‹ Le nouveau monde industriel (volume 2)Chapitre 59 sur 120 · CHAPITRE VINGT ET UNIÈME; Des petiiea llordeê · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT ET UNIÈME; Des petiiea llordeê

Analysons d'abord leurs attributions et leuri Tertus civiques. Plus ces vertus sembleront colossales , plus il sera intéressant d'examiner par quels ressorts Tattraction peut obtenir ces efibrts généreux que la civilisation n'ose pas môme rêver, malgré son penchant pour les chimères morales et philantropiques.

Les petites hordes ont rang de fniiice de Dieu en service d'unité industrielle : à ce titre, elles doivent

ROUTBàQ lORM

^Ulules premières à la brécbe , partoat où ronilé •e^îit en danger; et l'on Terra en^5* section "^e pontifie soutieirde FuniU, elles doivent s'emparer de toutes les branches lî'indastrie qui, par excès de répugnance , obligeraient à rétablir des classes de salariés et de gens dédaignés.

Dans l'exercice de ces travaux elles se divisent en S corps , le 1*' affecté aux fonctions immondes, curage des égoûts, service des fumiers, triperies, etc. Le S® affecté aux travaux dangereux , a la poursuite des reptiles, aux emplois de dextérité. Le 3* participant de l'un et de Tautre genre. On doit monter sur chevaux nains toute la classe composée de lycéens et gymnasiens, d'un et d'autre sexe.

Elles ont parmi leurs attributions, l'entretien journalier des grandes routes en superficie : c'est à l'amour -propre des petites hordes, que l'harmonie sera redevable d'avoir par toute la terre des grands chemins plus somptueux que les allées de nos parterres , des routes garnies d'arbustes, et même de fleurs en lointain.

Si une route de poste essuie le moindre dommage, l'alarme est à l'instant sonnée ^ les petites hordes vont faire une réparation provisoire et arborer le pavillon d'accident , de peur que le dommage étant aperçu par quelques voyageurs ne donne lieu d'accuser le canton d'avoir une mauvaise horde, reproche qu'il encourrait de même, si on trouvait nn reptile malfaisant , une bourse de chenilles , ou si

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on entendait nn croassement de crapands à la proximité des grands chemins : cette immondicité ferait' dédaigner la phalange et baisser le prix de ses actions.

Qnoiqae le travail des petites hordes soit le plus difficile, par défaut d'attraction directe, elles sont de toutes les séries , la moins rétribuée ; elles n'ac-' cepteraient rien s'il était décent en association de n'accepter aucun lot; elles ne prennent que le moindre, ce qui n'empêche pas que chacun de leurs membres ne puisse gagner les premiers lots dans d'autres emplois ; mais à titre de congrégation de philantropie unitaire , elles ont pour statut le dé- Tournent aussi gratuit que possible.

Ponr donner de l'éclat à ce dévoùment, on laisse aux petites hordes, la faculté, (quoiqu'elles soient composées d'enfans mineurs); de sacrifier dès l'âge de 9 ans un 8* de leur fortune au service de Dieu ou de r Unité f mots synonymes, puisque l'unité on harmonie est le but de Dieu. Ainsi l'enfant qui possède 80,000 fr. dont il ne peut disposer qu'à l'âge de majorité , a le droit d'en distraire 10,000 dès l'âge de 9 ans , pour le verser au trésor des petites hordes, s'il en est membre. Encore ne sera-t-il pas aisé aux enfans riches d'obtenir cette faveur, malgré l'offre de belles sommes qui, en civilisation, seraient un gage de brillant accueil.

A la séance de répartition, les petites hordes font apporter leur trésor en nature ; et si quelque série

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se plaint d*uno lésion proiMyrtionnelle de 100 oi| dOO louis, le Petit Kan porte une corbeille d^ 200 louis derant les chefs de cette série; elle doit raccepter; en la refusant elle outragerait TopiDioii qui a décidé d avance que la milice de Dieu a 1q droit de sacrifier sa fortune pour le soutien dç Funité, pour la réparation des fautes qu'ont pacommettre les jugemens des hommes. Cest pour celt^ série un affront , un avis do mieux s'organiser une autre année , mieux distribuer son assortiment de caractère» et de rivalités , de manière qu il ne 8*4* lèye à la séance de répartition, aucun débat capable de compromettre l'unité. Une phalange qui pasa^ rait pour être sujette aux mésintelligences dana l'instant décisif , au jour de la répartition, serait décréditéo dans l'opinion comme faussée en échdle de caractères ; ses actions tomberaient, on s'en déferait promptement, parce qu'on sait en harmonie que le matériel on industrie périclite si le passionnel est en discorde ; et que le passionnel est de mdme en danger si le matériel n'est pas satisfait.

Les petites hcNrdes étant le foyer de toutes les vertus civiques, elles doivent employer au bonheur de la société l'àbnégaiùm de êoi-même recommandée par le christianisme, et ie m^ma des ricAoïast recommandé par la philosophie : elles doivent rénnîr et pratiquer toutes les sortes de vertus rèvéea et simulées en civilisation. Conservatrices de Thonnenr social, elles doivent écraser la tète du serpent an

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phf sîqne et au moral; toutes purgeant les cainpagnes de re|)tiles , elles purgent la société d'un venin pire que celui de la vipère ; elles étouffent , par leurs trésors, toute rixe de cupidité qui pourrait troubler la concorde ; et par leurs travaux immondes elles étouffent Torgueil qui , en déconsidérant une classe d'industrieux , tendrait à ramener l'esprit de caste, altérer l'amitié générale , et empêcher la fusion des classes ; elle est l'une des bases du mécanisme so-> ciétaire fondé sur

L'attraction industrielle, la répartition équilibrée,

La fusion des classes, l'équilibre de population.

Il semblera que pour obtenir de l'enfance des prodiges de vertu, il faille recourir à des roojens surnaturels , comme font nos monastères qui, par des noviciats très -austères, habituent le néophyte à l'abnégation de soi-même ; on suivra une marche tout opposée, on n'emploiera avec les petites hordes que l'amorce du plaisir.

Analysons les ressorts de leurs vertus ; ils sont au nombre de 4, tous réprouvés par la morale ; ce sont les goûts de saleté, d'orgueil, d'impudence et d'ia* subordination. C'est en s'adonnant a ces prétendus viees, que les petites hordes s'élèvent a la pratique de toutes les vertus ; examinons , en nous aidant d'un indice.

J'ai dit que la théorie d'attraction doit se borner à utiliser les passions telles que Dieu les donne, et sans y rien changer ; a l'appui de ce principe , j'ai

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justifie la nature sur plusieurs attractions du bas âge, qui nous semblent vicieuses; telles sont la e«riosiié et V inconstance ; elles ont pour but d'attirer l'enfant dans une foule de séristères où se développeront ses vocations. Le penchant à fréquenter Us polissons plus âgés; c'est d'eux qu'il doit recevoir en harmonie l'impulsion d'entraînement à l'industrie , ( ton corporatif ascendant , Traité do TAssociation domestique-agricole ). La désobéissance au père et au précepteur; ce ne sont pas eux qui doivent l'élever; son éducation doit être faite par les rivalités cabalistiques des groupes. Ainsi toutes les impulsions du jeune âge sont bonnes en basse enfance, et de même en haute enfance pourvu qu'on y applique l'exercice en Séries passionnées.

Ce ne sera pas du premier jour qu'on entraînera une horde aux travaux répugnans; il faudra l'y amener par degrés ; on excitera d'abord son orgueil parla suprématie de rang; tonte autorité, les rao* narques mêmes, doivent le l'*" salut aux petites hordes ; elles possèdent les chevaux nains et sont première cavalerie du globe: aucune armée industrielle ne peut ouvrir sa campagne sans les petites hordes ; elles ont la prérogative de mettre la première main à tout travail d'unité ; elles se rendent à l'armée au jour fixé pour l'ouverture ; les ingénieurs ont fait le tracé du travail , et les petites hordes défilant sur le front de bandière fournissent la 1'* charge aux acclamations de l'armée : elles y

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pas&ent qaelqaea jours et 8*y signalent dans de nombreux travaux.

Elles ont le pas sur toutes les autres troupes ; cl dans tout exercice matinal , le commandement est dévolu à l'un des Petits Kans. Si des légions ont campé dans une phalange, ( aux camps cellulaires), le lendemain après le repas du délité, on s'assemble pour le départ à la parade, et c'est le Petit Kan qui la commande. Il a son état-major comme un général, prérogative qui charme les enfans , de même que l'admission à l'armée; elle n'est accordée qu'aux petites hordes ou à quelques élus des petites bandes qui n'y sont reçus que par la protection des hordes.

Dans les temples , une petite horde prend place au sanctuaire ; et dans les cérémonies elle a toujours le poste d'honneur.

Ces distinctions ont pour but d'utiliser leur penchant aux fonctions immondes. Il faut par des fumées de gloriole qui ne coûtent rien, les passionner pour ces travaux, leur y créer une carrière de gloire; c'est pour cela qu'on favorise leurs goûts d'orgueil, d*impudence et d'insubordination.

Elles ont leur argot ou langage de cabale, et leur petite artillerie : elles ont aussi leurs druides et druidesses qui sont des acolytes choisis parmi les personnes âgées, conservant du goût pour les fonctions immondes, et à qui ce service vaut de nombreux avantages.

La méthode à suivre avec lus petites hordes est

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d'utiliser lear fougue de saleté , mais non pas de ruser par des travaux fatigans. Pour ne point user cette fougue on remploie galment, honorifiquement et en courtes séances ; par exempte :

S*il s*agit d*nn travail très-immonde, on rassemble les bordes de 4 ou 5 pbalanges vicinales ; elles viennent assister au délité ou repas matinal servi à 4 beores S/4 , puis après rh^nmne religieux à 5 beuresy et la parade des groupes qui vont au travail, on sonne la charge des petites bordes, par un tintamarre de tocsin, carillons, timbours, trompettes, hurlemens de dogues et mugissemens de boeufs : alors les bordes conduites par leurs knns et leura druides s'élancent à grands cris, passant an-devant du sacerdoce qui les asperge ; elles courent frénétiquement au travail qui est exécuté comme œuvre pie, acte de charité envers la phalange^ service de Dieu et de l'uni téi

L'ouvrage terminé, elles passent aux ablutions et à la toilette, puis se dispersant jusqu'à 8 henrea dans les jardins et ateliers, elles reviennent assister triomphalement au déjeuné. Là, chaque borde reçoit une couronne de chêne qu'on attache à son drapeau, et après le déjeuné, elles remontent à cheval et retournent dans leurs phalanges respectives.

Elles doivent être affiliées au sacerdoce à titre de confrérie religieuse, et porter dans l'exercice de leurs fonctions un signe religieux sur leurs habits, croix ou autre emblème. Parmi leurs stimulans

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iiuiuslrielâ, ou ne doit pas négliger Tesprit religieux, mobile très-puissant sur les enfans pour exciter le déToûment.

Après les avoir ëlectrisëes corporativement dans des fonctions difficiles, il sera bien. aisé de les. façonner aux emplois babitaels de service immonde dans les appartemens, les boucheries , cuisines, étables^ buanderies; elles sont toujours sur pied a trois heures du matin, prenant Tinitiative du travail dans la phalange comme à Tarmëe.

£lles ont la haute police du règne animal, veiUani dans les boucheries a ce qu'on ne fasse 80ufik>ir aucune bdte et qu'on lui donne la mort la plus douce. Quiconque maltraiterait quadrupède , oi* seau, poisson, insecte, en rudoyant Tanimal dans son service ou en le faisant souffrir aux boucheries, serait justiciable du Divan des petites hordes ; quel que fût son âge, il se verrait traduit devant un tribunal d'enfans , comme inférieur en raison aux enfans mêmes ; car on a pour règle en harmonie , que les animaux n*étant productifs qu'autant qu'ils sont bien traités , celui qui , selon la coutume française, maltraite ces êtres hors d'état de résister, est lui-même, plus animal que les bêtes qu*il persécute.

La phalange d'essai n'aura pas , pour enthousiasmer sa petite horde , les moyens de relations générales décrits plus haut , mais elle approchera du but par quelques moyens de circonstance , tels que les contrastes à établir entre la petite horde et

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In petite bnnde ; par exemple , en costames : les petites bandes t)nl les vètemens cheraleresques et romantiques, e( la manœuvre moderne ou mode rectiligne nomme escadron ; les petites hordes ont la manceuTre tartare ou mode curviligne , les parures grotesques, et probablement le costume mi-parti du barbaresque et du Hongrois, dolman et pantalon de couleurs tranchantes et variées sur chaque individa, de manière que la horde semble un carreaa de tulipes richement panachées : cent cavaliers devront étaler deux cents couleurs artistement contrastées ; problème bien embarrassant poar la belle France, qui, avec ses perfectibilités mercantiles , n*a jamais su tronver 40 couleurs pour différencier méthodiquement a deux couleurs tranchantes, les marques distinct ives des régi mens.

On peut voir sur ce sujet de plus amples détails (Traité de TAssociation domestique-agricole). J'en ai dit assec pour faire entrevoir qu'une corporation d'enfans adonnée à tous les goûts que la morale interdit à leur âge, est le ressort qui réalisera toutes les chimères de vertu dont se rqiaissent les moralistes :

1"* La douc9 fraternité \ si l'immondicité parvenait à déconsidérer quelque fonction, la série qui l'exerce deviendrait classe de Parias, d'êtres avilis avec qui les riches ne voudraient plus se rencontrer dans les travaux. Tonte fonction qui produirait ce vicieux effet est ennoblie par les petites hordes qui s'en

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emparent, et maintiennent ainsi le rapprocbemeni, Tanité oa fusion des classes , riche , moyenne et panvre.

2*^ Le mépriê de$ riekesseê. Les petites hordes ne méprisent pas la richesse , mais Tëgoïsme en usngc des richesses ; elles sacrifient partie de la leur pour augmenter celle de la phalange entière , et maintenir la vraie source de richesse qui est l'attraction industrielle étendue aux â classes , et opérant leur rénnion aftectueuse dans tous les travaux, même an genre immonde réservé aux enfans ; car ceux des riches seront aussi empressés que les pauvres d*ètre admis à la horde; c*est le caractère qui décide ee choix en corporation.

%9 La charité sociale. On veiTa que les petites hordes, en exerçant cette vertu , entraînent tout le momie a Texercer indirectement en affaires d'intérêt. Voyez sect. V. Téquililire de répartition en modo înTcrse on voie de générosité, par laquelle les riches se coalisent pour favoriser le pauvre qu'ils s'accordent tous à spolier en civilisation.

On se convaincra dans les sections suivantes que tous les triomphes de la Vertu tiennent à la bonne organisation des petites hordes; elles seules peu- ▼ent , en mécanique générale, contrebalancer le des* potisme de l'argent, maîtriser ce tyran du monde , ce vu HfttAi , vil aux yeux des moralistes , et qui deviendra très-noble quand il sera employé au maintien de l'unité industrielle : il en est l'écueil dans

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nos sociétés civilisées où Von titre de gens comme il faut, ceux , qui , à l'appui de la richesse , ne font rien , ne sont bons à rien. Leur surnom de gens comme il faut se trouve malheureusement fort sensé ; car la circulation en régime civilisé ne se fondant que sur les fantaisies des oisifs , ils sont vraiment les gens comme il en faul pour soutenir le régime de circulation inverso et consommation inverse.

Pour résumer sur les petites hordes, il nous resterait à analyser la force des ressorts qui les font mouvoir; on n*en pourra bien juger qu'après que j'aurai décrit leur contraste ou force opposée , qui est la corporation des petites bandes* Je vais les définir abréviativement, après quoi il faudra définir encore les 2 corps de vestalat et damoisellat , avant de pouvoir expliquer le système des équilibres de passions parmi les diverses tribus de VenDince.

Remarquons provisoirement que parmi les petites hordes, aucune passion n*a été comprimée ; au contraire on donne plein essor à leurs goûts dominans, entre autres à celui de saleté.

Si nos moralistes avaient étudié la nature de riiomrae, ils auraient reconnu ce goût de saleté ches le grand nombre des enfans mâles 9 et ils auraient opiné à l'employer utilement , comme fait Tordre sociétaire qui tire parti de ce goût pour former une corporation de Dëcius industriels, en favorisant ces penchans immondes que la tendre morale réprime

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à grands ooupa de fouet , ne voulant pas chercber les moyens d'employer les passions telles que Dieu nous les a données. C'est par son obstination â ne pas ëtodier la nature , qu'elle a manqué en éducation le ressort primordial , VenirainemeHl progressif aseenéami ou impuisio» corporative échelonnéey manie commune a tous les enfans de se laisser diriger par des groupes d'enfans un peu supérieurs en âge. L'échelle corporatÎTe des Âges est le seul maître que Tenfant veuille reeonnakre ; il en suit avec transport les impulsions ; c'est pourquoi la nature qui le destine A cette discipline, {Yiyjet chap. XXIII, opéra , chorégraphie ) , le rend rétif aux ordres des pères et des instituteurs qu'elle réserve pour l'instruction sollicitée.

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