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CHAPITRE XII

Démence de Charles VI. — Assassinat de Louis d'Orléans. — Grandeur et décadence des Cabochiens.

, La France, où, malgré la misère publique, les seigneurs ne songeaient qu'au plaisir, fut surprise par d'affreuses calamités. Le roi devint fou et, d'après les contemporains, dont toutefois les déclarations sont contenues par le respect pour la royauté, sa démence provint de ses excès. Comme le dit M. Vallet de Viriville, dans une étude remarquable sur Isabeau de Bavière:

« Non content de ces fêtes publiques et splendides, accompagnées de mille folies privées, Charles VI résolut de visiter personnellement ses provinces du Midi. Le roi partit de Paris le 3 octobre 1389. Il n'emmena pas la reine, qui touchait au terme d'une grossesse. Aussi bien, il faut le dire, la présence d'Isabelle n'eût pas laissé d'être sans doute importune à son jeune époux. En vérité, l'extinction du schisme d'Avignon, la répression des abus commis par le duc de Berry en Languedoc, furent les motifs sérieux, mais non la grande affaire de ce voyage. La grande affaire du jeune roi fut le plaisir. Au moyen âge, la Provence et le Languedoc , avec la Guyenne , étaient en France le pays du plaisir. Là, sous un ciel plus ardent, les traditions sensualistes de l'antiquité s'étaient perpétuées dans le sang et dans les usages. Elles se mêlaient aux coutumes qu'avait inoculées à ces populations le contact des races orientales. Charles s'y promena, dansant de ville en ville. A Lyon, Avignon, Toulouse, etc., les belles dames l'accueillirent avec bonne grâce, avec une grâce inépuisable comme les libéralités de son escarcelle. La jeune reine-mère, délaissée à Paris, fut bien oubliée. Nous avons les comptes royaux de ce voyage. Le 24 octobre 1389, le roi était arrivé à Romans en Dauphiné. Il expédia de ce point â la reine un courrier pour lui mander de ses nouvelles. La poste royale, instituée par Louis XI, n'existait point encore. De là au 12 mars 1390, date de son retour à Saint- Paul, ce fut le seul message que l'époux voyageur adressa, pendant cette longue absence , à la reine. Charles but jusqu'à l'ivresse, jusqu'à la lie, à cette coupe empoisonnée, à ce philtre mortel. Il revint blasé, vieilli en six mois, épuisé. C'en était fait de sa débile raison. Au mois d'août 1392, atteint déjà antérieurement de plusieurs symptômes, il tomba en frénésie, comme on sait, dans la forêt du Mans. »

Des épidémies terribles désolèrent de nouveau Paris, tandis que les Anglais menaçaient la France. La reine et Louis, duc d'Orléans, frère du roi, commencèrent à gouverner ensemble, non pour garantir la sécurité des citoyens, mais pour dilapider les finances. Bernard, comte d'Armagnac, les secondait; ils eurent pour adversaires le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi et plus tard son fils Jean sans Peur. Malgré leur opposition, Isabeau de Bavière, dit Villaret, ne se servait de son ascendant sur son époux, presque toujours imbécile ou furieux, que pour assouvir son avarice et la pente indiscrète qui l'entraînait aux plaisirs. Le duc d'Orléans disposait entièrement d'elle et de l'État. Princes, généraux, ministres, tout fléchissait sous leurs autorités réunies. Le peuple opprimé murmurait et chargeait d'imprécations les auteurs de ses maux : il n'appelait la reine que la grande gaure, dénomination honteuse, dont la modestie ne permet pas de donner l'interprétation. Dans les

lieux publics, dans les sociétés particulières, on prodiguait à la reine, ainsi qu'à son beau-frère, les malédictions les plus injurieuses.

Le 28 mai 1405, jour de l'Ascension, un religieux Augustin, nommé Jacques Legrand, osa publiquement reprocher à Isabeau de Bavière son infamie. « Noble reine, lui dit-il du haut de sa chaire, je vous avertis que dame Vénus, et ce n'est un mystère pour aucun, règne à votre cour , elle occupe le trône où siège votre royale personne. Débauche, Gourmandise et Ivresse sont ses féales assidues. Celles-ci retiennent certains chevaliers et écuyers délicats qui vous entourent ; elles leur défendent de partir pour les lieux où se donnent les horions, de peur qu'il ne reviennent déformés en quelque partie de leur peau ou de leur corps,» etc. Ce discours ne profita pas à la reine indignée. Le prédicateur fut interpellé et menacé- au sortir de l'église; mais le roi, qui était sain d'esprit en ce moment, le protégea ; il voulut l'entendre à la Pentecôte suivante (7 juin). Jacques Legrand poursuivit bravement, en cette nouvelle occasion, son thème apostolique. Le roi l'approuva hautement et promit d'y faire droit; mais très-peu de jours après, le 13 juin, il éprouva une nouvelle atteinte de folie. Irrité sans doute par les horreurs qui lui avaient été révélées, il entra dans un accès de fureur tel, que personne n'osait l'approcher. Il passa plus de cinq mois sans vouloir se coucher, changer de vêtements ou de linge.

Cependant, le duc de Bourgogne feignit de se réconcilier avec Louis d'Orléans ; ils prirent des épices et burent du vin ensemble chez leur oncle le duc de Berry ; ils entrèrent ensemble à côté de la reine dans la ville de Paris , suivis des princes et des seigneurs. L'or, l'argent, les pierreries brillaient sur les habits et les équipages ; les chevaux étaient ferrés d'argent. Cette troupe fastueuse traversa les flots d'un peuple curieux, vint descendre à Notre-Dame, et de là se rendit au Louvre. Mais le duc de Bourgogne méditait une vengeance ; il en chargea Raoul d'Octonville, qui, après avoir été nommé intendant général des finances, par ordonnance du 5 septembre 1397, avait été destitué par Louis d'Orléans.

Isabeau de Bavière avait acheté , en 1398, du surintendant Montaigu, l'hôtel bâti par Etienne Barbette, rue Vieille-du- Temple. Elle y était en couches le 23 novembre 1407, et elle pleurait un fils nommé Philippe, son douzième et dernier enfant, né le 10 de ce mois et mort le même jour. Louis , duc d'Orléans, ce jour-là (23 novembre), fête de saint Clément, était venu la consoler. Il avait soupe chez elle, gaiement, selon sa coutume.

Raoul s'était associé un nommé Dino Rapondi, de Lucques, marchand-fournisseur de la cour, Thomas de Courteheuse, valet de chambre du roi, et quelques assassins subalternes. Il avait loué pour six mois, moyennant la somme de seize écus, une maison voisine, à l'enseigne Nostre-Dame.

Vers huit heures du soir, Thomas de Courteheuse vint prévenir le duc que le roi désirait immédiatement lui parler.

— Je suis prêt, dit-il ; et il monta sur une mule, accompagné de deux écuyers à cheval et de quatre valets qui portaient des torches. Il s'en allait avec insouciance en chantant et en jouant avec ses gants de peau de chien brodés. Tout à coup parut un homme coiffé d'un chaperon rouge qui lui descendait sur les yeux, et aussitôt les gens apostés s écrièrent : à mort ! à mort !

— Je suis le duc d'Orléans, dit le prince.

— Tant mieux! c'est ce que nous demandons.

On se jeta sur lui avec furie; un de ses valets se fit tuer en le défendant ; son cadavre mutilé fut porté à l'hôtel du maréchal de Rieux, et de là dans l'église des Blancs-Manteaux, où son service fut pompeusement célébré. Le duc de Bourgogne, qu'on ne soupçonnait pas encore, y assista avec les ducs d'Anjou, de Berry et de Bourbon ; mais le lendemain , Tignoville, prévôt de Paris, ayant demandé que le conseil royal autorisât des recherches jusque dans les hôtels des princes, Jean sans Peur s'enfuit précipitamment au château de Lens (en Artois).

La veuve de la victime, Valentine de Milan, vint de Château-Thierry où elle se trouvait, et entra à Paris dans une voiture entièrement drapée de noir et traînée par des chevaux blancs. Elle demanda justice à Charles VI, et, dans la grande salle de l'hôtel de Saint-Paul, se réunit une assemblée à laquelle assistèrent le duc d'Anjou, roi de Sicile, les ducs de Guyenne, de Berri et de Bourbon, les prélats, les grands seigneurs du royaume, le Parlement , l'Université, le prévôt des marchands et les échevins. Jehan Petit , de l'ordre des cordeliers, s'attacha à prouver que le défunt avait machiné la mort

du roi , aspiré à la couronne et employé la sorcellerie pour parvenir à ses fins. C'étaient des accusations dignes de l'insensé devant lequel elles étaient portées. Il y ajouta foi; le duc de Bourgogne fut légalement amnistié, et, vainqueur des Liégeois qui s'étaient révoltés contre lui, il reparut triomphant dans la capitale, aux applaudissements du peuple, qui voyait en lui le défenseur des libertés publiques et l'ennemi de la domination du bon plaisir.

En réalité, le peuple seul était de bonne foi ; Jean sans Peur, qui le flattait , n'avait pas d'autre idée que de profiter des dissensions civiles pour agrandir ses domaines et fonder peut-être une dynastie. La reine, Charles d'Orléans, son beau-père Bernard, comte d'Armagnac, de Fesenzac et de Rodez, soutenaient le pouvoir absolu , non pour être à même de. réaliser de grandes vues, mais pour accroître sans mesure leur faste insolent.

Aux seigneurs français s'étaient associés, pour dilapider les finances, Louis le Barbu, frère d'Isabeau de Bavière, dont M. Vallet de Viriville, a instruit le procès en cherchant des preuves dans les archives mêmes de la Bavière. Pour nantissement d'un don royal de 120,000 francs, le frère de la reine s'était fait délivrer par le garde des joyaux du roi une partie du mobilier le plus précieux de la couronne. Le titre authentique de cette donation subsiste aux archives royales de Munich. De ce fonds mobilier et de beaucoup d'autres joyaux tirés de la même source, il composa un amas énorme de richesses en métaux précieux, vases sacrés, bijoux et pierreries. Cet amas fut divisé en trois parts : la première devint, le lot d'un parent de Louis, haut officier de la Bavière rhénane, qui s'en saisit on ne sait à quel titre ; la seconde composa le trésor d'Ingolstadt ou prit place parmi les regalia du palais à Munich. Louis de Bavière, d'après les témoignages contemporains, se vantait avec impudence, par devers ses compatriotes, de ces acquisitions. « Il avouait, ingénument , dit Aventin dans les Annales de Bavière (Ingoistadt, 1710, in— fol.), que ces trésors lui étaient venus, partie, à l'aide du crime, de la fraude, du dol et de la violence, partie des dons que lui avait, faits Charles VI, le roi de France, grâce à l'entremise de la reine sa sœur. » (Ipse Ludovicus fatetur ingénue partim scelere porta, fraude, dolo, ri intercepta ; partim sibi a Carolo VI", rege Francorum , regina FJisabetha sorore sua, donata esse.)

Maître de Paris, Jean sans Peur en chassa tous les partisans de Charles d'Orléans et de Bernard d'Armagnac. Sous le nom de milice royale, au mois d'avril 1413, il arma une compagnie dont les principaux chefs étaient pris dans la corporation des bouchers : les plus influents étaient Simonot Caboche, Denis et de Chaumont, les frères Le Gois et le chirurgien Jean de Troyes. Le gouvernement de Paris fut donné à Hélyon de Jacqueville, gentilhomme bourguignon, qui sévit avec emportement contre les Armagnacs. Le 23 avril 1413, Charles VI, sa femme et son beau-frère, le dauphin et les principaux officiers du palais se trouvaient réunis à l'hôtel Saint-Paul , lorsqu'il fut envahi par la multitude que dirigeait Caboche, et qui demandait, le châtiment et l'incarcération de Louis de Bavière et d'une cinquantaine d'hommes et de femmes, connus par la] facilité avec laquelle ils puisaient dans le trésor public pour alimenter leur luxe et leur débauche, sans se soucier d'entretenir les défenseurs de la patrie contre les Anglais.

Louis de Bavière devait se marier le lendemain avec la sœur du comte d'Alençon. En proie au trouble et à la douleur, Isabelle implora inutilement l'intervention du duc de Bourgogne. Elle invoqua ensuite, sans plus de succès, l'autorité de son jeune fils, héritier direct du trône. Enfin, elle se prosterna devant les insurgés, se répandant en prières et en larmes. Elle les pria de surseoir, seulement de huit jours, en faveur de sou frère : « Au bout de ce terme, disait-elle, sans nulle faute, je vous le livrerai à volonté. Du moins, souffrez que je le fasse conduire derrière vous en prison à votre volonté. » Rien ne fit. Louis de Bavière, inspiré par l'instinct de sa conservation, conjura la foudre en obéissant; il se livra de lui-même et fut conduit au Louvre avec tous les autres prisonniers. La reine, en présence de ces excès, selon un acte authentique, « prit telle fureur, peur et abominacion, que de ce elle fut en péril de mort et de griefve maladie. »

Afin de se mieux concilier les masses, le duc de Bourgogne obtint de Charles VI un édit qui restituait aux Parisiens les privilèges supprimés en 1383.

« Savoir faisons, disait-il, que notre bonne ville de Paris, qui est la principale ville capitale de notre royaume, a été de toute

ancienneté décorée de plusieurs grands et notables droits, noblesse, prérogatives, privillêges, libertez, franchises, possessions, rentes et revenus, et pour le bon gouvernement d'icelle y ait eu de tout temps prévost des marchands et esebevins, clergie, maison appelée la Maison de Ville, Parlouer aux Bourgeois et plusieurs autres officiers pertinents au fait de la ditte prévosté et eschevinage, par lesquels nostre ditte bonne ville et les manants et habitants d'icelle ont été anciennement bien gardez et maintenuz en bonne paix et seuretez, et le fait de la marchandise d'icelle estre grandement et noblement soustenu. Depuis aucun temps, en ça pour aucunes causes à ce nous mouvants, nous eussions et ayions pris en nostre main les dittes prévosté, eschevinage, Maison de la Ville et clergie d'icelle prévosté des marchands, ensemble la juridiction, coertion, cougnoissance, rentes, revenus et autres droits quelconques appartenant à icelle prévosté, etc.

u Nous, les choses dessus considérées pour le bien, proullit et seuretez de nostre ditte ville et pour autres causes et considérations â ce nous mouvants, eu sur ce, grand et meure délibération de conseil avec plusieurs de nostre sang et lignage et aultres de nostre grand conseil ; l'empescbeinent et main mise ainsi que dit est par nous es dittes prévosté des marchands, eschevinage, clergie, Maison de la Ville, Parlouer aux Bourgeois, jurisdiction, coertion, prévillêges, rentes, revenus et droits appartenais d'ancienneté à icelle prévosté des marchands, eschevinage et clergie de nostre ditte bonne ville de Paris, avons levé et osté, levons et ostons à plein de nostre certaine science et propre mouvement , et voulons que nos dits bourgeois, manants et habitants en icelle nostre ditte ville des prévosté des dits marchands et eschevinage, clergie, Maison de la Ville, Parlouer aux Bourgeois, jurisdiction, coertion, congnoissance, rentes, revenus, possessions quelconques, droits, honneurs, noblesses, prérogatives, franchises, libertez et privillêges, joyssent entièrement et paisiblement perpétuellement à tousjours pareillement qu'ils faisoient paravant, etc.. Donné à Paris, le 27e jour de janvier, l'an de grâce 1411, et de nostre règne le 32e. Ainsi signé par le roy en son conseil, auquel le roy de Sicile, le duc de Bourgogne et plusieurs autres estoient. »

Les cabochiens ne s'occupèrent pas uniquement de Paris, ils obtinrent de Charles VI une ordonnance réformatrice qui se divisait en dix chapitres : le domaine royal , les monnaies, les aides, le trésor des guerres, la chambre des comptes, le parlement , la justice, la chancellerie, les eaux et forêts, la gendarmerie.

C'était le compendium des idées les plus avancées des démocrates du xve siècle ; mais ce manifeste effraya les intérêts et contribua à amener une réaction. Le 3 août 1413, plusieurs membres de l'Université commencèrent à négocier un accommodement avec le parti des Armagnacs, et à faire en ce sens des démarches auprès du roi et du dauphin. Le peuple, assemblé sur la place de Grève, demanda la paix à grands cris. Jean sans Peur, dont le surnom n'est peut-être qu'une ironie consacrée par l'histoire, se hâta de disparaître, tandis que le dauphin et le duc de Berry entraient triomphalement â Paris. Les chaperons blancs que portaient les Cabochiens disparurent pour faire place aux écharpes des Armagnacs, que l'on appelait par cette raison les bandés. Le dauphin fit distribuer des Iniques ou houppelandes de drap violet, sur lesquelles était brodée en perles cette devise : Le droict chemin. Le dauphin portait sur un étendard brodé d'or un H, un cygne et un L, en l'honneur d'une demoiselle dont il était épris, fille de messire Guillaume Cassinel.

Juvénal des Ursins, écrivain très-hostile -à ceux qu'il appelle « les pauvres gens de bas-états, » avoue qu'il y avait de bonnes choses dans l'ordonnance cabochienne. Néanmoins, elle fut cassée, et un de ses promoteurs, Jean de Troyes, eut le cou coupé aux halles "de Paris. Trois cents Cabochiens furent proscrits, et une multitude d'autres furent emprisonnés, comme le rapporte le Journal d'un Bourgeois de Paris :

« Tout le pays étoit plein de gens d'armes, de par eux, et firent tant qu'ils eurent tous les geigneurs (plus distingués) bourgeois de la ville de Paris dans leur bande, qui, par semblant, avant avoient aimé moult le duc de Bourgongne pour le temps qu'il estoit â Paris; mais ils se tournèrent tellement contre lui qu'ils eussent mis corps et chevance pour le destruire lui et les siens ; ne personne, tant fust grand, n'osoit de lui parler que on le sceust, qu'il ne fust tantost prins et

HISTOIRE GENERALE

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mis en diverses prisons, ou mis à grand' finance ou banni. Et mesme les petits enfants qui cliantoient aucunes fois une chanson qu'on avoit faite de lui, où l'on disoit :

Duc de Bourgongne, Dieu te remaint eu joie !

« Estoient foulés en la boue et navrés vilainement desdits bandés ; ne nul n'osoit les regarder, ne parler ensemble en mi les rues, tant les doubtoit-on pour leur cruauté, et à chascun disoit : « Faux traistre, chien Bourguignon ! je renie Dieu se « vous ne serez pillé. »

« Et ce temps estoit toujours le roi malade et inferme; et ils tenoient son aisné fils, qui estoit duc de Guyeune et avoit espousé la fille du duc de Bourgogne, dedans le Louvre, de si prés, que homme nepouvoit parler à lui ne nuit ne jour que eux; dont le pauvre commun de Paris avoit moult de destresse au cœur, qu'ils n'avoient aucun chef qui pour eux parlast; mais autres ne pouvoient faire. Ainsi gouvernèrent lesdits bandes tout octobre, novembre, décembre, janvier mil quatre cents treize. »

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