‹ Le nouveau monde industriel (volume 2)Chapitre 89 sur 120 · DEUXIÈME POINT · texte numérisé non relu

DEUXIÈME POINT

Impèrkm en fiqfpHcation dêêpréceptei de V Ecriture.

Je n*en examinerai que deux ; un contre la confiance aveugle aux sophistes, et un contre Tindifférence en matière de religion , Tapathie fardée de piété.

1^ LA COSFlANCt AVIDOLB AUX SOPHISTBS.

« Gardex-vous des faux prophètes qui viennent « à vous couverts de peaux de brebis, et qui au de-

• dans sont des loups ravissans. Vous hê reconnais

• tre% à leurs fruiis : pèut*on cueillir des raisins sur

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» des ëpineB , ou de« figues gur des ronces? « S. Mattb. cb. VIL

Voila en peu de lignes la boussole des bonnes études ; si on l'eût suivie on aurait depuis longtemps écbappé à la civilisation. Pour nous abuser, la philosophie s*eropare de ce précepte , et rapplique à contre-sens. Le prince des sophistes modernes, Dss- CARTES , 8*afiubla de cette peau de brebis ; il affecta de prêcher le doute subordonné à Texpérience , il parut se défier des lumières de la raison humaine ; c'était une ruse pour se mettre en scène, car il ne voulut point soumettre au doute expérimental cet arbre de mensonge qu'on nomme citilisation , qui ne produit au peuple que des épines et des ronces , et au monde social queTinjustice et la fourberie. Malgré ces caractères odieux , il opina à nous engouffrer dans la civilisation au lieu d*en chercher Tissue.

Si l'on eût voulu, selon l'Evangile , juger l'arbre par son fruit, aurait-on pu hésiter un instant a condamner la civilisation, et proposer la recherche du royaume de justice promis dans l'Ëcriture ? mais on ne comprenait pas le sens de l'Evangile tel que je viens de l'interpréter ; de là vient que les hommes pieux sont restés PASSIFS devant le règne du mal. Cela ne suffisait point ; il eût fallu prendre le rôle ACTIF, chercher en mécanique sociale ce royaume de justice dontJ.-C. nous promet si expressément la découverte. C'est peu d'une piété stérile qui se borne à déclamer contre les égaremens de la raison

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humaine ; il faut recoarir franchement, aotiTement a la raison divine , a Tétude des impulsions naturelles ou attractions et répulsions. La classe pieuse devait les ëtudier, par cela même que la philosophie les condamne.

L'Eglise n'avait-elle pas en surabondance des personnages très*doctes , qui pouvaient remplir la tâche que la philosophie moderne refusait ou n'osait (enter; tâche éludée astucieusement par les Voltaire et les Rousseau.

L'Eglise avait des hommes si capables , tels que les Bossuet , les Fénélon , et tant d'autres ; ils n'ont excité aucune recherche sur l'attraction ; ils n'ont proposé ni concours ni prix pour cette branche d'études : Jésus les a bien définis en ces mots : « Ils » disent ce qu'il faut faire et ils ne le font pas , » S. Matth. ch. XXIIL Pieux ou impies, tous commettent même profanation, usurpant de concert les droits du Créateur en législation. La seule différence entre enx est celle du rôle actif que prennent les sophistes : Voltaire par ses railleries sur la foi, et Rousseau par ses préventions d'obscurantisme, nous conduisent au mémeécueil; tous deux,en divers sens nous enseignent Tinsuffisanee delà raison pour connaître Dieu et pénétrer ses décrets, chose la plus facile ; (on l'a pu voir ch. XL). J.-G. même nous l'assure, en disant : « Il n'y a rien de caché qui ne n puisse être découvert ; cherchez et vous trouve- » rez. » Mais les faux prophètes revêtus de la peau

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de brebis, ëtottffisni toute idée d'inTestigation. L'un nous persuade qu'il a cherché quand il n'en est rien, Vautre détruit Tespérance et nous détourna des recherches. Déception d'une part, iropërilie de l'autre; tels senties caractères de ceux qui dirigent la raison humaine.

Ce protée qu on appelle philosophie, Tainen sous une forme en revêt une antre ; aux chimères de 1i* berté et d'égalité bien usées , on voit soceëder un nouveau sophisme fardé des noms cTostooMAoït , esprit d*aêêa€iaiiùH, L^on y découvre deux sectes différentes, qui Fune et l'autre , sont /es loupe rvrûsoiis eauccrU de peo/us de brMê, D^nne part est Tesprit d'industrialisme qui, sous lemaSqne d'association, tend à recréer Tesclavage dans des bagnes mercantiles , forme des coa1itk>ne de pnbKcaius fionr brocanter le revenu des empires , pour dévorer Tave* nir^ etc. Cette secte n*a point d'esprit inventif ; elle n*a pas su découvrir le moyen d'envahir le fonds, le territoire ; de réduire la masse des nationa en vassalité de quelques chefs mercantiles, et créer le monopole féodal qui constituerait l'entrée en 4* phase de civilisatioB. Alors la carrière du crime et de la fourberie serait exploitée bien phis grandement qn*en 3' phase , où nous sommes. Pourquoi a-t-on tardé à découvrir ce redoublement d'infamies so*^ ciales ? c'est que le caractère distincttf des philosophes qui nous dirigent, est la petitesse , ménie dans lo crime.

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L'antre secte qui prétend fonder Tassociation , a pour agens de nouveaux philosophes appelés Oici" niêtêêf du nom de leur chef; gens qui forment sous le nom d'association , des réunions anti-sociétaires, car ils repoussent les méthodes d'où naîtraient Tacoord des passions et l'attraction industrielle, bots de l'état sociétaire.

Ces établissemens ne remplissent aucune des conditions à imposer è tout fondateur sociétaire ; la première est d'opérer par attraction, entraîner à Timitation les sauvages, et surtout les propriétaires d'esdaTes dont aucun n'a adhéré au régime Owéniste. Ce régime est donc un leurre de plus, comme toutes les conceptions philosophiques : d'ailleurs que pouvait-on attendre d'une secte qui débutait par s'isoler de Dieu, lui refuser le culte public? Son chef, avec une grande ostentation de charité et de philantropie, a repoussé obstinément la précaution que dictait une charité réelle ; c'était de mettre au concours l'invention du procédé naturel en régime sociétaire , et prendre toutes les mesures qui pouvaient provoquer cette découverte ou les approximations,

Rob Owen a évité soignetisement cette démarche qui eût blessé son orgueil ; il voulait être à la fois inventeur, fondateur et orateur de l'association, cumuler les 2 rôles qui exigent trois personnages différons ; il voulait pour lui seul toute la gloriole. Il s^est emparé du mot association, sans s'inquiéter

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de U cha$e; ne songeant qa^k t'urroger llimiDear d*une dëcouverie à faire , qu*i dëftuomer de celte étude, en persuadant q«'il avait rempli la tâche à lui seuL

Alitai* tout plutôt , c'«ft Ymptit ûm aopMilM,

Cet orgueil démesure aurait pu longtemps encore éloigner les modernes de recherches sor l'asscMsiatien, si par un heureux hasard TinTcntion n*était survenue à Tépoque même où Roh Owen s'en atlrî* bue Vhonneur, bien qui) ne soit qu'un médiocre sophiste f un copiste de G. Penn, fondateur des Quakers ; enfin un homme aussi incapable d'iavenlion que dépourvu de pbilantropie réelle. On en jugera par une analyse socciocte de ses méthodes que j'examinerai à hi Postface.

II recueillera de sa folle prétention, le m4me honneur que cet Erostrate qui détruisit Te temple d'Ephése, pour se faire un nom dans Fhistoire. Ainsi, Rob Owen pour se donner comme G. Penn le histre de chef de secte, n'a travaillé qu'à leurrer les sociétés industrielles, qu'à fiiire manquer les reeherebet d'où dépend leur avènement au bonheur sociétaire. Heureusement, il aura été d^oué à temps»

Le sucée» momentané de cette jonglerie doit railier les hommes prudens à la boussole donnée par l'Évangile , an doute expérimental , guide le plus fidèle en études sur l'assoctalion , comme sur tout autre sujet. Il hui Juger Parbre à 9tm frnii, et se éè^

IHBVSniBL. 219

fiûr des lanpê diguiséB en hrM» : or qaeift sont les fruits de cette nouTelle seote? A-t-elle entraîné les sauvaipes et les niahres d'esolaTes? non : si Rob Owen 9 avec la faculté qu'il a de fonder de grands établisseniens, arait quelque notion du mécanisme soeiëtaîre, il Taurait depuis TÎngt ans répandu sur le globe entier parla seule influence du bénéfice et du plaisir ; il n existerait plus ni saavages, ni bar» bares , ni citilisés : il n'a au contraire abouti qu'à profaner te iot , sans rien faire pour la cbosk ; qn*à inspirer ulie telle défiance poar Tidée d'association^ qu'il fifut aujourd'hui exclure ce moi d'une théorie qui enseigne la chose, le procédé d'association natarelle.

Tel est notre 19* siècle , vantant ses progrès en raison, et ne sachant organiser que l'anarchie scientifique d'où il sortirait à l'instant, s'il voulait se rallier au précepte évangélique : suspecter les faux savons, et juger rarbre à son fruit» An lieu de cette prudence, il s'engage de chimère en chimère; il n'encimrage que les inTcnttons malfaisantes, les subtilités fiscales et les pièges d'agiotage. Entratnée par le torrent mercantile, notre philosophie ne s'aperçoit pas que le monde social oourt à la 4« phase de civilisation, plus scélérate encore que la S* où nous sommes. Les philosophes modernes, dit fort bien l'Évangile , sont les aveugles qui conduisent des aveugles.

Cette secte do prétendus esprits forts, piquée de n*avoîrquedu bel esprit sans génie inventif, a formé

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uno Hgue secrète pour étouffer les découTertes qui sortent de la sphère académique. « Ils ont (dit J.-€.) » saisi la clé de la science pour en fermer Tentrëe. » Ils reprochent à leurs rivaux, le principe com/wtfe in* trare ; et ils adoptent le principe encore pire, pro^ hibe intrare : aussi, tout en promettant des torrens de lumières , se refusent-ils a mettre au concours les nombreuses inventions qui restent à faire, et surtout la continuation et Tachèvement du calcul de Tattraction commencé par Newton. Tel est l'état de la raison au lO** siècle ; tel est l'abîme oà elle s*est plongée , par son obstination à ne pas juger tarbre par âon fruit; yice dont le résultat inévitable est d'ouvrir la porte à toutes les charlataneries, et fermer l'accès aux vraies lumières.

L*examen d*nn seul des préceptes évangéliqaes , celui déjuger l'arbre par le fruit ^ suffirait a démontrer que les civilisés ne veulent faire aucune application régulière des doctrines certaines ; je pourrais étendre la démonstration a vingt autres préceptes ; il suffira d'un second, d'où on conclura, comme de celui-ci , que notre siècle, en affectant de rechercher la vérité, ne cherche qu'A Tétouffer ; car de tous ces écrivains qui ont prôné le doute , pas un n*a voulu douter de la nécessité des deux sociétés civilisée et barbare, mettre en problème si elles sont destin ultérieur, ou si elles sont des monstruosités temporaires, des échelons pour s'acheminer plus loin, pour s'élever à des périodes sociales moins malheureuses^

UfDOSTJUSL. 221

Une remarque à^&ire tnr Ici préceptes ëvangé- Hques, est qu ils sont la source où vont puiser teon» antagonistes mêmes. Qu'est-ce après tont que oette doctrine de Descartes , restaurateur de la philosophîe moderne? C*est nn exposé pompeux du précepte bien concis dans rÉvangile , s» ékfier des êophùiea et juger Farbre par le fruêi. Descartes a bâti sur ce principe un Taste système qu*il n'a point suivi; il s'est donné le relief * de norateur , quand il n^a fait que paraphraser une idée empruntée à Jésus-^Christ, la torturer et Tacoommoder à ses doctrines sans en faire on usage régulier, tel que Tordonne son auteur» Toutes nos sciences philosophiques ne reposent de même que sur des plagiats, dont on retrouverait les types dans les saintes Écritures, Genèse, Éran* gile , etc. ; c*est ainsi que les idéologues , pour se oréer une science » ont travesti le mot âme en une périphrase gothique, lapercepèion de eensaHon, de OO" gniiion du moi humaine La philosophie n'étant qu une spéculation de librairie, il faut bien qu*eUe complique et embrouille chaque sujet, qu'elle y mette, autant de prolixité qu*il y a do concision aux sourcea où elle a puisé.

Redisons que les philosophes ne sont pas les seuls coupables du long délai qu'aura éprouvé Tavénemeut à l'harmonie : faisons à chacun sa part dea torts« Ceci nous conduit à l'examen d'un 2* pré^ cepte , oherehe* et eouê trouverez ^ et dea égaremens oà sont tombés les hommes pieux, par leur mépria

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pour cet avis répété en triple sens par le Saovear qui nous dit : citacass, obhaiioiz, prappk a la roari.

Si la classe qui se dit pieuse ar^it eu quelque dose de foi et d^espérance , elle aurait essayé de prendre à la lettre les pronostics de Jésus-Christ qui nous fait augurer sans cesse la découverte du code divin, êi nous voulant le chercher ; et qui nous fait sentir combien il serait injurieux à nous, de supçonner son père d*ua manque do prévoyance en quelque point, le supçonner d*avoir eu pour nous moins de sollicitude qu'il n'en a pour des ôtres méprisables tels que les corbeaux. Jésus nous dit au contraire que Dieu entre dans Texameo de nos besoins jusqu'au point de compter touê les cheveus de notre tête (allusion à rextréme prévoyance de Dieu) ; comment donc aurait-il omis de pourvoir au besoin le plus pressant des sociétés humaines , celui d*nn code régulateur de nos relations industrielles, garant de la justice? je Fai dit ailleurs : Dieu fait des lois d'harmonie sociale ponr les créatures les plus immenses comme les mondes planétaires , et pour les plus petites , les abeilles, les fourmis ; aurait- il pu manquer à en faire pour Thomme, ainsi qu*il le dit loi-même?

Tel est le problème principal qui devait occuper les classes pourvues de foi et d'espérance. Que de discussions importantes seraient nées de cette question, que de lumières elle pouvait répandre , que d'ardeur elle aurait inspirée pour procéder enfin

INDOSTHIBL. 223

aux recherches selon le précepte , cherche» et voua trouvère* ! J*extrai9 du Traité de TAssociation domestique'agricole quelques phrases sur ce sujet.

Si c'est à rhumanitë à se donner des lois , s*ll n'est pas besoin que Dieu intervienne, il aura donc jugé notre raison supérieure a la sienne en conceptions législatives. De deax choses l'une : ou il n'a pas su, ou il n'a pas voulu nous donner an code social favorable à l'équité : ê'iln'apas eu, commen t a-t-il pu croire que notre raison réussirait dans une tache où il aurait craint d'échouer lui-même? ê'il n'a poê voulu^ comment nos législateurs peuvent-ils espérer de construire l'édifice dont Dieu aurait voulu nous priver ?

Prentendra*t-on que Dieu a voulu lauser à la raison une portion de régie, une carrière en mouvement social ; qu'il nous a départi les fonctions législatives, quoique pouvant mieux les exercer luimême; qu'il a voulu laisser cette chance à notre génie politique? mais nos essais de 8000 ans prouvent asset que le génie civilisé est insuffisant, inférieur à la tache ; Dieu a dû prévoir que tous nos législateurs , depuis Minos jusqu'à Robespierre, ne sauraient qu'enraciner les fléaux connus, indigence, fourberie, oppression, carnage.

Connaissant , avant même de nous créer, cette impéritie et ces résultats déplorables de la législation humaine, Dieu nous aurait donc donné à plaisir ilne tâche au-dessus de nos forces, et qui aurait été

224 NOCTBAD IMM^B

«i légèrQ pour has «îeanoâl qaeU motifit anraît-il eus pour 80 refuger à nous donner on code étayë d'attraction? il y a sur œtte laoune , saxtuple alternative :

1* Ou il n'a pa$ $h nous donner un oode §àruïi de justice, vérité, attraction industrielle ; dans ce cas il est ii^uate à lui de nous créer ce besoin, sans avoir les moyens de nous satisfaire, eomnie lea animaux , pour qui il compose des codes sociaux attrayans et régulateurs du système industriel. — S*" Ou il n'a pas wmlu nous donner ce code ; dans ce cas il est persécuteur avec préméditation, nous créant à plaisir des besoins qu'il nous est impossible de contenter, puisqu'âucun de nos codes ne peut extirper les fléaux connus. — ^^ Ou U asu ei n'a pas voulu : dans ce cas il est l'émule du démon , sachant Caire le bien et 'préférant faire le mal« — 4"* Ou il a voulu e$ n'a pas êu i dans ce cas il est incapable de nous régir, connaissant et voulant le bien qu'il ne saura pas faire, et que nous saurons encore moins ppérer. — ^^ Ou il n'a ni su ni voulu : dans ce cas il est au*des80us du démon qu'on peut bien aocuser de scélératesse, mais non paa de bètiae. — 6® Ou il a êu et il a voulu t dans ce cas le oode existe, et il a dd nous le révéler^ car a quoi servirait ce code, s'il devait rester caché aux humains à qui il est destiné ? *

La conclusion sur les six alternatives eat que le code existe; on devait dono le chercher, puisque

UfDOSTBISL. 225

J.-G. nous dit que nous ne trouverons qu'autant que nous chercherons , quœriie et invemetis , puisate et aperietur vobiê.

On n'aurait pas douté un seul instant de ce code , ai l'on eût observé combien il est aisé a Dieu de nous accorder cette faveur. En effet : pour nous délivrer du fléau des fausses lumières, pour nous donner un code propre à harmoniser nos relations domestiques, industrielles et sociales, qu'en coûte-t-il à Dieu? RIEN : oui , rien du tout. Il n'a pas même besoin de génie dont sans doute il est bien pourvu ; il lui suffit de vovLoia;.car d'après la faculté que lui seul possède, d'après son pouvoir d'imprimer attractiùHf le plus mauvais code composé par lui, et étayé d'attraction, se soutiendrait de soi-même, et s'étendrait à tout le genre humain par l'app&t du plaisir ; tandis que le meilleur code composé par les hommes , ayant besoin d'être étayé de contrainte et de supplices ; devient une source de discordes et de malheurs, par la seule absence d'attraction pour l'exécution des lois. Aussi toutes les constitutions des hommes s'écrouleraient-elles à l'instant, si on cessait de les soutenir de sbires et de gibets.

On peut de là tirer une conclusion bizarre mais fort juste; c'est que notre bonheur ne peut naitre que des lois divines , lors même que Dieu serait moins habile en législation que les philosophes : que sera-ce donc si Dieu est leur égal en génie, ce qu'on peut présumer sans leur faire injure. Son code ne

NOVVBAD

f At^il que rëgal des lean oa sageMo , aura Umj oun uo titra de sufienorlté inappréciable , on co qa*il sera soutenu de l'attraction passionnée^ seal pagode bonheur pour ceux qui obéissent. L^bomoM est plus heureux d*obéir à une laakresse que de oomnander à un escbiTe. Ce n*est pas 4e la liberté seule que nait le contentement, mais aussi de la oonTenanoe d'une fonction aTeo les goÀta de celui qui Texeroe.

Ainsi Dieu serait assoré. de faire notre bonhei» par un code attrayant, fùt-il inférieur eu sagesse à ceux des honmies ; et d*autre part. Dieu est assure de nous voir tomber dans le malheur sous tous les codes venant de la raison jiumaine , par cela seul qu'ils ne seront pas attraffotis; car le législateur homme n*a pas la faculté de nous imprimer attraction pour ses percepteurs, sbires, garoisaires, oons-> criptions et autres perfectibilités des chartes ciri^ lisées, qu'on dit libérales.

Ces considérations quin*ont pas pu échapper à la sagesse divine, ont du la déterminer à nous donner un code social quelconque, étayé du ressort d'at* traction passionnée* Ces mêmes considérations devaient stimuler les hommes à rechercher si ce code divin qui régirait tout par attraction, n'est pas exis* tant et ignoré par suite des méthodes vicieuses de ht science , qui n'aura su ni le découvrir , ni même le chercher. Il fallait donc mettre en question par quelles voies on devait procéder i la recherche et à la détermination de ce code* Tout raisonnement

9iir ce nijet, eifti condvit a mettre an ccmtovas Féiude analytique H êfmtkéHf»e de l^mtêracHon pot* nonnèe, facile étade qui est k'ëpoiiTaiitatl des philo* sophes , et qui eat poortani la seulie voie dîreole el mëlhodîqoe poar s'élever i riiiTentiofi da caiotil de l'harmonie sociétaire.

Si nous en étions au coup d'essai, a«x preanen âges de civilisation , nous serions peut-^e tieusables de fonder quelque espoir de bien social sur nos propres lumières, sur ces eonstitutions philoso^ phiques qui ont tant pullulé depuis un deau-sièele. Mais nous sommes amplement désabusés par une lohgoe eipérience, nous n'avons évidemment rien de bon à espérer de nos quatre science» , Morale » Métaphysique, Foikique et Economisn»e« Vingt* cinq siècles d'épreuve ont prowé qu'elles sont entant de cercles Tîcîewx qui, loin de remplir aueuse da leurs promesses , ne donnent que des fant6mea de garantie et ne savent que iaire éclore de nou^lee calamités, aggraver tons les fléaux qu'elles promet* taient d'extirper.

Il Csut le redire : dans cette Angleterre , fojer da l'industrialisme, la capitale, a elle senle, onnriant den^L cent trente raille indigans; les provinoeaen proportion ; et le secours annuel de deux cent mil* lions aux pauvres, ne sert qu'à y perpétuer une misère et nn esalavage dont les tabfeanx font ho^• renr . Yoîlè les fruits de la nonvelle diinière d'indns<> trtalisnie , et le sceau de réprobation pour ce

73R MOUTBAU MOMDB

qui , rëtit aux instracUons de l'ETangile , ne Teat point juger l'arbre àêanfruii, êed^ierdeefauseavane, eepérer en Dieu êeulet chercher soncode eian teuile découvrir. (Yoyes dans le Traité de TAsso. dômes.agricole, le tableau des absurdités sans nombre où serait tombé Dieu, s'il eût manqué à la composition et révélation d'un code social attrayant).

D'après c6t aperçu des égaremens de l'esprit humain* en calcul des destinées, il est bien évident que la saine partie des civilisés, la classe qui se dit et se croit pieuse, est tombée dans la même erreur que les impies, dans la défiance de la providence, et surtout de runivereoHté de cette providence. Le plus grand outrage à lui £aire, est de la croire limitée, partielle, insufiîsante, selon Topinion civilisée. Ceux même qui écrivent contre l'indiflerence a:i matière de religion, sont coupables de cette apathie qu'ils dénoncent ; coupables du manque de foi et d'espérance, puisqu'ils ont refusé de chercher le code social divin, et qu'ils àni par kfaii^ secondé les philosophes tous ligués pour empêcher Tétude des sciences vierges et négligées, conduisant à Hnyention de ce code.

Jésus-Christ nous dit de la secte philosophique: ce sont des aoeugks qui conduieent de$ aveugUs : mais quel redoublement.de déraison! Ces aveugles qui reconnaissent que la philosophie les a conduits en fausse route, ce siècle qui déclame contre Tirréligion, soutient la prétention sacrilège des philoso-

flkm k dëpouiUer Dien d« k ygiflatîon ) il d«QÉB cocofc do rintoncntioii de Dieu, qttUMi il est évident que Piou, par raUraotûm, dicte des toit 8<k oialee à tout l'univers. La théorie newlenieiine dont notre siècle 8*euor{;iieiiUty lui a rév^Aé eetAe vérité^ et il persista à la mëceA»aitre « il repousse le code dÎTÎa qui lui est apporta ; c*esl diNMi pour oatire tièeie que révangéliste a dit ; « £t la lumièra eat « venua dans les té«ièbi«s^ el laa ténèbres ne I'omA « point QonipriMu n S. Jba5, oh. I^

J*aîptt leur peridtre faisavre, lorsque j*ai dtt^ 9m début de oette buniélie : Xas «a<ùwM ffwdt^'nm m sani f^rdueê pmr èàfémà ie foi êà d' cfpéfwace en Diem^ langage ridioule aux ]^eux d'une générationbahituéa à railler sur ce qu'ella ne eompMod pas de prîuiu abovd» Quand Vuttaira plaisanta sur ce que la nouvelle Jaruaalem aura KÛO liaittas de haut» il ignora q«9 € eat une allusàDu aox ISOû^OttO phalai^es que turmera, dans son début, Thavinonie sociétaire ou nouvelle Jérusalem.

Combien oiterait-on de oe& allégori6S.qui, par kiiup tlyle oriental, semblant rîsiblea a nos eapiita forla, et qui serontdes tableaux aussi gracieux que fidèles, dèa que Tesprit humain aura quitté le sentier dea faoasea lumières ! par eoiiçmple , noua voyons que J«-C« n'adopte qnn les nombres XII et VII ; qu'il choisit 19 apôtres, et leur promet lâtrèneaau jour de la végénération; c'est un emblème de rharmonin qifti reposera sur 1^ règne dea 13 passions. Par ana*

130 NoirrxAu hondb

logîe, J.-C a du choisir doiue colonnes de sa doctrine, et admettre parmi les dôme, un traître, an Judas, image de la passion dite hen dé fumiUe qui est source du mal, germe de l'industrie morceloo et de la fausseté en relations sociales.

Négligeons ces détails qui sont hors de notre sujet; homons-nous à signaler les torts intelligibles selon les lumières actuelles : il est évident que sous un Ternis de sentimens religieux, nos homroea pieux ne sont que des philosophes mitigés, des sceptiques niant les profuriétés primordiales de Dieu. Ce sont des Csnteura de Fincrédulité, doutant de la suffisance de Dieu, sanctionnant la prétention des hommes à faire des lois sociales , comme si Dieu avait pu oublier d*en faire.

Les voilà confondus par la découverte du code social divin» S'ils persistent à soutenir cette philosophie qui veut ravir à Dieu la prérogative de législation, il &ut se borner k leur répondre, jugem farbre à son fruit, Yoyex quela fruits a produits la législation humaine, Irdiobvcs, FossaBan, Omission, GAmA^eB, et tant d'autres fléaux inséparables du régime civilisé et barbare ; oonclues-en quil eût kllu depuis longtemps chercher rjssae du labyrinthe où la raison est égarée., qwBrite et invmeiis,

Lorsqu'enfin' un homme a cherché et trouvé le code dont vous désespériez, quelle conduite devexvous. tenir à Tégard de cette invention? Êtes- vous sensés si vous la diffames avant qu elle n'ait subi un

' INDCSTBIEL. 23Î

etamen régulier? Vous accordez aax chimères d'athaisnie de la secte Owen, vingt épreuves dans autant d'établissemens qui trouvent des fondateurs en Europe et en Amérique, et vous ne voulez pas même permettre accès à la véritable théorie sociétaire ! Rougissez de cet acte de vandalisme : c'est pour vous que l'évangéliste a dit : La lumière é$t venue dans le monde, et les hommes ont mieux aimé les iènèhreê, parce que leurs Oùtions étaieni mauvaiees^ S. Jsâa, ch. III ; parce que leurs sciences trompeuses dîtes morale et politique, ne pouvaient supporter aucun parallèle avec la science de vérité, avec l'oracle des décrets divins, le calcul mathématique de Tattraction passionnée.

HovHES qui prétendez à la piété, et qui ne croyez pas à Tunivërsalité de la Providence , à la transmission de son code, vous êtes dans Terreur, voulez-vous y persévérer?

Errare humanum est , perseverare autem diaboUcam, Vous pratiquez Tegoîsme et non la piété. Vous ajoutez, au défaut de foi et d*e$pérance, le défaut de charité ; vice dont S. Paul nous dit : « quand « j'aurais toute la foi possible, jusqu'à transporter les montagnes, si. je n'ai point la charité je ne suis rien. » (Ep. aux Cor.)

Vous deviez, pour l'amour du prochain, un tribut-

232 NOOVBAV HO^flX

d'étades , vue explamtion msiive deB lois locialei de Dteo ; ▼(KI8 dévies au inoins mettre au noneours cette reoherciie ; et tooi ares, par indolence, éladtf la tâche, Inissé le champ libre aux philosophes, en ▼ou* bornant à quelques dédanatioos contre leur malfaisanee, à quelques simulacres d*espHt réii- ^nx : TOUS êtes les pervers dont /•-€• a dit ; u Ce « peuple m*liooore des lèvres , osais leur otetir est m loin de moi : et le culte qu'ils me rendent est vain « et frivole , puisqu'ils ensei|^ent des maximes et M des ordonnances humaines. » S. BC&rra. oh. XV.

Voilà en termes précis, la oondamnatix» des lois des liomines, et de cenx qui croient à la sagesse de ces lois.

Puisqu'enfin le code social de Dieu vous est apporté, n'hésitez point à abjurer vos erreurs : voulei-vous renouveler le scandale donné parles siècles d*obscurantWniequi persécutèrent les Colomb, les GaliWe?

Votre capitale du sophisme a hérité de cet esprit satanique, de ce vandalisme du. XV* siècle. G*es4 pour toi, moderne Babylone, pour toi, ville de Paris, que J«-€. a dit : Jérusalem , Jérusalem, qui « toes les prophètes^ et qui lapides ceux qui sont entof es vers toi* » Tes docteurs sont une lé^on de Zoiles que Jésus a démasqués, en disant : « Mal* « heure vous, scribes et pharisiens qui bitisseï des « tombeaux aux prophètes, et qui dites : si noua » eussions été du temps de nos pères , nous ne nous fussions pas joints i eux pour répandre le

i;<D09TRIBL. 233

sang des prophètes. S. Lcc, XL S. Mattb, XXIII.

Tel est aujoard'haî votre langage , sophistes qoi perrerttssez Topinion, vous déclamez contre les générations qui ont persécuté de vrais savans., et TOUS êtes plus iniques encore contre les inventeurs que la providence vous envoie. Pour les traverser, Yoos vous affahlex d'un manteau de raison qui n'est que manteau de vandalisme, pire qu'au siècle des Colomb, des Galilée.

Et vous , hommes pieux , qui croyex servir Dieu en soutenant le parti des philosophes ennemis de toute découverte , faisant commerce de sophisroes , TOUS prétendez bâtir la maison du Seigneur, et vous ne bâtissez que pour Béelzébuth , car vous favorisez la philosophie , en étouffant la théorie d'attraction passionnée , interprète du code divin.

Vous avez depuis vingt siècles servi Dieu en vaines paroles , en stériles holocaustes ; faites enfin quelque chose pour la foi et la charité ; fondez la maison de Dieu , la phalange d'essai en harmonie sociétaire , essai qui ralliera subitement le globe entier sôus la bannière divine , et qui comblera de richesse et de gloire tous les fondateurs, même les coopérateurs secondaires.

Que sont vos entreprises actuelles ? des raffineraens de bariiarie pour river les fers des peuples par la réduction du salaire, et par l'emprisonnement de la classe pauvre dans les bagnes industriels nommés grandes manufactures , qui ne lui assurent ni bien-

234 NOVVSAO MOliPB

èCra ni Mtrtlte. Ces vexations mereantiles sont reprouvées de J.-C. et des Pères de l*£glise. S. Qirysostôme nous dit qu^wn marîkand fis 9&Mraii 4im agréabh à Di$Uf et Jésus battuit de verges les mar* chands , il les chassait du temple en leur disant : F'oHs fmtBê de ma maéson «us caverne de voleurs*

Jusqu'ici , il a pu vous sembler difficile de lutter contre le prêtée qu^on apfielle commerce. Vous me saviez par quel point l'attaquer 9 car il maîtrise les gouvememens mêmes devenus ses vassaux. Enfin la Providence vous envoie un guide qui connaît les côtés faibles de Thydre mercantile, et qui, par inauguration du régime véridique , vous délivrera de ce veau d'or , idole digne d'une secte d aveugles qui conduisent des aveugles, idole digne des philo* sophes modernes.

« Ettoi,Gapharnaûm (toi, philosophie), t'élèw veras-<tu toujours jusqu'aux cieax? Non, tu seras » précipitée jusqu'au fond des enbrs. • (S. Lm, ch. X. } Voila votre arrêt , sophistes ennemis de Tat* traction, ennemis des richesses et de l'harmonie. Jésus vous Ta dit : « Vous êtes des sépulcres blan* » chis, qui au dedans sont pleins de pourriture. » Serpens , race de Vipères, comment pourre^vous n éviter d'être condamnés au feu éternel? » S. Mattb» ch. XXIIL « Quelle secte a plus mérité d'être plon- » gée dans la géhenne , où il n'y a que pleurs et n grinoemens de dents? »

Laissons à Dieu le soin do vous juger , et de dis*

IfiDCSTEIBL. 2^

cerner s'il en est parmi tous quelques-imt dignes de sa clémence: jusque-là couvrez- vous de cendre; hâtes-Tous^ comme Thérésiarque girtilis ^ de faire abjuration publique ^ et de déchirer vos livres. Votre châtiment, dès ce monde, sera de voir les nations s'élever aubonheur et à Topulenoe, en foulant aux pieds vos doctrines perfides. Vous-mêmes livrerez aux flammes ces biUiothèqueSf dépôt humiliant de contra* dictions et d^erreurs; tandis que les nations, délivrées de leurs chaines , s*introuiser6ut dans la nouvelle Jérusalem, en disant avec Siméon : m Seigneur, nous » avons assez vécu, puisque nous avons vu Tœuvre » de votre sagesse, le code sociétaire que vous avez » préparé pour le bonheur de tous les. peuples. » Alors le monde entier retentira des malédictions contre les lois des hommes , et contre les infâmes sociétés civilisée et barbare ; alors les peuples, comblés de richesses , de délices , et trouvant les voies de fortune dans la pratique de la vérité , s'écrieront dans une sainte ivresse : u Voici venir les jours de » miséricorde promis par le Rédempteur disant: » Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car » ils seront rassasiés. (S. Matti», ch. V. ) C*est vrai* » ment par l'harmonie sociétaire que Dieu nous » manifeste Timmensité de sa providence , et que le » Sauveur , sehm sa prophétie , vient â nous dans » toute la gloire de son père* G*est le règne du Christ ; » il triomphe, il est vainqueur: Christos ec6iiat,

» VlIfCIT , IXFIRAT.

236 NO0YBAU MONDB

FOIfDATlOlHS APPROXIMATIVBS.

J'atais promis un article très-détaillë sar les approximations de mécanisme sociétaire : des compagnies peu fortunées pourront désirer de fonder en petit ; c*est la manière favorite des Français , ébaucher, tâtonner; la plupart opineront pour un essai réduit a moitié, à 900 personnes, ou au tiers, GOO personnes.

Je leur observe qu'en réduisant une mécanique , on en fausse le système , si on ne conserve pas toutes les pièces : nous savons réduire une immense horloge de clocher en un petit coffret on montre d*an pouce de diamètre; mais cette montre contient toutes les pièces de la grande mécanique , même la sonnerie; dès-lors le système, quoique réduit, n*est point changé.

Il n'en est pas ainsi d'une mécanique de passions : pour la réduire dans la proportion d'une horloge de cathédrale a une petite montre, il faudrait avoir des

hommes en miniature , des Lilliputiens hauts d'un de rai- pied j des animaux et des végétaux de même dimension , il serait facile d'en former une petite phalange en miniature, 1800 pygmé^ logés dans un castel , et bornés « cultiver un terrain carré de rsent toises de base. Cette phalange serait complète en mécanisme; elle aurait en petit son assortiment de caractères , elle opérerait aussi exactement que des hommes de notre stature.

nmosTAisL* S37

Mbis t*il faut retrancher sur le nonilM^^ se rodaire de 1800 à 900 ou 600^ on se prive des ressorts bohh mi» caractères , et on fausse le mëoantsioe d'attrao-* tion industridle , d'ëqaQibre des passions. Dès^lors le jeu de la machine se complique , sa ralentit en raison composée de la diminution des ressorts.

Si les S plialanges sont de 1 800, 900, 800,

la force motrice on dose d'attraction indostrielle , qui alinronte les séries ptas0ionnées,neserapasenrapportde 18, 9, 6'; mais à peu près de 18^ 6, 8,

par suite la oohoKe salariée suppléant auilacunesd'attractîon devra ètrede 100, 150, SOO, et mieux encore de 1 00, 200, 800;

car elle sera chargée de tous les travanx qui n'exci* teront pas d'attraction ; or ils seront bien plus nom* breux dans une petite phalange que dans une grande; la petite , bornée à 800, ayant des séries mal engrenées , faibles de ressorts , ch. V, VI , pourra a peine créer attraction sur les deux tiers des travaux; cette lacune exigera une cohorte d*enriron 800 salariés pour Tautre tiers de l ouvrage.

Plus la phalange sera petite , plus on devra s'attacher à avoir un grand nombre d'enfans , ddt-on les prendre à pension; car les enfans sont celui des 8 sexes qui se livre le plus franchement à Tattrac*tion , et qui se passionne le plus promptement pour le régime des séries industrielles.

Dne société qui n*aura pas pu réunir la masse de

238 NouvBAir wmidb

capitaoY nécessaires pour fonder en grand , dcira opërer comnie si elle était certaine de troaver ces capitaux dés Tannée suivante , car elle les trouTera réellement , si elle fait ses dispositions pour un corn- Piencemeni de grande phalange y et non pas pour une phalange réduite»

Selon ce plan , elle devra construire , au Hea d'un édifice régulier , un tiers du grand édifice traccé page 206 vol. l*' , une aile seulement, pour expectative des 2 autres portions , centre et S*' aile. Je suppose qu*elle construirait la portion qui s'étend de 0 en a , puis les bàiimena X et Z.

Il faut à cette occasion relever Terreur commise au plan : on y lit ces mots : Longueur du front entier, 260 toises ; il est évident que c'est 360 et non 260 ; car la place P est comptée pour 200 toises ; le liront des deux ailes est presque égal à cette place.

La petite phalange construisant un tiers de grand phalanstère et non pas un petit phalanstère, son tèrrein devra être disposé dans le même sens ; fout en débutant sur une petite surface d'un tiers de lieue carrée , elle devra prendre des arraiigemens pour avoir en contiguïté une lieue entière , et en jouir dès Tannée suivante. Si elle manquait à ces précautions , elle serait bientôt devancée par d*autres compagnies qui se formeront en concurrencé avec elle, et qui prouveraient qu'elle n'a rien prévu , qu'elle n'a pas osé envisager Topération , qu'elle n'est cornp4>sée que de cheCs pusillanimes, d'avortons intellec-

iNinnTiiiL. 230

taeb* Ces oljjections seraient valables et feraient perdre à une phalange réduite le prix de fondation; elle perdrait en outre Timmense bénéfice des curieux payans qui se porteraient tous dans une phalange de plein mécanisme, telle qu'on se hâterait d'en, fonder lorsque la petite phalange d'essai aurait donné 1 evéil , et prouié que le mécanisme de séries passionnées et d'attraction industrielle, est de la plus grande facilité.

La petite phalange., en formant ce plan d'extension, aura d'autant plus de chances pour trouver de nouveaux actionnaires , qu'on pourra juger des économies que produira la grande phalange ; par exemple sur les engagemens de maîtres ouvriers et instituteurs quelconques , il sera évident que les maîtres engagés pour . 600 , serviraient de même pour 1800 , sauf la transmission graduée en mode mutneh

Plus la petite phalange péric^tera par défaut de noinbre, plus elle devra spéculer sur la forte dose d'attraction ^ et considérer qu'il faut savoir semer pour recueillir; elle devra donc s'attacher à la gas~ trosophie, pripcipale semaille d'attraotion.. Ce sera la branche où on pourra former promptement des séries passionnées , et apprécier leur influence dès les premiers mois. Qn ne trouvera pas cet avantage dans des cultures, troupeaux et colombiers réduits au tiers dé Ja grande phalange ; le jeu des séries .y sera gêné, rexercico parcellaire, ch. VI, y sera bien

240 NOUVBÂD wniiiB

restreiiil ;, U Mt itité dans itn groupe de M nctalvet, de former 5 à 6 sous-groupet , chaottn de 5 i% aeetakea } mua si le groupe n'est que de 10 perMMVies, il deTieot irès- difficile d'y orgaiiiser les sou»* groupes , et Teiercioç parcellaire, si préeieux pour donner de Vinteusitë eux attractions iadustrielles.

Pensera<«t-on qu'il faudra restreindre le nombre des lonctions , afin de pouToir y adapter des séries copieuses? c'est raisonner en moraliste qui croit mener l'attraction à Tolontë ; la nature distribue les attractions entravait domestique, sur IMO personnes ; si on réduit ce nombre au tiers, on ne peut pan tripler les attraction»; tel traTuil oemme le soin des pigeons , qui aurait vencopti^ 60 seetairee passionnés sur une masse de 191Q, n'en aura que M si vous réduises au tiers le nombre de sociétaires sur lequel il fiiut trouver «M seote de ptyseiiwio»; et si on veut la porter à 40, pour favoriser reuereiee parcellaire , il y en auru Qioitié qui ne seront pas passionnées) la série sera très-défeotawio* mal Intriguée , sana ardeur> tans dextérité , sans unité d'action.

D'autre part si on a trop peu de lérîes, si po«r les renforcer en nombre de sectaires on se réduit à peu de fonctions , beaucoup d^ gens ne pourropt pas donner oours a leurs attractions et seront faussés. D'ailleurs une phalange d'i)n petit nombre de sé<* vies échouerait sur k'^coord de rëparlition, paroe que les séries ne seraient pas suffisamment eifngro*

iHimmiBL. 241

Toieê. Les iiapubiôBs de oapkBtë im serment pas assez gradaëes pour s'équilibrer, s'entrainer spëon« lativeiDent a la justice.

Il n'est pas besoin d'ajouter que moins la pbalange sera nombreuse , plus elle derra éviter la grande culture et les travaux de long cours, dont les pro* dnits ne peuvent se reoueillir à des époques rapprochées : les. graminées sont de ce nombre, et la vigne encore plus. Il iaut à une réunion Cnible en ressorts, des récoltes promptes , pour soutenir et alimenter Tintrigue. Ainsi des pigeons qui multiplient très* vite , la confiserie dont les produits sont fabriqués en peu de jours, seront les genres les mieux appropriés à la circonstance ; tous les petits légumes présentent cet avantage.

Je pourrais étendre fort loin cet examen des entraves à redouter dans une petite pbalange : c*esl aasex faire entrevoir que pour diriger cette machine^ il faudra bien se garder des méthodes morales et éc(H nomiques ; il faut un mécanicien qui ait étudié à fond bi théorie , et qui ne prétende pas régenter et maîtriser rattraction ] c'est le vice où tomberait tout philosophe.

On devra s'étudier a discerner quelles lacunes on peut admettre selon rassortiment de caractères et de goûts des sociétaires ; c'est une opération des plus délicates et qui décidera du succès d'une petite phalange ; tant que je ne sais pas en quel lieu ede serait fondée, quelle serait la juste dose de ses

242 NOUTVAIT HOMDB

moyens en chaque genre , je perdrtiîs trop de temps à examiner et peser les nombréoses chances d'erreur qui pourront s'y rencontrer.

Je me borne à indiquer deux grands moyens , les plus sûrs pour une petite phalange : le renfort d'enfans et la gastrbsophie. Que les enfans impubères soient asse* nombreux pour exécuter les manœuvres chorégraphiques à 73 figurans , que le peuple soif enthousiasmé dès les premiers jours , par la gastro- Sophie sériaîre qui est le moyen le plus prompt pour le séduire ; qu'il se croie transporté dans la maimm de Dieu , c'est le nom que donne le peuple â une maison où Ton vit dans Tabondance et l'insouciance; enfin que les chefs se pénètrent bien du but à atteindre, je Tai dit plusieurs fois: il ne s'agira pas de produire plus ou moins de choux , peu importera la quantité de récoltes, d'autant mieux que les séries, pour peu qu'elles soient bien formées, en donneront toujours une masse infiniment supérieure à celle de civilisation.

Mais les prodiges qu'il faut créer dès la première campa n;ne, sont l'équilibre des passions et Taltraction industrielle, buts où l'on n'atteint que par un bon engrenage des séries , et un lien actif entre les travaux de production , consommation , préparation. Si Ton peut étaler de bonne heure les accords sublimes que présente une masse de séries bien engrenées, la cause sera gagnée, même avant d'arriirer au dénoûment ou accord de répartition. Dès qu^on

UUMISTAIBL. 243

pourra admirer dans ce germe d^harmonie les accords contrastés de passions ëchelonnëes^Jes ac« oords indirects d*antipathiques, Temploi avantageux des discords , Femploi utile des passions réputées ▼icieuses, rentrainement des enians à l'industrie dès le plus bas âge , la vérité et la justice devenues voies de fortune , enfin le vrai bonheur social , le conlentement de chaque sectaire confirmé par son enthousiasme, les curieux arriveront en foule pour voir le prodige des prodiges , la mécanique des passions , et pour s'humilier d avoir eu la sottise d'ajouter foi k des sciences qui enseignent que Dieu a créé les passions au hasard , sans leur avoir assigné un mécanisme digne de sa sagesse.

PLAN DES SECTIOIfS TI ET VU ,

voBMÀsn hA Gomms-nuNTVB.

PatAUsu. Sur un sujet aussi neuf que la théorie de l'attraction passionnée et du mécanisme sociétaire, le lecteur est en droit d'exiger des preuves surabondantes : je voulais, selon la méthode mathé* naatique, ajouter à la théorie une contre-preuve, tirée de Tignorance où sont les modernes sur les caractères , les propriétés , la marche et les fins de la civilisation , dont ils ont la bonhomie d'espérer quelque perfectionnement; et sur les voies qu'ils aoraîent dû suivre, pour s'élever par degrés eti

241 NOUVBA€ MOROB

échelle sociale « à la période 6* celle des garanties.

( Voyez rATART-PBOfOS. )

Les prétentions des modernes au perfectionnement, sont une tendance à sortir de la civilisation, et à s^élever aux garanties dont ils rêvent quelques parcelles, sans savoir les réaliser , car ils n*ont de garanties que celles que le hasard a introduites , oomme le régime monétaire et les assurances qui sont dues à Tinstinct et non à la science. D'autre part les fausses méthodes adoptées par notre siècle, notanwient ses systèmes d'industrie anarchique, de concurrence individuelle et mensongère , et surtout sa bévue de prendre la régie actionnaire pour association, allaient nous précipiter en 4* phase de civi* lisation , état diamétralement opposé aux garanties sociales.

Pour débrouiller ce chaos politique, il faudrait, je Tai dit, une analyse détaillée de la civilisation, et un parallèle des caractères de cette 5* période , avec ceux des deux périodes contiguês, savoir : la 6*, dite Garantieê 9oUdaires^ et la^*", dite Barbarie* Ce serait un travail fort étendu et auquel suffirait à peine un volume de la dimension de celoi-ei. Je comptais donner sur cette matière deux sections, mais elles seraient encore iusuffisantes : c'est un sujet à traiter séparément, et je me borne à en donner le plan sur lequel on pourra juger de l'importance de cette branche d'études, et de Pétourderie de notre siècle, qui oublie de &ire l'analyse de la civilisation, et qui

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croît la perfectionner, quand il la conduit à un déclin rapide. Nous distinguerons les caractères de cette société en huit ordres ; chacun sera exposé dans huit petits articles, dont je comptais former d'amples chapitres qu*il faut remplacer par des aperçus.

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