‹ Le nouveau Don Juan (volume 2)Chapitre 27 sur 37 · LXIV PRÉFACE DU NOUVEAU DON JUAN · texte numérisé non relu

LXIV PRÉFACE DU NOUVEAU DON JUAN

sans doute des années à trouver ses lecteurs. Montesquieu a dit quil y a deux sortes d'écrivains : (( ceux qui pensent et ceux qui amusent. » Je revendique hautement de ne pas être compté parmi ces derniers. En dépit de son titre, le nouveau Don Juan ne saurait convenir aux esprits légers. Bien quil soit manifeste a priori que c'est surtout hi forme que f en ai voulu polir, il napas été dans mon intention que l'œuvre, lorsque je l'ai écrite, ne comporte d'autre action que celle de l'art pour l'art. Cette formule, si peu comprise en général, est un truisme. N'est-il pas évident que l'art se suffit à lui-même, qu'il porte en soi son but et sa fonction qui sont d'exprimer le beau ? Mais, à son tour, l'action sensible du beau exprimé doit-elle être distincte de celle de l'art ? Nullement. Ces deux actions successives se complètent. Si la fonction de l'écrivain est de faire de l'art, le but intrinsèque de cette fonction est de moraliser et de contribuer ainsi à l'éternelle action sociale de l'humanité sur ellemême.

Certes, il est bien d'écrire d'abord pour soi, pour son plaisir, pour les satisfactions intimas qu'en procure l'effort, les plus propres, selon Ibsen, à tromper le mensonge qu'est la vie.

Quand on le peut, quand la vocation vous y pousse, on doit aussi écrire pour le Progrès et pour ridée.

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