SCENE III LE JUGE, LE GREFFIER, BOBETTE
bobette, entrant avec beaucoup de brio.
Monsieur...
le juge
Deux mots seulement, mademoiselle, j'ai déjà perdu trop de temps avec les autres.
bobette
Je regrette, monsieur, que ce n'ait pas été avec moi.
Moi aussi, mademoiselle. Je vous ai priée de
venir afin de vous donner quelques conseils, ou plutôt vous faire de paternelles réprimandes.
BOBETTE
Je vous écoute, mais je ne vous comprends pas.
LE JUGE
Ne faites pas l'innocente.
BOBETTE
Ce n'est pas mon habitude.
LE JUGE
Vous me comprenez fort bien. Vous sortez à peine d'un scandale que vous retombez dans un autre, plus grand encore.
BOBETTE
Prenez garde, vous allez dire une bêtise.
LE JUGE
Vous êtes à présent la maîtresse de M. Labosse !
BOBETTE
Ça y est.
Je le
BOBETTE
Vous ne savez rien du tout. Écoutez? Vous avez une figure qui me plaît. Vous êtes un juge... et un bon juge... Moi, je suis une fille, et une bonne fille... eh bien, je vais vous mettre au courant.
LE JUGE
Parlez.
BOBETTE
Vous savez que c'est fini avec Paul?
LE JUGE
Oui.
BOBETTE
Huit jours après mon flagrant... j'ai reçu la visite de M. Labosse. Qu'est-ce qu'il pouvait bien me vouloir? Je ne vous cacherai pas qu'avec la réputation dont il jouit j'étais plutôt inquiète, et dame, je ne l'ai reçu qu'après une sérieuse hésitation...
LE JUGE
Comme je vous comprends !
BOBETTE
Eh bien, monsieur le juge, c'est un homme très calomnié. « Mademoiselle, m'a-t-il dit, c'est un père qui se présente chez vous. »
Ils disent tous ça !
BOBETTE
Lui, c'était vrai. « Je viens comme chef de famille, au nom de ma femme et de la mère de M. Costard, vous demander de rompre définitivement avec Paul. Je n'ai pas été jusqu'ici le moJèle des pères. Je m'y mets un peu tard, mais je m'y mets. » Qu'auriez-vous fait à ma place, vous, monsieur le juge?
LE JUGE
Moi 1 Ce que vous avez fait !
BOBETTE
A la bonne heure! Vous m'appréciez. J'ai dit oui. J'ai lâché Paul. Ça m'a coûté un peu. Je ne pouvais pas faire autrement. Et puis, je l'ai fait
aussi pour sa mère, qui a toujours été délicieuse pour moi. La reconnaissance du Léoville.
Plaît-il ?
LE JUGE