‹ Le nord-ouest canadien: son évolution primitive et ses archives législatives: procès verbaux des Conseils de la Colonie de la Rivière Rouge et du Département du nord de la Terre de RupertChapitre 136 sur 177 · O1TATI · texte numérisé non relu

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Les procès-verbaux du conseil nous révèlent entièrement l’organisation du commerce de fourrure. Ce petit groupe d'hommes, se réunissant au comptoir d’York, à Norway-House et à l'établissement de la rivière Rouge, exerçait l’autorité sur un domaine qui par son étendue surpassait quelques-uns des plus superbes royaumes de la terre. Leur principal intérêt, sans compter leurs multiples responsabilités, avait pour objet le profit à retirer des peaux. Les règles et règlements permanents contrôlaient le tarif pour les avances d’un bout à l’autre du département, la condition et la rémunération des commis et des serviteurs; imposaient des restrictions sur les actions des messieurs commissionnés; fixaient le prix des produits de la région et le coût du frêt: déterminaient le traitement des sauvages, le chargement des bâtiments et la protection du castor. On y trouve aussi des règlements à l'effet de faire tenir un journal aux divers forts, d'assurer un traitement convenable aux femmes et aux enfants et d'améliorer la situation morale et religieuse des sauvages et des familles attachés aux différents établissements.

Les premières résolutions de chaque séance avaient trait aux congés accordés à tour de rôle et aux permissions de s'absenter. La nomination des agents en chef et des traiteurs en chef pour les divers districts, adoption de mesures pour le transport des marchandises, ainsi que pour réglementer “fhe size of outfits ”, pour établir des communications d’un endroit à un autre, pour expédier les lettres, pour protéger le castor, pour développer le commerce, pour poursuivre les découvertes, pour fixer les listes de prix en vue d'établir la valeur des opérations commerciales, pour retirer les sauvages des établissements américains, pour fixer la taux du change du dellar à la rivière Rouge, sont autant de mesures qui demontrent l’activité législative du conseil.

Parmi les points principaux des procès-verbaux durant la période 1880-1843, se trouvent l’accord conclu avee les Russes le 6 février 1839, le projet de 1840 en vue de créer un fonds portant profit, les résolutions pour définir la situation des ministres méthodistes, l'attitude de la compagnie à l'égard de la diffusion du christianisme et de la civilisation ‘parmi les natifs, et la nomination du gouverneur d’Assiniboine. L’octroi de deniers et de gratifications aux missions catholiques romaines et protestantes à la rivière Rouge, l’encouragement accordé à l’éducation, l'attitude à l’égard des serviteurs mis à la retraite qui s’établirent à la rivière Rouge, le secours accordé à l’expédition du capitaine Back, la politique à l’égard de la ferme modèle à ia rivière Rouge, et de l'agriculture en général, le payement des services rendus par les médecins pratiquant à la rivière Rouge sont autant de faits qui se rencontrent dans les procès-verbaux.

Le très honorable E. Ellice, M.P., a fourni un aperçu complet des travaux du conseil dans son témoignage devant la commission d’enquête de la Chambre basse le 23 juin 1857:

% À l’intérieur un conseil se compose des agents en chef qui sont les plus hauts fonctionnaires et se réunissent tous les ans. Des séances du conseil ont été tenues à différents endroits mais généralement elles ont lieu à la rivière Rouge. Le conseil des directeurs de la métropole exerce la haute direction sur le commerce, mais comme dans la compagnie des Indes orientales, ceux-ci ont leur conseil à l’intérieur qui est chargé de l’administration des affaires locales de la compagnie. Ce conseil qui se réunit chaque année, examine et vérifie les comptes, transmet les commandes à l'égard des marchandises requises pour l’année suivante, assigne aux différents serviteurs de la compagnie les postes que ceux-ci sont propres à occuper et, #il se produit des vacances dans le service, il recommande aux directeurs de la métropole les personnes qui font alors partie du service et qui sont propres à remplir ces vacances. KEn sorte que toutes les affaires de la compagnie, en tant qu’il s’agit du commerce des fourrures, sont diri- : gées par ce conseil sous le contrôle et la surveillance des directeurs de la métropole. . . Le conseil se compose de tous les membres qui peuvent convenablement se réunir et ceuxci agisssent au nom du corps tout entier . . . Quant aux nominations elles sont faites par le gouvernement de la métropole et le conseil ne fait que des recommandations. . . Ce dernier n’exerce le pouvoir qu'avec le consentement et l'approbation du conseil de la métropole.”

Remarques préliminaires à l’égard des procès-verbaux du conseil du département du nord de la terre de Rupert, 1830-1843, pour servir de supplément à celles du professeur Oliver, par Isaac Courie, autrefois officier commissionné de la compagnie de la baie d'Hudson.

La nomination des gouverneurs et des conseils pour chaque établissement principal ou comptoir sur la côte de la baie d'Hudson, a marqué le véritable commencement du gouvernement en vertu de la charte royale de la compagnie de la baie d'Hudson. Il y avait un gouverneur et un conseil à Churchill, York, Albany et Moose-Forts. Ces conseils se composaient du premier officier qui exerçait la charge de gouverneur, puis du second officier et du chirurgien comme conseillers, afin de remplir les conditions légales de la charte à l’égard des pouvoirs législatifs, administratifs et judiciaires. Ces conseils locaux étaient sujets seulement au gouverneur et au comité de Londres. Ils étaient indépendants les uns des autres, bien qu’en vue de lintérêt commun ils dussent se soutenir les uns les autres et que de fait ils agissaient de concert quand les rivalités personnelles ne s’y opposaient pas. Pour resserrer l'union entre ses “ Chiefs of Forts” et ces “ Masters of Houses ”, car les “ wintering partners ” n’existaient pas alors, ceuxci recevaient un salaire et un bonus sur le trafic de leurs postes individuels seulement et non sur tous les profits réalisés. Cette organisation donna lieu par la suite aux conseils des départements du nord et du sud de la terre de Rupert.

Les données contenues dans ces procès-verbaux fournissent des éléments d’histoire durant cette importante période, sur ces parties des anciens territowes de la baie d'Hudson tenues à la fois en vertu d’une charte royale et d’une licence, dans les régions comprenant aujourd’hui le Nouvel-Ontario, les trois provinces de la prairie, le Nord-Ouest et les territoires du Yukon ainsi que la province de la Colombie-Britannique et de plus elles font connaître les opérations de la compagnie dans la Russie d'Amérique, dans les états de Washington, d'Oregon ct de la Californie ainsi que dans les îles Sandwich.

La réunion annuelle de ces hommes avait surtout pour objet de recevoir des rapports sur les opérations de l’année précédente et de prendre des dispositions à l'égard du commerce pour l’année suivante et souvent pour plusieurs années à venir. Suivant les cours d’eau qui formaient les principaux moyens de communication dans une région si favorisée par la nature sous ce rapport et quand celles-ci étaient interrompues, les routes par terre les plus passables indiquées par les traces des animaux sauvages de même que par les pistes et les portages des sauvages, ils résolurent le plus grand problème qui s’imposait à eux et surmontèrent la plus grande difficulté dans une région où ils avaient à parcourir d'énormes distances, au moyen du canot d’écorce de bouleau et en comptant seulement sur la vigueur et l’habileté des voyageurs qui les dirigeaient. Les faits accomplis par ces hommes dans la lutte contre l'inconnu et dans la tâche de franchir d'immenses distances, n’ont jamais été surpassés et sont peut-être sans égal. Quant aux hommes prévoyants qui se réunissaient ainsi ils tracèrent si admirablement les plans de transportation et indiquèrent avec tant de précision les jours et les lieux des rendez-vous, que des “brigands ”, partant de points aussi éloignés que la rivière Mackenzie inférieure et le district de la rivière Rouge, tandis que d’autres venant du fort Vancouver à l'embouchure de la Colombie et du comptoir d'York sur la baie d'Hudson, manquaient rarement de se rencontrer à l’époque indiquée. Et cela à une époque où il n’existait ni malle-poste rapide ni communication télégraphique. La prévoyance dont ils firent preuve pour réglementer leur système de transportation se manifeste aussi en tout ce qui concerne leur tâche comme trafiquants. Les intérêts du commerce de fourrures primaient tous les autres et de fait les peaux constituaient les seuls produits exportnbles de cette région avant l’époque des chemins de fer. L'existence de tous en dépendaient dans les territoires, y compris les colons de la rivière Rouge. Thomas, cinquième comte de Selkirk, avait tenté de fonder une colonie à cet endroit, contre l'avis vraisemblablement de ses enne-

mis de la compagnie du Nord-Ouest et de ses amis de la baie d'Hudson. Mais lorsque les hostilités cessèrent entre ces compagnies rivales et que l’union de celles-ci se ‘fût . opérée, l’ancien projet des “ North Westers ” de former un établissement sur la Rainy River pour leurs serviteurs à la retraite (ce qui peut-être donna lieu au plan de colonisation de Selkirk) fut mis à exécution sur la rivière Rouge où leurs surnuméraires et ceux de la compagnie de la baie d'Hudson se rendirent au nombre de 1,500, ce qui excéda de besucoup le nombre de colons dirigés à cet endroit “ sous les auspices du comte de Selkirk””. Aussi sir George Simpson, dans son voyage autour du monde, déclare que la véritable colonisation de la rivière Rouge commença en 1821, alors que Punion des compagnies eut pour effet de démembrer les forces de celles-ci. Plusieurs de ceux qui se retirèrent devinrent des colons sur la rivière Rouge, qui possédaient les moyens de se mettre à l’œuvre et de mettre à profit leur expérience dans cette région, y compris dans bien des cas l'expérience acquise par la culture des grains aux postes de trafic où ces grains étaient nécessaires pour suppléer à l’incertitude du produit de la chasse et de la pêche.

Dans un établissement composé principalement d'hommes qui avaient travaillé avec eux comme compagnons dans les lieux sauvages il était naturel que les conseillers de Rupert traitassent ceux-ci avec égard. Plusieurs de ces conseillers projetaient de passer leurs derniers jours avec leurs propres enfants au sein du confort et des avantages que leur offrait la rivière Rouge. A cet endroit les employés de la compagnie avaient tout droit “pour leurs services passés ” à recevoir des concessions de terre gratuites en sus du dixième réservé à cette fin dans la concession primitive accordée à Selkirk. Par conséquent les procès-verbaux font mention de temps à autre d’octrois d'argent et d’allocation “ d'articles de luxe” importés (ainsi appelés à une époque où les moyens de transport étaient dispendieux et difficiles) qui comprenaient du thé, du riz, du raisin, des vins et des liqueurs pour les missionnaires dans la colonie. Il y est fait mention aussi de fonds pour venir en aide aux travaux publics et de l'établissement d’une ferme modèle pour laquelle de magnifiques bestiaux furent importés.

Non seulement le gouverneur et le conseil du département du nord de la terre de Rupert, qui exerçaient le contrôle sur les conseils inférieurs des départements du Sud et de Montréal dans lesquels se trouvaient les provinces d'Ontario et de Québec ainsi que celles de la Colombie et de la Nouvelle-Calédonie au delà des montagnes Rocheuses, formaient une convention chargée des opérations du commerce de fourrures, mais en vertu de la charte royale, ils avaient le pouvoir de faire des lois et d'exercer une autorité judiciaire dans et pour les territoires établis par cette charte. Le seul autre conseil législatif et exécutif dans ces endroits était celui de la municipalité d’Assiniboine qui se composait d’une partie du grand district d'Assiniboine concédé à lord Selkirk, Ce dernier s’étendait à 50 milles du confluent en descendant la rivière Rouge et en remontant les rivières Rouge et Assiniboine et à deux milles de chaque côté de ces rivières.

Le conseil du département du Nord exerçait une autorité législative suprême sur celui d’Assiniboine et désapprouvait à l’occasion les arrêts de ce dernier. De fait ces deux conseils se trouvaient sur le même pied que le parlement du Dominion à l’égard des législatures provinciales d'aujourd'hui. Quand le gouverneur de la terre de Rupert était présent, le gouverneur d’Assiniboine quittait le fauteuil et prenait place parmi les membres du conseil. Quand un agent en chef d’une autre partie des territoires visitait la rivière Rouge, il avait droit, comme conseiller de la terre de Rupert, de siéger dans le conseil d’Assiniboine, mais un conseiller d’Assiniboine n'avait pas le droit de siéger dans le conseil de la terre de Rupert.

Durant la période primitive, alors que les gouverneurs d’Assiniboine étaient les agents de Selkirk et qu’ils étaient présentés par celui-ci mais nommés comme gouverneurs par la compagnie en vertu de sa charte, il s’ensuivit beaucoup de frictions entre ces gouverneurs et les agents en chef et les conseillers de la terre de Rupert qui contrôlaient le commerce de fourrures “ district de la rivière Rouge”. Mais plus tard, lorsque l’officier chargé du‘ district de la rivière Rouge” devint ex officio le gouverneur

d’Assiniboine, en même temps cete source de difficultés cessa, car le conseil d’Assiniboine présidé par ce dernier ne devait pas adopter de règlements quand le gouverneur savait que le conseil du département du Nord de la terre de Rupert ou le gouverneur et le comité de Londres s’y opposeraient. Il est fait mention de cette restriction dans le “ Report of the Law Amendment Committee” soumis au conseil d’Assiniboine par le recorder Thom en mai 1851, dans lequel il est dit: “ Notre législature locale est sujette au gouverneur et au conseil de la terre de Rupert.... et elle n’a pas le droit de contrôler aucun des pouvoirs accordés à la compagnie par sa charte.

L'espace qui nous est accordé dans cette publication ne nous permet pas de passer en revue ou même de résumer les actes du conseil du département du Nord. Maïs dans un index général ébauché on a extrait ce qui suit concernant certains sujets qui probablement intéresseront le lecteur et l’historien, savoir: des règles et règlements permanents; tarif de vente de marchandises, de peaux de buffle et de euir aux colons; taux de fret jusqu’au comptoir d'York et depuis cet endroit; tarif du frét et des passagers sur l’océan—jusqu’à la baie d'Hudson, jusqu’au fort Vancouver et depuis ces endroits (à la fin de la série des procès-verbaux de chaque année se trouvent des octrois d'argent pour la prison et la police de la rivière Rouge, pour les chirurgiens, les arpenteurs, les écoles et les membres du clergé; des commandes de produits des colonies requis pour le commerce des fourrures et les prix payés par ceux-ci; un règlement relatif aux importateurs d'Angleterre par les colons; les engagements et les salaires des bateliers; les taux de fret pour les bateaux de la compagnie, l'emploi des bateaux appartenant aux colons pour le transport des marchandises au comptoir d’York et de cet endroit ; la défense d'employer des sauvages qui résident en dehors de l'établissement pour manœuvrer ces bateaux et l’établissement du “Lower Fort Garry ”, du poste au portage de Laprairie et les fermes modèles—sous la présidence de l’agent en chef MecMillan et du capitaine Cary.

En sus de la colonie, des octrois furent accordés aux missions méthodistes du comptoir d’York, de Norway House et d’'Edmonton ainsi qu’à la mission catholique romaine sur la Colombie. On persista pendant plusieurs années à établir une route d'hiver entre l'extrémité du sentier battu sur la rivière Hayes et Norway House, mais finalement on renonça à ce moyen plus digpendieux que le transport par eau. En sus des mailles régulières transportées annuellement par un vaisseau, “ summer brigades and winter expresses ” pour le Canada via Fort William et le Sault Sainte-Marie et pour St. Peters (près de St.Paul, Minn.), furent établis. La vente des liqueurs spiritueuses aux sauvages fut prohibée dans la région, sauf aux endroits où le commerce de fourrures était exposé à la concurrence des Américains qui faisaient le trafic des spiritueux. Des résolutions étaient adoptées tous les ans à l’effet de maintenir le règlement permanent relatif à la préservation du castor et de restreindre le trafic de peaux de ces animaux dans les districts où ils devenaient rares. Les sauvages qui s’abstenaient de faire la chasse au castor devaient recevoir une compensation. Par le règlement permanent n° 38, les employés de la compagnie étaient requis de toujours traiter les sauvages avec bonté et humanité et de les inviter à assister au service religieux du dimanche, dont la lecture devait être faite par le commandant de chaque poste, en vertu du règlement n° 1. Des listes des sauvages attachés à chaque poste devaient être transmises annuellement aux quartiers généraux et il fut fait un dénombrement général en 1887.

La période comprise par ces procès-verbaux est caractérisée par un grand esprit d'entreprise alors que des tentatives furent faites en vue de découvrir des débouchés pour le commerce. Non seulement des secours furent accordés à l'expédition arctique du capitaine Back pour le compte de l'Amirauté, mais la compagnie envoya elle-même une expédition sous la direction de agent en chef Peter Warren Dease et du traiteur en chef Thomas Simpson, qui traca avec succès le grand espace entre les arpentages de l’est et l’ouest de la côte arctique, fait par des expéditions anglaises antérieures. John Bell parti de la rivière Peel près de l'embouchure du Mackenzie, traversa les Montagnes-Rocheuses, puis ayant descendu la rivière Porcupine jusqu’à sa jonction

avec la rivière Yukon, il établit le fort Yukon à cet endroit. Dans l'intervalle John McLeod avait descendu la partie supérieure de la rivière Liard et traversé les Montagnes-Rocheuses et le directeur des postes Robert Campbell s'était offert de poursuivre et étendre les découvertes dans la même direction descendit plus tard jusqu’au fort Yukon et mérita le surnom de “The Livingstone of the North West.”

Une expédition fut envoyée de Moose Factory jusqu’au Labrador. Celle-ci découvrit une route de canot jusqu’à la baie Ungava où fut établi le fort Chimo qui devint un poste approvisionné par les vaisseaux océaniques.

I est aussi fait mention dans les procès-verbaux de faits importants accomplis par le département de la Colombie. Un vaisseau fut construit en 1830 et le premier bateaux à vapeur le “ Beaver ” fit son apparition sur le Pacifique en 1836. Armé et équipé comme un vaisseau de guerre, il transportait les articles requis pour faire le trafic avec les sauvages perfides et farouches de la côte ainsi que les approvisionnements pour les postes réguliers établis à ces endroits. Un traité fut conclu avec les Russes à l'effet d’affermer une lisière de la côte qui leur appartenait, sur laquelle la compagnie construisit des postes et dont la rente était payée au moyen de loutres. Celles-ci provenaient des départements du Nord et du Sud et étaient envoyées tous les ans à la Colombie avee les brigades de recrues pour le service arrivées d’Ecosse durant l’année précédente via le comptoir d’York. Le traité avec les Russès exigeait en sus des loutres, des approvisionnements considérables de farine et autres produits agricoles provenant des grandes fermes du fort Vancouver. Ces commandes ont donné lieu à la formation de la compagnie subsidiaire connue sous le nom de “The Puget Sound Agricultural Company ” dont les officiers de compagnie étaient les seuls actionnaires,

En 1839 des établissements furent fondés aux îles Sandwich et dans la Californie où la compagnie possédait une ferme considérable près du site de San Francisco. On trouve plus loin dans les procès-verbaux que l'agent en chef Douglas (plus tard le célèbre sir John Douglas) fut requis de choisir un site pour un nouvel établissement sur le détroit de De Fuca, qui est devenu aujourd’hui la eité de Victoria.

Les noms, les rangs, les déplacements et les émoluments des agents en chef, des traiteurs en chef, des commis et des maîtres de poste qui y sont indiqués d’année en en année, consituent un des points les plus intéressants des procès-verbaux pour les descendants et les autres amis de ces pionniers qui se trouvent dans le Nord-Ouest, Ces données ont toutes une valeur historique et quelques fois même une valeur légale.

Les efforts de la compagnie embrassaient une grande variété de sujets. En effet ils comprennent des observations météorologiques et des collections zoologiques pour le musée britannique, ainsi que des affaires de banque en général et le dépôt des épargnes des employés portant intérêt. Mais il est impossible dans l’espace restreint qui nous est accordé de traiter tous les sujets indiqués dans les procès-verbaux et pour quelqu'un qui n’a pas puisé ses connaissances à d’autres sources, il n’est pas possible de lire entre les lignes des résolutions pour se rendre compte des causes qui donnèrent lieu à celles-ci.

Chaque séance du conseil s’ouvrait par la lecture de la lettre générale du gouverneur, du sous-gouverneur et du comité (qui se terminait par les mots “Your affectionate Friend”) à leurs fidèles et bien-aimés associés dans le commerce des fourrures les agents en chef et les traiteurs en chef. Sans les copies de ces lettres et des rapports faits annuellement au conseil par chaque officier chargé d’un district, il est impossible de comprendre les motifs qui donnèrent lieu aux résolutions du conseil. La compagnie n’a pas encore jugé à propos de faire connaître ces documents, bien que soit écoulé depuis longtemps l'intervalle durant lequel leur publication aurait pu causer du dommage à son commerce en divulguant ses secrets À cet égard, Cependant à en juger par les données très favorables puisées dans ces procès-verbaux à l'égard de la manière de conduire ses affaires et de l’attention louable qu’elle portait au bien-être de ses territoires, la publication de ses archives bien conservées, n’aurait pour effet que de faire ressortir le mérite de la compagnie à la confusion de ses détracteurs. Mais il doit être tenu compte que les procès-verbaux publiés ici pour la première fois,

mont jamais été consignés avec l’intention de les mettre sous les yeux du public, bien que chaque district et chaque officier commissionné eussent droit à une copie de ceux-ci pour leur usage et leur gouverne, Un petit nombre d'agents en chef et de traiteurs en chef cependant ont pris les moyens de conserver leur copie et nous devons ces importantes révélations à la prévoyance de Pun d’entre ceux qui les a transmis à ses enfants, Ceux-ci, contrairement à tant d’autres qui ont hérité de tels documents, les ont conservés précieusement,

Toutefois, ces pièces n’ont trait qu’à une période limitée bien que glorieuse de histoire de la grande compagnie, dont les officiers et les hommes dans l'Amérique du Nord ont fait preuve d'un courage et d’une fidélité manifestes et réussi, en maintenant avec ténacité des territoires qu’ils ont occupés, à conserver ceux-ci à la couronne britannique Jusqu'à leur annexion au Canada.

La compagnie lirera-t-elle les autres procès-verbaux qui ont trait à la période 1821-1872.

ISAAC COWTE.

Ottawa, 6 mars 1918.

Procès-veroaux du conseil de la compagnie de la baie d'Hudson pour le département du nord de la terre de Rupert, 1830 à 1843, précédés d’extraits du conseil de 1822.

Extraits des procès-verbaux du conseil de 1822,—“ correspondance Bulger ”, vol. 2, p. 245 et seq., Archives canadiennes.—Procès-verbaux d’un conseil temporaire tenu an comptoir d'York, département du nord de la terre de Rupert, le 12 août 1822.

PRÉSENTS

John JÏalkett, président.

(icorge Siunpson, gouverneur.

Colin Kobertson, agent en chef.

John Geo. MeTavish, agent en chef.

James feith, agent en chef.

John Speucer, traiteur en chef.

M. Haïkett présente au conseil une commission sous le sceau de la compagnie de la baie d'Hudson, l’autorisant de présider les séances durant le temps qu’il doit passer dans les territoires de la compagnie.

Règlements relatifs au gouvernement de la terre de Rupert.

M. Halkett soumet alors au conseil une copie des “résolutions adoptées par le conseil général de la compagnie de la baie d'Hudson, le 29 mai 1822” et une lettre de lord Bathurst (secrétaire des colonies) à Joseph Bérens (gouverneur de la compagnie) en date du 80 mai 1832 par laquelle il sanctionne les résolutions. Celles-ci sont entièrement reproduites dans les procès-verbaux d’Assiniboine sur une page antérieure.

Le conseil “ décide en premier lieu que des copies de ces documents soient immédiatement préparées et transmises aussi loin que possible aux divers agents en chef pour la gouverne de ceux-ci.”

Projet d'établir les familles des anciens serviteurs de la compagnie et des métis dans la colonie de la rivière Rouge.

M. Halkett communique au conseil des dépêches du gouverneur et du comité adressées au gouverneur Simpson, en date du 27 février, du 8 et du 27 mars 1822 et il ajoute qu'elles ont trait à “un sujet auquel le gouverneur et le comité attachent une très grande importance” Comme la teneur des dépêches du 27 février et du 8 mars est la même à cet égard, il n’en est reproduit que les extraits suivants :—

Lettre du 27 février 1822, paragraphe 45: “Il est très important d’adopter les mesures requises à l’égard des hommes qui sont à la tête de nombreuses familles et qui doivent être congédiés, ainsi qu’à l'égard des nombreux enfants métis dont les parents sont morts ou disparus. (es personnes constituent un fardeau qui nécessite des dépenses, car si elles doivent rester dans leur état actuel, elles deviendront dangereuses pour la paix de cette région et pour la sécurité des postes de commerce. Il doit donc être considéré comme prudent et économique d’encourir quelque dépense pour placer ces gens dans des endroits où ils pourront se maintenir eux-mêmes et où ils pourront aussi être civilisés et recevoir une instruction religieuse.

“Nous considérons que toutes ces personnes devraient être transférées à la rivière Rouge où les catholiques naturellement seront confiés à la mission catholique romaine établie à cet endroit et où les protestants ainsi que les orphelins qui doivent être maintenus et vêtus par la compagnie, serent confiés aux écoles et aux établissements protestants sous la direction du révérend M. West.

“The Church Missionary Society a voté des sommes considérables pour le mainticu de deux ministres, d’un maître d'école et d'une maîtresse pour l'instruction des enfants sauvages. La société permet en même temps aux autres enfants de fréquenter l’école moyennant le payement d’une modeste somme.

“11 serait mal à propos et dangereux de transférer un grand nombre de ces personnes à la rivière Rouge sans nommer quelque agent en chef ou traiteur en chef intelligent et sans que leur conduite soit surveillée et dirigée de quelque façon durant la première année. Et il sera nécessaire de venir en aide à ces personnes en leur accordant des munitions et des vêtements.

“Nous désirons soumettre ce sujet à la considération des messieurs qui feront partie du conseil et dans une autre dépêche nous espérons pouvoir transmettre une ébauche du plan qui devra être mis À exécution ”.

Une école industrielle pour les orphelins.

Lettre du 8 mars 1822, paragraphe “:

“T1 sera préparé des lots de 20 à 25 acres de terre pour les hommes qui ont des familles à soutenir et un établissement général sous forme d’école industrielle, devra être formé pour les orphelins. Mais il sera nécessaire de venir en aide aux hommes chargés d'une famille en leur accordant des vêtements, des outils, du grain de semence et des munitions afin de leur permettre de se construire des maisons, de s'établir euxmêmes sur des terres et de maintenir leur famille jusqu’à ce qu’ils puissent obtenir une récolte. On ne doit pas s'attendre à ce que les hommes soient munis de toutes ces choses et ceux qui seront chargés de l'établissement ne devront pas consentir à ce qu'une population considérable de ce genre, à moins d’avoir pris des dispositions suffsantes À cet égard et des mesures en vue d'exercer, de s’assurer d’un contrôle et d’une surveillance efficace. Il est par conséquent nécessaire de ne mettre ce projet à exécution qu’après l'avoir bien élaboré et nous eroyons que c’est le moyen le plus économique de se tirer d'affaire en cette occurrence.”

Après avoir encore une fois ordonné la nomination d’un surintendant propre à remplir cette tâche, la dépêche ajoute: “les chefs de famille ne devraient être acceptés qu'après s'être engagés par écrit à suivre les directions du surintendant, ce qui leur donnera droit à l’aide susmentionnée et aux lots de terre ”.

Paragraphe 8. “A l’égard des orphelins il faudra encourir des dépenses au commencement pour l'érection des bâtiments, ete. Mais si les plus âgés des garçons sont employés à la culture et si les filles et les plus jeunes enfants sont utilisés pour d’autres travaux industriels, les dépenses ne seront pas très considérables et l’on pourra en

même temps s'occuper de leur instruction religieuse et de leur éducation. À mesure que les enfants grandiront ils pourront être mis en apprentissage chez des colons respectables et ceux-ci devront les supporter par la suite en considération de leur travail durant le terme de leur apprentissage.

“M. West et ses assistants se chargeront de cette partie du projet.”

Lettre du 27 mars 1822, paragraphe 21:—

À l’égard du 45e paragraphe de notre lettre du 27 février, nous transmettons ciincluse la copie d’une lettre que nous avons adressée au révérend M. West et celle d’une autre lettre contenant plus de détails, adressée à ce dernier par M. Harrison. Nous confirmons les instructions qui y sont contenues et nous devons attirer l’attention du conseil sur cet important sujet. Nous attendrons un rapport à ce sujet en même temps que toute autre mesure que le conseil pourrait suggérer à l’égard de l’exécution de ce projet ”.

Le conseil adopte alors une série de résolutions à l'effet de mettre à exécution les instructions du comité de Londres. L’agent en chef Clarke fut par suite requis de s'entendre avec le gouverneur Bulger pour commencer les constructions nécessaires et de requérir la coopération du révérend M. West. Le conseil autorisa aussi une dépense de 300 louis pour la première année ainsi que l'emploi de tous les serviteurs diSponibles de la compagnie pour l'érection des bâtiments. Les lots devant être de 25 à 80 acres dans le voisinage d'Image Plain.

Le fort à Pembina doit être abandonné.

Le conseïl considère ensuite l’état du fort à Pembina et après avoir tenu compte des réparations et des renforts nécessaires pour le protéger contre les Sioux et d’autres tribus hostiles ainsi que des dépenses considérables de son maintien comparées avec les profits du trafic qui s’y fait, il est décidé d'abandonner ce fort complètement.

Ordre de supprimer les “ Free Traders ”.

Il est aussi arrêté: “ Que M. Clarke soit requis de faire tous ses efforts pour supprimer immédiatement et complètement les “ Petty Traders” du Canada et des Etats- Unis qui depuis quelque temps font sans autorisation le trafic de fourrures sur la rivière Rouge avec les sauvages et d’autres personnes dans les territoires de la compagnie”. Et comme le conseil est d’avis que les assassinats déplorables perpétrés par les sauvages sioux dans ce quartier proviennent en grande partie des relations qui semblent avoir existées entre les sauvages et les trafiquants en question, M. Clarke est requis d’avoir recours directement en cas de nécessité, aux mesures spécialement autorisées et sanctionnées à cette fin par les dispositions de la charte royale de la compagnie

de la baie d'Hudson ”.

Le conseil s'ajourne.

Procès-verbaux d’une séance tenue au comptoir d’York, département du nord de la terre de Rupert, ouverte le 3 juillet 1830 en vue d'adopter les règles et règlements considérés nécessaires pour ladministration dudit département, de s’enquérir du résultat du trafic durant l’année précédente et de prendre des dispositions à l'égard des “ Outfts”” et des arrangements généraux requis pour le trafic de l’année courante, conformément aux dispositions d’un acte simple sous le sceau du gouverneur et de

la compagnie d’aventuriers d'Angleterre faisant le commerce de la baie d'Hudson, en date du 26 mars 1821:

PRÉSENTS

George Simpson, gouverneur en chef.

Colin Robertson, agent en chef.

Alexander Stewart, “

John Clarke, “ John D. Cameron, “ John Charles, “ John Stuart, “e Alexander Christie, “

William McKintosh, s John Rowand, “

P. W. Dease, “ John Lee Lewis, “ Roderick McKenzie. «

1. Arrêté que les traiteurs en chef soient invités d’assister à la séance et par suite les messieurs suivants furent présents, savoir:

Duncan Finlayson, traiteur en chef.

Robert Miles, “

John E. Harriott. “

9, Arrêté que les congés à tour de rôle durant l’année courante soient accordés aux agents en chef P. W. Dease, Colin Robertson et James Leith.

8. Arrêté que ceux des agents en chef P. W. Dease et Colin Robertson soient transférés aux agents en chef Alexander Stewart et John Clarke qui avec l’agent en chef Leith ont fait valoir leurs prétentions à ce sujet.

4, Que les congés à tour de rôle pour la présente année soient accordés aux agents en chef À. R. MeLeod et à Alexander Fisher. Mais ni l’un ni l’autre ne les ont réclamés. .

Afin d'éviter tout malentendu à Yégard des congés à tour de rôle pour les deux années suivantes,

5. Qu'ils soient considérés comme devant être accordés aux agents en chef Alexander Stewart, J. George Mactavish et John Clarke ainsi qu'aux traiteurs en chef Samuel Black et P. Skene Ogden “ for Outfit ” 1831-1832, et aux agents en chef John Keith, John D. Cameron et John Charles ainsi qu'aux traiteurs en chef Cuthbert Cummings et Francis Heron “for Outfit”” 1832-1838.

La requête de l’agent en chef Francis Heron contenue dans une lettre en date du 19 avril 1830, demandant qu’il soit permis à ce dernier d’accepter le transfert du congé accordé au traiteur en chef Samuel Black “for Outfit 1831” en vertu de la disposition du 21e article de l’acte simple, ayant été dûment considérée, le conseil considère qu’il y a lieu de craindre qu’un transfert et un échange de ce genre soient contraires et préjudiciables aux intérêts du département de la Colombie auquel appartiennent ces deux messieurs et il est par conséquent arrêté:

6. Qu’il ne soit pas fait droit à la requête de l’agent en chef Heron, à moins que Vagent en chef John McLoughlin considère qu’elle peut être accordée sans préjudice ou dommage aux intérêts du département de la Colombie. Et en ce cas l’agent en chef McLoughlin est par la présente autorisé à procurer au traiteur en chef Heron un passage jusqu’à York sur les embarcations de la saison suivante.

La requête de John MeLeod demandant qu’il lui soit permis de passer en Angleterre durant cette saison dans l’intérêt de sa santé ayant été dûment considérée en même temps que le certificat du Dr William Todd, il est arrêté:

7. Qu'il soit en conséquence accordé un congé d’une année au traiteur en chef John MeLeod.

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