‹ Le Nord-Ouest canadien, son évolution primitive et ses archives législatives [microforme]Chapitre 148 sur 178 · partie de l'expres- Ja forme · texte numérisé non relu

partie de l'expres- Ja forme

d'adresse qui doit être présentée au gouverneur MacDougall. Ci-suit une copie du brouillon adopté par le conseil.

Plaise à Votre Excellence,

Nous, les membres du conseil d'Assiniboine, nommés par le #ouverneur et le comité de l'honorable compagnie de la baie d'Hudson, désirons & uhaiter la bienvenue à Votre Excellence lors ae votre arrivée dans cette région pour x remplir la charge de gouverneur 6n vertu de nouveaux arrangements qu'il à plu à Sa Très Gracicuse Majesté d'approuver. Permettez-nous d'exprimer l'espoir que vous jouirez de votre séjour parmi nous et la conviction que votre expérience d'homme d'Etat sora très profitable à cette région dans les circonstances actuelles,

Votre Excellence peut compter qu'elle recevra de chacun de nous comme citoyens particuliers, tout l'appui possible dans l'administration des affaires de cette partie du pays et comme dans le passé nous avons été responsables sous Ja direction du gouverueur nommé par l'honorable compagnie, de l'administration des affaires, nous sommes en état de donner à Votre Excellence l'assurance qu’eile trouvera dans les anciens colons de cette région, des fidèles sujets de Sa Majesté, soumis aux lois et disposés à appuyer Votre Excellence dans la juste application de cellesei,

Nous avons raison de croire que dans la situation où se trouve cette région par suite des changements qui se sont opérés rapidement depuis les quelques dernières années, il est préférable que l'administration de celle-ci soit transférée de la puissante corporation commerciale qui en a été chargée jusqu’à présent en d'autres mains. Cependant il doit être admis qu’en somme l'administration de l'honorable compagnie a été conforme aux besoins de l'époque et nous ne pouvons oublier les nombreux actes de bonté dont elle a su faire preuve de temps à autre à l'égard de l'établissement. Au cours de l’année dernière même elle s'est non seulement contentée de voter une somme

n<" érable d'argent mais elle à fait distribuer une grande quantité de grain pour

cier aux effets de la grande calamité de 1868.

otre Excellence ne doit pas s'attendre à trouver la population unanime quant à la manière de voir à l'égard du grand changement qui s'est opéré et elle ne devra pas être surprise de constater que quelques-uns entretiennent des craintes à l'égard de l'avenir. Mais omme nous voyons dans la nomination de Votre Excellence une preuve de l'intérêt que le gouvernement du Dominion veut manifester, nous avons l'entière confiance que non seulement les justes droits des anciens colons seront respectés mais que la transition s'effectuera pour eux aussi facilement que possible,

Nous nous sommes trouvés jusqu’à présent à une si grande distance de tout endroit habité que les dépenses nécessaires pour donner de l'essor à cette région ont rendu toute tentative de ce genre impraticable, Nous croyons vraiment qu'à l'avenir, non seulement on ne sera pas surpris de constater que rien de semblable n'a été fait mais que l’on rendra justice à la sagesse, à la diserétion et à la conduite honorable de ceux qui ont administré les affgires de cette partie du pays, en constatant qu'un petit établissement sans défense ait pu se maintenir durant de nombreuses années parmi des tribus sauvages barbares sans avoir été ni troublé ni molesté par ceux-ci et qu'il s'est fait sans difficulié un commerce profitable d'un bout à l'autre du territoire.

Mais comme nous devenons de moins en moins isolés il sera bientôt possible d'ouvrir ce territoire aux émigrants et de développer se: ressources. Nous sommes convaincus que son union avee ln confédération du Canada contribuera grandement à produire ce résultat. Il est difficile de dire quelles sont les ressources de cette r puisqu'il n°

JOHN BLACK

Lettre au gouverneur MactarishA

En vue du grand changement politique qu'il eroit sur le point de s’accomplir et qui aura pour effet de mettre fin à ses relations avec le gouverneur Maetavish, le conseil considère que c'est le moment de consigner sur le registre l'expression de ses sentiments À l'égard de celui qui à durant si longtemps et si dignement présidé ses délibérations. Et l'évêque de la terre de Rupert soumet un brouillon de lettre pour le gouverneur Mactavish dont une copie est reproduite ici. Le conseil l'ayant approuvé ordonne qu'une lettre rédigée en ces termes soit adressée au gouverneur Msctavish par le pré sident au nom du conseil ct qu'elle lui soit délivrée en méme temps que l'adresse précé dente.

Cher gouverneur Mactavish,

Le con il a appris avec un tre- profond regret que votre santé est devenue tri précaire, Permettez-nous d'espérer que vous saurez Vous accorder le repos nécessair et que par suite votre rétablissement ne se fera pas attendre.

A ln séance d'aujourd'hui il a été adopté une adresse pour le gouverneur qui doit arriver bientôt dans l'établissement. Vous trouverez ci-ineluse cette adresse que ki conseil dépose entre vos mains en vous priant d'avoir la bonté de faire part de soi contenu à Son Excellence et de lui demander on méme temps quand et comment ell pourra lui être présentée.

Le conseil ne peut communiquer cette adresse sans répéter de nouveau qu'il n gaurait oublier les nombreux aetes de bonté que l'honorable compagnie a manifesté pour cette région et il vous prie en même temps de transmettre l'expression de sentiments au gouverneur et au comité,

A vous personnellement le conseil désire faire part de sa plus affectueuse considé ration. {Chacun de nous a toujours considéré que vous étiez le plus propre à guide: nos délibérations, que personne moins que vous n'a cherché à imposer ses opinions, et c’est avec la plus grande courtoisie que vous avez en tout temps écouté les avis de tou

Le conseil n'ignore pas les services inestimables que vous avez rendus à l'hon rable compagnie et avee quel dévouement vous vous êtes acquitté de votre charge, 6 qui ne vous a pas empêché cependant d'écouter le plus pauvre des colons qui se trou vait dans l'embarras et de lui prodiguer vos avis.

Or le conseil sent le besoin de vous remercier pour l'infatigable courtoisie qu vous avez su démontrer durant le temps que vous avez rempli la charge de président et en même temps de vous exprimer l'espoir que vous retrouverez bientôt la santé et qu votre vie précieuse sera épargnée.

Signé au nom du conseil.

Joux BrACKk.

Le conseil s’ajourne,

Procès-verbaux d’une séance du conseil d'Assiniboine tenue le 25 octobre 18697

Présents: John Black, Esquire, président, l'évêque de la terre de Rupert, le Dr Cowan. le Dr Bird, MM. Dease, Sutherland, MeBeath, Fraser, Mannantyne, Esquirr<

M. Black déclare qu'il regrette d'informer le conseil que la santé du gouverneur Mactavish ne s'est pas améliorée et que pour cette raison il doit de nouveau présider les délibérations,

Les procès-verbaux de la dernière séance avant été lus et approuvés, M. Black fait remarquer que lors de la dernière réunion une adresse avait été préparée pour être

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er 1 Voir le n° 110 des documents relatifs au conseil d'Assiniboine, bibliothèque provincia Winnipeg.

2 Voir le n° 109 des documents relatifs au conseil d'Assiniboine, bibliothèque provinciaie, Winnipeg.

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présentée à l'honorable William MacDougall à son arrivée dans l'établissement ct que celui-ci était attendu à une date très rapprochée: que le conseil était convaincu que les sentiments de bienvenue et de loyauté exprimés dans cette adresse reflétaient les dispositions de la population en général, du moins de la très grande majorité de celleci et qu'il n'y avait pas lieu de éraindre auer ñe démonstration hostile Mais il re

grette beaucoup d'avouer que malheureusement il n'en est pas ainsi ét ou'une portion considérable de la population francaise semble animée d'un esprit bien différent. Il est devenu très évident qu'un ecrtain nombre nourrissent des sentiments hostiles à l'égard du changement imminent de gouvernement dans cette région et que cette manière de Voir a pris des proportions telles que d'après les renseignements recus dernièrement et dont l'exactitude ne saurait être mise en doute, ils ont orgar sé des bandes armées pour arrcter le L'OUVernOeUr MacDougall entre cot ehdr it ot Pe inbina

avee l'intention ouvertement avouée d'empécher son entrée dans Fétablica ment, Le

conseil a été convoqué pour considérer la gravité de cette situation et décider s'il va lieu de prendre des mesures pour empécher qu'un acte semblable s'acecomplisse,

Le conseil désapprouve à l'unanimité les actes désordennés dont le président vient de parler. Mais comme le conseil est fortement porté à croire que les parties concer uées ne se rendent pas compte, soit par étourderie où peut-être même par ignorance, du caractère profondément criminel de leurs getions et des cor séquences sérieuses qu'elles peuvent avoir, il eroit qu'au moyen d'une argumentation calme et de bons con els, elles peuvent être induites à renoncer à leurs desceins dangereux avant de s'être compromises irrémédiablement, En vue de ce résnltat, M. Riel et M. Bruce, connus comme les têtes dirigentes du parti opposé à M, MacDougall. avaient té invités d'ussister à cette séance du conseil. Questionnés par le conseil à l'égard des motifs et des intentions du parti ‘ils représentaient, M. Riel fut le soul à répondre, I] dit en substance, au cours une discussion longue et quelque peu irrégulière, que son parti était parfaitement satisfait du gouvernement actuel et qu'il n'en voulait pas d'autre, qu'il s’opposait à toute forme de gouvernement originant du Canada sans avoir été consulté à cet égard; qu'il n’admettrait jamais aucun gouverneur qui ne serait pas nommé par la compagnie de la baie d'Hudson, à moins que des délégués ne soient au préalable envoyés avec lesquels il pourrait négocier quant aux termes et aux conditions en vertu desquels ce dernier serait reconnu; que ceux qu'il représentait étaient sans éducation et à demi civilisés et qu'il se rendait compte que si une émigration considérable avait lieu ils seraient probablement chassés d'une région qu'ils réclamaient leur appartenir; qu'ils se reconnaissaient parivres et sans importance et que c'était précisément parce qu'ils se rendaient compte de ecla qu'ils n'avaient pu supporter d'être traités comme des gens d’une condition encore inférieure à la leur: que leur existence ou du moins leurs désirs avaient été complètement ignorés: que si M. MacDougall réussissait à pénétrer ici, la population de langue anglaise fui permettrait probablement d'être établi en fonctions comme gouverneur et qu'il deviendrait alors notre “ maître où roi comme il le dit” et que pour cette raison ils avaient l'intention de le renvoyer: qu'ils considéraient qu'en agissant de la sorte ils travaillaient non seulement pour leur propre bien mais pour le bien de l'établissement et que de plus ils avaient la conviction non pas de transgresser aucune loi, mais de défendre simplement leur propre liberté; ax'ils ne s’attendaient pas à de l'opposition de la part de leurs concitoyens de langue anglaise et qu’ils désiraient seulement que ces derniers se joignent à eux pour les aider à protéger leurs droits communs: qu'ils pourraient peut-être rencontrer de l'opposition de la part de quelque parti canadien dans le pays, mais que leurs dispositions étaient prises en conséquence; et qu'ils étaient déterminés à tout hasard d'empêcher M. MacDougall d'entrer dans l'établissement.

Le conseil s'efforce de convainere M. Riel de l'erreur commise par lui-même et par le parti qu’il représente, de lui démontrer le caractère eriminel de <es actes ainsi que les conséquences décastreuses qui en résulteront non seulement pour lui et son parti. mais pour l'établissement en général, s'il persiste à suivre une telle ligne de conduite. [ lui est fortement conseillé d'exercer son influence pour dissuader son parti de molester

M. MacDougall en aueune facon et pour induire ses partisans à s'en retourner paisiblement chez eux. Il lui a été représenté en même temps que tôt ou tard le châtiment serait terrible pour chacun d'eux s'ils persi taient à mettre leurs desseins à exécution

M. Riel refuse néanmoins d'adopter les vues du conseil et persiste dans sa déter mination de s'opposer à l'entrée de M. MacDougall dans l'établissement. Il refus même d'insister auprès de son parti pour lui faire accepter le raisonnement et les avis du conseil bien qu'il finisse par promettre à contre-cœur de lui transmettre ies paroles qu’il vient justement d'entendre et d'en communiquer le résultat au gouverneur Mactavish le jeudi suivant à onze heures.

M. Riel et M. Bruce s'étant retirés, le conseil délibère à l'égard de ce qui vient de se passer et considère l'opportunité d'organiser un parti armé pour rencontrer et protéger M. MacDougall. Mais il est tenu compte qu'un tel parti se composerait princi palement de la partie de la population parlant l'anglais, qu'il aurait évidemment pour résultat de faire rencontrer les armes à la main des tléments de la population qui jusqu'à présent ont vécu dans l'harmonie bien qu'appartenant à une race et à un religion différentes et bien que la langue et les habitudes ne soient pas les mêmes, Il y a done lieu de croire que les hostilités dans de tell: : circonstances ne se contincraient pas aux partis en présence, wmuis que les sauvages des environs Y seraient entraînés et que la lutte serait longue et sanguinaire. Par ‘onséquent, le conseil reconnaît que sans une force militaire régulière à laquelle il pourrait s’adresser, il n serait guère justifiable, dans quelques circonstances que ce soit, de faire une tentative qui pourrait avoir les résultats les plus déplorables.

Finalement le conseil ayant appris qu'un certain nombre de Français parmi les plus intelligents et les plus instruits wavaient pas pris part aux démarches hostiles contre M. MacDougall, la résolution suivante proposée par M. Bannatyne et appuyée par M. MacBeath, est adoptée, savoir:

Que MM. Dease et Goulet soient chargés de rassembler immédiatement autant de Français que possible parmi les plus respoctables de l'établissement, de se rendre avec eux au camp du parti qui avait l'intention d'arrêter le gouverneur MacDougall, de s'efforcer de disperser paisiblement ceux qui Sy trouveraient et que M. Dease commun que au gouverneur Mactavish le jeudi suivant ou plus tôt le résultat de leur tentative

Le conseil s’ajourne.

Procès-verbaux d'une séance du conseil d'Assiniboine tenue le 30 octobre 1869. PRÉSENTS :

John Black, gouverneur intérimaire, président. L'évêque de la terre de Rupert, conseiller. . Le Dr Cowan, e

A. G. B. Bannatyne, Esq,, Le Dr Bird,

John Sutherland, Esq.

Wm. Fraser, Esq.,

Le président parle de la décision adoptée à la dernière séance du conseil et dit que la démarche de M. Dease chargé de se rendre avec un certain nombre de ses concitoyens à la localité où se trou raient rassemblés ceux qui avaient menacé d'empêcher l'honorable M. MacDougall d'entrer dans l'établissement, avait complètement échoué Non seulement cette démarche et tous les autres efforts n'z ent pas réussi à faire

axe ont semblé plus enelins qu:

disperser paisiblement les mé mais jamais à mettre leur projet à exécution. Dans une telle situation et considérant di

plus que M. MacDougall est probablement arrivé à Pembina, le gouverneur croit qu'il

1Ce document ne se trouve pas dans le registre des procès-verbaux. La copie qui suit est extraite des documents relatifs aux sessions n° 12, p. 137, 33 Victoria.

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y a lieu de se mettre immédiatement en communication avee ce dernier à ce sujet et afin de ne pas perdre de temps, si toutefois le vonscil üpprouve cette manière de voir, le président soumet à sa considération le brouillon d'une lettre éerite par le gouverneur Mactavish au nom du conseil,

Après avoir examiné sérieusement et attentivement l'état de choses actuel le conseil décide par une motion de l'évêque de Rupert, appuyée par M. Sutherland:

Qu'une lettre soit immédiatement transmise au gouverneur MaeDougall, conformément au brouillon qui a été adopté.

(b) Lettre du juge Black à Thomas Bunn, 4 novembre 1809,

St-Paul,

Jeudi, # novembre 1866, Cher monsieur,

J'ai reçu hier au fort d'en haut votre lettre avee le brouillon des } #t des avis de la cour et j'ai trouvé le tout très bien. Ju qu'à notre rencontre qui, pour diverses raisons, devrait avoir lieu bientôt, demain ou samedi même, s'il vous est possible de venir un de ces jours, Je crois que le publie ne comprend pas bien l'état actuel de la loi relative aux licences et je crois qu'un avis publie devrait être publié bientôt “de fuit aussitôt que possible” dimanche prochain même, mais je ne puis rien décider quant à ce qui doit être fuit vu le registre où une copie de la dernière loi relative aux licences

Je suis heureux de dire que le gouverneur Maetavish qui garde la chambre était un peu mieux qu'hier (quand je l'ai quitté aujourd'hui à onze heures environ). Ui parti de 120 Français environ montait encore paisiblement la garde autour de ce qu'ils appellent le fort sans porter atteinte ui à la propriété ni aux personnes, mais quant au moment où ils jugeront à propos le se disperser, c'est une question, je crois, qui dépendra des nouvelles qu'ils recevront de Pembina. Je suis heureux que la situa-

il DOTE T rbuux CONSCFVETrHL € brouillon jus-

avant d'avoir

tion ne soit pas plus grave encore et que nous n'avons à regretter jusqu'à présent aucune atteinte à la vie ou à la propricté.

Votre tout dévoué,

J. BLACK

Thomas Bunn, Esq.

(c) Âvis transmis par Donald A. Smith aux conseillers d'Assiniboine, 3 septembre 1870:

Les messieurs qui font partie du conscil d'Assiniboine sont requis de se réunir à la Hudson's Bay House, Fort-Garry, le 6 courant à onze heures dans la matinée.

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