DANS PARIS
Réunir dans le cadre le plus étroit possible tous les renseignements imaginables, nécessaires, indispensables aux habitants de Paris aussi bien qu'aux étrangers qui viennent visiter cette capitale, tel a été notre but, et nous espérons l'avoir atteint. Ce Dictionnaire des besoins usuels est, en effet, une sorte de tableau synoptique qui permet à celui qui cherche de trouver immédiatement, sans effort et sans ennui, tous les documents dont il a besoin à toute heure du jour ou de la nuit, et dont l'absence, souvent, lui est si préjudiciable. Il y a des choses que les plus expérimentés ignorent, des conseils que les plus instruits ne peuvent pas donner, des démarches que les mieux avisés ne peuvent indiquer, des renseignements que les mieux renseignés ne peuvent fournir, parce qu'un seul homme ne peut avoir l'expérience de tout le monde, parce que tout le monde en sait plus qu'un seul homme sur la vie de Paris, la plus compliquée, la plus multiple, la plus diverse qui soit.
C'est pour éviter aux Parisiens eux-mêmes, et aux étrangers qui viennent visiter Paris, les déceptions nombreuses qui les attendent à chaque pas qu'ils font dans cette ville immense; c'est pour épargner leur temps et leur argent que nous avons imaginé ce Dictionnaire qui contient plus de documents que son cadre restreint ne semblerait l'indiquer, puisqu'il est le guide le plus sûr, le cicérone le plus fidèle, le conseiller le plus expert, le guide le plus exact, le vade Mecum le plus complet et le plus clair qui ait été offert jusqu'ici au public. On peut l'ouvrir au hasard, on peut être assuré d'avance qu'on ne l'ouvrira pas en vain, car il répond à l'instant même à tous ceux qui l'interrogent à propos de leurs plaisirs, de leurs affaires, de leurs études, à propos de tous les besoins de leur vie, en un mot.
Il est bien entendu qu'il ne répond que sur les objets de sa compétence, et non à propos de choses qui sont contenues dans des livres spéciaux n'ayant aucun rapport, même éloigné, avec celui-ci. Notre Dictionnaire conduit partout , mais il n'entre nulle part : il est guide, il n'est pas visiteur. Tous les conseils en son pouvoir, tous les renseignements les plus minutieux, — nous insistons là-dessus, — il les donne d'une façon brève, mais claire, sans autre prétention que celle de l'exactitude et de la véracité : le reste est en dehors de son sujet.
Les Guides ordinaires indiquent bien la topographie parisienne. Ils disent quels sont les monuments publics à visiter, les curiosités de toules sortes à voir; ils disent même les heures d'entrée dans les ministères, le prix des ^places dans les théâtres, et beaucoup d'autres choses encore;' mais ils ne disent pas tout, parce qu'ils ne peuvent pas tout dire, bornés qu'ils sont par leur cadre. Et puis, ils négligent un peu les affaires, les besoins sérieux, pour ne s'occuper presque exclusivement que des plaisirs, des besoins frivoles. Ces omissions volontaires de leur part, qu'on ne peut reprocher aux Guides complets, aux Guides volumineux, on ne les reprochera pas non plus à
notre Dictionnaire des besoins usuels, malgré son petit nombre de pages. Ce qui tient dans un gros volume, nous l'avons fait tenir dans quelques feuilles, en remplaçant la prolixité par le laconisme, le récit par la mention pure et simple, l'abondant par le suffisant.
Ainsi, quand un habitant de Paris a besoin d'un passe-port, il n'a qu'à chercher ce à mot, et il saura sur-le-champ qu'il lui faut aller avec deux témoins patentés chez le commissaire de police de son quartier ; puis, de là, à la Préfecture de police, 4e bureau de la 1" division, où son passe-port lui sera délivré moyennant 2 francs, s'il s'agit de l'intérieur de la France, et 10 francs pour l'étranger, plus les frais de visa et de légalisation, lesquels frais lui sont expliqués en détail.
Ainsi encore, si un étranger visitant la capitale veut connaître à quelles heures et quels jours ont lieu certaines séances scientifiques, littéraires, artistiques ou autres, il n'a qu'à chercher dans notre Dictionnaire au nom du cercle, de l'athénée, de l'académie, de la bibliothèque où il a l'intention d'aller, et, tout aussitôt il sait, par exemple, que les Archives de l'Empire, rue de Paradis-du-Temple , 20, sont ouvertes au public tous les jours non fériés, de 10 heures à 3 heures de relevée, et que les demandes de communications et d'expéditions de pièces doivent être faites, soit par lettres affranchies au directeur-général, soit directement au bureau spécial qui y est établi, de 10 heures du matin à 2 heures après midi.
Avec notre Dictionnaire, lorsqu'un habitant de Paris se marie, il pourra savoir, en cherchant au mot Mariage et sans faire un pas inutile, ce qui est précieux à ce moment-là, quelles sont les démarches à faire à la mairie et à l'église, le prix des cérémonies et des voitures, etc., etc.
De même, s'il a des réclamations à faire au sujet de contributions indûment perçues, il apprend, en cherchant au mot Direction des contributions directes de notre Dictionnaire, que le siège de cette administration est rue Poulletier, 9, et que les bureaux en sont ouverts tous les jours au public, de 9 heures à i heures pour les demandes de patentes ou de rectifications de formule, ainsi que pour les demandes d'extraits de matrice, etc., etc.
Nous pourrions multiplier nos citations pour multiplier la preuve de l'utilité de notre Dictionnaire; mais comme nous nous adressons à des lecteurs intelligents, nous nous arrêtons ici, sans faire ressortir plus longtemps les avantages de ce vade-mecum indispensable à tous ceux qui vivent ou qui viennent à Paris.
Nous croyons avoir fait un livre utile et un guide complet. Si nous nous sommes trompés, si des omissions ont eu lieu, si des erreurs se sont glissées dans ce travail, malgré nos soins et notre attention méticuleuse, ce sont là, nous en sommes certains, des erreurs légères et des omissions de peu d'importance, — que nous réparerons d'ailleurs avec empressement au prochain tirage.
Paris. — Imprimerie de J. Claye, rue Saint-Benoit, 7.