent, l^'ori/uc (35 jeux) a été construit par Mcrklin en 1897. Au bas du collatéral g., peinture figurant Ste Ide bénissant ses fils partant pour la croisade : au-dessous, modèle du tonilicau de (iodofroi de Bouillon qui existait au Saint-Sépulcre à Jérusalem.

Dôme. — L'intérieur est orné de caissons (portraits de papes) et de statues eu pierre, par C. Laurent. Au bas se déroule la Vie de la Vierr/p. parCh. Soulacroix. Autour sont disposées six chapelles, outre la chapelle absidale. La chapelle absidale, richement décorée {Ant/es peints sur toile marouflée par Nicolle), renferme au milieu de nombreux ex-voto et sous un balda(|uin à colonnes de marbre bleu (à l'autel : anges adorateurs par (iiuseppe Forzani; mosa'i'que, de Fabbiani, figurant le Bon Pasteur), la statue en chêne, par Duthoit (187.Î), de Notre-Dame de Boulogne: cette statue, d'un grand mérite, remplaei^ la madone brûlée en 17',io. A dr., l'autel de la chapelle de l'Imnia- Cidée-Conception est une reproduction en marbre d'un des plus beaux sarcophages chrétiens des Catacombes. Dans la chapelle de g. est le mausolée de Mgr Ilaffreiugue {- 1871 , par Duthoit, arcliitecie. et Delaplanclie, sculpteur. En avant de ce tombeau est une relique formée d'un fragment de la main de la statue primitive de Notre-Dame de Boulogne.

Crypte. — L'escalier est situé dans l'angle formé par le croisillon S. et le collatéral du chœur. Cette crypte, formée de longs couloirs, de grandes salles dont trois ont conserve le caractère roman, et de réduits ou chapelles plus ou moins remaniés, s'étend sur toute la longueur de l'église, mais se développe particulièrement sous le chœur. Ses murs présentent encore, par endroits, des peintures anciennes, les unes à moitié effacées, les autres restaurées; les grisailles sont tout à fait modernes. Les chapelles renferment d'intéressants débris de la basilique du moyen âge. des restes de beaux retables de la Renaissance et même des débris romains, et surtout un chapiteau sculpté, provenant d'un temple dont les murs ont été découverts lors des travaux do fondation de la basilique moderne, en 1827 et 1828.

On remarque principalement : — 1» \a.cri/pte centrale, sous le chœur actuel, retrouvée en 1827; elle paraît dater du xii= s. et avoir été comblée vers le xiv" s. Les colonnes, entièrement peintes, offrent des bases et des chapiteaux du xn<" s. Sur les murs est figurée l'histoire de IWpparition de Xoirc- Dame\ — 2" la crypte latérale N. (sous l'aile N. du chœur, le bas-côté correspondant et une |)artie du dôme . fort ancienne aussi ; divisée en plusieurs compartiments, elle a conserve des peintures, qui ont été restaurées. — Les autres divisions de la crypte sont toutes consacrées à représenter, en grisaille, la Yie de la Vicrye, la Passion, la Résurrection, et à retracer, par une série do portraits ou d'effigies, VHistoire de l'Eglise.

Au N. de la basilique est l'ancien évêché (wiT et .win'' s.). En fae.e de la porte S. de N.-D., la courte rue du Châleau (n° 3, maison où mourut Le Sage) conduit au lutuiunieul ([u'elle désig-ne.

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