COMPLÉMENT DE LA !'« PARTIE
Duperie des détradeun ; Secte Owifi •
Déjà Ton peut 8*aperoevoir que ma théorie sociétaire ne donne point dans Tarbitraire des faiseurs de aystèmes ; elle se fonde sur un procédé spécial, puisé dans la nature, conforme au vœu des passions eC aux théorèmes de géométrie ; car le mécanisme des Séries passionnées est géométrique en tout sens; on en Terra la preuve aux chapitres qui traitent de la répartition, section V, et de l'analogie, S. YII.
Noos poÙTons maintenant examiner les inconséquences commises à eet égard par le 19* siècle qui, sur l'affaire d*oà dépend le changement de sort du genre humain, sur Tinrention du procédé sociétaire, se confie à des hâbleurs fardés de philantropie , et ne leur impose aucune règle à suivre en théorie ni en pratique.
On voit qu'il y avait un procédé à inventer , c'est la Série passionnée , découverte qui exigeait de profondes recherches sur les dispositions et les em« plois de ce ressort tout à fait étranger au mécanisme civilise.
Pour peu qu'on eût voulu opérer méthodiquement, on anraitexigé des prétendans, comme M. Rob Owen ou autre, une invention et non pas des statuts ni des bizarreries telles que la communauté des ^ l'absence de culte divin, l'abolition brusque
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da mariage : ce sont là des lubies de cnsse-coa politique et non des moyens neufs ; c*est pourtant à ces billevesées que le 19" siècle a donné sa confiance depuis vingt ans.
Observons que dès son début Rob Owen opéra tout a contre-sens de Tassoeiation : ignorant que Tagricullure doit élre la base du méeanisme sociétaire, il rassemblait a New Lanark 2000 tisserands n*ayant pas un arpent de terre à cultiver. En commettant celte l<mrde faute, il se vantait de convertir les nations à sa méthode , et se faisait présenter aux souverains comme régénérateur présomptif du monde social. Sa science ii*était autre que celle des sophistes, hasaedkr tout, jouer en casse-cou sur les innovations; audaces fortuna juoat ; et surtout faire sonner bien baut sa philantropie ; ce masque fait toujours des dupes.
Comment notre siècle, après tant d'expériences , après avoir vu depuis quarante ans tous les ambitieux affublas de ce titre , peut-il se laisser prendre encore a la fausse monnaie pbilantropique ? Un vrai philantrope aurait dit : « 11 faut tenter des ». «essais d*association ; mais on doit on même temps » s'exercer à la recherche de la méthode naturelle, » et mettre au concours cette découverte. »
Une marche si loyale ne sera jamais adoptée par des hommes qui veulent jouer un rôle sans moyens réels : M. Owen a préféré se donner pour inventeur, il a bâti un système qui est 1» contre-partie de celui
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de G* Petin fondateor des Quakers. J*en donnerai ailleurs le parallèle : remarquons seulement dans la méthode Owen, une marche de casse-cou politique, décidé à tout hasarder, a essayer des monstruosités sans en prévoir les résultats.
Par exemple : sur la liberté d*amours , il ignore quels seraient les effets de l'orgie amoureuse corporative, qui ne manquerait pas de s'établir quand la nouvelle secte aurait acquis de la consistance : il parait aussi peu instruit sur le mécanisme des amours libres que sur les effets d'une absence de coite divin. Avant d'admettre seulement une demi* liberté en amour, il faut introduire des contre-poids que les harmoniens mêmes ne pourront créer qu'au bout de quinze ou vingt ans d'exercice.
Au reste les changemens que pourra subir le régime des amours , n'auront lieu qu'après avoir été demandés par le gouvernement , le sacerdoce , les pères et les maris; lorsque ces quatre classes do commun accord , voteront une innovation , 1 on pourra être sûr qu'elle est utile et non pas dangereuse.
Sans doute le syslciue conjugal engendre une foule de vices; j'en ai décrit bon nombre a TintermèdeduTraité de l'Association domestique-agricole; tous ces désordres ne sont pas un motif de supprimer le mariage , mais de le ramener à une échelle méthodique, établir dans les mariages une série régulière comprenant sept degrés, plus l'ambigu et le pivotai*
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mal graduée , mais corrigible , comme on l'a vu au chap. VIL
La série hongrée pèche par le même défaut de graduation inexacte , mais sans possibilité d*y remédier, parce qu'elle se compose de fonctions dont on ne peut pas se passer , quoiqu'elles ne soient pas assez vicinales pour qu'on en puisse former une série d*échelle compacte , bien nuancée. J'ai donné au chap. VII un exemple de série faussée : j'en ajoute un de série hongrée très-méthodique.
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Transition asc : = Lampistes.
Ferblantiers.
îik descend* Chaudronniers.
Arquebusiers.
Serruriers.
^ Maréchaux , éperonniers.
Centre »,^.„ ,. ^.
Taillandiers.
Charrons.
Carossiers, Aile descend* Pompiers,
CofTretiers.
Transition desc : = Couteliers.
Ici les fonctions sont bien graduées, mais éloi* gnées entre elles , formant échelle d'espèce et non de variétés. Ce vice est le caractère des séries hongrées : elles manquent de compacité , leur échelle est d'ordre lâche quoique régulier , et par cette raison leurs groupes ne sont pas susceptibles de riva«
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lîtés vicinales et dîscords gradués entre groupes conligus. Ce sont des séries rabaissées en échelle , car la leur se forme d*espèces ; une bonne échelle n^est formée que de variétés très- voisines , discor* dantes et jalouses ; et comme ici les douze groupes ont des fonctions trop distinctes pour créer les discords , c*est une série hongrée , privée du jeu de la cabaliste ou passion des intrigues rivales.
On sera forcé , pendant la l '^ génération , de for* mer dans toutes les fonctions de fabriques usuelles et même dans d'autres industries , ces Séries défectueuses , cumulatives d'espèces éloignées : au reste, dans son début , le mécanisme sociétaire ne pourra être en son ensemble qu'une harmonie hongrée , puisqu'il sera privé des relations d'amour libre qu'on ne pourra établir qu'a la â« ou S* génération, et des relations de famille harmonisée qui ne pourront naître que dans les 4* et S* générations sociétaires. ( Voyez 5* section ce qui touche aux harmonies de famille et d'héritage. )
Heureusement les Séries agricoles , dans la phalange d'essai , ne seront pas sujettes à ce défaut de compacité qui paralyserait tout ; ou pourra les former en écfielte de variétés bien nuancées , donnant plein essor au 3 passions mécanisantes.
Les principes que je viens d'établir sur le choix et la direction des fabriques tant usuelles que spéculatives , sont fort opposés à ceux de la «cience dite économie politique, aux yeux de qui toute
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industrie est utile pourvu qa*elle crée des légions d*affamés , qui se rendent à bas prix au conquérons et aux chefs d*atelier. La concurrence outrée réduit toujours cette populace au plus minime salaire en cas d^activité et a Findigence en cas de stagnation.
L'ordre sociétaire n'envisage dans les manufactores, que le complément de l'agriculture, le moyen de faire diversion aux calmes passionnels qui éclateraient pendant la longue fériation d*hiver et les pluies équatoriales. Aussi toutes les phalanges du globe auront-elles des fabriques , mais elles s'efforceront de porter les produits manufacturés à la plus haute perfection, afin que la longue durée de ces objets réduise à peu de temps le travail de fabrication.
Posons sur ce sujet un principe méconnu de tous les économistes , principe qui se lie au chap. Y 111 , sur les sortes et doses d'attraction.
Dieu n'a distribué pour le travail manufacturier qu une dose d'attraction correspondante au quari du tempe que l'homme sociétaire peut donner au travail. Les trois autres quarts doivent être employés au service des animaux , des végétaux , des cuisines , des armées industrielles , enfin de tout travail aulre qne celui des manufactures, dans lequel je ne comprends pas les cuisines de consommation journalière , car elles sont service domestique.
Si l'on voulait , dans une phalange, outre-passer la dosa d'attraction manufacturière ^ pousser cegenre de travail au-delà du quart du temps appli-
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cable à rindaatne, enfin donner aux fabriques moitié dtt temps disponible en travail non dômes* tique, on Terrait avorter l'attraction manufacturière et par suite l'attraction agricole ; car les séries d'agriculture perdraient un tiers de leur temps d'exercice , et par suite un tiers de leurs sociétaires : on verrait diminuer en même rapport leur compacité et leur activité.
Ainsi tout le mécanisme d'attraction industrielle serait bouleversé si l'on procédait comme les civilisésy confusément et sans maintenir la proportion des doses d'industrie avec les doses d'attractions spéciales que distribue la nature.
• En outre cette proportion serait faussée en toutes branches de manufactures, si l'on fabriquait comme QQJourd*hui des qualités inférieures , et ruineuses pour le corps social ; car des étoffes et teintures dé* fectueuses réduisant la durée d'un vêtement à demi, tiers ou quart de ce qu'elle doit être, obligeraient à augmenter d'autant la masse de fabrication, et restreindre en même rapport la somme de temps et de bras que donnerait à Tagrioulture une population limitée à tel nombre fixe.
Des aophrates répondront que ce serait un moyen d'augmenter la population ; c'est précisément le viee qu'on voudra éviter en harmonie : du moment où le globe sera parvenu à son grand complet d'envi* ron cinq milliards, on ne s'occupera qu'à assurer le bonheur de ses habitans et non pas à en accroître
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le nombre* Or ce bonheur dëclinerait si l'on faussait les équilibres d'attraction , en prenant du temps aux cultures pour en donner aux fabriques plus que ne leur en assigne la nature ; elle vent réduire les travaux de fabrication à la plus courte durée possible, en organisant les intrigues des séries de manière à élever tout produit à la perfection.
C'est d'après ce principe que les manufactures , au lieu d'être comme aujourd'hui concentrées dans des villes où s'amoncellent des fourmillières de misérables , seront disséminées dans toutes les campagnes et phalanges du globe, afin que l'homme en se livrant an travail de fabrique , ne dévie jamais des voies de l'attraction qui tend a employer les fiibriques en accessoire et variante de l'agriculture, et non pas en fonction principale, ni pour un can* ton ni pour aucun de ses individus.
£n terminant ces notions élémentaires sur la formation des séries, rattachons toutes les règles à un précepte général , qui est d'assurer aux S passions mécanisantes un plein essor en toutes fonctions. Or dans l'hypothèse d'accroissement de l'industrie manufacturière aox dépens de l'industrie agricole qui est la plus attrayante, on n'arriverait qu à un résultat absurde, au ralentissement de ces trois passions dont l'activité est gage de TaUraction industrielle et de tous les biens qu'on en doit recneillir.
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