‹ Le nouveau jeu; comédie en cinq actesChapitre 33 sur 34 · SCENE III LE JUGE, LE GREFFIER, BOBETTE · texte numérisé non relu

SCENE III LE JUGE, LE GREFFIER, BOBETTE

bobette, entrant avec beaucoup de brio.

Monsieur...

le juge

Deux mots seulement, mademoiselle, j'ai déjà perdu trop de temps avec les autres.

bobette

Je regrette, monsieur, que ce n'ait pas été avec moi.

Moi aussi, mademoiselle. Je vous ai priée de

venir afin de vous donner quelques conseils, ou plutôt vous faire de paternelles réprimandes.

BOBETTE

Je vous écoute, mais je ne vous comprends pas.

LE JUGE

Ne faites pas l'innocente.

BOBETTE

Ce n'est pas mon habitude.

LE JUGE

Vous me comprenez fort bien. Vous sortez à peine d'un scandale que vous retombez dans un autre, plus grand encore.

BOBETTE

Prenez garde, vous allez dire une bêtise.

LE JUGE

Vous êtes à présent la maîtresse de M. Labosse !

BOBETTE

Ça y est.

Je le

BOBETTE

Vous ne savez rien du tout. Écoutez? Vous avez une figure qui me plaît. Vous êtes un juge... et un bon juge... Moi, je suis une fille, et une bonne fille... eh bien, je vais vous mettre au courant.

LE JUGE

Parlez.

BOBETTE

Vous savez que c'est fini avec Paul?

LE JUGE

Oui.

BOBETTE

Huit jours après mon flagrant... j'ai reçu la visite de M. Labosse. Qu'est-ce qu'il pouvait bien me vouloir? Je ne vous cacherai pas qu'avec la réputation dont il jouit j'étais plutôt inquiète, et dame, je ne l'ai reçu qu'après une sérieuse hésitation...

LE JUGE

Comme je vous comprends !

BOBETTE

Eh bien, monsieur le juge, c'est un homme très calomnié. « Mademoiselle, m'a-t-il dit, c'est un père qui se présente chez vous. »

Ils disent tous ça !

BOBETTE

Lui, c'était vrai. « Je viens comme chef de famille, au nom de ma femme et de la mère de M. Costard, vous demander de rompre définitivement avec Paul. Je n'ai pas été jusqu'ici le moJèle des pères. Je m'y mets un peu tard, mais je m'y mets. » Qu'auriez-vous fait à ma place, vous, monsieur le juge?

LE JUGE

Moi 1 Ce que vous avez fait !

BOBETTE

A la bonne heure! Vous m'appréciez. J'ai dit oui. J'ai lâché Paul. Ça m'a coûté un peu. Je ne pouvais pas faire autrement. Et puis, je l'ai fait

aussi pour sa mère, qui a toujours été délicieuse pour moi. La reconnaissance du Léoville.

Plaît-il ?

LE JUGE

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