‹ Le nouveau monde industriel (volume 2)Chapitre 42 sur 120 · COMPLÉMENT DE LA !'« PARTIE · texte numérisé non relu

COMPLÉMENT DE LA !'« PARTIE

Duperie des dètraeieurê ; Secte Owkh.

Déjà Ton peut s'apercevoir que ma thëorie sociétaire ne donne point dans l'arbitraire des faiseurs de systèmes ; elle se fonde sur un procédé spécial, puisé dans la nature, conforme au vœu des passions el aux théorèmes de géométrie ; car le mécanisme des Séries passionnées est géométrique en tout sens; on en verra la preuve aux chapitres qui traitent de la répartition, section Y, et de l'analogie, S. VIL

Noos pouvons maintenant examiner les inconséquences commises à eet égard par le 19* siècle qui, sur Taffaire d'où dépend le changement de sort du genre humain, sur l'invention du procédé sociétaire, se confie à des hâbleurs fardés de philantropie , et ne leur impose aucune règle à suivre en théorie ni en pratique.

On voit qu'il y avait un procédé à inventer , c'est la Série passionnée , découverte qui exigeait de profondes recherches snr les dispositions et les em« plois de ce ressort tout à fait étranger au mécanisme civilisé.

Pour peu qu'on eût voulu opérer méthodiquement, on auraitexigé des prétendans, comme M. Rob Owen ou autre, une invention et non pas des statuts ni des bizarreries telles que la communauté des biens, l'absence de culte divin, l'abolition brusque

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du mariage : ce sont là des lubies de easse-coa politique et non des moyens neufs ; c'est pourtant à ces billevesées que le 10<* siècle a donné sa confiance depuis vingt ans.

Observons que dès son début Rob Owen opéra tout a contre-sens de l'association : ignorant que Tagricullure doit être la base du méeanisme sociétaire, il rassemblait à New Lanark 2000 tisserands n'ayant pas un arpent de terre à cultiver. En commettant cette hmrde fiiute, il se vantait de convertir les nations à sa méthode , et se faisait présenter aux souverains comme régénérateur présomptif du monde social. Sa science u*était autre que celle des sophistes, basabdks toot, jouer en casse-cou sur les Innovations; audaces fortunajuoat; et surtout faire sonner bien haut sa philantropie } ce masque fait toujours des dupes.

Comment notre siècle, après tant d'expériences , après avoir vu depuis quarante ans tous les ambitieux affublés de ce titre , peut-il se laisser prendre encore à la fausse monnaie pbilantropique ? Un vrai pliilantrope aurait dit : u II faut tenter des ». .essais d'association ; mais on doit en même temps » sVxercer à la recherche de la niétho3e naturelle, » et mettre au concours cette découverte. »

Une marche si loyale ne sera jamais adoptée par des hommes qui veulent jouer un r61e sans moyens réels ; M. Owen a préféré se donner pour inventeur, il a bâti un système qui est la contre-partie de celui

I iubustriil. 257

de G® Penn fondateur des Quakers* J'en donnerai I ailtears le parallèle : remarquons seulement dans la méthode Owen, une marche de casse-cou politique, I décidé à tout hasarder, à essayer des monstruosités sans en prévoir les résultats.

Par exemple : sur la liberté d*amours , il ignore I qods seraient les effets de Torgie amoureuse corporative, qui ne manquerait pas de s'établir quand ' la nouvelle secte aurait acquis de la consistance : il parait aussi peu instruit sur le mécanisme des amours libres que sur les effets d'une absence de coite divin. Avant d'admettre seulement une demiliberté en amour, il faut introduire des contre-poids que les harmoniens mêmes ne pourront créer qu'au booft de quinze ou vingt ans d'exercice.

Au reste les changemens que pourra subir le régime des amours , n'auront lien qu'après avoir été demandés par le gouvernement , le sacerdoce , les pères et les maris; lorsque ces quatre classes do commun accord , voteront une innovation , 1 on pourra être sûr qu'elle est utile et non pas dangereuse. Sans doute le syslèiue conjugal engendre une foule de vices; j'en ai décrit bon nombre à l'intermèdedu Traité de l'Association domestique-agricole; tous ces désordres ne sont pas un motif de supprimer le mariage , mais de le ramener à une échelle méthodique, établir dans les mariages une série régulière comprenant sept degrés, plus l'ambigu et le pivotai.

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mal graduée , mais corrigible, comme on l'a tu au chap. yil.

La série hongrée (»èche par le même défaut de graduation inexacte , mais sans possibilité d*y remédier , parce qa'elle se compose de fonctions dont on ne peut pas se passer , quoiqu'elles ne soient pas assez vicinales pour qu'on en puisse former une série d'échelle compacte , bien nuancée. J'ai donné au chap. Vif un exemple de série faussée : j'en ajoute un de série hongrée très-méthodique.

TbaTAIL SDB HftTADX COMlOffS.

Transition asc : = Lampistes.

Ferblantiers, îtie descend* Chaudronniers.

Arquebusiers.

Serruriers.

P Maréchaux , éperonniers.

Taillandiers.

Charrons.

Carossiers, Aile descend* Pompiers.

Coifretiers.

Transition desc : = Couteliers.

Ici les fonctions sont bien graduées, mais éloignées entre elles , formant échelle d'espèce et non de variétés. Ce vice est le caractère des séries bongrées : elles manquent de compacité , leur échelle est d'ordre lâche quoique régulier , et par cette raison leurs groupes ne sont pas susceptibles de riva-

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litës vicinales et discorda gradues entre groupes contigus. Ce sont des séries rabaissées en échelle , car la leur se forme d'espèces ; une bonne échelle n'est formée que do yariétës très-voisines , discordantes et jalouses ; et comme ici les douze groupes ont des fonctions trop distinctes pour créer les discords , c'est une série faongrée , privée du jeu de la cabaliste ou passion des intrigues rivales.

On sera forcé , pendant la I '* génération » de for^ mer dans toutes les fonctions de fabriques usuelles et même dans d'autres industries , ces Séries défect4ieoses , cumulatives d'espèces éloignées : au reste, dans son début , le mécanisme sociétaire ne pourra être en son ensemble qu'une harmonie hongrée , puisqu'il sera privé des relations d'amour libre qu'on ne pourra établir qu'à la â« ou S« génération, et des relations de famille harmonisée qui ne pourront naître que dans les 4* et S* générations sociétaires. (Voyeft 5* section ce qui touche aux harmonies de famille et d'héritage. )

Heureusement les Séries agricoles , dans la phalange d'essai , ne seront pas sujettes a ce défaut de compacité qui paralyserait tout ; on pourra les former en écfielle de variétés bien nuancées , donnant plein essor au 3 passions mécanisantes.

Les principes que je viens d'établir sur le choix et la direction des fabriques tant usuelles que spéculatives , sont fort opposés à ceux de la acience dite économie politique, aux yeux de qui toute

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industrie est utile pourvu qu^elle crée des légtuns d*affainës , qui se vendent à bas prix au conquérans et aux chefs d atelier. La concurrence outrée réduit toujours cette populace au plus minime salaire en cas d'activité et a Tindigence en cas de stagnation.

L'ordre sociclaire n'envisage dans les manufactures, qiie le complément de l'agriculture, le moyen de faire diversion aux calmes passionnels qui éclateraient pendant la longue férialion d*hiver et les pluies équatoriales. Aussi toutes les phalanges du globe auront-elles des fabriques , mais elles s'efforceront de porter les produits manufacturés i la plus haute perfection, afin que la longue durée de ces objets réduise a peu de temps le travail de fabrication.

Posons sur ce sujet un principe méconnu de tous les économistes , principe qui se lie au chap. VIII , sur les sortes et doses d'attraction.

Dieu n'a distribué pour le travail raanufactuncr qu une dose d'attraction correspondante au quart du temps que l'homme sociétaire peut donner au travail. Les trois autres quarts doivent être employés au service des animaux , des végétaux , des cuisines , des armées industrielles , enfin de tout travail autre que celui des manufactures, dans lequel je ne comprends pas les cuisines de consommation journalière , car elles sont service domestique.

Si l'on voulait , dans une phalange, outre-passer la dose d'attraction manufacturière , pousser ce genre de travail au-delà du quart du temps applî-

irousTaiBL. 253

cable à rindostrie, enfin donner aux fabriques moitié du temps disponible en travail non domes^ tique, enverrait avorter l'attraction manufacturière et par suite l'attraction agricole ; car les séries d'agriculture perdraient un tiers de leur temps d'exercice , et par suite un tiers de leurs sociétaires : on verrait diminuer en même rapport leur compacité et leur activité*

Ainsi tout le mécanisme d'attraction industrielle serait bouleversé si Ton procédait comme les civi* lises, confusément et sans maintenir la proportion des doses d'industrie avec les doses d attractions spéciales que distribue la nature.

• £n outre cette proportion serait faussée en toutes branches de manufactures, si l'on fabriquait comme aujourdlmi des qualités inférieures , et ruineuses pour le corps social ; car des étoffes et teintures dé* fectneuses réduisant la durée d'un vêtement à demi, tiers ou quart de ce qu'elle doit être, obligeraient à augmenter d'autant la masse de fabrication, et restreindre en même rapport la somme de temps et de bras que donnerait a l'agriculture une population limitée à tel nombre fixe.

Des sopKlItes répondront que ce serait un moyen d'augmenter la population ; c'est précisémentle vice qu'on voudra éviter en harmonie : du moment où le globe sera parvenu à son grand complet d'envi* ron cinq milliards, on ne s'occupera qu*à assurer le bonheur de ses habitans et non pas à en accroître

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le nombre. Or ce bonheur dëelinerait ri Von faussait les équilibres d'attraction , en prenant du temps aux cultures pour en donner aux fabriques plus que ne leur en assigne la nature ; elle veut réduire les travaux de fabrication à la plus courte durée possible, en organisant les intrigues des séries de manière a élever tout produit à la perfection.

G*est d'après ce principe que les manufactures , au lieu d'être comme aujourd'hui concentrées dans des villes où s'amoncellent des f ourmillières de misérables , seront disséminées dans toutes les campagnes et phalanges du globe, afin que l'homme en se livrant au travail de fabrique , ne dévie jamais des voies de l'attraction qui tend a employer les fiibriques en accessoire et variante deragriculture, et non pas en fonction principale, ni pour un canton ni pour aucun de ses individus.

En terminant ces notions élémentaires sur la for* mation des séries, rattachons toutes les règles k un précepte général , qui est d'assurer aux 3 passions mécanisantes un plein essor en toutes fonctions. Or dans l'hypothèse d'accroissement de l'industrie manufacturière aux dépens de l'industrie agricole qui eit la plus attrayante, on n'arriverait qu à un résultat absurde, au ralentissement de ces trois passions dont l'activité est gage de l'attraction industrielle et de tous les biens qu'on en doit recueillir.

INBOSTRIIU SSK

COMPLÉMENT DE LA l^ PARTIE.

Duperie det déiracteurt ; Secte Owiir.

Déjà l'on peut s'apercevoir que ma théorie sociétaire ne donne point dans l'arbitraire des faiseurs de systèmes ; elie se fonde sur un procédé spécial, puisé dans la nature, conforme au vœu des passions eâ aux théorèmes de géométrie ; car le mécanisme des Séries passionnées est géométrique en tout sens; on en verra la preuve aux chapitres qui traitent de la répartition, section Y, et de l'analogie, S. VU.

Nous pouvons maintenant examiner les inconséquences commises à eet égard par le 19* siècle qui, sur l'affaire d'où dépend le changement de sort du genre humain, sur l'invention du procédé sociétaire, se confie à des hâbleurs fardés de philantropie , et ne leur impose aucune règle à suivre en théorie ni en pratique.

On voit qu'il y avait un procédé à inventer , c'est la Série passionnée , découverte qui exigeait de profondes recherches sur les dispositions et les emplois de ce ressort tout à fait étranger au mécanisme civilisé.

Pour peu qu'on eût voulu opérer méthodiquement, on anraîtexigé des prétendans, comme M. Rob Owen on autre, une invention et non pas des statuts ni des bizarreries telles que la communauté des biens y l'absence de culte divin, l'abolition brusque

,i c.U»re. pour » donner ... t.brlq... plo. qu» Ttar .. .ïï.". 1. "•'"" ■• •"• "'■' ',"°'"' '•'• tr.,.ui a. t.brio.tioD » 1. plu. coo». dnrie po»-

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24 B ROL'VEAU lONDt

F En mixte: carossiers, charrons, taillandiers,

G En ornemens : modistes , brodeuses , passeraentières.

H En étoffes : tailleurs , tailleuses , ravaudeuses , repriseuses , corselièrea.

J En métaax : cbaudronniera , poêliers , ferblantiers , lampistes , fondeurs , pompiers.

LEn mixte: couteliers, (abletters, arquebusiers.

M Idem : horlogers , joailliers , orfèvres.

N En toile : lingères , tisseuses.

11 reste divers emplois qu*on pDurrait difficilement classer en série , vu le peu de lien qu*ils ont entre eux , tels sont :

1 Chapelier, 5 Perruquier , 9 Imprimeur.

S Tapissier, 6 Dégraisseur, 10 Parasolier.

3 Plumassier, 7 Cartonnicr, Il Emballeur.

4Paillisle, 8 Pelletier, 12 Vitrier, IS Opticien.

Une phalange de grande échelle aura besoin de tous ces emplois. 11 serait fâcheux à elle de recourir aux ouvriers de la ville pour imprimer son bulletin de la bourse et autres minuties ; pour raccommoder pendule , montre , tabatière , cuiller , couteau , chapeau : les instructeurs enrôlés aux deuxième et troisième essaim auront dû former des élèves en ces divers genres. Sans adopter les fabriques de tissage, il en faudra quelque peu , un seul groupe , afin d'é-< veiller ce goût, le faire écloro chez certains enfans, a qui il est naturel.

Mais la génération élevée , dans Vétat civilisé, ne

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se passionnera que lentement pour les fabriques usuelles , qui , par cette raison ne pourront pas , dans les premières années, fournir des séries régulières en chaque espèce indiquée plus haut, sous les chiffres là 13, et même dans les genres cotés de A jusqu'à N. Plusieurs des douze séries A N manqueront de compacité entre leurs groupes , et seront mal intriguées ; ( chap. VL ) Ce seront des séries hongrées, insuffisantes en ressorts (l'harmonie , en équilibre de passions. Il sera force , pendant la première génération , de se contenter de ces séries défectueuses , dites hongrées ou non compactes.

Les fonctions 1 à 13 ae formeront guère que des groupes détachés : elles n*ont pas de lien entre elles ; mais chacune , au haut de 30 ans , fournira une série , parce que les enfans élevés dans Tétnt sociétaire y prennent parti pour un très-grand nombre de métiers , sauf exercice pf/rceliaire ; de sorte que, pour une fonction peu étendue comme celle d'emballeur ou parasolier , la phalange aura aisément une trentaine de sectaires , formant série.

L'emploi des séries hongrées et mal échelonnées, est une faute où tomberont fréquemment des fondateurs non exercés ; il importe de les prévenir sur ce sujet, déjà effleuré au chap. Yll , sous le t'trc de séries faussées.

Il y a peu de différence entre les hongrées et les faussées. J*appellc faussée .celle qui est mal assortie,

2S0 nouvtAU aoRDB

mal graduée , mais corrigible, comme on Ta vu au chap. VII.

La série hongrée pèche par le même défaut de graduation inexacte , mais sans possibilité d*y remédier, parce qu'elle se compose de fonctions dont on ne peut pas se passer , quoiqu'elles ne soient pas assez vicinales pour qu*on en puisse former une série d*échelle compacte , bien nuancée. J*ai donné au chap. VII un exemple de série faussée : j*en ajoute un de série hongrée très^méthodique. Tbayail soa aftTAOx coixtiiis.

Transition asc : = Lampistes.

Ferblantiers.

^He descend* Chaudronniers.

Arquebusiers.

Serruriers, p Maréchaux , éperonniers.

Taillandiers.

Charrons.

Carossiers, Aile descend* Pompiers.

Coifretiers, Transition desc : = Couteliers.

Ici les fonctions sont bien graduées, mais éloignées entre elles , formant échelle d*espèce et non de variétés. Ce vice est le caractère des séries hongrées : elles manquent de compacité , leur échelle est d'ordre lâche quoique régulier , et par cette raison leurs groupes ne sont pas susceptibles de riva-

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lités vicinales et discorda gradués entre groupes contigus. Ce sont des séries rabaissées en échelle, car la leur se forme d'esp^es ; une bonne échelle n*est formée que de yariétés très- voisines , discor* dantes et jalouses ; et comme ici les douze groupes ont des fonctions trop distinctes pour créer les discorda , c'est une série hongrée , privée du jeu de la cabaliate ou passion des intrigues rivales.

On sera forcé , pendant la 1 ■** génération , de for* mer dans toutes les fonctions de fabriques usuelles et même dans d'autres industries , ces Séries défectueuses , cumulatives d'espèces éloignées : au reste, dans son début , le mécanisme sociétaire ne pourra être en son ensemble qu'une harmonie hongrée , puisqu'il sera privé des relations d'amour libre qu'on ne pourra établir qu'a laS® ou 8* génération, et des relations de famille harmonisée qui ne pourront naitre que dans les 4' et tt* générations sociétaires. (Voyex 5* section ce qui touche aux harmonies de famille et d'héritage. )

Heureusement les Séries agricoles , dans la phalange d'essai , ne seront pas sujettes a ce défaut de compacité qui paralyserait tout ; on pourra les former en écKelte de variétés bien nuancées , donnant plein essor au 3 passions mécanisantes.

Les principes que je viens d'établir sur le choix et la direction des fabriques tant usuelles que spéculatives , sont fort opposés n ceux de la acience dite économie politique, aux yeux de qui toute

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industrie est utile pourvu qu^elle crée des légions d^affainés , qui se vendent à bas prix au conquérans et aux chefs d*atelier. La concurrence outrée réduit toujours cette populace au plus minime salaire en cas d'activité et a Tindigence en cas de stagnation.

L'ordre sociétaire n'envisage dans les manufactures, qiie le complément de l'agriculture, le moyen de faire diversion aux calmes passionnels qui éclateraient pendant la longue fériation d'hiver et les pluies équatoriales. Aussi toutes les phalanges du globe auront-elles des fabriques , mais elles s'efforceront de porter les produits manufacturés i ht plus haute perfection, afin que la longue durée de ces objets réduise à peu de temps le travail de fabrication.

Posons sur ce sujet un principe méconnu de tous les économistes , principe qui se lie au chap. VIII , sur les sortes et doses d'attraction.

Dieu n'a distribué pour le travail manufacturier qu une dose d'attraction correspondante au quart du temps que l'homme sociétaire peut donner au travail. Les trois autres quarts doivent être employés au service des animaux , des végétaux , des cuisines , des armées industrielles , enfin de tout travail autre qne celui des manufactures, dans lequel je ne comprends pas les cuisines de consommation journalière, car elles sont service domestique.

Si l'on voulait , dans une phalange, outre-passer la dose d'attraction manufacturière , pousser ce genre de travail au-delà du quart du temps appli-

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cable à riodnsfrîe, enfin donner aux fabriques moitié du temps disponible en travail non domestique, on verrait avorter l'attraction manufacturière et par suite Tattraction agricole; car les séries d'agriculture perdraient un tiers de leur temps d'exercice , et par suite un tiers de leurs sociétaires : on verrait diminuer en même rapport leur compacité et leur activité*

Ainsi tout le mécanisme d'attraction industriello serait bouleversé si Ton procédait comme les civilisés, confusément et sans maintenir la proportion des doses d'industrie avec les doses d'attractions spéciales que distribue la nature.

• £n outre celte proportion serait faussée en toutes branches de manufactures, si Ion fabriquait comme aujourd'hui des qualités inférieures , et ruineuses pour le corps social ; car des étoffes et teintures défectoeuses réduisant la durée d'un vêtement à demi, tiers ou quart de ce qu'elle doit être, obligeraient à augmenter d'autant la masse de fabrication, et restreindre en même rapport la somme de temps et de bras que donnerait a Tagrioulture une population limitée à tel nombre fixe.

Des sophrates répondront que ce serait un moyen d'augmenter la population ; c'est précisément le vioe qu'on voudra éviter en harmonie : du moment où le globe sera parvenu à son grand complet d'envi* ron cinq milliards, on ne s'occupera qu*à assurer le bonheur de ses habitans et non pas à en accroître

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le nombre. Or ce bonheur dëclînerait n l'on faussait les équilibres d'aliractîon , en prenant da temps aux cultures pour en donner aux fabriques plus que ne leur en assigne la nature ; elle veut réduire les travaux de fabrication à la pluâ courte durée possible, en organisant les intrigues des séries de manière i élever tout produit à la perfection.

C est d'après ce principe que les manufactures , au lieu d'être comme aujourd'hui concentrées dans des villes on s'amoncellent des fourmillières de misérables , seront disséminées dans toutes les campagnes et phalanges du globe, afin que l'homme en se livrant au travail de fabrique , ne dévie jamais des voies de l'attraction qui tend à employer les fieibriques en accessoire et variante deragricuUure, et non pas en fonction principale, ni pour un canton ni pour aucun de ses individus.

£n terminant ces notions élémentaires sur la for* mation des séries, rattachons toutes les règles à un précopte général , qui est d'assurer aux 3 passions mécanisantes un plein essor en toutes fonctions. Or dans rhypothèse d'accroissement de Tindustrie manufacturière aox dépens de Tindustrie agricole qui est la plus attrayante, on n'arriverait qnà un résultat absurde, au ralentissement de ces trois passions dont l'aotivitéest gage de l'attraction industrielle et de tous les biens qu'on en doit recueillir.

IHMJtTRIBt. S88

COlfPLÉMENT DE LA !'« PARTIE.

Duperie des dètraeteurê ; Secte Owiii.

Déjà l'on peut 8*aperoevoir que ma théorie sociétaire ne donne point dans Tarbitraire des faiseurs de systèmes ; elle se fonde sur un procédé spécial, puisé dans la natore, conforme an vœu des passions et aux théorèmes de géométrie ; car le mécanisme des Séries passionnées est géométrique en tout sens; on en verra la preuve aux chapitres qui traitent de la répartition, section Y, et de l'analogie, S. VIL

Noos pouvons maintenant examiner les inconséquences commises à cet égard par le 19* siècle qui, sur Taffaire d'où dépend le changement de sort du genre humain, sur l'invention do procédé sociétaire, se confie à des hâbleurs fardés de philantropie , et ne leur impose aucune règle à suivre en théorie ni en pratique.

On voit qu'il y avait un procédé à inventer , c'est la Série passionnée , découverte qui exigeait de profondes recherches sur les dispositions et les em« plois de ce ressort tout à fait étranger au mécanisme civilisé.

Pour peu qu'on eût voulu opérer méthodiquement, onaoraitexigé des prétendans, comme M. Rob Owen ou autre, une invention et non pas des statuts ni des bizarreries telles que la communauté des bîena, l'absence de culte divin, l'abolition brusque

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du mariage : ce sont là des lubies de casse-coa politique et non des moyens neufs ; c'est |>ourtant à ces billcTesëes que le 10« siècle a donné sa confiance depuis vingt ans.

Observons que dès son début Rob Owèn opern tout à contre-sens de l'association: ignorant que FagricuUure doit être la base du mécanisme sociétaire, il rassemblait à New Lanark 2000 tisserands n'ayant pas un arpent de terre à cultiver. En commettant cette lourde fiiute, il se vantait de convertir les nations à sa méthode , et se faisait présenter aux souverains comme régénérateur présomptif du monde social. Sa science n'était autre que celle des sophistes, hasabdkb toot, jouer en câsse-coa sur les Innovations; audaces fortuna juocU ; et surtout faire sonner bien haut sa philantropie ; ce masque fait toujours des dupes.

Comment notre siècle, après tant d'expériences , après avoir vu depuis quarante ans tous les ambitieux affublés de ce titre , peut-il se laisser prendre encore à la fausse monnaie philantropique ? Un vrai philantrope aurait dit ; « Il faut tenter des » «essais d'association ; mais on doit en même temps » s'exercer à la recherche de la niélhocle naturelle, » et mettre au concours cette découverte, n

Une marche si loyale ne sera jamais adoptée par des hommes qui veulent jouer un rôle sans moyens réels : M. Owen a préféré se donner pour inventeur, il a bâti un système qui est la contre-partie de celui

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de G^ Penn fondateor dos Quakers. J'en donnerai ailleors le parallèle : remarquons seulement dans la BiéihodeOwen, une marche de casse-cou politique, décidé à tout hasarder, à essayer des monstruosités fans en prévoir les résultats.

Par exemple : sur la liberté d'amours, il ignore quels seraient les effets de Torgie amoureuse cor*porative, qui ne manquerait pas de s*établir quand la nouyelle secte aurait acquis de la consistance : il parait aussi peu instruit sur le mécanisme des amours libres que sur les effets d'une absence de coite divin. Avant d'admettre seulement une demiliberté en amour, il faut introduire des contre-poids que les harmoniens mêmes ne pourront créer qu'au haai de quinze ou vingt ans d'exercice.

Au reste les changemens que pourra subir le régime des amours , n'auront lieu qu'après avoir été demandés par le gouvernement , le sacerdoce , les pères et les maris; lorsque ces quatre classes do commun accord , voteront une innovation , 1 on pourra être sûr qu'elle est utile et non pns dangereuse.

Sans doute lesysléiue conjug.!! engendre une foule de vices ; j'en ai décrit bon nombre à Tintermèdedu Traité de l'Association domestique-agricole; tous ces désordres ne sont pas un motif de supprimer le mariage , mais de le ramener à une échelle méthodique, établir dans les mariages une série régulière comprenant sept degrés, plus l'ambigu et le

pivotai.

258 NOovBAU houds

Et pour ne parler que des t«'' et â* degrés, ii*csiil pas évident qu*un mariage stérile est un lien moins fort que celui qui donne un enfant? Voilà une distinction des l°''et2® degrés; il reste à établir celle des 7 autres. Je renvoie ce détail , en faisant observer que lors même qu*on connaîtrait les neuf degrés à établir en mariage, il faudrait encore connaître et organiser Tétat de cboses qui fournira des contre-poids et garanties contre Tabus des libertés , abus que n'a pas prévu le sophiste Owen ; il veut émanciper tout-à-coup, lâcher la bride aux amours, comme si Ton était à l'îicd'Otahiti, au paysd'Harail, à Lancerote, à Java, en Laponie et autres lieux où les coutumes et les préjugés ont établi des contre -poids.

Négligeons ce débat puisque ce ne sera qu*aprcs trente ans d'harmonie qu'on commencera à s'en occuper; mais pendant la 1® génération sociétaire, il sera nécessaire de laisser les amours (voyez chap. XVI) dans l'état d'hypocrisie et de tromperie universelle qui caractérise la civilisation : l'amour et la paternité sont les dernières passions qu*on pourra amener au régime véridique ; difficulté très-ignorée de ceux qui veulent, comme M. Owen, faire sur la liberté des passions un essai aussi téméraire que celui des philosophes de 1791 sur le brusque affranchissement des nègres.

C'est Taffluence do oos sophistes qui prévient contre les véritables inventeurs, et engouffre notre siècle dans la détraction : elle est plus que jamais

IRDCSTRIIU 259

le travers dominant. Au reste elle est vice endë« niiquedu caractère civilise ; les découvertes les plus précieuses ont été proscrites à leur apparition : le café et la pomme de terre ont été judiciairement interdits et mis au rang des poisons ; Fulton inventeur du bateau à vapeur, et Lebon iijiventeur de l'éclairage au gaz ne purent se faire écouter de personne dans Paris.

D*après ces bévues récentes des Zoîles, on peut jagerde la confiance que méritent leurs juge mens; ils se disent partisans des lumières, ennemis de l'obscurantisme ; ils accusent tel ministre d^ètre un nouvel Omar, telle société d'être une réunion d'éteignoirs, eh ! que sont-ils eux-mêmes quand ils im* priment, qu'il ne peut point exister de découverte en calcul d^ attraction ; et quand ils excitent à ne pas lire /eÀ'r/v qui en apporte la théorie complète, dont Newton n'a donné qu un lambeau ?

Ainsi le 19* siècle se montre en digne héritier du 15* et de la génération qui persécuta les Colomb et les Galilée ; alors c'était la superstition qui proscrivait les sciences neuves ; aujourd'hui elles sont proscrites par ceux qui se disent ennemis de la superstition. Voilà lesecret de leur zèle simulé pour le progrès des lumières ; voilà leur vol sublime : ils n^attaqnent la superstition que pour prendre sa place, opprimer autant et plus qu'elle.

Etrange inconséquence! On porte aux nues l'homme qui a pris l'initiative en calcul d'attraction,

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Newton qai en a traite savamment la branche inutile et de pare curiosité ; car que nous sert de savoir lo poids de chaque planète? il restait, en attraction, i explorer les deux branches importantes :

L'vTiLB ou théorie de Tattractton passionnée.

L*AOBftABLt ou théorie de raiialo^ie et des causes. Celui qui apporte ces deux sciences est une béte brute au dire des Zoîles qui pourtant exaltent Newton, pour avoir traité de la branche irotili, celle des effets matériels en attraction où il ne peut expli* qoer aucune cause ; si on demande aux newtoniens pourquoi Dieu a donné 7 satellites à Saturne et 4 à Jupiter qui est double en grosseur, pourquoi un anneau à Saturne et point à Jupiter, ils ne pour* ront donner aucune réponse.

Leur science n*en est pas moins belle par sa justesse mathématique; mais elle n^est qu'un germe borné à Texplicaltion des effets et non des causes; et au moment où la théorie des causes est dévoilée, il faut, ou flétrir Newton puisqu il a commence Tétude de l'attraction , ou protéger son continuateur bien plus digne d'appui, en ce qu'il a traité les deux branches del'utile et del'agréabie, dont l'une conduit au bon* heur social bien autrement précieux que la science.

Ajoutons que le calcul do l'analogie, quoique branche d'agrément, a bien son cùlé utile, car c'est à cette nouvelle science qu'on devra la découverte de tous les antidotes naturels, la plupart inconnus, tels que ceux contre la goutte, Thydrophobie, l'rf*

IRDOSTUIL. "261

pîlepsie, et antres maladies qui sont eneore l'ëcueîl de Tart. C*est un appât pour notre siècle et surtout pour la France , à faire trêve de malveillance contre les inventeurs et accorder à la plus précieuse des découvertes, sinon une protection positire, au moins un accueil dubitatif, molivé sur des considérations que goûtera tout homme impartial ; en voici l'abrégé.

■ C'est la première fois qu'on nous présente une théorie régulière sur le problème de l'association, répnté insoluble, et sur le mécanisme d'harmonie des passions, considéré jusqu'ici comme une énigme impénétrable : si cette théorie est praticable, elle* nous donnera les biens que tous les siècles ont vainement rôvcs, la cessation de la mendicité prévenue par concession d'un minimum à la classe pauvre, l'abolition convenue de l'esclavage et de la traite, le règne de la vérité et de la justice, fondé sur les bénéfices dentelles deviendraient la voie dans le nouvel ordre ; il est donc prudent d'examiner cette théorie, en indiquer les côtés défectueux, inviter de plus habiles a la rectifier s'ils le peuvcitt, et à défaut de ce, en faire l'essai bien exempt de risque, puisqu'elle ne roule que sur des travaux agricoles et dômes* tiques évidemment lucratifs, par le régime de combinaison et d'économie qu'elle y introduit, n Sur ce, les beaux esprits répliquent : « On pourrait prêter l'oreille, si Fauteur savait se rêvé-

S6S KOCYIAU aOHBB

» tir des formes usitées et rendre hommage i Taa- 9 guste philosophie moderne. » Eh ! e*est la ruse de tous les sophistes ; un inventeur serait hien suspect s*il adoptait cette manière hypocrite ; on serait fonde a penser quil n'est comme tant d'autres, qu'un charlatan de plus , cherchant à se mettre en scène perfas et nefaa : tous ces contrebandiers scientifiques savent prendre le ton académique, passeport des erreurs et des jongleries. Ici il s*agit d'éveiller les beaux esprits sur leurs illusions et leur duperie ; de prouver qu'ils sont les premières victimes de leur crédulité pour les faiseurs de systèmes.

Depuis vingt ans qu'on parle d'association, s'ils avaient pris des mesures pour atteindre au but, i la vraie association, s'ils n'avaient pas donné une folle confiance au sophiste Owen, ils auraient obtenu la vraie théorie ; un essai aurait décidé la métamorphose ; le chaos civilisé , barbare et sauvage aurait déjà disparu, les savans et artistes vivraient tous dans la haute opulence, et ne seraient pas réduits à déclamer contre la censure et l'obscuran*tisme (qu'ils exercent eux-mêmes à l'égard des inventeurs) ; ils jouiraient de la pleine liberté, de U fortune et des dignités, sans être sous la férule d'aucun Omar.

Pour les désabuser do cette duperie, de cette manie de choisir le rôle servile et la pauvreté , faut-il que je me traîne à leurs pieds? ils me croiraient

IffOVtTftUL. S6t

d'aaUmt moins qoe je les flagornerais pins. On a tu récemment, à l'epoqne où les systèmes universels étaient à la mode, un sophiste éloquent prodiguer l'encens aux savans, les louanger tous nominativement, et ne pas réussir à accréditer près d'eux son système universel, (dans lequel il avait oublié seu* fement Tanalyse de lliomme ou des passions et at* tractions, celle de 3 mécanismtfli, civilisé , barbare et sauvage, de leurs caractères permanens, suocesuh et engrenés; celle des turpitudes civilisées, telles que le commerce mensonger ou concurrence inverse et circulation inverse; il avait oublié aussi la théorie des destinées futures et passées, la théorie des causes en mouvement, etc., etc., etc. )

Les savans loi ont reproché è juste titre de ne rien dire de neuf, de répéter en d'autres termes œ que cent autres avaient dit avant lui. Je me rangérais dans la catégorie de ces beaux esprits faiseurs de systèmes, si je m'aflublais de leurs formes aca* déniques dont souvent Von tire bien peu de Cruit. L'auteur cité n'en a recueilii que le compliment asset banal de savoir se faire lire en flattant les poissances académiques.

Le ton d*adulation n'est guères familier aux in« venteurs ; an lieu de la souplesse oratoire, ils ont le caractère de droiture et de fermeté qu'Horace admire dans l'homme juste; non cimum ardorprava jitbeniium meniBqualiUêaUdâ. Mon sujet ne comporte pas le ton adulateur; il s'agit de remontrer les

386 NOUVEAU ■OKDB

da mariage : ce sont là des lubîcs de Ciisse-con politique et non des moyens neufs ; c'est pourtant à cesbillcvesëesque le 19<' siècle a donné sa confiance depuis vingt ans.

Observons que dès son début Rob Owen opéra tout a contre-sens de Vassociation : ignorant qne Tagriculture doit être la base du mécanisme sociétaire, il rassemblait à New Lanark 2000 tisserands n*ayant pas un arpent de terre à cultiver. En commettant cette itmrde faute, il se vantait de convertir les nations à sa méthode , et se faisait présenter aux souverains comme régénérateur présomptif du monde social. Sa science n*était autre que celle des sophistes, basabdbi tout, jouer en cdsse-coa sur les innovations; audaces fortuna juoat ; et surtout faire sonner bien haut sa philantropie ; ce masque fait toujours des dupes.

Comment notre siècle, après tant d'expériences , après avoir vu depuis quarante ans tous les ambitieux affublés de ce titre , peut-il se laisser prendre encore À la fausse monnaie philantropique ? Un vrai philantrope aurait dit : « Il faut tenter des » «essais d^association ; mais on doit en même temps » s'exercer à la recherche de la niéthocle naturelle, » et mettre au concours cette découverte. »

Une marche si loyale ne sera jamais adoptée par des hommes qui veulent jouer un rôle sans moyens réels : M. Owen a préféré se donner pour inventeur, il a bâti un système qui est la contre-partie de celui

iii0i]STaiiL« S57

de 6^ Penn fondateur dos Quakers. J'en donnerai ailleurs le parallèle : remarquons seulement dans la méthode Owen, une marche de casse-cou politique, décidé à tout hasarder, à essayer des monstruosités sans en prévoir les résultats*

Par exemple : sur la liberté d^amours, il ignore quels seraient les effets de Torgie amoureuse corporative, qui ne manquerait pas de s^établir quand la nouvelle secte aurait acquis de la consistance : il parait aussi peu instruit sur le mécanisme des amours libres que sur les effets d'une absence de culte divin. Avant d'admettre seulement une demi* liberté en amour, il faut introduire des contre-poids que les harmoniens mêmes ne pourront créer qu'au bout de quinze ou vingt ans d'exercice.

Au reste les changemens que pourra subir le régime des amours , n'auront lieu qu'après avoir été demandés par le gouvernement , le sacerdoce , les pères et les maris; lorsque ces quatre classes do commun accord , voteront une innovation , 1 on pourra être sûr qu'elle est utile et non pas dangereuse.

Sans doute le système conjugal engendre une foule de vices; j'en ai décrit bon nombre à l'intermède du Traité de l'Association domestique-agricole; tous ces désordres ne sont pas un motif de supprimer le mariage , mais de le ramener à une échelle méthodique, établir dans les mariages une série régulière comprenant sept degrés, plus l'ambigu et le pivotai.

â58 IfOUVBAO MOROB

Et pour ne parler que des 1««* et 2* degrés, n'estil pas évident qu*un mariage stérile est un lien moins fort que celui qui donne un enfant? Voilà une distinclion des l*^** et S^' degrés; il reste à établir celle des 7 autres. Je renvoie ce détail , en faisant observer que lors même qu*on connaîtrait les neuf degrés à établir en mariage, il faudrait encore connaître et organiser Tétat de cboses qui fournira des contre-poids et garanties contre Tabus des libertés , abus que n a pas prévu le sophiste Owen ; il veut émanciper tout-à-coup^ lâcher la bride aux amours, comme si Ton était à riicd'Otahiti, au pays d*Harail, à Lancerote, à Java, en Laponie et autres lieux où les coutumes et les préjugés ont établi des contre-poids.

Négligeons ce débat puisque ce ne sera qu*aprcs trente ans d'harmonie qu'on commencera à 6*en occuper; mais pendant la 1* génération sociétaire, il sera nécessaire de laisser les amours (voyez cbap. XVI) dans l'état d'hypocrisie et de tromperie universelle qui caractérise la civilisation : l'amour et la paternité sont les dernières passions qu'on pourra amener au régime véridique ; difficulté très-ignorée de ceux qui veulent, comme M. Owen, faire sur la liberté des passions un essai aussi téméraire que celui des philosophes de 1791 sur le brusque affranchissement des nègres.

C'est rafiluence de oes sophistes qui prévient

contre les véritables inventeurs, et engouffre notre siècle dans la dctraclion : elle est plus que jamais

IRDCSTRIIL. 289

le tTtiFers dominant. Au reste elle est Ytce endéinique du caractère civilise ; les découvertes les plus précieuses ont été proscrites à leur apparition : le café et la pomme de terre ont été judieiniremcni interdits et mis au rang des poisons ; FuUon inventeur du bateau à vapeur, et Lebon inventeur de Féclairage au gaz ne purent se faire écouter de personne dans Paris.

D*après ces bévues récentes des Zoîles, on peut jnger de la confiance que méritent leurs jugeraens; ils se disent partisans des lumièros , ennemis de robscur.intisme ; ils accusent tel ministre d*étre un nouvel Omar, telle société d être une réunion d'éteignoirs, eh ! que sont-ils eux-méuies quand ils im* priment, qu'il fie peut point exister de découverte en calcul d'attraction ; et quand ils excitent à ne pas lire leHvrei\\ï\ en apporte la théorie complète, dont Newton n'a donné qu un lambeau ?

Ainsi le 1 9* siècle se montre en digne héritier du 15° et de la génération qui persécuta les Colomb et les Galilée ; alors c'était la sujierstition qui proscrivait les sciences neuves ; aujourd'hui elles sont proscrites par ceux qui se disent ennemis de la superstition. Voilà le secret de leur zèle simulé pour le progrès des lumières ; voilà leur vol sublime : ils n'attaquent la superstition que pour prendre sa place, opprimer autant et plus quelle.

Etrange inconséquence! On porte aux nues l'homme qui a pris Tiiiitiativeen calcul d'attraction.

260 NOOTSAU BOirOB

Newton qui en a traité ta raniment la branche inutile et de pure curiosité ; car que nouâ sert de savoir lo poids de chaque planète? il restait^en attraction, i explorer les deux branches importantes :

L'uTiLi ou théorie de l'attraction passionnée.

L'Aott&tLB ou théorie de Vanalojie et des causes* Celui qui apporte ces deux sciences est une béfce brute au dire des Zoîles qui pourtant exaltent New* ton, pour avoir traité de la branche ihotili, celle des effets matériels en attraction où il ne peut expli* qner aucune cause ; si on demande aux newtoniens pourquoi Dieu a donné 7 satellites à Saturne et 4 à Jupiter qui est double en grosseur, pourquoi un anneau à Saturne et point à Jupiter, ils ne pour* ront donner aucune réponse*

Leur science n*en est pas moins belle par sa jus* tesse mathématique ; mais elle n*est qu'un gorme borné à l'explicaltion des effets et non des causes; et au moment où la théorie dos causes est dévoilée, il faut, ou flétrir Newton puisqu il a commencé l'étude de l'attraction , ou protéger son continuateur bien plus digne d'appui, en ce qu'il a traité les doux branches del'utile et de l'agréable, dont l'une conduit au bonheursocial bien autrement précieux que la science»

Ajoutons que le calcul do l'analogie, quoique branche d'agrément, a bien son c6té utile, car c'est a cette nouvelle science qu'on devra la découverte de tous les antidotes naturels, la plupart inconnus, tels que ceux contre la goutte, Thydrophobie, Té-

INDOSTUBl. 961

pilepsie, e( antres maladies 'qui sont encore recueil de l'art. C'est un appât pour notre siècle et surtout pour la France , à faire trêve de malveillance contre les inventeurs et accorder à la plus précieuse des découvertes, sinon une protection positive, au moins un accueil dubitatif, motivé sur des considérations que goûtera tout homme impartial ; en voici l'abrégé.

« G*est la première fuis qu'on nous présente une » théorie régulière sur le problème de l'association, i> réputé insoluble, et sur le mécanisme d'hnnno- » nie des passions, considéré jusqu'ici comme une » énigme impénétrable : si cette théorie est pra- » ticable, elle* nous donnera les biens que tous les » siècles ont vainement rêvés, In cessation de la » mendicité prévenue par concession d'un mini- » muni à la classe pauvre, l'abolition convenue de » l'esclavage et de la traite, le règne de la vérité et a de la justice, fondé sur les bénéfices dont elles » deviendrnient la voie dans le nouvel ordre ; il est » donc prudent d'examiner cette théorie, en indi- » quer les côtés défectueux, inviter de plus habiles > à la rectifier s'ils ls peuvent, et à défaut de ce, » en faire l'essai bien exempt de risque, puisqu'elle » ne roule que sur des travaux agricoles et domcs- « tiques évidemment lucratifs, par le régime de « combinaison et d'économie qu'elle y introduit. »

Sur ce, les beaux esprits répliquent : m On pour- » rait prêter l'oreille, si l'auteur savait se revê-

S54 ROOTftAU a«niE

le nombre. Or ce bonheur déclinerait si Ton faussait les équilibres d'attraction , en prenant da temps aux cultures pour en donner aux fabriques plus que ne leur en assigne la nature ; elle veut réduire les travaux de fabrication à la plus courte durée possible, en organisant les intrigues des séries de manière â élever tout produit à la perfection.

C'est d'après ce principe que les manufactures , au lieu d*ètre comme aujourd'hui concentrées dans des villes où s'amoncellent des fourmillières de misérables , seront disséminées dans toutes les campagnes et phalanges du globe, afin que l'homme en se livrant au travail de fabrique , ne dévie jamais des voies de l'attraction qui tend à employer les fiibriques en accessoire et variante dol'agriculture, et non pas en fonction principale, ni pour un canton ni pour aucun de ses individus.

En terminant ces notions élémentaires sur la formation des séries, rattachons toutes les règles k un précepte général , qui est d'assurer aux 8 passions mécanisantes un plein essor en toutes fonctions. Or dans l'hypothèse d'accroissement de l'industrie manufacturière aux dépens de l'industrie agricole qui est la plus attrayante, on n'arriverait qu à un résultat absurde, au ralentissement de ces trois passions dont l'activité est gage de l'attraction industrielle et de tous les biens qu'on en doit recneillir.

IRBOSTRIIL. S58

COMPLÉMENT DE LA l^ PARTIE.

Duperie des détracteurê ; Secte Owbii.

Déjà l'on peut s'apercevoir que ma théorie sociétaire ne donne point dans ^arbitraire des faiseurs de •jstèmes ; elle se fonde sur un procédé spécial , pniië dans la nature, conforme au vœu des passions et aux théorèmes de géométrie ; car le mécanisme des Séries passionnées est géométrique en tout sens; on en verra la preuve aux chapitres qui traitent de la répartition, section V, et de l'analogie, S. VII.

Noos pouvons maintenant examiner les inconséquences commises à cet égard par le 19^ siècle qui, sur l'affaire d'où dépend le changement de sort du genre humain, sur l'invention du procédé sociétaire, se confie à des hâbleurs fardés de philantropie , et ne leur impose aucune règle à suivre en théorie ni en pratique.

On voit qu'il y avait un procédé à inventer , c'est la Série passionnée , découverte qui exigeait de profondes recherches sur les dispositions et les em« plois de ce ressort tout à fait étranger au mécanisme civilisé.

Pour peu qu'on eût voulu opérer méthodiquement, on auraitexigé des prétendans, comme M. Rob Owen ou autre, une invention et non pas des statuts ni des bixarrerîes telles que la communauté des biens 9 l'absence de culte divin, l'abolition brusque

386 ROUTBAU MONDE

du mariage : ce sont là des lubies de cosso-coa politîque et non des moyens neufs ; c'est pourtant à ces billevesées que le 19<> siècle a donné sa confiance depuis vingt ans.

Observons que dès son début Rob Owèn opéra tout à contre-sens de Tassociation : ignorant que Tagriculture doit être la base du mécanisme socié* taire, il rassemblait à New Lanark 2000 tisserands n*ayant pas un arpent de terre à cultiver. £n commettant cette lourde ùute, il se vantait de convertir les nations à sa méthode , et se faisait présenter aux souverains comme régénérateur présomptif du monde social. Sa science ii*était autre que celle des sophistes, hasabdkk tout, jouer en casse-cou sur les innovations; audaces fortunajumt; et surtout faire sonner bien liaut sa philantropie ; ce masque fait toujours des dupes.

Comment notre siècle, après tant d'expériences , après avoir vu depuis quarante ans tous les ambitieux airublé.s de ce titre, peut-il se laisser prendre encore à la fausse monnaie phila&tropique ? Un vrai philantrope aurait dit ; « Il faut tenter des » «essais d*association ; mais on doit en même temps » s'exercer à la recherche de la mélhocle naturelle, "» et mettre au concours cette découverte. »

Une marche si loyale ne sera jamais adoptée par des hommes qui veulent jouer un r61e sans moyens réels : M. Owen a préféré se donner pour inventeur, il a bâti un système qui est la contre-partie de cdui

IRBUSTaiIL. â57

de G* Penn fondateur des Quakers. J'en donnerai aîliears le parallèle : remarquons seulement dans la méthode Owen, une marche de casse-cou politique, décidé à tout hasarder, à essayer des monstruosités sans en prévoir les résultats.

Par exemple : sur la liberté d'amours, il ignore quels seraient les effets de Torgie amoureuse corporative, qui ne manquerait pas de s'établir quand la nouvelle secte aurait acquis de la consistance : il parait aussi peu instruit sur le mécanisme des amours libres que sur les effets d'une absence de culte divin. Avant d'admettre seulement une demiliberté en amour, il faut introduire des contre-poids qoe les harmoniens mêmes ne pourront créer qu'au bout de quinze ou vingt ans d'exercice.

Au reste les changemens que pourra subir le régime des amours , n'auront lieu qu'après avoir été demandés par le gouvernement , le sacerdoce , les pères et les maris; lorsque ces quatre classes do com* roun accord , voteront une innovation , 1 on pourra être sur qu'elle est utile et non pas dangereuse. Sans doute le système conjugal engendre une foule de vices; j'en ai décrit bon nombre à Tintermède du Traité de l'Association domestique-agricole; tous ces désordres ne sont pas un motif de supprimer le mariage , mais de le ramener à une échelle méthodique, établir dans les mariages une série régulière comprenant sept degrés, plus l'ambigu et le pivotai.

â58 KOVTBAO BORDE

Et pour ne parler que des !««• et 2* degrés, n'eslil pas évident qu'un mariage stérile est un lien moins fort que celui qui donne un enfant? Voilà une distinction des l^** et 2" degrés; il reste à établir celle des 7 autres. Je renvoie ce détail , en faisant observer que lors même qu*on connaîtrait les neuf degrés à établir en mariage, il faudrait encore connaître et organiser Tétat de cboses qui fournira des contre- poids et garanties contre Vabus des libertés , abus que n'a pas prévu le sophiste Owen ; il veut émanciper tout-à-coup^ lâcher la bride aux amours, comme si Ton était à rîlcd'Otahili, au pays d*Hamil, à Lancerote, à Java, en Lapunie et autres lieux où les coutumes et les préjugés ont établi des contre-poids.

Négligeons ce débat puisque ce ne sera qu'après trente ans d'harmonie qu'on commencera à sen occuper; mais pendant la 1® génération sociétaire, il sera nécessaire de laisser les amours (voyex cbap. XVI) dans l'état d'hypocrisie et de tromperie universelfe qui caractérise la civilisation : l'amour et la paternité sont les dernières passions qu*on pourra amener au régime véridique ; difficulté très-ignorée de ceux qui veulent, comme M. Owen, faire sur la liberté des passions un essai aussi téméraire que celui des philosophes de 1701 sur le brusque affranchissement des nègres.

C'est l'aiïluence do œs sophistes qui prévient

contre les véritables inventeurs, et engouffre notre siècle dans la dé traction : eHe est plus que jamais

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le travers dominant. Au reste elle est vice endélu îque du caractère civilise ; les découvertes les plus précieuses ont été proscrites à leur apparition : le café et la pomme de terre ont été judiciairement interdits et mis au rang des poisons ; Fulton inventeur du bateau à vapeur , et Lebon inventeur de réclairage an gaz ne purent se faire écouter de personne dans Paris.

D*après ces bévues récentes des Zoîles, on peut juger de la confi«ince que méritent leurs juge mens; ils se disent partisans des lumières, ennemis de l'obscurantisme ; ils accusent tel ministre d*ètre un nouvel Omar, telle société d'être une réunion d*cteignoirs, eh ! que sont-ils eux-mêmes quand ils impriment, qu'il ne peut point exister de découverte en calcul d'attraction ; et quand ils excitent à ne pas lire leUvrequi en apporte la théorie complète, dont Nevrton n'a donné qu'un lambeau ?

Ainsi le 19^ siècle se montre en digne héritier du 15* et de la génération qui persécuta les Colomb et les Galilée ; alors c'était la 8U))er8tition qui proscrivait les sciences neuves ; aujourd'hui elles sont proscrites par ceux qui se disent ennemis de la superstition. Voilà le secret de leur zèle simulé pour le progrès des lumières ; voilà leur vol sublime : ils n'attaquent la superstition que pour prendre sa place, opprimer autant et plus quelle.

Etrange inconséquence! On porte aux nues l'homme qui a pris Tinitiative en calcul d'attraction.

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Newton qui en a traite saramment la branche inutile et de pure cnriosité ; car que nous sert de savoir le poids de chaque planète? il restait, en attraction, i explorer les deux branches importantes :

L'vTiLB ou théorie de Tattraction passionnée.

L*AaatABLB ou théorie de l'analogie et des causes. Celui qui apporte ces deux sciences est une bête brute au dire des Zoïles qui pourtant exaltent Newton, pour avoir traité de la branche iiidtilb, celle des effets matériels en attraction où il ne peut expli* quer aucune cause ; si on demande aux newtoniens pourquoi Dieu a donné 7 satellites à Saturne et 4 à Jupiter qui est double en grosseur, pourquoi un anneau à Saturne et point à Jupiter, ils ne pour* ront donner aucune réponse*

Leur science n*en est pas moins belle par sa justesse mathématique; mais elle n*est qu*un gorme borné à Texplicaltion des effets et non dus causes; et au moment où la théorie des causes est dévoilée, il faut, ou flétrir Newton puisquHl a commencé Tétude de l'attraction, ou protéger son continuateur bien plus digne d'appui, en ce qu'il a traité les doux branches del'utile et de l'agréable, dont l'une conduit au bonheur social bien autrement précieux que la science.

Ajoutons que le calcul do l'analogie, quoique branche d'agrément, a bien son c6té utile, car c'est  cette nouvelle science qu'on devra la découverte do tous les antidotes naturels, la plupart inconnus, tels que ceux contre \a goutte, Thydrophobie, l'ë*

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