CHAPITRE SEIZIÈME
Distinction entre les séries faussées et les hongrées.
.Nous passons des fabriques spëculalives aux fabriques usuelles , qui peuvent fournir une douzaine de séries en fonctions obligées , comme buanderie , IraTail sur bois , sur cuir.
Ces séries, que je vais indiquer, seront la plupart défectueuses , peu compatibles avec deux des trois règles posées au chap. YI , la compacité d'échelle et Vexercice parcellaire, G*est un vice inévitable pendant quinze à vingt années d'initiative sociétaire.
Les fonctions non compactes en échelle pourront 8*élever à une cinquantaine de genres et une douzaine de séries dans lajphalange d'essai ; elle ne voudra pas être dupe des ouvriers de la ville , ni les appeler cba(]ue fois qu'il y aura un clou à poser ; ce serait s'encombrer mal à propos do civilisés. Pour s'en garantir , elle aura engagé des instructeurs en tous genres de travaux domestiques , fournissant quatre à cinq catégories , comme travail sur bois, sur cuir , sur métaux , sur étoffes , etc. On pourra composer, de ces divers genres, les séries suivantes.
A En bois: charpentiers, menuisiers.
B Idem : tonneliers , vanniers.
C En cuir: cordonniers, gantiers, culottiers.
D En mixte: selliers , bourreliers , layeticrs.
E En fer : serruriers, éperonuicrs, maréchaux.
24B ROl'YBAU lONDI
F En mixte: carossiers, charrons, taillandiers, G En ornemens : modistes , brodeuses , passemen-
tières.
H En étoffes : tailleurs , tailleuses , ravaudeuses ,
repriseuses , oorsetières.
J En métaux : chaudronnière » poélîers , ferblantiers , lampistes , fondeurs , pompiers.
L En mixte: couteliers, tabletiers, arquebusiers. M Idem : horlogers , joailliers , orfèvres. N En toile: lingères, tisseuses.
11 reste divers emplois qu*on pourrait difficilement classer en série , vu le peu de lien qu*ils ont entre eux , tels sont :
1 Chapelier, 5 Perruquier, 9 Imprimeur.
2 Tapissier, 6 Dégraisseur, 10 Parasolier. S Plumassier , 7 Cartonnier , 1 1 Emballeur. 4Pailliste, 8 Pelletier, 12 Vitrier, 13 Opticien. Une phalange de grande échelle aura besoin de
tous ces emplois. Il serait fâcheux à elle de recourir aux ouvriers de la ville pour imprimer son bulletin de la bourse et autres minuties ; pour raccommoder pendule , montre , tabatière , cuiller , couteau , chapeau : les instructeurs enrôlés aux deuxième et troi* sième essaim auront dû former des élèves en ces divers genres. Sans adopter les fabriques de tissage, il en faudra quelque peu , un seul groupe , afin d'éveiller ce goût, le faire écloro chez certains enfans, a qui il est naturel.
Mais la génération élevée , dans IVlat civilisé, ne
IlfDOSTItlEl. 249
se passionnera que lentement pour les fabriques usuelles , qui , par cette raison ne pourront pas , dans les premières années, fournir des séries régulières en chaque espèce indiquée plus haut, sous les chiffres la IS, et même dans les genres cotés de A jusqa*à N. Plusieurs des douze séries k N manqueront de compacité entre leurs groupes , et seront mal intriguées ; ( chap. VI. ) Ce seront des séries haugréeê, insuffisantes en ressorts (l'harmonie , en équilibre de passions. Il sera force , pendant la première génération , de se contenter de ces séries défectueuses , dites hongrées ou non compactes.
Les fonctions 1 a 13 ae formeront guère que des groupes détachés : elles n*ont pas de lien entre elles ; mais chacune, au bout de 30 ans, fournira une série , parce qae les enfans élevés dans Télat sociétaire y prennent parti pour un très-grand nombre de métiers, sauf exercice pfifrcelknre ; de sorte que, pour une fonction peu étendue comme celle d*emballeur ou parasolier , la phalange aura aisément une trentaine de sectaires , formant série.
L'emploi des séries hongrées et mal échelonnées, est une faute où tomberont fréquemment des fondateurs non exercés ; il importe de les prévenir sur ce sujet, déjà effleuré au chap. YII, sous le tire de séries faussées.
Il 7 a peu de différence entre les hongrées et les faussées. J'appelle faussée ^cellc qui est mal assortie,
2I>0 ROUVBAU MOIIOB
mal graduée , mais corrigible, comme on l'a vu au chap. VII.
La série hongrée pèche par le même défaut de graduation inexacte , mais sans possibilité d*y remédier , parce qu'elle se compose de fonctions dont on ne peut pas se passer , quoiqu'elles ne soient pas assez vicinales pour qu'on en puisse former une série d'échelle compacte , bien nuancée. J'ai donné au chap. VII un exemple de série faussée : j'en ajoute un de série hongrée très-méthodique.
TbaTAIL SOa BftTAOX GOMUJNS.
Transition asc : = Lampistes.
Ferblantiers.
^îth descend* Chaudronniers.
Arquebusiers,
Serruriers.
^ Maréchaux , éperonniers*
Cenlre rp .„ ,. ^ ,
Taillandiers.
Charrons.
Carossiers, Aile descend* Pompiers.
CofTretiers.
Transition desc : = Couteliers.
Ici les fonctions sont bien graduées , mais éloi* gnées entre elles , formant échelle d'espèce et non de variétés. Ce vice est le caractère des séries bongrées : elles manquent de compacité , leur échelle est d'ordre lâche quoique régulier , et par cette raison leurs grou[)es ne sont pas susceptibles de rîva*
INNSTilBL. 251
liiéi vicinales et discorda gradues entre groupes contigus. Ce sont des séries rabaissées en échelle , car la leur se forme d'espèces ; une bonne échelle n'est formée que de y«nriétés très-voisines y discordantes et jalouses ; et comme ici les douze groupes ont des fonctions trop distinctes pour créer les discords , c'est nne série hongrée , privée du jeu de la cahaliste on passion des intrigues rivales.
On sera forcé , pendant la I '« génération , de for* mer dans toutes les fonctions de fabriques usuelles et même dans d'autres industries , ces Séries défectaeoses , cumulatives d'espèces éloignées : au reste, dans son début , le mécanisme sociétaire ne pourra être en son ensemble qu'une harmonie hongrée , puisqu*il sera privé des relations d'amour libre qu'on ne pourra établir qu'a la â« ou S« génération, et des relations de famille harmonisée qui ne pourront naitro que dans les 4* et 5" générations sociétaires. (Voyei 5* section ce qui touche aux harmonies de famille et d'héritage. )
Heureusement les Séries agricoles , dans la phalange d'essai , ne seront pas sujettes à ce défaut de compacité qui paralyserait tout ; ou pourra les former en écKelle de variétés bien nuancées , donnant plein essor au 3 passions mécanisantes.
ÏjCS principes que je viens d'établir sur le choix et la direction des fabriques tant usuelles que spéenlatives , sont fort opposés à ceux de la tcience dite économie politique, aux yeux de qui toute
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industrie est utile pourvu qa*elle crée des légions d'affamés , qui se vendent à bas prix au conquérans et aux chefs d^atelier. La concurrence outrée réduit toujours cette populace au plus minime salaire en cas d'activité et a l'indigence en cas de stagnation.
L'ordre sociétaire n'envisage dans les manufactures, que le complément de l'agriculture, le moyen de faire diversion aux calmes passionnels qui éclateraient pendant la longue fériation d'hiver et les pluies équatoriales. Aussi toutes les phalanges du globe auront-elles des fabriques , mais elles s'efforceront de porter les produits manufacturés à Li plus haute perfection, afin que la longue durée de ci's objets réduise a peu de temps le travail de fabrication.
Posons sur ce sujet un principe méconnu de tous les économistes , principe qui se lie au ehap. Vlil , sur les sortes et doses d'attraction.
Dieu n*a distribué pour le travail manufacturier qu une diise d'attraction correspondante au quart du temps que l'homme sociétaire peut donner au travail. Les trois autres quarts doivent être employés au service des animaux , des végétaux , des cuisines , des armées industririles , enfin de tout travail autre qne celui des manufactures, dans lequel je ne comprends pas les cuisines de consommation journalière , car elles sont service domestique.
Si l'on voulait , dans une phalange, outre-passer la dose d'attraction manufacturière , pousser ce genre de travail au-delà du quart du temps appli*
IHMSTKltL. S58
cable à l'iodastrie , enfin donner aux fabriques moitié du temps disponible en trayaîl non dômes* tique, on verrait avorter Tattracdon manufacturière et par suite l'attraction agricole; car les séries d'agriculture perdraient un tiers de leur temps d*exer* cice , et par suite un tiers de leurs sociétaires : on Terrait diminuer en même rapport leur compacité et leur activité.
Ainsi tout le mécanisme d'attraction industrielle serait bouleversé si l'on procédait comme les civilisés, confusément et sans maintenir la proportion des doses d'industrie avec les doses d'attractions spéciales que distribue la nature.
• En outre cette proportion serait faussée en toutes branches de manufactures, si Ton fabriquait comme sojoQrd'hai des qualités inférieures , et ruineuses pour le corps social ; car des étoffes et teintures dé* fectneuses réduisant la durée d'un vêtement â demi, tiers ou quart de ce qu'elle doit être, obligeraient à augmenter d'autant la masse de fabrication, et restreindre en même rapport la somme de temps et de bras que donnerait a l'agriculture une population limitée à tel nombre fiie.
Des sopblltes répondront que ce serait un moyen d'augmenter la population ; c'est précisément le vieo qu'on voudra éviter en harmonie : du moment où le globe sera parvenu à son grand complet d'envi* ron cinq milliards, on ne s'occupera qu*à assurer lo bonheur de ses habitans et non pas à en accroître
SB4 RODTtAV nmvz
le nombre. Or ce bonheur déclinerait si Ton faussait les équilibres d'attraction , en prenant da temps anx cultures pour en donner aux fabriques plus que ne leur en assigne la nature ; elle veut réduire les travaux de fabrication à la plus courte durée pos* sible, en organisant les intrigues des séries de manière à élever tout produit à la perfection.
C'est d'après ce principe que les manufactures , au lieu d'être comme aujourd'hui concentrées dans des villes on s'amoncellent des f ourmillières de misérables y seront disséminées dans toutes les campagnes et phalanges du globe, afin que l'homme en se livrant au travail de fabrique , ne dévie jamais des voies de l'attraction qui tend a employer les fisibrlques en accessoire et variante de l'agriculture, et non pas en fonction principale, ni pour un can* ton ni pour aucun de ses individus.
£n terminant ces notions élémentaires sur la formation des séries, rattachons toutes les règles h un précepte général , qui est d'assurer aux S passions mécanisantes un plein essor en toutes fonctions. Or dans rhypothèse d'accroissement de l'industrie manufacturière aux dépens de l'industrie agricole qui est la plus attrayante, on n'arriverait qu à un résultat absurde, au ralentissement de ces trois passions dont l'activité est gage de l'attraction industrielle et de tous les biens qu'on en doit reoneillir.
lR»OCTRIBt. ISK
COMPLÉMENT DE LA l^ PARTIE,
Duperie de$ détracieurê ; Secte Owbh •
Déjà Ton peut s'apercevoir que ma théorie sociétaire ne donne point dans Tarbitraire des faiseurs de aystèmes ; elle se fonde sur un procédé spécial, pniié dans la natore, conforme au vœa des passions et aux théorèmes de géométrie ; car le mécanisme des Séries passionnées est géométrique en tout sens; on en verra la preuve aux chapitres qat traitent de la répartition, section V, et de Tanalogie, S. VII.
Noos ponTons maintenant examiner les inconséquences commises à cet égard par le 10* siècle qui, sur Taffaire â'où dépend le changement de sort du genre humain, sur TinTention du procédé sociétaire, se confie à des hâbleurs fardés de philantropie , et ne leur impose aucune règle à suivre en théorie ni en pratique.
On voit qu'il y avait un procédé à inventer , c'est la Série passionnée , découverte qui exigeait de profondes recherches sur les dispositions et les emplois de ce ressort tout à fait étranger au mécanisme civilisé.
Pour peu qu'on eût voulu opérer méthodiquement, on aurait exigé des prétendans, comme M. Rob Owen ou autre, une invention et non pas des statuts ni des bisarreries telles que la communauté des biens, Tabsence de culte divin, Tabolition brusque
2i8 ROUVfiAO aORDB
F En mixte: carossîers, charrons, taitlandiers,
G En ornemens : modistes , brodeuses , pnssemen* tières.
H En étoffes : tailleurs , taiUeuses , ravaudeuses , repriseuses , oorsetières.
J En métaux : chaudronniers , poèliers , ferblantiers , lampistes , fondeurs , pompiers.
L En mixte : couteliers, tabletiers, arquebusiers.
M Idem : horlogers , joailliers , orfèvres.
N En toile : lingères, tisseuses.
11 reste divers emplois qu*on pourrait difficilement classer en série , vu le peu de lien qu*ils ont entre eux , tels sont :
I Chapelier, 5 Perruquier, 9 Imprimeur.
S Tapissier, 6 Dégraisseur, 10 ParasoUer.
S Plumassier , 7 Cartonnicr , 1 1 Emballeur,
4PaLlliste, 8 Pelletier, 12 Vitrier, 13 Opticien.
Une phalange de grande échelle aura besoin de tous ces emplois. Il serait fâcheux à elle de recourir aux ouvriers de la ville pour imprimer son bulletin de la bourse et autres minuties ; pour raccommoder pendule , montre , tabatière , cuiller , couteau , rha** peau : les instructeurs enrôlés aux deuxième et trni* sième essaim auront dû former des élèves en ces divers genres. Sans adopter les fabriques de tissage, il en faudra quelque peu , un seul groupe , afin d'ë-* veiller ce goût, le faire écloro chez certains enfans, à qui il est naturel.
MaislR génération élevée, dans Tétat i!ivilis«, no
IHDDSTRICL. 249
se passionnera que lentement pour les fabriques usuelles , qui , par cette raison ne pourront pas , dans les premières années, fournir des séries régulières en chaque espèce indiquée plus haut, sous les chiffres 1 à 18, et même dans les genres cotés de A jusqu*à N. Plusieurs des douze séries A N manqueront de compacité entre leurs groupes , et seront mal intriguées ; ( chap. VI. ) Ce seront des séries hongréeê, insuffisantes en ressorts cL'harmonie , en équilibre de passions. Il sera force , pendant la première génération , de se contenter de ces séries défectueuses , dites hongrées ou non compactes.
Les fonctions 1 à 13 ne formeront guère que des groupes détachés : elles n'ont pas de lien entre elles ; mais chacune, au bout de 30 ans, fournira une série , parce que les enfans élevés dans Tétat sociétaire y prennent parti pour un très-grand nombre de métiers, sauf exercice f^rceïlaire; de sorte que, pour une fonction peu étendue comme celle d*emba1leur ou parasolier , la phalange aura aisément une trentaine de sectaires , formant série.
L*eniploides séries hongrées et mal échelonnées, est une faute où tomberont fréquemment des fondateurs non exercés ; il importe de les prévenir sur ce sujet, déjà effleuré au chap. Vil, sous le t'tro de séries faussées.
Il y a peu de différence entre les hcmgrées et les faussées, «rappelle faus:jce,celle qui est mal assortie,
2S0 NOVVBAU MORDB
mal graduée , mais corrigible, comine on Ta vu au chap. VIL
La série hongrée pèche pnr le même défaut de graduation inexacte , mais sans possibilité d*y remédier , parce qu'elle se compose de fonctions dont on ne peut pas se passer , quoiqu'elles ne soient pas assez vicinales pour qu'on en puisse former une série d*échelle compacte , bien nuancée. J*ai donné au chap. VII un exemple de série faussée : j'en «ajoute un de série hongrée très-méthodique.
TbaVAIL sus ■ÉTADX GOHIUIVS.
Transition asc : = Lampistes.
Ferblantiers.
^He descend* Chaudronniers.
Arquebusiers, Serruriers.
P Maréchaux , éperonniers«
Taillandiers.
Charrons.
Carossiers, Aile descend* Pompiers.
Colfretiers, Transition desc : = Couteliers.
Ici les fonctions sont bien graduées, mais éloignées entre elles , formant échelle d'espèce et non de variétés. Ce vice est le caractère des séries hongrées: elles manquent de compacité, leur échelle est d'ordre lâche quoique régulier , et par cette raison leurs groupes ne sont pas susceptibles de riva-
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litës viciiialei et discords gradues entre groupes contigus. Ce sont des séries rabaissées en échelle , car la leur se forme d^espèces ; une bonne échelle n*est formée que de Vtnrtélés très- voisines y discordantes et jalouses ; et comme ici les douze groupes ont des fonctions trop distinctes pour créer les discords , c*est une série hongrée , privée do jeu de la cabaliste ou passion des intrigues rivales.
On sera forcé , pendant la l '^ génération , de former dans toutes les fonctions de fabriques usuelles et même dans d'autres industries , ces Séries défeclaeuses , cumulatives d'espèces éloignées : au reste, dans son début , le mécanisme sociétaire ne pourra être en son ensemble qu'une harmonie hongrée , puisqu'il sera privé des relations d'amour libre qu'on ne pourra établir qu'à la â« ou S« génération, et des relations de famille harmonisée qui ne pourront naître que dans les 4* et tt** générations sociétaires. (Voyex 6* section ce qui touche aux harmonies de famille et d'héritage. )
Heureusement les Séries agricoles , dans la phalange d'essai , ne seront pas sujettes a ce défaut de compacité qui parai fserait tout ; ou pourra les former en éclîelle de variétés bien nuancées , donnant plein essor au 8 passions mécanisantes.
LfCs principes que je viens d'établir sur le choix et la direction des fabriques tant usuelles que spéculatives , sont fort opposés n ceux de la ecience dite économie politique, aux yeux de qui toute
252 NOUVCAD HORDE
industrie est utile pourvu qu*elle crée des légions d'afiamds , qui se rendent à bas prix au conquérans et aux chefs d*atelier. La concurrence outrée réduit toujours cette populace an plus nuiniine salaire en cas d'activité et a Tindigence en cas de stagnation.
L'ordre sociétaire n'envisage dans les manufactures, que le complément de Tagnculture, le moyen de faire diversion aux calmes passionnels qui éclateraient pendant la longue fériation d'hiver et les pluies équatoriales. Aussi toutes les phalanges du globe auront-elles des fabriques , mais elles s'eiTor* ceront de porter les produits manufacturés à la plus haute perfection, afin que la longue durée de ces objets réduise à peu de temps le travail de fabrication.
Posons sur ce sujet un principe méconnu de tous les économistes , principe qui se lie au chap. VIII , sur les sortes et doses d'attraction.
Dieu n'a distribué pour le travail manufacturier qu'une dose d'attraction correspondante au quart du temps que l'homme sociétaire peut donner au travail. Les trois autres quarts doivent être employés au service des animaux , des végétaux , des cuisines , des armées industrielles , enfin de tout travail autre qne celui des manufactures, dans lequel je ne comprends pas les cuisines de consommation journalière , car elles sont service domestique.
Si l'on voulait , dans une phalange, outre-passer la do8« d'attraction manufacturière , pousser ce genre de travail au-delà du quart du temps appH-
imosTaiit. 283
cable à rindafttrte , enfin donner aux fabriques moitié da temps disponible en travail non dômes* tique, on Terrait avorter l'attraction manufacturière et par suite l'attraction agricole ; car les séries d'agriculture perdraient un tiers de leur temps d'exercice , et par suite un tiers de leurs sociétaires : on verrait diminuer en même rapport leur compacité et leur activité.
Ainsi tout le mécanisme d'attraction industrielle serait bouleversé si l'on procédait comme les civilisés, confusément et sans maintenir la proportion des doses d'industrie avec les doses d'attractions spéciales que distribue la nature.
• En outre cette proportion serait faussée en toutes branches de manufactures, si l'on fabriquait comme aujourd'hui des qualités inférieures , et ruineuses pour le corps social ; car des étoffes et teintures défectnenses réduisant la durée d'un vêtement i demi, tiers ou quart de ce qu'elle doit être, obligeraient à augmenter d'autant la masse de fabrication, et restreindre en même rapport la somme de temps et de bras que donnerait a Tagriottlture une population limitée à tel nombre fiie.
Des aophl^tes répondront que ce serait un moyen d'augmenter la population ; c'est précisément le viee qu'on voudra éviter en harmonie : du moment où le globe sera parvenu a son grand complet d'envi* ron cinq milliards, on ne s'occupera qu à assurer le bonheur de ses habitans et non pas à en accroître
Sa
SB4 ROUTfeAU MOTQE
le nombre. Or ce bonheur dëolinerait si l'on faussait les équilibres d'attraction , en prenant da temps AUX cultures pour en donner aux fabriques plus que ne leur en assigne la nature ; elle veut réduire les travaux de fabrication à la plus courte durée possible, en organisant les intrigues des séries de manière à élever tout produit à la perfection.
G*e9t d'après ce principe que les manufactures , au Heu d'être comme aujourd'hui concentrées dans des villes ou s'amoncellent des fourmillières de misérables , seront disséminées dans toutes les campagnes et phalanges du globe, afin que l'homme en se livrant au travail de fabrique , ne dévie jamais des voies de l'attraction qui tend à employer les fiibrlques en accessoire et variante de l'agriculture, et non pas en fonction principale, ni pour un canton ni pour aucun de ses individus.
£n terminant ces notions élémentaires sur la formation des séries, rattachons toutes les règles à un précepte général , qui est d'assurer aux S passions mécanisantes un plein essor en toutes fonctions. Or dans rhypothèse d'accroissement de Tindustrie manufacturière aux dépens de l'industrie agricole qui est la plus attrayante, on n'arriverait qu à un résultat absurde, au ralentissement de ces trois passions dont l'activité est gage de Tattraction industrielle et de tous les biens qu'on en doit recueillir.
llfNSTUBt. 2S5
COMPLÉMENT DE LA l'« PARTIE.
Duperie des dètracieurê ; Secte Owiii •
Déjà l'on peut s'apercevoir que ma théorie sociétaire ne donne point dans Tarbitraire des faiseurs de •ystèmes ; elle se fonde sur un procédé spécial, puisé dans la nature, conforme au vœu des passions et anx théorèmes de géométrie ; car le mécanisme des Séries passionnées est géométrique en tout sens; on en verra la preuve aux chapitres qui traitent de la répartition, section Y, et de l'analogie, S. VII.
Nous pouvons maintenant examiner les inconséquences commises à eet égard par le 19* siècle qui, sur l'affaire d'où dépend le changement de sort du genre humain, sur l'invention du procédé sociétaire, se confie à des hâbleurs fardés de philantropie , et ne leur impose aucune règle à suivre en théorie ni en pratique.
On Toit qu'il y avait un procédé à inventer , c'est la Série passionnée , découverte qui exigeait de profondes recherches sur les dispositions et les emplois de ce ressort tout à fait étranger au mécanisme civilisé.
Pour peu qu'on eût voulu opérer méthodiquement, on auraitexigé des prétendans, comme M. Rob Owen ou autre, une invention et non pas des statuts ni des bizarreries telles que la communauté des , l'absence de culte divin, l'abolition brusque
248 nouYBAu iordi
F En mixte: carossiers, charrons, taillandiers, G En ornemeos : modistes , brodeuses , pnssemen-
tières.
H En étoffes : tailleurs , tailleuses , raraudeuses ,
repriseuses , oorsetières.
J En métaux : chaudronniers , poélîers , ferblantiers , lampistes , fondeurs , pompiers.
L En mixte: couteliers, tabletiers, arquebusiers. M Idem : horlogers , joailliers , orfèvres. N En toile : lingères, tisseuses.
11 reste divers emplois qu*on paurrail difficile^ ment classer en série , tu le peu de lien qu*tls ont entre eux , tels sont :
1 Chapelier, 5 Perruquier, 9 Imprimeur.
2 Tapissier, 6 Dégraisseur, 10 Parasolier. S Piumassier , 7 Cartonnicr , 1 1 Emballeur. 4Pailliste, 8 Pelletier, 12 Vitrier, 13 Opticien. Une phalange de grande échelle aura besoin de
tous ces emplois. Il serait fâcheux à elle de recourir aux ouvriers de la ville pour imprimer son bulletin de la bourse et autres minuties ; pour raccommoder pendule , montre , tabatière , cuiller , couteau , cha-> peau : les instructeurs enrôlés aux deuxième et triù* sièmo essaim auront dû former des élèves en ces divers genres. Sans adopter les fabriques de tissage, il en faudra quelque peu , un seul groupe , afin d'éveiller ce goût, le faire écloro chez certains enfans, à qui il est naturel.
Mais la génération élevée , dans l'état «rivilisé, ne
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se passionnera que lentement pour les fabriques usuelles , qui , par cette raison ne pourront pas , dans les premières années, fournir des séries régulières en chaque espèce indiquée plus haut, sous les chiffres là IS, et même dans les genres cotés de A jusqa*à N. Plusieurs des douze séries A N manqueront de compacité entre leurs groupes , et seront mal intriguées ; ( chap. VL ) Ce seront des séries hongrées, insuffisantes en ressorts 'd'harmonie , en équilibre de passions. Il sera force , pendant la première génération , de se contenter de ces séries défectueuses , dites hongrées ou non compactes.
Les fonctions 1 a 13 ae formeront guère que des groupes détachés : elles n*ont pas de lien entre elles ; mais chacune, au html de 80 ans, fournira une série, parce que les enfans élevés dans Tétat sociétaire y prennent parti pour un très-grand nombre de métiers, sauf exercice p/ArcelUnre; de sorte que, pour une fonction peu étendue comme celle d*emballeur ou parasolier , la phalange aura aisément une trentaine de sectaires , formant série.
L*enip1oides séries hongrées et mal échelonnées, est une faute où tomberont fréquemment des fondateurs non exercés ; il importe de les prévenir sur ce sujet, déjà effleuré au chap. YII, sous le t'trc de séries faussées.
Il y a peu de différence entre les hongrées et les faussées. J'appelle faus:>ce^celle qui est mal assortie,
2!>0 ROUVBAU XOIfDI
mal graduée , raais corrigible, comme on Ta vu au chap. Yll.
La série hongrée pèche par le même défaut de graduation inexacte , mais sans possibilité d*y reraé* dier , parce qu'elle se compose de fonctions dont on ne peut pas se passer , quoiqu'elles ne soient pas assez vicinales pour qu'on en puisse former une série d*écbelle compacte , bien nuancée. J*ai donné au chap. Vil un exemple de série faussée : j*en ajoute un de série hongrée très-méthodique.
TbAVAIL sus HtTAOX COIlOlfS.
Transition asc : == Lampistes.
Ferblantiers.
ÏHe descend* Chaudronniers.
Arquebusiers.
Serruriers.
P Maréchaux , éperonniers*
Taillandiers.
Charrons.
Carossiers, Aile descend* Pompiers,
Coffretîers.
Transition desc : = Couteliers.
Ici les fonctions sont bien graduées , mais éloignées entre elles , formant échelle d'espèce et non de variétés. Ce vice est le caractère des séries hongrées : elles manquent de compacité , leur échelle est d'ordre lâche quoique régulier , et par cette raison leurs groupes ne sont pas susceptibles de riva-
inDOSTftlBL. 251
lités vicinales et discorda gradués entre groupes Gontigus. Ce sont des séries rabaissées en échelle , car la leur se forme d^espëces ; une bonne échelle n*est formée que de variétés très-voisines y discordantes et jalouses ; et comme ici les douze groupes 00 1 des fonctions trop distinctes pour créer les discords , c'est nne série hongrée , privée du jeu de la cabaliate ou passion des intrigues rivales.
On sera forcé , pendant la 1 *** génération , de for* mer dans toutes les fonctions de fabriques usuelles et même dans d'autres industries , ces Séries défectoeuses , cumulatives d'espèces éloignées : au reste, dans son début , le mécanisme sociétaire ne pourra être en son ensemble qu'une harmonie hongrée , puisqu*il sera privé des relations d*amour libre qu*on ne pourra établir qu a la 2<> ou 3« génération, et des relations de famiHe harmonisée qui ne pourront naître que dans les 4* et ft* générations sociétaires. (Voyes 5« section ce qui touche aux harmonies de famille et d'héritage. )
Heureusement les Séries agricoles , dans la phalange d'essai , ne seront pas sujettes a ce défaut de compacité qui paralfserait tout ; ou pourra les former en écKelte de variétés bien nuancées , donnant plein essor au S passions mécanisantes.
Les principes que je viens d'établir sur le choix et la direction des fabriques tant usuelles que spéculatives , sont fort opposés à ceux de la acience dite économie politique, aux yeux de qui toute
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industrie est utile pourvu qu^elle crée des légions d'aflfainds , qui se vendent à bas prix au conquérans et aux chefs d*atelier. La concurrence outrée réduit toujours cette populace au plus minime salaire en cas d'activité et à l'indigence en cas de stagnation.
L'ordre sociétaire n'envisage dans les manufactures, qiie le complément de l'agriculture, le moyen de faire diversion aux calmes passionnels qai éclateraient pendant la longue fériation d'hiver et les pluies équatoriates. Aussi toutes les phalanges du globe auront-elles des fabriques , mais elles s'efforceront de porter les produits manufacturés à la plus haute perfection, afin que la longue durée de ces objets réduise à peu de temps le travail de fabrication.
Posons sur ce sujet un principe méconnu de tous les économistes , principe qui se lie au chap. Y III , sur les sortes et doses d'attraction.
Dieu n'a distribué pour le travail manuCacturier qu'une dose d'attraction correspondante au quart du temps que l'homme sociétaire peut donner au travail. Les trois autres quarts doivent être employés au service des animaux , des végétaux , des cuisines , des armées industrielles , enfin de tout travail autre qne celui des manufactures, dans lequel je ne comprends pas les cuisines de consommation journalière , car elles sont service domestique.
Si Ton voulait , dans une phalange, outre-passer Ia do» d'attraction manufacturière , pousser ce genre de travail au-delà du quart du temps appli-
]ir»u8TaiiL. 253
cable à rîndnêtrie , enfin donner aux fabriques moitié du temps disponible en travail non domestique, on verrait avorter l'attraction manufacturière et par suite l'attraction agricole ; car les séries d'agriculture perdraient un tiers de leur temps d exer* cice , et par suite un tiers de leurs sociétaires : on verrait diminuer en même rapport leur compacité et leur activité.
Ainsi tout le mécanisme d'attraction industrielle serait bouleversé si Ton procédait comme les civilisés, confusément et sans maintenir la proportion des doses d'industrie avec les doses d attractions spéciales que distribue la nature.
- En outre celte proportion serait faussée en toutes branches de manufactures, si l'on fabriquait comme aujourd'hui des qualités inférieures , et ruineuses pour le corps social; car des étoffes et teintures défectneases réduisant la dorée d'un vêtement à demi, tiers ou quart de ce qu'elle doit être, obligeraient à augmenter d'autant la masse de fabrication, et restreindre en même rapport la somme de temps et de bras que donnerait à l'agriculture une population limitée a tel nombre fixe.
Des flophntes répondront que ce serait un moyen d'augmenter la population ; c'est précisément le viee qu'on voudra éviter en harmonie : du moment où le globe sera parvenu à son grand complet d'envi* ron cinq milliards, on ne s'occupera qu*à assurer le bonheur de ses habitans et non pas à en accroître
Sa
184 IfOOTfeAU WQKÏÏB,
le nombre. Or ce bonheur dëclinerait si l'on faassait les équilibres d'aliraotion , en prenant du temps ans cultures pour en donner aux fabriques plus que ne leur en assigne la nature ; elle veut réduire les travaux de fabrication à la plus courte durée pos* sible, en organisant les intrigues des séries de manière i élever tout produit à la perfection.
G est d'après ce principe que les manufactures , au lieu d'être comme aujourd'hui concentrées dans des villes où s'amoncellent des fourmillières de misérables 9 seront disséminées dans toutes les campagnes et phalanges du globe, afin que l'homme en se livrant au travail de fabrique , ne dévie jamais des voies de Tatlraction qui tend a employer tes fabriques en accessoire et variante de l'agriculture, et non pas en fonction principale, ni pour un canton ni pour aucun de ses individus.
En terminant ces notions élémentaires sur la formation des séries, rattachons toutes les règles à un précepte général , qui est d'assurer aux 2 passions mécanisantes un plein essor en toutes fonctions. Or dans rhypothèse d'accroissement de Tindustrie manufacturière anx dépens de l'industrie agricole qui est la plus attrayante, on n'arriverait quà un résultat absurde, au ralentissement de ces trois passions dont l'aotivité est gage de l'attraction industrielle et de tous les biens qu'on en doit recueillir»
IRMSTRIBL* SS5
COMPLÉMENT DE LA l^ PARTIE.
Duperie des déiraeieure ; Secte Owiir.
Déjà l'on peut s^apercevoir que ma théorie sociétaire ne donne point dans Tarbitraire des faiseurs de systèmes ; elle se fonde sur un procédé spécial, puisé dans la nature, conforme au vœu des passions ei aux théorèmes de géométrie ; car le mécanisme des Séries passionnées est géométrique en tout sens; on en verra la preuve aux chapitres qui traitent de la répartition, section Y, et de l'analogie, S. VIL
Noos pouvons maintenant examiner les inconséqaenoes commises à eet égard par le 19* siècle qui, sur l'affaire d'où dépend le changement de sort du genre humain, sur l'invention du procédé sociétaire, se confie à des hâbleurs fardés de philantrople , et ne leur impose aucune règle à suivre en théorie ni en pratique.
On Toit qu'il y avait un procédé à inventer , c'est la Série passionnée , découverte qui exigeait de profondes recherches sur les dispositions et les emplois de ce ressort tout à fait étranger au mécanisme civilisé.
Pour peu qu'on eût voulu opérer méthodiquement, on auraitexigé des prétendans, comme M. Rob Owen ou autre, une invention et non pas des statuts ni des bizarreries telles que la communauté des biens 9 l'abseoce de culte divin, l'abolition brusque
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F En mixte: carossiers, charrons, taillandiers, G En ornemens : modistes , brodeuses , passeraen-
tières.
H En étoffes : tailleurs , tailleuses , ravaudeuses ,
repriseuses , oorselières.
J En métaux : chaudronniers , poéliers , ferblantiers , lampistes , fondeurs , pompiers.
L En mixte: couteliers, tabletiers, arquebusiers. M Idem : horlogers , joaiUiers , orfèvres. N En toile: lingères, tisseuses.
11 reste divers emplois qu on pourrait difficile^ ment classer en série , ru le peu de lien qu*tls ont entre eux , tels sont :
1 Chapelier, 5 Perruquier, 9 Imprimeur.
2 Tapissier, 6 Dégraisseur, 10 Parasolier. SPlumassier, 7 Cartonnier, Il Emballeur.
4Paillisle, 8 Pelletier, 12 Vitrier, 13 Opticien. Une phalange de grande échelle aura besoin de
tous ces emplois. Il serait fâcheux à elle de recourir aux ouvriers de la ville pour imprimer son bulletin de la bourse et autres minuties ; pour raccommoder pendule, montre, tabatière, cuiller, couteau, cha^ peau : les instructeurs enrôlés aux deuxième et troisième essaim auront dû former des élèves en ces divers genres. Sans adopter les fabriques de tissage, il en faudra quelque peu , un seul groupe , afin d'éveiller ce goût, le faire écloro chez certains enfans, a qui il est naturel.
Mais la génération étevée , dons Vélat civilisé, ne
IRDDSTRICI. 249
se passionnera que lentement pour les fabriques usuelles \ qui , par cette raison ne pourront pas , dans les premières années, fournir des séries régulières en chaque espèce indiquée plus haut, sous les chiffres 1 à 13, et même dans les genres cotés de A jusqu*à N. Plusieurs des douze séries A N manqueront de compacité entre leurs groupes , et seront mal intriguées ; ( chap. VI. ) Ce seront des séries hongréeSf insuffisantes en ressorts (l'harmonie , en équilibre de passions. Il sera force , pendant la première génération , de se contenter de ces séries défectueuses , dites hongrées ou non compactes.
Les fonctions 1 à 13 ae formeront guère que des groupes détachés : elles n*ont pas de lien entre elles ; mais chacune , au bout de 80 ans , fournira une série , parce que les enfans élevés dans Télat sociétaire y prennent parti pour un très-grand nombre de métiers, sauf exercice pftrcellaire ; de sorte que, pour une fonction peu étendue comme celle d'emballeur ou parasolier , la phalange aura aisément une trentaine de sectaires , formant série.
L*eniploides séries hongrées et mal échelonnées, est une faute où tomberont fréquemment des fondateurs non exercés ; il importe de les prévenir sur ce sujet, déjà effleuré au chap. Vil, sous le titre de séries faussées.
Il y a peu de différence entre les hongrées et les faussées. J'appelle fLius:sce,ccllc qui est mal assortie,
250 NOUVIAU HORDI
mal graduée , mais corrigible, comme on Ta vu au chap. Yll.
La série hongrée pèche par le même défaut de graduation inexacte , mais sans possibilité d*y remédier , parce qu'elle se compose de fonctions dont on ne peut pas se passer , quoiqu'elles ne soient pas assez vicinales pour qu'on en puisse former une série d'échelle compacte , bien nuancée. J'ai donné au chap. Vil un exemple de série faussée : j'en ajoute un de série hongrée très-méthodique. Tbavail scb hétaox comicrs.
Transition asc : = Lampistes.
Ferblantiers.
ÂHe descend* Chaudronniers.
Arquebusiers.
Serruriers.
P Maréchaux , éperonniers,
Taillandiers.
Charrons.
Carossiers, Aile descend* Pompiers,
Coffretiers.
Transition desc : == Couteliers.
Ici les fonctions sont bien graduées, mais éloi* gnées entre elles , formant échelle d'espèce et non de variétés. Ce vice est le caractère des séries hongrées : elles manquent de compacité , leur échelle est d'ordre lâche quoique régulier , et par cette raison leurs groupes ne sont pas susceptibles de riva-
IHBOSTaiBL. 251
lilés vioinales et discorda gradués entre groupes contigus. Ce sont des séries rabaissées en échelle , car la leur se forme d'espèces ; une bonne échelle n*est formée que de variétés très- voisines y discordantes et jalouses ; et comme ici les douze groupes ont des fonctions trop distinctes pour créer les discords , c'est une série hongrée , privée du jeu de la cabaltste ou passion des intrigues rivales.
On sera forcé , pendant la 1 ^* génération , de former dans toutes les fonctions de fabriques usuelles et même dans d'autres industries , ces Séries défectueuses , cumulatives d'espèces éloignées : au reste, dans son début , le mécanisme sociétaire ne pourra être en son ensemble qu'une harmonie hongrée, puisqu'il sera privé des relations d'amour libre qu'on ne pourra établir qu'à la â« ou S* génération, et des relations de famille harmonisée qui ne pourront naître que dans les 4* et 5" générations sociétaires. (Voyez 5* section ce qui touche aux harmonies de famille et d'héritage. )
Heureusement les Séries agricoles , dans la phalange d'essai , ne seront pas sujettes a ce défaut do compacité qui paralyserait tout ; oa pourra les former en écSelte de variétés bien nuancées , donnant plein essor au 3 passions mécanisantes.
Les principes que je viens d'établir sur le choix et la direction des fabriques tant usuelles que spéculatives , sont fort opposés à ceux de la acienco dite économie politique, aux yeux de qui toute
1K52 roi; VEAU HOHDI
industrie est utile pourvu qu^elle crée des légions d*affamës , qui te vendent à bas prix au conquérans et aux chefs d^atelier. La concurrence outrée réduit toujours cette populace au plus minime salaire en cas d^activité et a Tindigence en cas de stagnation.
L'ordre sociétaire n'envisage dans les manufactures, que le complément de Tagriculture, le moyen de faire diversion aux calmes passionnels qui éclateraient pendant la longue fériation d*hiver et les pluies équatoriales. Aussi toutes les phalanges du globe auront-elles des fabriques , mais elles s'efibrceront de porter les produits manufacturés à la plus haule perfection, afin que la longue durée de ci's objets réduise à peu de temps le travail de fabrication .
Posons sur ce sujet un principe méconnu de tous les économistes , principe qui se lie au chap. YIII , sur les sortes et doses d'attraction.
Dieu n*a distribué pour le travail manufacturier quune duse d'attraction correspondante au quari du temps que l'homme sociétaire peut donner au travail. Les trois autres quarts doivent être employés au service des animaux , des végétaux , des cuisines , des armées industrielles , enfin de tout travail autre que celui des manufactures, dans lequel je ne comprends pas les cuisines de consommation journalière , car elles sont service domestique.
Si l'on voulait , dans une phalange, outre-passer la dose d'attraction manufacturière , pousser ce genre de travail au-delà du quart du temps appli*
IltlIDSTaiBL. 253
cable à Tiiidiiutrie ^ enfin donner aux fabriques moitié da temps disponible en travail non domestique, on verrait avorter l'attraction manufacturière cl par suite l'attraction agricole ; car les séries d'agriculture perdraient un tiers de leur temps d'exercice , et par suite un tiers de leurs sociétaires : on verrait diminuer en même rapport leur compacité et leur activité.
Ainsi tout le mécanisme d'attraction industrielle serait bouleversé si Ion procédait comme les civilisés, confusément et sans maintenir la proportion des doses d'industrie avec les doses d*attractions spéciales que distribue la nature.
• £n outre cette proportion serait faussée en toutes branches de manufactures, si l'on fabriquait comme aujourd'hui des qualités inférieures , et ruineuses pour le corps social ; car des étoffes et teintures défectueuses réduisant la durée d'un vêtement k demi, tiers ou quart de ce qu'elle doit être, obligeraient à augmenter d'autant la masse de fabrication, et restreindre en même rapport la somme de temps et de bras que donnerait a l'agriculture une population limitée à tel nombre fixe.
Des sophrates répondront que ce serait un moyen d'augmenter la population ; c'est précisément le vice qu'on voudra éviter en harmonie : du moment où le globe sera parvenu à son grand complet d'environ cinq milliards, on ne s'occupera qu*à assurer le bonheur de ses habitans et non pas à en accroître
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le nombre. Or ce bonheur déclinerait si l'on faussait les équilibres d'attraction , en prenant du temps aux cultures pour en donner aux fabriques plus que ne leur en assigne la nature ; elle veut réduire les travaux de fabrication à la plus courte durée possible, en organisant les intrigues des séries de manière a élerer tout produit à la perfection.
G*est d'après ce principe que les manufactures , au lieu d'être comme aujourd'hui concentrées dans des Yilles où s'amoncellent des f ourmillières de misérables , seront disséminées dans toutes les campagnes et phalanges du globe, afin que l'homme on se livrant au travail de fabrique , ne dévie jamais des voies de l'attraction qui tend à employer les fabriques en accessoire et variante do l'agriculture, et non pas en fonction principale, ni pour un canton ni pour aucun de ses individus.
£n terminant ces notions élémentaires sur la formation des séries, rattachons toutes les règles à un précepte général , qui est d'assurer aux 3 passions mécanisantes un plein essor en toutes fonctions. Or dans rhypothèse d'accroissement de l'industrie manufacturière aux dépens de Tindustrie agricole qui est la plus attrayante, on n'arriverait qirà un résultat absurde, au ralentissement de ces trois passions dont l'activité est gage de l'attraction industrielle et de tous les biens qu'on en doit recueillir.