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LXII PRÉFACE DU NOUVEAU DON JUAN

impression. C'est le cas ou jamais d'en prendre à témoin les Dieux immortels, ce n'est pas pour les éblouir ou les alourdir d'ennui que j'ai usé de cette érudition. C'est pour donner plus de vigueur et de couleur aux images, c'est pour rendre plus justes autant qu'harmonieuses les métaphores et les hyperboles.

Les comparaisons picturales, les citations d'analogies entre Içs arts plastiques et la prose qui est, elle, plus que le vers, l'art de la pensée, abondent dans cet ouvrage. Je ne les ai faites qu'à bon escient. De même que certains poètes ont ambitionné d'écrire des vers aussi beaux, aussi frappants par leur harmonie propre que des phrases de musique, de même j'ai cherché à tisser ma prose de mots qui éveillent, presque autant que la vue d'un tableau, le sens de la couleur mieux encore que celui de l'harmonie.

Naguère un problème de haute esthétique a été posé : savoir s'il est possible, sans faute contre le goût et la tradition, de traduire en musique d'opéra la vie contemporaine au même titre que fut interprétée jusqu'à ce jour, en dehors de l'allégorie, la vie conventionnelhment héroïque du passé. J'ai fait en littérature une tentative analogue qui consiste à user du style lyrique et de son dérivé, le style épique — qu'il convenait mieux jusqu'ici d'appliquer à la représentation de choses

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