‹ Le Nord, la Champagne et l'ArdenneChapitre 107 sur 446 · NOTRE-DAME DE BOULOGNE. |! L^- 5- ^"] — ^'J · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME DE BOULOGNE. |! L^- 5- ^"] — ^'J

Le Château (s'adresser au corps do jiarde) fut couslruit. de 1231 ù 1233, par Philippe HurepeL qui prenait part alors à la révolte des hauts barons contre la régente Blanche de Castille. Une inscription, reproduction approximative (1811) de celle de xin" s., donnant la date, est appliquée à la porte extérieure, moderne. Le château est une masse octogonale irrégulière très ramassée, entourée de fossés, llan(|uée de tours rondes, avec une cour sombre, sans donjon. Sur cette cour donnent trois fenêtres primitives, à colonnettes. Sous une partie des tours et des bâtiments l'ègnent de grands souterrains voûtés en berceau, avec une salle voûtée à ogives sur une épine de trois colonnes.

De la rue du Château, par la rue de V Oratoire ou par la rue de Lille (n" 44, maison natale du peintre Hédouin; au n" 4 de la rue de la Balance, entre les rues de Lille et de l'Oratoire, maison ayant remplacé celle où naciuit Mariette), on descend à la place Godefroide-Bouillon, où sont, au N., Thùtel de ville et le belîroi. Dans la maison n" 8 bis de cette place mourut, le 24 août 1819, l'historien boulonnais Henry \ celle qui fait l'angle de la rue du Puits-d'Amour est l'hôlcl Desandrouins (xvm" s.), ajipelé le palais Impérial parce (]ue Napoléon I" l'habita plusieurs fois de 1804 à 1810. Enfin, au fond de la place, s'ouvre la rue d'Aumont, où un ancien dépôt d'artillerie occupe un bâtiment (auj. propriété municipale) ayant autrefois servi d'annexé à l'Hùtel-Dieu, après avoir été une dépendance de l'abbaye Saint-Wulmer. A l'extrémité de la même rue, contre les remparts, est Vhôtel d'Aumoiit (xvu^ s.).

L'Hôtel de Ville (1734 et 1854) occupe l'emplacement du palais comtal. Derrière s'élève le beffroi (47 m. de haut.), ancien donjon du palais, composé de deux l'tages, l'un carré (xur' s.) et llamiué de tourelles en encorbellement; l'autre octogonal, sans caractère (xvu" s.), surmonté d'une plate-forme et renfermant une cloche de 4,048 kilogr., appelée Estourmie. Un guetteur frappe les heures et les demi-heures sur la grosse cloche aussitôt qu'elles ont sonné à l'hôtel de ville.

Dans le grand cscalior, à dr., nii vitrail rcproseiite Godel'roi de Bouillon Les deux salles de réception renferment les portraits des ducs d'Aumont, gouverneurs héréditaires du Boulonnais (16:21-1789', les portraits d'hommes illustres (Daunou, Sainte- fSenve, Fréd. Sauvage, Mariette, etc.), et une grande toilc de Cl. Jacquand fl885) : Le mayeur Eurvin et les bourgeois jurant de s'en.ievelir sous les ruines de Boulogne plutôt que de se rendre (1544).

.\ la place Godofroi-de-Bouillon commence la place triangulaire du Palais-de-Justice, dont la maison n° 19 a vu naitre le littérateur Leuliette.

Le Palais de Justice, d'ordres dorique et ioni(jue, a été bâti par Kpellet en 1852.

A la façade, .statues de Charlemngnc et de Napoléon; au fronton, la Loi (ijijiuijée sur la Force et la Justice et entourée de la Science, de l'Industrie et du Commerce, bas-relief par Bougron; à la salle du tribunal civil, tableaux de Cl. .Jac(|uand : Moïse présentant aux Juifs les tables de la loi; .fustinien promulijiinnt UPS l'unihctes: Xujjoléon publiant le Code.

\ dr. de la façade s'ouvre la rue Sainl-Jeau (n" •">, maison où

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mourul lo porte aiiulais Thomas Cnmphell) ; h ts. osl la porte des Dunes.

Sorti de la haute ville par la porte des Dunes, il faut c(Miliiurner le siiuare Filàlre de Itozier pour se rendre par la riK^ de la Barril-rc- Saiiil-Mickel au Jardin des TiiitcUeries, où un monument, OMivre d'A. Thomas et Deléiner, rappelle que d'iei partit (9 sept. 1S83) raéronaute Fran(:ois Lhoste, avec le ballon « Ville-de-lioulofiiic ■■. pour le premier passage aérien de France en Angleterre. Dans ce jardin (kiosque de concerts) sont données en été des fêles de jour et de nuit. 11 est coupé par le ch. de fer de Calais, près de la station importante des Tinlellcrics. i^ur le côté N.-O. du jardin est le Icmplc de l'église réformée de France.

Suivant la rue Wissocq, on parvient hientùt au croisement de la rue des Beligieuses-Anglaises, qui à g. (à l'entrée de la rue d'Artois) conduit au Musée Industriel.

Le Musée Industriel est ouvert aux mêmes jours et heures que le musée de peinture (F. p. 94).

Ce musée, comprenant cuv. 8,000 pièces, ofl're des collections intéressantes des industries diverses du pays, des éctiantillons des marljres du Boulonnais, les modèles des bateaux rjue l'on rencontre dans le port de Boulogne, les moules et les types de lamanufacturedeporcelaineboulonnaise(disparue), etc. Une galerie, consacrée à Frédéric Sauvage, contient les appareils inventés par lui et les déductions de son système.

L'autre partie de la rue des Religieuses va aboutir sur la place ou square Navarin. De celte place partent : le boulevard de Clocheville (église Saint-Michel, 1866-1867, style ogival); la rue Sninl-Louis, où ïhôpital renferme quelques portraits anciens de la famille d'Aumont et uu buste (moderne) de Gatien de Clocheville: et la rue de la Tourd'Odre.

C'est par celle rue qu'on monte au curieux quartier Saint-Pierre ou qu'irtirr îles Marins, aux voies rapides et populeuses.

L'église Saint-Pierre-des-Marins, bùtie de 1844 à 1850, par Debayser, est un alliage assez heureux des styles du commenc. et de lalln du xm" s. La façade et le clocher sont tout à fait réussis.

Continuant la rue de la Tour-d'Odre jus(iu';'i son extrémité, on remarque à g. VEnclos de V Amiral, poste d'observation de Napoléon, et un calvaire avec chapelle (nombreux ex-voto), d'où l'on jouit d'une vue magnifique; à dr., le fort de Saint-Pierre et remplacement de la baraque de Napoléon. Un peu plus loin, à g.^ un massif de maçonnerie informe, en briques, est le reste du \!i tour d'Odrc(V. Histoire, p. 90).

On peut descendre de là par le chemin de la Baraque an boulevard Sainte-Beuve, puis revenir à la gare par le quai Gambetla.

[Cimetière de l'Est (100 ni. E. du château, au quartier dit le Dernicr- Sou). — On y arrive de la porte Neuve ou do la porte Gayolc par les deu> branches du boulevard Eurvin. Ce cimetière renferme dos sépultures d( Boulonnais célèbres. On y voit notamment les bustes de Frédéric Sauvagt par J.-Ilopkins, du médecin Ca:in, du colonel Diipuis, tue à Sobastopol, d( l'ingénieur Ilépiiin, du champion de France Abel d'Haute feuille, du savan Bemarle: les sépultures de l'érudit Morand, du hardi coreaire Fourmentii dit Bucaille, de l'historien Eugène Barbe, des industriels Blanzy et Deinarlé

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le monument de naufraprés de VAinphitrile (1833); le monument élevé par les habitants en l'honneur de Uenrij-Melcdle Merridew (IS'/Q), avec le médaillon en bronze do ce dévoué citoyen anglais. D'autres personnages do mémo nationalité, le général Sir f/earseï/, le diplomate Oiiseleij, la comtesse iJinidonald, le cliimiste Smitlison Tennnnt, lo jurisconsulte (Jooper, etc., sont également inhumés dans ce cimetière.

Faubourg de Bréquereeque. — Il se confond presque avec la basse ville, qu'il borde au 8.-E. On y arrive par la longue f890 m.) rua Xationale. prolongement de la rue Victor-llugo (p. 93), et à l'extrémité de laquelle on prend à dr. ou au S. la rue de Bréijuereci/ue, passant devant Saint-François-de- ISales.

L'église Saint-François-de-Sales, bâtie de 1857 à 1860 par l'architecte anglais Hamson, en grande partie aux frais d'une famille également anglaise, dans le style roman, avec deux tours et un déambulatoire, renferme un très l>eau maitrc-autel sculpté par Durieux. de Reims, dans la chapelle de l'axe un autel avec grande sculpture par Farmer. et dans une autre chapelle un reliquaire du xu^' s. émaillé, renfermant, suivant la tradition, queli|ues gouttes du sang du Christ. — A 460 m. plus au S., la chapelle N.-l). de Haint-Sany, bâtie (1859-186-.^) par le même architecte, dans un style ogival très élégant, remplace une chapelle érigée par Ste Ide pour recevoir des reliques envoyées de Jérusalem par son rtls Godefroi, et parmi lesquelles se trouvaient quelques gouttes du Précieux-Sang, auj. conservées à Saint- François.

Capéeure. — C'est le faubourg industriel, sur la rive g. de la Liane, et au S. de la gare Centrale, qui en fait partie. — A g. de la gare, la rue de la Gare mène à la place du même nom, communiquant par la rue Solférino avec la vaste place rectangulaire de Capéeure, au fond de laquelle l'église Saint-Vincent-de-Paul a été construite, de 1858 à 1862, par Debayser, dans le style du xiw s. Les sculptures d'ornementation et le mobilier ont été exécutés par Durieux. On remarque, en outre, au fond de l'abside, trois peintures [Baptême de J.-C, le Crucifiement, ï Ascension) de Camille Chauveau, artiste boulonnais. — Hue de Constantinc subsiste une maison qu'habita (juelque temps Jacques II, après avoir perdu la couronne d'Angleterre. Bue Uamrémont , une vaste construction moderne, dite château de Capéeure, servit, à l'époque de la création de camps autour de Boulogne sous le second Empire (IS.ïl). de quartier général à Napoléon III, qui y reçut le roi Léopold I"'', ainsi que plusieurs autres souverains et princes.]

Port; industrie et commerce. — Le port de Boulogne est situé à l'embouchure de la Liane dans la Manche, au S. de la rade foraine de Saint- ' -in. entre le cap d'Alpreck (4 k. S.-O. à vol d'oiseau) et le cap Griz-Nez k. N.); le port anglais de Folkestone. avec lequel il correspond, est à :.. N.-O. Il se divise en deux parties, le port intérieur et le port en eau profonde, signalés en mer par les phares d'Alpreck et de (iris-Nez.

L'entrée du port intérieur est signalée par un feu de marée, d'horizon, blanc, à éclats colorés et à occultations, établi à l'extrémité de la jetée S.-O.: par un feu fixe, d'horizon, rouge, à l'extrémité de la jetée N.-Ë., et par un feu de direction rouge, à l'extrémité du quai Chanzy, dans l'avantport. En temps de brume fonctionnent deux sirènes à air comprimé établies sur le musoir de la jetée S.-O. L'établissement du port est de 11 h. 98 min. ; l'étalé du flot dure 30 min., celle de jusant -20 min. La marée moyenne monte, dans les vives eaux, à 8 m. 90, dans les mortes eaux à 7 m. 06. La profon deur d'eau est de 13 m. 40 en pleine mer de vive eau d'équinoxe, et de 11 m. 00 en pleine mer de morte eau moyenne, à la tête des deux jetées qui déterminent l'entrée.

Le port intérieur comprend : un chenal d'accès (7-2 m. de larg. moyenne) compris entre deux jetées', celle du Sud-Ouest, longue de 450 m. et pleine jusqu'à la hauteur des plus grandes marées, celle du Nord-Est, longue de

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519 m. et à claire-voie; un avant-porl ; un port de marée, long de 650 m. sur 135 de larg. moyenne (1,'250 m. de quais); un arrière-port, long de a-20 m. sur 108 de larg. (-i-iO m. de quais); un bassin à flot, vaste de 6 hbct. 87 ares (l.Ol.'l m. de quais. ■2-2XiS'^y m. carrés de terre-pleins i. relié, comme le port de marée, par des voies Icrrées à la gare des maruliaridises des ch. de fer du Nord et communiquant avec le chenal par une écluse large de 21 m., dont 4 pylônes à lumière électrique éclairent les terre-pleins; un bassin de retenue pour les chasses ; des chantiers de constructions ; un slip-way pour les navires jaugeant jusqu'à 1.000 tonneaux; trois grils de carénage; plusieurs grues, dont une de 40 tonnes; divers magasins; des entrepôts réels de douane (entrepôt spécial de sels) et pour les sucres indigènes, etc.

Un nouveau bassin de marre a été construit au S. du chenal; la première pierre en a été posée le 6 juillet 1903 par M. le président Loubct, dont il a pris le nom.

Le port en eau profonde comprend actuellement la digne Carnot, longue de 2,115 m. et qui doit être prolongée de 1 k. La surface, abritée des vents d"0., et offrant '.> m. d'eau à basse mer de vive eau. est de 28 hect. Les abords de la digue sont signalés par une bouée rouge à sifflet. A son extrémité une tour-balise lumineuse donne un feu blanc clignotant d'une portée de 7 à 8 milles.

Lo port de Boulogne est des plus importants au point de vue de la pêche (hareng, morue et maquereau, avec salaisons à bord, et poisson frais* : elle y occupe 3.400 marins. En 1907, oette industrie a produit 24.566,019 fr. pour 282 bateaux, jaugeant 12,470 tonnes. La pèche à pied (480 hommes, femmes et enfants) donne 30,000 fr. de poisson et coquillages ou mollusques. On compte dans la ville ou dans les environs immédiats une soixantaine d'ateliers de salaisons occupant 4.000 à 5,0oû personnes.

Le mouvement du port en 1907 a été, à l'entrée, de 2.5.'i8 navires (2.378.178 ton., 98.243 marins) et de 2,490 (2,381,250 ton., 97,466 marins) à la sortie. L'exportation comprend les passementeries et tissus de laine, de soie et de coton, les peaux préparées et ouvrages en cuir, les vins, l'horlogerie, la tabletterie et la bimbeloterie, les outils, instruments de musique, produits chimiques, plumes métalliques, sucres, les ciments, phosphates de chaux, marbres, fontes moulées, produits céramiques et réfractaires, les salaisons, céréal(*s. œufs, volaille, gibier, légumes, fruits, etc. Le commerce général d'importation a surtout pour objets les tissus, passementeries et rubans de laine, de coton, de soie, de chanvre; les déchets et débris de laine, les lils de toutes sortes, le liège ouvré, les objets en caoutchouc, outils, machines, liouille, bois communs, jute. etc.

Les recettes de la douane se sont élevées, en 1907, à 752,353 fr.

Boulogne est un des quatre ports (avec Calais. Dieppe et le Havre) où l'on s'embarque pour l'Angleterre. Le nombre des vo3-ageurs débarqués et embarqués au port de Boulogne a été, en 1907, de 332,524.

11 existe à Boulogne des chantiers pour la i^onstruction des bateaux en bois et en fer, l'armement et les réparations des navires avec toutes les industries qui s'y rattachent; des fabr. de briques et de produits réfractaires; d'importantes fabr. de ciments (16 usines à Boulogne et environs; 400,000 tonnes par an : des hauts fourneau.K et fonderies produisant annuellement plus de 40 millions de fonte et d'acier; des filât, et tissages de lin (env. 1 million de m. de toiles par an . de chanvre et de jute; des scieries mécaniques de bois; plusieurs ateliers do marbrerie ; des fabriques de plumes niétaUiqnes (3,500.001» à 4 millions de grosses par an, la plus connue est celle de Blanzy-Pourc ;. de crayons (Baignol et Farjon), etc.

Environs de Boulogne.

\" Colonne de la Grande-Armée; Terlinethun, Honvault; les camps

@ 3 le, des remparts à la Colonne). — La colonne de la Orandc-.Vrmée

J^ÙLcipales routes

Élap/es.. Amiens t /

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