TIRÉE DES SAINTS ÉVANGILES
Ce sont des aveugles qui condulsenl des aveugles. S. Matthieu, ch. xv.
Je leur parle en paraboles, parce que selon la prophétie d^Isaie : Ils entendront de leurs oreilles et ne comprendront pas, ils regarderont de leurs yeux, et ne yerront pas.
Jbid, ch. ziri.
Eb ! quelle est la cause de cet aYeoglement dont les peuples civilisés sont frappés ? c'est qu*ils n*ont ni foi ni espérance en Dieu. Ceux mômes qui nous paraissent pieux , n*ont qu'une demi-croyance en la sagesse divine : ils s'imaginent que Dieu n a pas pourvu à tout ; ils consultent les philosophes sur les voies de bonheur social , ils doutent de runiveraalitë de la providence , ils n'espèrent point en la décoaverte des lois de Dieu.
Que signifie ce début ascétique ? est-ce un pëlarin revenant des saints lieux ? est-ce quelque anachorète arrivant du désert? non , c*est un homme habitué aa milieu de vous , mais qui muni d'une boussole inconnue , d'une science neuve qui manque i vos
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espirits forts, peut toqs indi<iaer Tiegae du labyrinthe politiqoe où Tons êtes égarés depuis tant de siècles, TOUS désabuser sur ce titre pompeux d*esprits forts dont se parent des tètes faibles et superficielles. Bient6t on qualifiera d'intelligence faussée, tout siècle, tout sarant qui n'a pas cru à Tuniversalité de la Pro- Tidence*
J*ai employé le chap. XL k prouver que deux vertos dédaignées et presque ridiculisées , la foi et Tes* pérance en Dieu, auraient conduit directement à découTrir la théorie du mécanisme sociétaire ; je continue sur le thème des destinées, et sur le défont de foi qui nous en a fait manquer si longtemps la découTcrte.
Défians comme Moïse qui frappa deux fois le rocher les hommes pieux semblent craindre que Dieu tarde à intervenir pour les besoins de Thumanité , quand elle réclamera son appui ; ils sont encore les faibles disciples à qui Jésos^Christ adressait ce reproche : « O hommes de peu de foi , ne » TOUS inquiétez point en disant : que mangcrons- » nous , que boirons-nons , de quoi nous vêtirons- M nous ? car votre père sait que vous en avez ben. soin. Cherchez donc premièrement le royaume » de Dieu et sa justice , et toutes ces choses vous » seront données par surcroit. » (S. Matth. : ch. YI.) « Considérez les corbeaux , ils ne sèment ni ne » moissonnent, ils n*ont ni celliers ni greniers, ce- 1» pendant Dieu les nourrit. Combien ètes-vous plus
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» exoeHens qu'eux? » (S. Luc, cfa. XII ) et par conséquent plus dignes de la sollicitude de Dieu.
Moïse en punition d'un doute outrageant à la Providence, fut privé d'entrer dans la terre promise; tel , le genre humain , en punition de son manque de foi , est banni de la (erre promise à lui dans l'Evangile. Le royaume des cieux ou harmonie sociétaire était annoncé aux humains ; ils pouvaient y entrer sans délai , s'ils eussent voulu voir de ieurs yeux et entendre de leurs oreilles; voib l'absurdité du régime philosophique nommé civilisation , toujours favorable à Tinjustice et a Toppression ; xrnNBKK la parole divine qui leur promet le royaume des cieux dès ce monde , s'ils veulent le chercher ; qwerite et invenietis , chercher et vous trouverez.
J'essaie de dessiller leurs yeux, dans cette homelie où j'expliquerai le sens mystérieux d'une parabole non comprise jusqu*à ce jour, celle du BovAinu BBS ciBox, que le Messie conçoit en double sens ; il annoncée le royaume de justice en l'autre monde et en celui-ci, annonce évidente par la promesse des biens terrestres qu'il garantit formellement aux hommes, dès l'instant où ils auront trouvé le royaume de Dieu et sa justice, Tharmonie sociétaire, image du royaume céleste , et avant-coureur de la félicite promise aux élus dans une autre vie.
Jésus savait que dans l'autre monde nous n'aurons besoin ni de vètemens , ni de comestibles ; il ne prophétise donc pas pour la vie future, lorsqu'il
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nous promet ces biens terrestres ; et pour nous garantir de toat ëqiiiToqae, il insiste en disant : u Que «celai-li entende qai a des oreilles pour entendre. » CTest assez nous avertir que la parabole est à double entente et qu*il faut la commenter pour en saisir le yrai sens.
Diverses causes qui seront expliquées dans ce discours, ont empêché que les hommes pussent entendre cette révëlation allégorique du destin sociétaire, et que le Christ pût s'expliquer plus amplement sur ce sujet. Jésus annonce évidemment un royaume des cieui qui adviendra dès ce monde, indépendamment du bonheur promis dans l'autre ; il reconnaît que si nous manquions des biens tem* porels, Dieu serait moins généreux envers Thomme qu'envers les oiseaux du ciel. Je vais exposer le vrai sens de ces paroles du Messie, dans les 3 articles suivans où j'examine 1** les erreurs en interprétation des Saintes Écritures, 2» Timpéritie en application de leurs sages préceptes sur nos études.