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CHAPITRE VII

Le 14 janvier 1S5S. — Les coulisses de l'Opéra. — Les marcheuses. — Les rats. — La Sainte-Catherine. — Théâtre d'Hamilton. — L'Ecole-Lyrique.

La représentation qui fut. donnée, le 14 janvier 1858, au bénéfice de Massol , a laissé de douloureux souvenirs. On jouait un fragment de la Muette, un acte de Guillaume Tell, et trois actes de Maria Stuarda, pièce empruntée au répertoire de Mme Ristori. Au moment où la voiture de l'Empereur et de l'Impératrice arrivait sous la grande marquise, trois explosions éclatèrent à quelques secondes d'intervalle. Des bombes fulminantes vomirent des projectiles qui, s'éparpillant dans tous les sens, tuèrent ou blessèrent cent cinquante personnes, entre autres des lanciers de l'escorte, des militaires de la garde de Paris, des employés de la préfecture de police ; deux chevaux de l'attelage sont comme foudroyés; parmi ceux de l'escorte, vingtquatre sont atteints, dont cinq mortellement ; cependant l'Empereur et l'Impératrice entrent dans la salle, et la représentation s'achève au milieu d'une émotion générale. Ce fut ce crime qu'expia sur l'échafaud Félix Orsini, condamné à la peine des parricides par la cour d'assises de la Seine, le 20 février 1858.

Le public, qui tient souvent beaucoup plus â ce qu'il ne voit pas qu'à ce qu'il est libre de voir, rêve des coulisses de l'Opéra. Il lui semble que c'est un paradis terrestre ou plutôt le Genetal-Coduz du prophète Mahomet. L'entrée de ce sanctuaire n'est permise qu'aux compositeurs et auteurs dramatiques, et à quelques habitués riches ou influents qui méritent une faveur spéciale par la fidélité avec laquelle ils soutiennent le théâtre, soit en louant des loges â l'année, soit en mettant leur crédit au service de l'administration. A côté de l'orchestre, à droite, est un escalier qui met la salle en communication avec la scène. Pour consoler les profanes auxquels cette communication est

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