PRÉFACE DU NOUVEAU DON JUAN LXIII
archaïques et de symboles — pour peindre des faits et des sentiments qui, tout en ayant un certain caractère d'universalité et d'immanence, sont essentiellement vêtus d'actualité. Taine aurait désiré y disait-il, que Von jouât les personnages de Racine en habit noir. Il affirmait que les rôles n'en eussent pas été moins beaux. Il avait mille fois raison. Mais que l'on veuille bien renverser sa proposition. Que l'on suppose une langue poétique ou, plutôt, antiréaliste, un peu conventionnelle même, parlée par des contemporains, et l'on aura une idée de mes essais de style, tendant — principalement dans le troisième volume du Nouveau Don Juan — à relever les choses humaines de leur prosaïsme et à en mettre le roman actuel à la hauteur du poème antique.
En raison même de sa forme autant que de sa pensée, le nouveau Don Juan sera jugé d'une lecture difficile. Comme tous les ouvrages qui ne flattent point le goût ou la mode du jour, il mettra