‹ Le Nord, la Champagne et l'ArdenneChapitre 90 sur 446 · I-OLLEVILLE. — AMIENS. || |R. 3J — 3b · texte numérisé non relu

I-OLLEVILLE. — AMIENS. || |R. 3J — 3b

La voie débouche de 1m vallée de la Noyé dans celle de TAvre, qu'on franchit.

122 k. Boves (hùt. de la Paix), ch.-l. de c. de 1,717 hab. (presque tous blanchisseurs), dans une large vallée tourbeuse où se rejoignent les bras de la Noyé et de l'Avre, est dominé, sur la rive g., par un mamelon escarpé portant les ruines d'un donjon carré du xii" s. (on le voit, à g., du chemin de fer). — Monument aux soldais français tués dans la journée du 27 nov. 1870.

ïLe Paraciet (jolie promenade sur les bords de la Noyé: @ 2 k. 5 S.), auj. école d'agriculture, occupe l'emplacement d'un couvent de femmes fondé en 1318 par Enguerrand de Boves sur les tombeaux de St Domice et de Ste Ulphe. près d'une fontaine vénérée.]

On suit la rive dr. de TAvre.

127 k. Longueau ig), K des lignes d'Amiens-Calais (à g.), d'.\rras-Lille et de Tergnier-Laon (a dr.). — A g., au delà de l'Avre, Cagny (château du xvin" s.).

Do Longueau à Arras, R. 6.

La voie franchit l'Avre à son débouché dans la vallée de la Somme (à dr.), (|ui se divise en une infinité de canaux parmi les curieux jardins maraîchers dits HoriiUonnages.

131 k. AMIENS ci) (V. ïlndex), V. de 90,920 hab., ch.-l. du dép. de la Somme, évèché, est situé sur la Somme, qui se divise en un grand nombre de petits bras à travers le bas quartier industriel de Saint-Leu et lui donne une physionomie curieuse. Un canal navigable contourne ce quartier au N. La ville s'étend sur la rive g., où un arc de cercle de beaux boulevards, tracés sur les anciens remparts, circonscrit la ville d'autrefois, la seule intéressante, où sont la cathédrale et les monuments, et qui est aujourd'hui le quartier du commerce. Au delà des boulevards s'étalent de vastes faubourgs bien percés, séjour de la bourgeoisie. La Somme reçoit, en amont d'Amiens, l'Avre, qui arrose une partie des Ilortillonnages, en aval, la Selle, dont les eaux rafraîchissent la vaste promenade de la Hôtoie.

Amiens, ville d'industrie très étendue, n'a pas l'animation cju'on pourrait attendre dune ville de 90,000 hab., et son aspect est un peu monotone. Mais sa cathédrale est le plus bel édifice religieux de toute la France.

Gares : — Gare principale ou Gare du Nord, à l'E. de la ville, sur le boulevard d'Alsace-Lorraine, seule gare où s'arrêtent les express; — Gare Saixt-Roch, à rO. de la ville, place 8aint-Rocli, arrêt des trains omnibus des lignes de Calais, Rouen, Beauvais, Douilens, et tèie de ligne du ch. de fer Economique d'Amiens à Aumale.

Principales curiosités : — Cathédrale (p. 37); — Musée de Picardie (p. 42); — églises Saint-Germaik eï Saint-Remv (p. 42); — promenade de la Hôtoie (p. 47) ; — quartier Saint-Leu (p. 41) ; — les Hortillonnages (p. 48).

Spécialités : — macarons d'Amiens; — pâtés de canards.

Histoire. — Amiens, sous le nom de Samarobriva ou Pont-sur-Somme, était, à l'époque gauloise, la capitale des Ambiant, nation belge qui fut couvertie au christianisme par St Firmin le Martyr, au iii"= s. ^u moyeu âge, la ville appartenait par moitié à des comtes et à des évoques; ces

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derniers lui octroyèrent une charte communale en 1113. Philippe Aug^uste y célébra son mariage avec Ingelburge, en 1193: Louis IX y rendit, en 1-264, une sentence arbitrale entre le roi d'Angleterre Henri III et ses barons: Charles VI y épousa Isabeau do Bavière en 1385; Henri II et Edouard \l d'Angleterre y signèrent la paix en 1550. Amiens appartint aux ducs de Bourgogne de 1435 à li'/T, et plus lard aux Espaijnols, sur lesquels Henri IV le prit deux fois, en 1591 et 159". En 1802 la paix y fut signée entre la France d'une part. l'Angleterre, la Hollande et l'Espagne d'autre part, et la rivo g. du Rhin garantie à la France. — En 1870. après la bataille d'Amiens i-2' nov.), les troupes du général Manteuffel entrèrent le 28 dans la ville ; le -29. elles attaquèrent la citadelle dont le commandant, le brave Vogel, fut tué au début de l'action, et qui capitula le 30.

Amiens a vu naître : St Firmin le Confesseur; Pierre l .Ermite, le prédicateur de la 1" Croisade. -;- 1115; le sculpteur Dlasset (1600-1659); l'astronome Delamhre (H 19-1815; les poètes Voiture /1598-16481 et Gresset (1709- 1777); les érudits Un Cuni/e (1610-1088) et riom Itouquet (1685-1751). etc.

Industrie et commerce. — A la tête do l'industrie amiénoise vient la filature des matières premières et la fabrication des tissus (lilat. do lin, chanvre et jute; rtlat. et peignages de laine; fllat. de cachemires, de soie). Les tissus ooiiipreunent principalement les velonr.i d'Utrecht pour ameublement, do coton, etc.. et les (irticle.'t rl'.Xmien.^ (étoffes laine et soie, soie et laine pour parapluies, anacostes, escots, étamines. mérinos doubles et armures pour vêtements ecclésiastiques, étamines pour pavillons, pour doublures, etc.). Puis viennent, par rang d'importance : le tis.tnge des toiles d'emballage, à voiles, à sacs, à bâches, ilc ménage, linge de table; des fabr. de chaussures et d'articles pour cliaussures; la confection en gros; des fabr. de dentelle en coton et mohair, de rubans, etc.

Amiens possède : des établissements métallurgiques (fonderies de fer et de cuivre, ateliers de mécanique, de grosse chaudronnerie, fabr. de fers et d'essieux), do nombreuses teintureries et blanchisseries, des scieries mécaniques, des fabr. de chocolat et do caramel, de savon, colles et gélatines, de chapeaux de paille, des corroiries, mégisseries et tanneries, etc. ; il s'v trouve deux sources ferrugineuses, exploitées comme eaux do table.

Use tient à Amiens, du 24 juin au -23 juillet, une foire dite de ta Saint-Jean.

ITINÉRAIRE. — De In gaip primipalp. on monte aux hdiilovards pour les traverser, puis suivre, en face, la rue de Noyon continuée par la rue des Trois-Cailloux, aboutissant à la place Gainhetta. Ces deux rues, suivies par plusieurs lij^nes de trams, forment l'artère la plus animée d\À.miens, avec les principaux hùtels. magasins et cafés. Sur la rue de Noyon s'ouvre h g. la place René- Goblet, joli square au milieu duquel est la statue de Du Gange, par Caudron (1849). On peut se rendre directement à la cathédrale en prenant à dr. soit la rue Virlnr-Hiujo, qui longe à g. le Palais de Justice (1867-1S71), bâti sur l'emplacement de l'abbaye de Saint-Martin-au.x-Jumeaux, ayant elle-même remplacé une chapelle élevée à l'endroit où, d'après la tradition, St Martin aurait partagé son manteau (inscription avec bas-relief); soit la rue Bobert-de- Litzarclies, qui longe le palais de justice à (ir. et aboutit à la porte du croisillon S.

Dans la rue des Trois-Cailloux, se trouvent (n" 67) le thédlre, de 1773-1780, ([ui doit être remplacé par une construction nouvelle: (à la façade, Danse, Musique, Traefédie, Comédie, par Carpentier fils): et (n" 59, dans un passage) les bâtiments et la tour du lo<jis du Roi (15'25), qui servirent de résidence aux gouverneurs.

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