CHAPITRE X
Chemin de fer dn Nord. — Hôpital de Lariboisière. — Église Saint-Engene. — Le Conservatoire de Musique.
La gare du Nord, voisine de celle de Strasbourg, fut bâtie en 184-5, sur les dessins de M. Renaud, et elle a reçu graduellement de l'extension , do sorte qu'elle occupe aujourd'hui une superficie de. 40,000 mètres.
La ligne principale du Nord, qui mettait Paris en communication avec la capitale de la Belgique, fut inaugurée le 25 juin 1846. Deux ans plus tard, on ouvrit complètement la ligne d'Amiens à Boulogne. Les embranchements sur Calais et Saint- Quentin furent livrés a la circulation en 1850 dans la totalité de leur parcours. Le réseau fut complété, aux termes d'un décret du 19 février 1852, par les lignes de Saint-Quentin à la frontière belge, du Câteau à Somain, de La Fère a Reims, de Noyelles à Saint-Valery-sur-Somme. Les constructions de la gare du Nord sont encore élevées presque entièrement sur des terrains appartenant aux Lazaristes; il en est de même du bel hôpital de Lariboisière. La construction en fut autorisée patune ordonnance du 26 avril 1846, pour remplacer l'hôpital provisoire du Bon-Secours, situé rue de Charonne, et la partie de l'Hôtel-Dieu détruite pour dégager les- quais du petit bras de la Seine. Lorsque M. Gauthier, architecte, en traça les plans, ce dut être l'hôpital de Louis-Philippe; mais il était inachevé à l'époque de la révolution do 1848, et les nombreuses pierres réunies aux alentours en faisaient une position formidable. Pour en débusquer les insurgés, il fallut que le général Lebreton formât, le 25 juin, une division composée des 3% 4° et 6e compagnies du 2° bataillon de la 1™ légion, et quelques pelotons des 2° et 3e. Dans les rangs, marchaient comme volontaires les généraux Molinc de Saint- Yon, Drolenvaux, La Rue, Rulhière et Gourgaud. A quatre heures et demie, le général Lebreton fit battre la charge, et les fortifications des insurgés cédèrent à des assauts réitérés. Les gardes nationaux d'Amiens et de Rouen vinrent alors relever ceux des légions parisiennes.
Après s'être appelé Hôpital de la République, puis Hôpital du Nord, il reçut le nom de la comtesse de Lariboisière, née l'.oy, qui avait fait aux pauvres de Paris un legs de 2,900,000 fr. L'ensemble des bâtiments dont il se compose' a la forme d'un carré très-allongé dont la plus grande dimension est parallèle au faubourg Poissonnière. Dans la partie antérieure se trouvent les bureaux, les logements des divers employés, les cuisines, etc. Dans la partie postérieure, la chapelle, la communauté des sœurs, la lingerie, les bains, la salle des morts, les amphithéâtres. Au centre, est une vaste cour, plantée d'arbustes, et dont le milieu offre un bassin avec jet d'eau. Cette cour-jardin sépare deux ailes, l'une destinée aux hommes, l'autre aux femmes. Chaque aile est subdivisée en trois pavillons, auxquels se rattachent autant de préaux ou promenoirs. Les pavillons reposent sur des voûtes qui recouvrent d'immenses caves ou plutôt de vastes magasins dans lesquels l'air circule en pleine liberté. Ces pavillons se composent d'un rezde-chaussée et de deux étages formant autant de salles contenant chacune trente-cinq lits. Le rez-de-chaussée a sur la cour une galerie couverte et le premier étage une galerie découverte.
Les préaux sont gazonnés et entourés par une allée d'arbustes. Tout le. long des ailes est établi un chemin de ronde qui dispensera de faire entrer les voitures dans la cour centrale. La salle des morts, comme nous l'avons dit, est reléguée à la partie postérieure de l'édifice et à la portée du dehors. Les malades ne voient pas, comme dans certains hôpitaux, circuler les chars qui emportent les cadavres; on rassemble autour
d'eux tout ce qui est capable de les distraire, de les consoler et de les égayer, commodités et agrém nts, chauflbir où ils peuvent se réunir en hiver, petites pièces où ceux qui incommoderaient les autres par leur délire ou leurs cris seront, mis a l'écart, petits cabinets de liains a la proximité des salles pour ceux qui ne pourraient être transportés sans inconvénients. Tel est l'aperçu sommaire de l'excellent aménagement de cet hôpital.
Cet édifice modèle revient a environ huit millions. Le terroir seul, qui a 34,595 mètres, a été payé 1,143,870 fr., plus 69,355 fr. de frais, soit, en totalité', 1,2 13, 225 fr. pris sur les fonds de l'administration de l'assistance publique. Aux termes de l'ordonnance du 20 avril 18Mi, en effet, cette administration devait supporter dans la dépense du nouvel hôpital la totalité des frais d'acquisition du terrain, le tiers des travaux de construction et la totalité de l'acquisition du mobilier, le reste étant laissé a la charge de la ville. D'après les devis primitifs, les travaux devaient coûter une somme do 5,384,666 fr.; mais les travaux complémentaires, reconnus depuis indispensables et s'élevant à 751,737 fr. 8ï cent., de plus une indemnité do 40,875 fr. 16 cent, réclamée par l'entrepreneur pour le couvrir des pertes qu'il a éprouvées en 181-8 par suite de la suppression du marchandage, portèrent cette somme à 0,177,380 fr.
En définitive, cet hôpital, avec les 008 lits complets, a coûté :
En terrain 1,213,225 fr.
En travaux (i. 177,280
En mobilier 000,000
Total 7,900,505
Nous parlerons de l'hôpital Saint-Louis, quand nous suivrons les bords du canal Saint-Martin. Sans sortir des domaines des lazaristes, nous entrons dans l'église qu'on a dédiée naturellement a saint Vincent de Paul, puisqu'on était chez lui. El'e occupe la place d'un belvéder, où le bon prêtre aimait a se retirer pour se livrer a de pieuses méditations.
La façade de cette basilique est située a dix mètres au-dessus de la place La Fayette, et l'on n'y arrive que par des rampes disposées en fer â cheval, comme celles de la cour du château de Fontainebleau. Un péristyle, dont douze colonnes ioniennes supportent le fronton, est construit sur la façade. Nanteuil a sculpté dans le tympan saint Vincent de Paul entre la Foi et la Charité. La porte de fonte, modelée par Farochon, se divise en compartiments dont chacun encadre la figure d'un apôtre. Sous le porche sont sept tableaux religieux, peints sur lave avec des couleurs vitrifiables, par Jollivet, secondé par M. Hachette fils, un des inventeurs du procédé. Aux angles de la façade s'élèvent des campaniles ; l'un renferme les cloches, et l'autre l'horloge. Ils sont reliés a leur base par une plate-forme qui peut tenir lieu de l'ancien belvéder, car on y domine l'immense capitale. Sur des piédestaux qui coupent, le parapet se dressent les statues de saint Mathieu, par Barre; de saint Luc, par Brion ; de saint Marc, par Foyatier, et de saint Jean, par Valois. Les statues de saint. Pierre et de saint Paul, par Ernest Ramey fils, ornent des niches pratiquées dans les deux clochers.
A l'intérieur, la nef principale est séparée des bas côtés par quarante-six colonnes en pierres dures et polies ; sur la frise se déroule une majestueuse procession de. docteurs, de vierges, de martyrs, peinte par M. Hippolyte Flandrin. Le dessin en est pur; les figures, qui se détachent sur un fond d'or, sont pleines de. noblesse, et cette œuvre est, en somme, mie des plus belles qu'on puisse admirer dans les églises de Paris.
Le plafond, divisé en douze compartiments, suit dans sa forme les deux rampants des combles. Dans la coupole semicirculaire de l'abside, Picota peint, avec le, concours de Brisset, le Christ, entouré d'archanges, recevant saint Vincent de Paul, et au bas le Baptême, la Communion, le Mariage et l'Extrême- Onction. Avant que cette vaste composition fût, entièrement terminée, et lorsqu'on pouvait monter sur des échafaudages pour la voir de près, on y pouvait remarquer d'excellentes parties; mais l'artiste n'a pas suffisamment calculé son effet, et son travail perd à être examiné d'en bas. En outre, il a eu la malheureuse idée de faire un Christ de taille colossale, tandis que tous les autres personnages dépassent à peine de quelques centimètres la stature ordinaire de l'homme. Aussi quelques critiques malveillants ont-ils prétendu que cette vaste fresque avait l'air de représenter Gulliver chez les Lilliputiens.
Les panneaux des stalles du chœur sculptés en bois par
MM. Millet et Molchnët, sont ornés de dix-huit statuettes de saints et, de saintes, et il est a remarquer que les figures de saint Philippe, de. saint Ferdinand, de sainte Amélie et de sainte Adélaïde, sont des portraits.
La première, pierre de cette église a été posée le 25 août 1821. Les travaux commencés sous la direction de MM. Lepère et, Hittnrff, architectes, et longtemps interrompus, ont été repris avec activité en 1831. Cette église, terminée, sous la seule direction de M. Hittorff, fut consacrée et livrée, au culte le 21 octobre 1844.
Sur la lisière des neuvième et dixième arrondissements s'élève une église d'un genre tout nouveau, exécutée dans des conditions toutes spéciales. En 185Ï, l'administration de la ville de Paris avait approuvé la création de nouvelles paroisses, mais elle avait en même, temps laissé à la charge des fabriques les dépenses de première installation. Pendant que les nouveaux curés et les conseils de fabrique improvisaient des églises de plâtre et de bois, M. Boileau, architecte de l'église de Mottaincourt (Vosges), proposa au curé, l'abbé Coquand, d'édifier un temple durable â bon marché, en remplaçant par la fonte et le fer les piliers et les arcs en pierre des cathédrales gothiques. Les travaux commencèrent au mois d'avril 1851 et. l'église fut inaugurée le 20 décembre 1855. Ornée â l'intérieur de boiseries sculptées, de verrières de couleur et de peinture polychrome, coûte environ six cent cinquante mille francs, dont cinq cent trente mille francs pour le gros-œuvre, c'est-àdire seulement .cinq fois plus qu'une église provisoire, et a peine la moitié que coûterait une église de cette importance, élevée avec voûtes en pierre.
Le patron de cette église est peu connu, ou confondu généralement avec ses homonymes, qui sont au nombre de seize. Le nôtre, dont le diocèse de Paris célèbre la fête, le 15 novembre, naquit a Rome, prêcha l'Évangile en Espagne, à Lyon, et enfin à Paris. Par les ordres de. Maximien Hercule, il fut arrêté près du village de Deuil (Diogilurri), mis à mort, et ses restes furent jetés dans un lac, appelé de son nom le lac, d'Enghien.
L'église qu'on lui a dédiée a 50 mètres de long sur 25 de large. La hauteur de la'nef principale est. de. 23 mètres et celle des nefs latérales de 15 mètres.
Les murailles seules sont en maçonnerie. Les grandes colonnes de la nef sont en fonte, creuse de 30 centimètres de diamètre moyen et do 2 centimètres d'épaisseur ; les arcs et les galeries des tribunes, ainsi que les garnitures des cinquantequatre ouvertures, tant roses que fenêtres, qui éclairent le vaisseau, sont également en fonte ; les fermes longitudinales, les fermes transversales et diagonales formant les arrs-doubleaux, les formerets et les nervures do la grande nef sont en for ; les voûtes sont formées par une épaisseur de deux tuiles hourdées et enduites en plâtre, qui reposent, sur la courbe formant, l'intrados des arcs en fer, l'extrados ou le dessus de ces arcs est couvert par un treillis en tringles do fer, revêtu d'un hourdis en plâtre, pur, sur lequel sont posées des tuiles en grès de M. Alaboisscttc; ces tuiles, de couleurs diverses, forment des dessins qui donnent aux combles de l'édifice un aspect monumental plus riche que l'aspect ordinaire de toits en plomb, en ardoises ou en zinc; le faîtage est décoré par une crête d'ornements de même, matière que les tuiles.
Les colonnes do la grande nef sont peintes en bleu d'acier et en bronze florentin; elles supportent les nervures rehaussées de couleurs entières. Les colonnes des bas côtés sont reliées entre elles dans la moitié de leur hauteur par des tribunes en fonte peintes et dorées. Les voûtes sont semées d'étoiles. Toutes les baies sont garnies de vitraux, et comme pour faire comprendre que la lumière doit venir du sanctuaire, les verrières de l'abside, moins sombres que les autres, semblent éclairer toute l'église.
Le buffet d'orgue, les stalles, la chaire, les confessionnaux, les escaliers des tribunes sont d'un style pur, allié à une grande liberté de composition'; le maître-autel est décoré de treize niches trilobées, garnies do statuettes, et surmonté d'un retable à jour dans lequel des motifs d'architecture remplacent les chandeliers modernes, si disgracieux par leur grandeur démesurée. Les autels des chapelles de la Sainte-Vierge et de Saint- Eugène, placées dans les deux petites absides, sont également bien agencés dans la place qu'ils occupent.
Les sculptures, tant sur bois que sur pierre, sont de MM. Roi-» leau fils et Bernard ; les vitraux en couleurs des bas côtés , représentant les divers épisodes de la vie du Christ; ceux de
L'ENCLOS SAINT-LAURENT
l'abside centrale, représentant la Transfiguration, la Cène et la Passion, ainsi que les roses de la grande nef sont de M. Laurent Gsell, que le jury des beaux -arts de l'Exposition universelle a récompensé par une médaille d'or; les verrières des absides des bas côtés, contenant des sujets relatifs à la sainte Vierge et à saint Eugène, sont de M. Lusson, et les vitraux inférieurs des bas cotés, représentant les stations du Chemin de la Croix, sont de M. Oudinot, d'après les cartons de M. Gérard- Séguin.
Un beau buffet d'orgue, placé sur la tribune au-dessus du portail principal, est des ateliers de MM. Merklin et Schûtze, facteurs de l'instrument, qui est remarquable par la suavité et la sonorité de ses jeux.
L'église Saint-Eugène a été bâtie sur des terrains qui dépendaient autrefois de l'hôtel des Menus-Plaisirs; c'était un vaste amas de cours, de salles, magasins, où étaient entassés des meubles de rebut, des lustres, des tapis , des décorations, des machines à l'usage des représentations dramatiques. L'hôtel des Menus-Plaisirs avait aussi une petite salle de spectacle où s'exerçaient les élèves de la danse.
Lj 3 janvier 178-4, sur la proposition du baron de Breteuil, un arrêté du conseil royal compléta l'organisation de cette école chorégraphique, en y ajoutant des classes de chant, de déclamation, de clavier et de langue française. Quoique Dulaure ait prétendu que cette école n'avait pris que sous l'empire possession du local des Menus-Plaisirs, il est avéré qu'elle occupa dès le principe le local où elle s'est maintenue.
Le zèle du baron de Breteuil, ministre du département de Paris, fut secondé par celui de M. de La Ferté, commissaire général de la maison du roi. Gausset fut choisi pour diriger le nouerl établissement, qui s'ouvrit le 1er avril 1784. L'école se composait de trente élèves des deux sexes, qui ne pouvaient être reçus qu'autant qu'ils réunissaient à une belle voix des dispositions sérieuses.
Par un décret du 18 brumaire an n, la Convention nationale ordonna la formation d'un Institut national de musique, dont l'organisation fut confiée au comité d'instruction publique. Le 19 thermidor an m, la Convention constitua le Conservatoire sur des bases que les gouvernements postérieurs ont peu modifiées :
Art. 1". Le Conservatoire, créé sous le nom d'Institut national, par le décret du 18 brumaire an n de la république, est établi dans la commune de Paris, pour exécuter et enseigner la musique.
Il est composé de cent quinze artistes.
2. Sous le rapport d'exécution, il est employé à célébrer les fêtes nationales; sous le rapport d'enseignement, il est chargé de former des élèves dans toutes les parties de l'art musical.
3. Six cents élèves des deux sexes reçoivent gratuitement l'instruction dans le Conservatoire. Ils sont choisis proportionnellement dans tous les départements.
i. La surveillance de toutes les parties de l'enseignement dans ce Conservatoire, et de l'exécution dans les fêtes publiques, est confiée à cinq inspecteurs de l'enseignement, choisis parmi les compositeurs.
5. Les cinq inspecteurs de l'enseignement sont nommés par l'Institut national des sciences et arts.
o. Quatre professeurs, pris indistinctement parmi les artistes du Conservatoire, en forment l'administration, conjointement avec les cinq inspecteurs de l'enseignement.
Ces quatre professeurs sont nommés et renouvelés tous les ans par les artistes du Conservatoire.
7. L'administration est chargée de la police intérieure du Conservatoire et de veiller à l'exécution des décrets du corps législatif, ou des arrêtés des autorités constituées, relatifs à cet établissement.
8. Les artistes nécessaires pour compléter le Conservatoire, ne peuvent l'être que par la voie du concours.
9. Le concours est jugé par l'Institut national des sciences et arts.
10. Une bibliothèque nationale de musique est formée dans le Conservatoire; elle est composée d'une collection complète de partitions et ouvrages traitant de cet art, des instruments antiques ou étrangers, et de ceux à nos usages qui peuvent, par leur perfection, servir de modèle.
11. Cette bibliothèque est publique et ouverte à des époques fixées par l'Institut national des sciences et arts, qui nomme le bibliothécaire.
12. Les appointements fixes de chaque inspecteur de l'enseignement sont établis à cinq mille livres par an; ceux du secrétaire, à quatre mille livres; ceux du bibliothécaire, à trois mille livres.
Trois classes d'appointements sont établies pour les autres artistes. Vingt-huit places à deux mille cinq cent livres forment la première classe; cinquante-quatre places à deux mille livres forment la seconde classe, et vingt-huit places à seize cents liv. forment la troisième classe.
13. Les dépenses d'administration' et d'entretien du Conservatoire sont réglées et ordonnancées par le pouvoir exécutif, d'après les états fournis par l'administration du Conservatoire; ces dépenses sont acquittées par le Trésor public.
14. Après vingt anués de service, les membres du Conservatoire central de musique ont pour retraite la moitié de leurs appointements; après cette époque, chaque année de service augmente cette retraite d'un vingtième desdits appointements.
15. Le Conservatoire fournit tous les jours un corps de musiciens pour le service de la garde nationale près le corps législatif.
Le Conservatoire revint alors au lieu qui l'avait vu naître; il reçoit aujourd'hui environ cinq cents élèves admis par voix d'examen et de concours. Un très-petit nombre de jeunes gens, que recommandent leurs talents spéciaux, sont logés et nourris dans l'hôtel. Les exercices ont lieu vers le milieu de l'année; et à la fin, des récompenses sont distribuées.
Les bâtiments des Menus-Plaisirs, qui n'avaient pas été utilisés pour le service du Conservatoire, ont servi longtemps de succursale au garde-meuble, et d'ateliers pour les décorateurs de l'Académie impériale, royale ou nationale de musique. En 1852, on y mit l'exposition annuelle des beaux-arts; puis la démolition en fut ordonnée. Les ateliers furent transférés rue Richer, ainsi que l'école de danse où se forment les rats de l'Opéra.
La façade du Conservatoire, sur la rue du Faubourg-Poissonnière, est ornée de quatre statues : l'Opéra, l'Opéra-Comique, la Tragédie et la Comédie.
En dehors du Conservatoire, mais dans le même local, existe depuis le 9 mars 1828, la Société des concerts, dont Habeneck aîné fut le fondateur. Elle a assez d'importance pour qu'un artiste très-compétent, M. A. Ehvart, en ait fait l'objet d'un beau volume de quatre cents pages, que les amateurs vont chercher en foule chez Castal, passage de l'Opéra.