‹ Le Nouveau Monde;Chapitre 95 sur 140 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Les Mêmes. WASHINGTON et BENJAMIN FRANKLIN, puis Voix lointaines des Peaux-Rouges, puis, à la fin. un Secrétaire d'Etat-Major.

MARY

Ruth, dis-nous la prière du soir.

[Tous se lèvent et se découvrent > RUTH. debout, en son manteau d exil.

Mon Dieu ! Bénissez ce pain, qui va devenir du sang, pour couler au nom de la Liberté ! Bénissez nos armes saintes et notre chef, George Washington, libérateur!

TOUS Bénissez notre chef, George Washington, libérateur.

VAUDREUIL. se rasseyant

Amen !

WASHINGTON, à demi-voix.

Franklin, vous le voyez : ceci est tellement extraordinaire qu il convient d'interroger le commandant Ashwell sur ses convictions les plus secrètes, car on pourrait le soupçonner lui-même.

FRANKLIN

Ashwell est une âme de héros !

WASHINGTON

Les héros sont doués d'une indulgence dangereuse. Haut. s'avançant: Merci, frères ! — Nous venons souper avec vous. Benjamin Franklin et moi.

(On élève les drapeaux, les sentinelles présentent les armes: on tire les épées. — 77 fait un signe de lu main :

Silence.

'Tous deux prennent place à table. — On se rasseoit. — A Stephen

Commandant Ashwell, j'ai à vous parler, devant tous. — Vous êtes prêt à mourir, n'est-ce pas, pour la défense de notre sol et de nos droits ?

STEPHEN, surpris, relevant la tète.

Général, ne suis-je pas ici?

WASHINGTON, le regardant fixement.

Pourquoi?

STEPHEN, après un moment de profond étonnement.

Général, tout partisan ne combat que pour L'idée qu'il a d'une cause. Celle-ci ne représente que l'ensemble des

croyances qu'elle a suscitées. Le sang versé réalise, dans

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