‹ Le Nord-Ouest canadien, son évolution primitive et ses archives législatives [microforme]Chapitre 70 sur 178 · JOHN CLARKE · texte numérisé non relu

JOHN CLARKE

\NDREW BeLGER, Gouverneur d'Assiniboine.

P.S.—Je vous transmots Je compte des

articles expédiés hier. En examinant Ja facture (?) je constate que Vous pouvez obtenir quelques râteaux de plu=

Votre,

Fort DotcLas, 25 avril 1825.

CHER MONSIEUR, —J'accuse réception de votre lettre d'hier. En

réponse à la Partie par laquelle vous exprimez votre regret qu'une explication n'ait

pas eu lieu plus tôt entre nous à l'égard des terres à concéder aux serviteurs de la compagnie mis à la retraite, permettez-moi de faire observer que je vous ai fait part plus d'une fois, au cours de la conversation, de mes sentiments à ce sujet, M. Ke ip est aussi allé vous voir plusieurs fois dans ce but. Jai toujours considéré que Je n'avais rien à décider à l'égard de cette o iestion, que vous pouviez, à votre gré, accepter ou rejeter

mon avis et que, par conséquent, aprés Vous avoir fait part de mn manière de voir, je

mavais plus qu'à attendre votre décision. Dès le mois de février dernier M. Kemp, contermément à votre désir, a dressé et vous a soumis le plan d'un village qui serait situé sur la rivière Assiniboine, dans un endroit que nous avons jugé, vous et moi,

le 8 favorable pour ceux des serviteurs mis à la retraite et qui ont été d'une ni iere S}x iale placés Sous votre surveillance et votre contrôle, par suite de la préximité de cet endroit de l'établissement de la compagnie, Finalement ce plan n’a Pas été approuvé par vous et {mage Plain à 66 déterminée comme le lieu où ces gens devaient être établis. 1] me semble que l'étendue de terre à leur concéder n'a pas été lécerminée d’une manière absolue et j'avais surtout en vue, par ma lettre du 23 courant, d'obtenir votre décision finale à ce sujet. Or comme vous avez ou la bonté de }a w'elle sera mise à effet avec liligence possible

le moment, sans commettre une injustice envers les v sieurs qui ont servi la commnonin at ds:

communiqué par ma lettre d'hier. sont dans un état

Cependant il y a actuellement à Image Plain, cun, en état d'être accordés à huit de éeux auxquels rtificats

Ils ont été tracés l'a itomne dernier par M Kemp et | min

environ au-dessous de Pigeons. Si vous voulez faire tirer ces lots au sort et donner avis à ceux qui les gagneront de SY rassembler à une date tixée (qui nous sera communiquée un jour à l'avance) le premier chaîneur de M. Kemp se rendra sur les lieux ; avec eux pour leur indiquer leurs aur:.éros respectifs. Quant au reste, soyez convaincu que M. Kemp est désireux de s'acquitter de sa tâche avec toute la diligence possible, Jusqu'à la réception des certificats que vous avez délivrés à J. Parke, J. Whiteway et J. Falster—ct ce sont les premiers que vous avez accordés, je crois, depuis votre arrivée, à l'égard de concessions excédant 50 acres, j'ignorais que le gouverneur Simpson eût établi une formule spéciale, Soyez convaincu que je n'ai pas l'intention de vous causer d'embarras inutile. Je vous renvoie l'obligation de W. Dunnett qui me paraît engager ce dernier suffisamment,

Je suis, cher monsieur,

Votre dévoué,

(Signé) A. BULGER.

JOHX CLARKE, Esquire,

21. Procès-verbaur du conseil d'Assiniboine en date du 2 mai 152.1

Procès-verbaux d’une séance du conseil tenue le troisième jour de mai mille huit cent vingt-trois à l'établissement de la rivière Rouge dans le district d'Assiniboine.

PRÉSENTS

Andrew Balger, gouverneur du district d’Assipiboine. Thomas Thomas, du district d'Assiniboine.

Willian Hemmings Coct. du distriet d'Assiniboine, John Pritchard, du district d’Assiniboine.

Le gouverneur informe le conseil que la veille, le deux courant “ dans le magasin de la colonie au fort Douglas, deux hommes qu'il ne connaissait pas sont apparus à la porte dudit magasin et que l’un d'eux demanda : “ Le capitaine est-il ici?” Puis ayant reconnu le gouverneur, il ajouta: * Nous avons compris que l’on peut se faire rendre justice ici.” Or le #ouverneur ayant demandé ce qu’ils voulaient, celui qui avait déjà adressé la parole indiqua son compagnon en l'appelant Risk Kipling 1 quel se tenait à côté de lui et avait la tête enveloppée d’un n et dit ensuite: “ Cet homme a été presque tué par cet ass année qu’il a traité de cette facon.”

Le gouverneur lui avant demandé de qui il voulait parler, il répondit : “Pensonant” que le gouverneur connaissait &omme commis au service de la compagnie de la baie d'Hudson, employé par John Clarke, Esquire, agent en chef de ladite e le distriet.?

. alors qu’il était

eiouchoir couvert de sang, sin et c'est le troisième cette

oMpagnie dans

! Archives du Canada, correspondance de Bulger, III, M. 151, p. 1K4

? John Clarke fut l'un des associés d'Astor dans la compagnie de fourrure du Pacifique, 1] Commanda le détachement d'Ath baska ae 1815-16 et poussa les hostilités avec énergie contre les “ Nor' Westers ”. I prit d aut le fort Vermilion Mais fut repoussé jusqu'à la rivière Ja Paix. Après avoir 6té aux prises avec In famine il fut fait prisonnier au fort Chippewyan par MacGillivray et Black Après la fusion des compagnies, Clark se rendit à Montréal, 11] retourna peu de temps après avec une Suisse pour épouse rt fut agent en chef sous le BOUVerneur Simpson. La correspondance de Bulger démontre que, durant l'administration de ce dernier, il Y eut constamment des disputes avec Clarke. Bulger écrivait à celui-ci le 4 octobre 1822: * Non content d'avoir ainsi méprisé mon autorité comme gouverneur de l'établissement et d'avoir foulé aux pieds les droits et les privilèges garantis aux colons par les concessions de la Compagnie de la baie d'Hudson, vous nous menacez de couronner vos : i ant le passage libre de la rivière Rouge (Corr, de Bulger, II, M 150, p 1.) Dans un iü gouverneur Simp- E. ATES, ZT inai 1823 (corr, de Bulger, III, M. 151, pp. 215-221) le gouverneur et le comité déclarent que la conduite de M, Clarke, au commencement de l'hiver précédent, a é6t6 absolument injustitiable et que ce dernier a complètement Mal compris ses droits et ses devoirs d'agent en chef, Ils déclaraient en même temps que les serviteurs de la Compagnie dans le dis trict devaient se considérer sous l'autorité du gouverneur,

annee

datée de

Le gouverneur communiqua de plus au conseil que cet appel inattendu à l'égard d'un acte avec lequel il désirait n'avoir rien à faire, lui avait causé une très grande surprise, Vu qu'il ne savait ce qu'il devait répondre et qu'il voulait gagner du temps pour réfléchir, il se contenta de dire qu’il était alors occupé, mais qu'il serait prêt à les entendre dans une heure, I] se rendit ensuite à sa chambre et après avoir examiné la situation, il considéra qu'il était dé se: devoir impérieux de protéger la vie même du dernier individu dans le dist.ict dont il avait été constitué et nommé gouverneur par la compagnie de la baie d'Hudson, et se décida ensuite de convoquer les messieurs nommés conseillers dudit district par cette honorable compagnies atin d'avoir recours à leur avis et à leur Concours pour déterminer de quelle manière procéder et S'enquérir du bon droit du cas ainsi imposé à leur considération. Or, après avoir pris cette déter- Mination, il donna ordre de conduire les plaigmants à sa chambre où en présence de M. Kémp il leur tit part qu'il ne pouvait les entendre que devant les messieurs du conseil qu'il convoquerait pour le jour suivant à 11 heures, alors que les plaignants pourraient se présenter S'ils avaient quelques dépositions à faire. [I imposa silence à lun d'eux qui tenta de réneuur en disant qu'il ne pouvait alors ne rien entendre de leur Part. Et après avear terminé lé uavail de la journée il expédia une lettre à M. Clarke pour l'informe: de la plainte formulée contre M. Pensonant et de l'attitude qu'il avait décidé de prendre à cet égard. .

le gouverneur communiqua ensuite an conseil que le matin (le 3 courant) il reçut la visite de M. HargraveZ un monsieur au service de l'honorable compagnie de la baie d'Hudson. chargé de me faire part des sentiments de M. Clarke à l'égard du Cas en question, ce qu'il fit dans les termes suivants: “M. Clarke ne reconnait pas au gouverneur ct au conseil d'Assiniboine l'autorité de S'immiscer dans ce cast et ne permettra à personne sous son contrôle de venir témoigner à ce sujet devant eux.” Alors le gouverneur ayant demandé à M. Hargrave S'il ne consentirait pas à donner Par écrit ce qui précède, celui-ci refusa en disant qu’il n'était pas autorisé à le faire. Puis le gouverneur lui ayant demandé S'il répéterait la méme chose devant les messieurs du conseil il refusa de nouveau en disant qu'il connaissait les sentiments de M. Clarke et qu'il était chargé seulement de faire cette communication au gouverneur personnellement. Puis le gouverneur ayant demandé à M. Hargrave de vouloir bien faire part à M. Clarke que S'il consentait à énoncer, par éerit d'une manière formelle, son refus de reconnaître l'autorité du gouverneur et du conseil de ce district, toutes les procédures seraient suspendues pour soumettre le point à la décision du gouverneur et du comité de la compagnie de la baie d'Hudson, le messager se chargea de Communiquer ce message à M. Clarke.

Après la communication de ses renseignements au conseil, il fut résolu à l’unanimité d'attendre la réponse de M. Clarke à l'égard de }a proposition du gouverneur transmise par l'intermédiaire de M. Hargrave, Le gouverneur et le conseil attendirent par conséquent durant une heure et demie alors que M. Hargrave revint et leur présenta une lettre qui se lit comme suit :

“Je déclare par la présente qu'à mon avis le £ouverneur et le conseil d’Assiniboine ne sont pas autorisés à intervenir dans les affaires intérieures de l'honorable Compagnie de la baie d'Hudson. soit en matière civile ou criminelle sans la présence et l'assistance du représentant de la compagnie dans le distriet d'Assiniboine, considérant que, sans la présence et. l'assistance dudit représentant, toute affaire civile ou criminelle, quand les deux partiés relèvent de In compagnie, doit être régulièrement soumise au gouverneur et au conseil de l'honorable compagnie de la baie d'Hudson au

111 était déclaré Par les résolutions de l'assemblée générale de la compagnie de d'Hudson, que le gouverneur d' ssiniboine avec deux membres de son conseil sans dis constituait un quorum pour les de l'A ; iiON ie la justice

= James Hargrave qui fut plus tard membre du conseil d'Assiniboine

* Lorsque le district d’Assiniboine fut concédé à lord Selkirk en IS11, la compagnie de la baie d'Hudson fit une importante réserve en faveur des cédants * Sauvegardant et réservant Cependant pour ledit BOUVerneur et ladite compagnie et leurs successe urs tous les droits de juridiction accordés à ladite compagnie par sa Charte ‘

comptoir d'York ou ailleurs dans le département du nord de la terre de Rupert. Je proteste par la présente contre une telle intervention et de plus je tiens le gouverneur et le conseil d’Assiniboine responsables des conséquences d'une telle créer des dissensions et à Porter atteinte à l'esprit entre maître et serviteur.

conduite propre à de subordination qui doit régner

(Signé) JOHN CLARKE, Agent en chef de la compagnie de la baie d'Hudson.

Forr Garry, 3 mai 1823, Au gouverneur et au conseil d'Assiniboine, Fort Douglas.

M. Hargrave s'étant retiré, le gouverneur et le conseil s’occupèrent d'enregistrer leurs sentiments à l'égard de la lettre ci-dessus ainsi que leur résolution finale :

Le gouverneur et le conseil se sont réunis ce jour en vertu de l'autorité de l’assemblée générale de la compagnie de la baie d'Hudson, avec des pouvoirs sanctionnés par le gouvernement de Sa Majesté. ‘L'objet de leur réunion était précisément celui pour lequel ils ont été constitués, c’est-à-dire rendre la justice conformément aux lois d'Angleterre qui doivent leur servir de gouverne, d’après l'opinion d'une haute autorité. Ils sont d'avis qu’il n'y a personne au-dessus de ces lois que tous sont justiciables de leur tribunal et passibles, pour toute infraction à ces lois dans les limites du district d’Assinibone, d’être poursuvis d’après le mode indiqué par l'honorable comité de la compagnie de la baie d'Hudson, dans sa lettre du 1er juin dernier adressée au gouverneur dudit district. Surtout ils n'auraient jamais encore moins un monsieur qui occupe un rang élevé dans de la baic d'Hudson, se serait permis pour un moment de se placer au-dessus de ces lois, ou de nier l'autorité de la cour constituée par l'honorable compagnie et sanctionnée par le &ouvernement de Sa Majesté. Le gouverneur et le conseil n'ont jamais j tenté de s'immiscer dans les affaires intérieures de la compagnie de la baie d'Iludson . et comprenant que la justice doit être rendue publiquement, ils ne pouvaient s'opposer à ce que M. Clarke soit présent à leurs séances, mais d'autre part ils considèrent que ce dernier n’a aucun droit de prendre part à leurs décisions ou d’avoir voix au conseil, puisqu'il n'a pas plu à l'honorable compagnie de la baie membre de celui-ci, Ils ne considèrent pas non plus qu’ donner lieu à l'accusation de créer des discussions et de porter atteinte à l'esprit de subordination entre maître et serviteur: il s'ensuit que la même accusation pourrait aussi bien être formulée contre toute cour de magistrat en Angleterre qui prendrait connaissance de la plainte d’un serviteur contre son maître, que contre le gouverneur et le conseil d’Assiniboine siégeant sous l'autorité de la compagnie de la baie d'Hudson pour connaître d'une affaire apparemment d’un caractère grave survenue entre deux serviteurs de la compagnie, Pour conclure le Souverneur et le conseil ont résolu unanimement de suspendre toutes les procédures dans le cas en question et de laisser la revendication de leur autorité à l'honorable Compagnie qui la leur a conférée. Ia été résolu de plus que les procès-verbaux de ce jour soient signés en triple par le gouverneur et le conseil, que l'original soit déposé parmi les archives de la colonie de la rivicre Rouge, que le duplicata soit transmis par le gouverneur à l'honorable comité de la compagnie de la baie d'Hudson et que le triplicata reste à la gouverneur.

pensé qu'aucune pe; -onne, le service de la compagnie

d'Hudson de le nommer aucun de leurs actes ait pu

disposition du

À. BULGER.

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