DON. A. SMITH
J. J, Hargrave, Secrétaire.
Hudson’s Bay House, .
8 septembre 1870.
(d) Extrait d’une lettre du Heutenant-gouverneur Archibald au secrétaire d'Etat pour les provinces, 10 septembre 1870: (1)
Je suis arrivé ici vendredi. Le jour suivant j'ai fait publier dans le journal “New Nation ” un avis que je donnerais une audience publique le 6 courant à laquelle devait être lue ma commission de lieutenant-gouverneur du Manitoba ou de lieutenant-gouverneur des territoires du Nord-Quest. Comme la prestation du serment
1 Documents relatfs aux sessions, 33 Victoria [n° 20, p 101].
avait déjà eu lieu, j’ai pensé qu’il était opportun d’avoir recours à une cérémonie sem- - blable à l’égard de mes commissions. En effet après avoir prêté le serment d'office, J'ai jugé à propos de profiter à cette fin d’une audience à laquelle assisteraient plusieurs personnes tandis que la présence du colonel Wolseley et des officiers de l’expédition m’a permis d'y ajouter quelque éclat.
Depuis le jour de mon arrivée jusqu’à la date de l’audience, le temps a été excessivement défavorable. Le sol est ici le même qu’à la rivière Rouge et une pluie continuelle a pour effet de rendre après quelques jours les chemins impraticables.
A l'heure indiquée, les commissions et le serment d’office ont été lus en présence de toute l'assemblée et immédiatemént après les membres de l’ancien conseil d’Assiniboine, par l’entremise de leur président, M. Donald A. Smith, m'ont présenté une adresse. Vous trouverez, ci-incluses, des copies de cette adresse et de ma réponse. Cette adresse, de la part du gouvernement qui disparaissait au gouvernement qui s’introduisait, a semblé indiquer que le nouveau régime apparaissait sous d’heureux auspices.
(e) Adresse présentée par le conseil d’Assiniboine au lieutenant-gouverneur Archibald, lors de Paudience donnée à Fort Garry le 6 septembre 1870.
HonoRaBLE A. G. ARCHIBALD,
Lieutenant-gouverneur du Manitoba.
Plaise à Votre Excellence,
Nous les membres de l’ancien conseil d'Assiniboine, nommés par le gouverneur et le comité de l’honorable compagnie de la baie d'Hudson, désirons souhaiter la bienvenue à Votre Excellence, à son arrivée dans cette région pour assumer la charge de gouverneur.
Nous espérons que vous trouverez agréable votre séjour parmi nous et nous sommes heureux de croire, en constatant l’approbation générale manifestée à l’égard de la nomination de Votre Excellence, que vos services seront vraisemblablement très utiles à cette région dans la situation délicate et critique où elle se trouve.
Votre Excellence peut être convaincue qu’elle recevra de nous individuellement, en notre qualité de eitoyen, tout l’aide qu’il nous sera possible de lui accorder dans Vadministration des affaires de ce territoire. Et, comme citoyens ayant été autrefois responsables de l'administration des affaires, sous la direction du gouverneur nommé par l’honorable compagnie, nous ne craignons pas d'affirmer à Votre Excellence, qu’en dépit des événements de l’année dernière, vous trouverez la population de ce territoire fidèle à Sa Majesté, soumise aux lois et prête à supporter Votre Excellence dans l’application de celles-ci.
Nous avons raison de croire qu’il s’opérera bientôt un changement dans les conditions de cette province par suite de l’impulsion qui lui sera donnée et du développement de ses ressources et nous sommes assurés que son union avec la confédération du Canada contribuera beaucoup à obtenir ce résultat. Nous sommes par conséquent heureux de constater que cette union est maintenant un fait accompli, bien que nous ne puissions oublier les nombreux actes de bonté que l’honorable compagnie a manifestés de temps à autre à l'égard de l’établissement.
Qu'il nous soit donc permis, en souhaitant la bienvenue à Votre Excellence parmi nous, d'espérer que durant le temps de votre administration cette région verra se développer rapidement ses ressources, et nous souhaitons, qu’avec laide et la bénédiction de Dieu, de sages mesures soient #doptées en vue d’assurer la paix, l’abondance et la prospérité dans cette partie du pays.
(f) Réponse du lieutenant-gouverneur Archibald à une adresse présentée par Vancien conseil d’Assiniboine, 6 septembre 1870. (1)
1 Documents relatfs aux sessions, 33 Victoria [n° 20, p 11]. à
Aux membres de l’ancien conseil d'Assiniboine,—
Messieurs, —
Je vous remercie sincèrement pour votre cordiale réception. I/assurance que vous me donnez de pouvoir compter sur l’aide des membres qui composaient l’ancien conseil d’Assiniboine,—aide dont je sais apprécier toute la valeur, —dans ladministration des affaires de ce territoire, me donne lieu de compter sur des mesures propres à assurer le succès de l'administration de cette région. Permettez-moi, au moins, de vous faire la promesse que je saurai consacrer sans réserve tout mon temps et toutes mes aptitudes à favoriser les intérêts de ce vaste territoire. Et de plus je m’efforcerai par mes actes de me rendre digne de ma nomination comme gouverneur qui a été approuvée par la population en général, comme vous avez eu la bonté de me le faire constater. |
Personne micux que vous, les membres de l’ancien conseil, a pu se rendre compte plus sûrement des sentiments de la population et je suis heureux de recevoir de vous Vassurance, qu’en dépit des événements auxquels vous faites allusion, on ne saurait mettre en doute la loyauté des habitants de ce territoire et leur empressement à appuyer une application équitable des lois. Avec une population animée de tels sentiments, il y a lieu de compter fortement sur le maintien de l’ordre, l'établissement de bonnes lois et le développement rapide de la prospérité.
Il n’est pas douteux que l’on verra se réaliser l’espoir que vous venez d'exprimer à l'égard du changement qui doit s’opérer par suite de l'essor donné à cette région et du développement de ses ressources. Il est impossible d’exagérer les avantages que ce territoire offre à l’émigration et je n’ai pas le moindre doute que les immigrants et les capitaux afucront rapidement dans un endroit où se trouve en abondance tout ce qui peut Jes attirer.
Maintenant que cette province est unie à la confédération du Canada, elle participera à la prospérité des endroits plus anciens. Par suite de son union politique avec les autres provinces, de nouvelles voies de communication s’ouvriront bientôt. Le système télégraphique, qui ne saurait retarder à atteindre cet endroit, vous permettra d’avoir à tonte heure des communications avec le Canada et l’Europe. Les grandes routes et le télégraphe mettront fin à la situation isolée dans laquelle vous vous êtes trouvés jusqu’à présent par suite des prairies sans bornes au sud, des marais impraticables et des lacs à l’est, et cette région fera partie d’un monde vivant et actif.
Je partage entièrement votre espoir, qu'avec la direction et les bénédictions de Dieu, il sera adopté de sages mesures en vue d’assurer la paix, l’abondance et la prospérité.
Le sort de cette région est entre les mains de sa propre population. Que les sages conseils exercent leur salutaire influence, que la population se consacre à la tâche de développer les grandes ressources de ce territoire avec un esprit et une énergie dignes du grand héritage qui lui a été dévolu, et nous pourrons compter sûrement sur les bénédictions que la Providence refuse rarement aux efforts de ceux qui sont bien intentionnés et bien dirigés.
(Signé) ADAMS G. ARCHIBALD.
Fort-Garry, 6 septembre 1870.
La mort de lord Selkirk en 1820 a fait disparaître le dernier obstacl: à l’union des compagnies de la baie d'Hudson et du Nord-Ouest. La lutte acharnée qui a marqué la décade précédente avait causé de grands ravages parmi les colons de la rivière Rouge, semé la souffrance et la mort parmi les partisans des deux factions et menacé d’estermination des animaux sur lesquels on comptait pour le commerce des fourrures,
seule source de profits à cette époque. Mais la coalition des compagnies a ramené Îla paix et avec l'élévation du jeune George Simpson à la charge de gouverneur, le commerce de fourrures a repris une nouvelle vigueur.
Le contrat, en vertu duquel furent réglementés les intérêts des compagnies contractantes, a été l’acte simple du 26 mars 1821. Par cet acte, les officiers commissionnés ou “ Wintering Partners ” furent choisis des deux côtés comme suit:
95 agents en chef—Thomas Vincent, John Simpson, John Macdonald, James Bird, James Leith, John Haldane, Colin Robertson, Alexander Stewart, James Sutherland, John George MeTavish, John Clark, George Keith, John Dugald Cameron, John Charles, John Stuart, Alexander Kennedy, Edward Smith, John McLaughlin, John Davis, James Keith, Joseph Beioley, Angus Bethune, Danold MacKenzie, Alexander Christie, John McBean.
28 traiteurs en chef— "William McKintosh, Jacob Corrigal, Thomas McMurray, Donald Mackintosh, John Peter Pruden, Allan Macdonell, James Clouston, Daniel William Harmon, Roderie MacKenzie, John Spencer, Hugh Faries, John Lee Lewis, Andrew Stewart, James McMillan, Angus Cameron, John Warren Dease, William Brown, Simon MecGüllivray, William Connolly, Robert MeVicar, Peter Warren Dease, John McLeod, John Rowand, Joseph Felix La Rocque, Alexander McDonald, Alexander Roderick McLeod, Joseph MeGillivray, Roderick Mackenzie.
En vertu de l'acte simple de 1821, les traiteurs en chef suivants furent promus au grade d'agents en chef,—1829, William McKintosh; 1825, William Connolly et John Rowand; 1827, James McMillan; 1828, Allan Macdonnell, John Lee Lewis et Peter Warren Dease; 1830, Roderick MacKenzie; 1889, Duncan Finlayson.
Les commis dont les noms suivent furent promus au rang de traiteurs en chef — 1821, Peter Skene Ogden et Samuel Black; 1822, Alexander Fisher; 1827, Cuthbert Cumming ; 1828, Francis Heron, John Sievewright, Robert S. Miles, Duncan Finlayson, Colin Campbell, Alexander MeTavish, Archibald McDonald; 1829, Robert Cowie, John Edward Harriott, Donald Ross; 1830, Aemilius Simpson et John Work; 1831, William Todd; 1833, James Hargrave et Nicol Finlayson.
L'acte simple susmentionné réglementait la répartition des profits et pertes annuels du commerce des fourrures. La première obligation imposée sur le revenu fut le payement d’un intérêt de 5 pour 100 sur le capital accordé annuellement aux propriétaires. Il fut réservé 60 pour 100 des profits et pertes pour les propriétaires et la balance fut accordée aux ‘“wintering partners”. La part des messieurs de l’intérieur fut subdivisée en 85 parts égales dont deux furent accordées à chaque agent en chef et une à chaque traiteur en chef. Durant la période de 1821-1833, les transactions de Jannée 1821 seulement accusèrent un déficit de £196.7.1 par action individuelle. Le revenu moyen fut un profit annuel de £398.8.4 par action. Par l’acte simple de 1821 il fut accordé aux associés un congé d’une année tous les sept ans. Lors de leur retraite, les agents en chef et les traiteurs en chefs avaient droit durant une année aux profits complets accordés à leur rang et à la moitié de ces profits durant les six années suivantes.
Il fut dressé un autre acte simple le 6 juin 1834. Le même taux de rémunération fut maintenu pour les “wintering partners ” et des dispositions furent adoptées en vue de faire face à tout déficit possible sans le faire payer aux “ wintering partners”. Cet acte simple fut maintenu jusqu’au 14 décembre 1871 alors qu’il fut remplacé par un autre par suite de la réorganisation occasionnée par le transfert des territoires de la compagnie à la confédération canadienne. Les procès-verbaux qui suivent comprennent la période 1830-1843. Durant la période 1834-1843, les promotions suivantes eurent lieu:—9 agents en chef,—-1834, Peter Skene Ogden; 1836, John Peter Pruden et Alexander R. MeLeod; 1838, Hugh Faries, Angus Cameron et Samuel Black; 1840, Donnald Ross et James Douglass; 1842, Archibald McDonald.
98 traiteurs en chef,—Richard Hardisty, John MeLeod, jr.; Murdoch MecPherson et John Tod; 1835, James Douglas, Thomas Fraser, George Gladman, et Richard
Grant; 1838, Donald Manson et William Nourse; 1840, Thomas Simpson, William H. MeNeil, Peter C. Pambrun et George Barnston; 1841, John Bell, Thomas Corcoran, Alexander Simpson et John McLean; 1842, William G. Rae, John Swanston, Francis Ermatinger et Charles Ross; 1843, John M. Yale.
Après la coalition des compagnies en 1821, les territoires de la nouvelle compagnie de la baie d'Hudson furent organisés en quatre départements, savoir: les départements de Montréal, du sud, de l’ouest et du nord. Le département de Montréal était chargé de la surveillance des affaires dans les Canadas, y compris les postes du roi et subséquermment une partie du Labrador, Le département du sud comprenait une partie de la rive est de la baie d'Hudson et tout le territoire compris entre la baie James et le département de Montréal. Le département de l’ouest comprenait le district situé à Vouest des Montagnes-Rocheuses. Le département du nord était le plus étendu et le plus important de tous. Il comprenait la vaste région située entre la baie et les montagnes et entre les Etats-Unis et l’océan Arctique.
Les grands “ Fur Councils” se composaient de tous les agents en chef et de certains traiteurs en chef. Les agents en chef en faisaient partie ex officio. Un traiteur en chef en charge d’un district était requis d’être présent; tout autre traiteur en chef qui se trouvait disponible était invité et quand il assistait ainsi aux séances il avait le même droit de discussion et de vote que les agents en chef, sauf quand il s'agissait de vote pour la promotion d’un commis au rang de traiteur en chef ou de celle d'un traiteur en chef au rang d’agent en chef. Le conseil du département du nord se réunissait au comptoir d’York, Norway-House ou à l’établissement de la rivière Rouge. D’après l’agent en chef Roderick Macfarlane, sir George Simpson a présidé six séances du conseil au comptoir d’York, 12 à la rivière Rouge et 17 à Norway-House. Les séances du conseil avaient pour objet, comme les procès-verbaux l’indiquent, ‘“d’établir les règles et règlements jugés nécessaires pour l'administration dudit département, de s’enquérir du résultat du commerce de l’année précédente et de voir aux mesures générales à prendre à l'égard du commerce de l’année courante, conformément aux dispositions de l’acte simple de 1821 ”.
Le tableau ci-après indique les dates, les endroits des réunions et les membres présents aux diverses séances durant la période 1830-1843.
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