CHAPITRE QUARANTE ET UNIÈME
Caractères successifs des quatre phases.
Les sociétëfl ont , comme le corps humain ^ leurs cpiatre âges difiërenciës par des caractères qui se succèdent : on ne peut pas juger des progrès ou decadenceSy tant qu'on n*a pas assigné très-distinctement les caractères qui doivent signaler une société. Nos naturalistes sont si scrupuleux sur cette distinction quand il s'agit de classer d'inutiles yégétauz ; pourquoi les politiques ne suivent-ils pas cette méthode, en assignant à leur civilisation chérie des caractères adoptés à chacune des quatre phases? C'est le seul moyen de reconnaître si elle avance ou rétrograde*
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Caradèreê êucoe$$if$ de la cwUiêatùm,
BlfVAIIGB OU Ire PBASB.
Germe simple, Mariage ezclasif ou monogamie. ^. • composé, Féodalitépatriarchaleoa nobiliaire. 5 PiTOT , Droite civils de Péponse.
g Contre-poids, Grands vassaux fédérés. I* Ton, Illusions chevaleresques.
g AOOLKSCniCB ou 9* PHASB.
S* Germe simple. Privilèges communaux.
? • composé, Culture des sciences et aru.
Pivot , Afpranckiuement dêê induêtrUttx,
Contre-poids, Système représentatif.
Ton, Illusion en liberté.
APOOBB oc PLINITUAB.
Germes , Art nautique, chimie expérim* . Caractères , Déboisement, emprunts fiscaux.
VIBILlvi ou 8« PHASB.
Germe simple. Esprit mercantile et fiscal. à » composé. Compagnies actionnaires.
3 Pivot , Monopole maritime.
g Contre-poids, Commerce anarchique, g* Ton , Illusions économiques.
g CADUCITE ou 4« PHASR.
s. Germe simple , Monts-de>piété urbains. § 1» composé, Maîtrises en nombre fixe. Pivot , Féodalité industrielle.
Contre-poids, Fermiers de monopole fitodal. Ton, Illusions en association.
Transition ( régulières, les 19 garanties, eh. 50. en 0« période ( irrégulières, les 39 issues, App. à ^. 59.
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{Nota.) On ne mentionne pas ici les caractères permanens qui régnent dans tout le cours des 4 phases, mais seulement ceux qui constituent telle ou telle phase, et ses mixtes avec telle autre. Par exemple la cirilisation d'Athènes était une 3* phase incomplète , altérée , en ce qu'elle manquait du caractère pivotai, «liberté des industrieux. C'était une 3« phase bâtarde et faussée , ayant en pivot un caractère de barbarie. Quand on connaîtra ce grimoire des caractères sociaux, dont je vais décrire huit ordres , il sera aisé de dissiper les illusions en progrès social*
La civilisation actuelle de France et d'Angleterre, est une S* phase déclinante. Il y a longtemps qu'elle a fait éclore les caractères de i« phase ; elle tend fortement à la 4* dont elle a le» deux germes, mais elle ignore Topération à faire sur ces germes pour entrer en A^ phase qui serait un progrès très-petit , le moindre possible ; tandis que l'état actuel est une stagnation pénible où le génie est comme emprisonné , fatigué de sa stérilité , s'agitant vainement panr produire quelque idée neuve. C'est un état qui use le corps social par une station trop longue en S* phase. (Voyei ch. 48 , les caractères qui signalent cette lassitude.)
A défant de génie inventif, l'instinct fiscal ne tarderait gttères à découvrir les moyens d'organiser la 4* phase qui est un progrès, mais non pas en bien. On n^entrerait dans la voie du bien qu*en organi-
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8ftDt Tambiga de cmlisation et garantisme. Voyci chap. 47 et 48. C'est la manœayre qu'on devait opposer au libéralisme, esprit stationnaire, qui ne sait point avancer , et qui se passionne pour un carao* tère de la 2" phase , pour le système représentai^, gimblette bonne dans une petite république , telle que SpaKe ou Athènes, mais tout-à-fait illusoire dans un empire vaste et opulent , comme la France.
J'ai observé que les anti-libéraux , classe non moins abusée que les libéraux, commettent une maladresse choquante en essayant de lutter contre les chimères libérales , par une rétrogradation en 1^ phase. C'est un moyen d'autant plus vicieux onc Taccroisseraent des dettes publiques nous entraine irrésistiblement vers la 4* phase ou caducité.
Un examen détaillé du tableau des caractères permanens , désignés dans ce chapitre , suffirait déjà à dissiper nos illusions de vol sublime, et prouver que notre vol, en échelle sociale, est celui de Técrevisse. Car, tendre à la 4« phase de civilisation, à la caducité d'une période essentiellement vicieuse, c'est un progrès si l'on veut, mais un progrès en déclin, un progrès comparable à celui d'une femme dont les cheveux blanchiraient à 60 ans ; si elle disait que aa chevelure se perfectionne, qu'elle va égaler la blancheur de l'albâtre , si elle s'écriait : « quel vol sa- » blime de ma chevelure vers la perfectibilité per-
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9 fectilNiîaante.ii chacun sourirait de pitië, le corps ne se perfectionne pas quand îl vieillit.
Telle est rillosion de progrès dont s'enorgueillit notre TÎeîlle civilisation, courant à la caducité. Les sociétés oonime les individus, courent à leur perte , quand elles s^endettent et se livrent a l'usurier. C'est le fait de notre siècle; il ne va que d'emprunts en emprunts.
« Le vase est imbibé , Tétofife a pris son pli : » c'est nn pli bien pris que celui des emprunts fis» ctmx ; chaque ministère nouveau fera un nouvel emprunt, car il faut, dit le proverbe, manger quand on est au futelieK Quelque parti qui vienne a dominer, la finance qui tient les rênes du char ne rétro* gradera pas vers la route de l'économie. Quel sera donc le dénoément de cet ulcère fiscal , de ce cbanore de dettes et d'emprnnts qui ne font que creitre et embellir dans tons les empires? Ce dénoA* ment sera expliqué au ohap. qui traite de la 4* phase de civilisation , phase où la force des choses nous pntraîne, sans que nos guides^tes économistes, voient Kabtme où court le monde social.
On peut les comparer au mauvais cavalier de qui les rieurs disent : Ce n^eei pa$ lui qui utène 9on che* val y c'eeîêon cheval qui le mène. Tels sont nos génies politiques : ce n'est pas eux qui mènent le mouve* ment civilisé, c'est lui qui les mène; eux à qui il eût été si facile de nous diriger vers les routes du pro* grès réel, s'ils eussent voulu sortir de fornsère , sor-
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tir des préjuges de morcellement agricole, el d*aiiarohie commerciale oa ooDCiirrance îndividoelle de fourberie.