‹ Le Nord, la Champagne et l'ArdenneChapitre 123 sur 446 · LILLE : — HISTOIRE; — INDUSTRIE. \\ [R · texte numérisé non relu

LILLE : — HISTOIRE; — INDUSTRIE. \\ [R

l>ersonne, qui y entra neuf jours après l'ouverture de la tranchée; ses

'l'tifications furent aussitôt refaites par Vauban.

Kn 1~08, Lille, défendue par le mai-échal de Boufflers, soutint un siège liiToïquo contre le prince Eugène et le duc de Marlhorough. Le manque de \ i\Tes et de munitions obligea la ville d'abord, puis la citadelle, à se rendre. !.'■ traité d'Utreclit la restitua, cinq ans plus tard, à Louis XIV.

''■ 1.000 Autrichiens, sous les ordres d'Albert de Saxc-Tcschon, vinrent mettre Niège devant Lille; ils la bombardèrent sans relàclie du 29 septembre au tobre 1792. Réduite à, une très faible garnison, la ville fut si bien défendue ■ ses habitants, et en particulier par ses célèbres canonniers sédentaires, ' les Autrichiens, après avoir essuyé des pertes considérables, durent se irer vers Tournai. La Convention nationale décréta que Lille avait bien ,1 rite do la pairie. Ce fait, militaire est le plus glorieu.x des annales de Lille ; il est rappelé par la colonne monumentale érigée sur la Grande-Place.

Lille a vu naître : Alain de Lille (1114-1203), théologien, alchimiste; Gautliier de Lille ou cIé Chàtillon. poète (xtt" s.); Jacquemart Giclée (xiii» s.), un des auteurs du « Roman du Renard » ; le P. Gratry (1805-1872), orateur et écrivain catholique: le chansonnier Desrousseaux (1820-1892); l'archéologue Caif/narl de Saulcy (1807-1880); Georges Monoier, excellent sculpteur de la Renaissance; les peintres J.-B. Monnoijer (1634-1699), Wicar (1762-1834), dont la belle collection de dessins est une des gloires du musée de Lille, Ducornet (1805-1856), qui, né sans bras, peignait avec ses pieds. Mottez (1809-1897) ot Carolus Dur an [né en 1837) ; le général /^afrf/ieî'ôe (1818-1897), un des héros de 1870, etc.

Industrie et commerce. — Une des industries les plus importantes do Lille, et dont le chiti're d'affaires peut être évalué à 50 millions de fr., est celle de la filature du lin et des étoupes, dans 30 manufactures pourvues de '200,000 broches et occupant env. 14.000 ouvriers, dont 9,000 femmes. Les toiles et le linge de table sont fabriqués dans une centaine de maisons. La filterie de lin, qui comprend la fabrication des hls à coudre, les fils à dentelles et ceu.x pour cordonniers, est répartie entre 15 établissements occupant 3,000 ouvriers. Les manufactures de tissus de laine donnent un chiffre d'affaires de 4 à 5 millions de fr. Les filatures et retordcries de fil de coton, au nombre de 25, possèdent env. 7.50.000 broches, occupent 10,000 pers. dont 6,000 femmes, ot produisent 40 à 50 millions de fr. par an.

L'industrie d'art est représentée par : 2 établissements de menuiserie et d'ébénisterie (200 ouvriers), fabriquant surtout des mobiliers d'églises; 40 ateliers de ferronnerie (400 ouvriers); des fabr. de faïences ot carreaux; dfs imprimeries importantes.

!1 existe en outre à Lille une raffinerie nationale de salpêtre, des briqueteries, des fonderies de caractères, des blanchisseries de fils, des teintureries de toiles, des fabr. de produits chimiques, de nombreax ateliers de constructions mécaniques (macliines à vapeur, matériel pour usines, etc.), dont les F lus importants sont ceux de Fives-Lille, des fabr. do cordes, de peigneuses ensemble de ces diverses industries occupe env. 12,000 ouvriers. 25 brasseries de Lille fabriquent env. 500,000 hectol. de bière. La manufacture des tabacs occupe 1,200 personnes des deux sexes et prépare, par an, 5,500,000 kilogrammes de tabacs de toute nature.

Les produits de l'industrie lilloise font l'objet d'un commerce très considérable, qui porte tout spécialement sur les tissus de tous genres, les fils, les lins, les sucres. Lille est en outre le grand marché au blé de la région. — Le 4" dimanche d'août s'ouvre une foire célèbre, appelée la Braderie, et qui dure trois semaines.

ITINÉRAIRE. — La gare de Lille, cjui est l'ancienne gare de Paris, transportée pierre par pierre en 1863, est située à l'E. et à l'intérieur de la ville, entre la plare et la rue des Baisses au N. (à dr. pour le voyageur qui arrive) et In rue de Tournai au S.

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Lt' riuailiei- le plus anime', le plus vivant de Lille est In rue Faidherbe (2sÙ m. de long.), ([ui relie la gare à la Grande-Placf. A sa soriic iiiénie de la idacc de la Gare (trams, voit, de place), l;i rue Faidiierlii' envitie à g. sur Saint Maurice la courte rue du Prie:

L'église Saint-Maurice, la plus intéressante de Lille, des .w et xvi" s., a ele rcslauri'r en I.S72 et allongée de deu.x travées, en même temps (|u'elait reconstruite la fa(;ade. à cincj pienons, sui montée ali centre d'une helle tour à lléche dentelée. Elle se compox de cinq nefs d'égale hauteur et dont le* deux extrêmes, quoiqu. gothiques, datent seulement de 1625.

A tint., on remarque : la légèreté des colonnes inonocylindriques : Ic^ vitraux des trois ohapellcs absidalcs; les statues do St Pierre et de St Paul par Bra. et (|ueli)ues bons tableaux : pourtour du chœur, St Charles /JorraiW' et 5^ François par Van Oost: les Disciples d'Emmaùs. par Van der Burgli ; cliap. Sainte-i;arbe, Vision de S te Thérèse, par Van Oost, et /'ai/saf/p. par Van der Burgh ; ciiap. de la Vierge, Mariage de la Vieri/e, par \Vamps ; Glorification de la Vierr/e, par Van Minne: la Cène, par Van Audenaerde. — A ta sacristie, chasubles des xv' et xvi<- s., et tapisserie du wii--'.

La rue Faidlierbe aboutit à la place du Théâtre, très modifiée par des travaux récents. !Je la Hourse part le nouveau boulevard Carnot, ([ui se prolongera hors ville, au N.-E.. par les Grands-Boulevards, larges de .JÙ m., et ([ue suivent les tramways de liouhaix et de Tourcoing. Le Théâtre, incendié en 1001, est en reconstruction sur les plans de l'architecte L. Cordonnier (le théâtre provisoire est place Sébastopol). La place du Théâtre communiiiue avec la Grande-Place, ([ui lui est parallèle, par la rue des Mamieliers à g., la rue des Sept-Agaches au milieu et la rue du Marcké-aux-Froinages à dr. ; entre les deux premières est la Bourse. Entre les deux places, la rue du Mnrché-aux-Fromages et la rue des Sept-Agaches, subsiste un massif de maisons, coupé par la rue des Trois-Couroimes : maisons dont les fa(.'ades, d'un dessin pres(iue uniforme, sont à peu prés telles i|u'elles furent bâties de 1540 à lOSO environ. Quebiues maisons, dans les rues voisines, olTrent une architecture analogue, toute flamande.

La Grande-Plaee forme un vaste parallélogramme à peu prés régulier. A l'angle S., la GraiurCarde, dont la façade, de 1717, est décorée de trophées et de frontons arrondis, renferme les bureaux de l'état-major de la place de Lille. Au centre de la Grande-Place s'élève la colonne commémorative du siège de 1792, érigée en 1845 sur les plans de lienvignat.

Cette colonne, en granit, flanquée à sa base de quatre mortiers autrichiens enchaînés, est surmontée d'une statue de Lille, en bronze, par Bra. La Ville tient d'une main un l)oute-feu et montro, de l'autre, la réponse héroïque de sa municipalité aux sommations des Autricliiens : « Nous venons de renouveler notre serment de vivre libres ou do mourir: nous ne sommes pas des parjures •>.

La Bourse, dont la construction fut commencée en 1632, sous la domination espagnole, est l'édifice civil le plus curieux de la ville. Bâtie en briques et en pierre, elle figure un carré parfait (fenêtres à frontons alternativement triangulaires et arrondis, pilastres à

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