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CHAPITRE IX

Eglise Bonne-Nouvelle. — Caserne île U garde de Paris. Caserne des pumpiers.

Du théâtre passons à l'autel, et mentionnons l'église Bonne- Nouvelle, non parce qu'elle n'offre rien de remarquable, mais uniquement parce qu'elle donne son nom à un quartier. Ce fut d'abord une petite chapelle, construite l'an 1551, en l'honneur de la Vierge. Elle fut remplacée par une église dont la première pierre fut posée le 18 mai 1624. Sous le règne de Charles X, M. Godde la refit presque intégralement, divisa l'intérieur en trois nefs non voûtées, séparées par des colonnes ioniques, et orna la façade d'un lourd péristyle soutenu par deux colonnes doriques.

Nous avons parlé de l'église des Petits-Pères. Les derniers débris du monastère attenant sont tombés sous le marteau. Lorsqu'on 1850 l'architecte Rolland commença les constructions de la nouvelle mairie ; lorsque M. Grisard éleva, dans le style de Louis XIII, cette gracieuse caserne en pierre et en brique, le cloître était encore debout, avec ses voûtes humides et sombres.

Ce triste séjour aVait été longtemps habité par des vétérans, dont l'effectif n'était pas moindre de 1,077 hommes. La caserne nouvelle est occupée par un détachement de la garde de Paris. Au-dessus des portes d'entrée, au droit des colonnes do la façade, on a placé au mois de mai 1858 les statues allégoriques de la Force, de la Prudence, de la Vigilance et do l'Ordre public.

Dans le II" arrondissement, se trouve encore une caserne importante, colle des sapeurs pompiers.

D'après les consciencieuses recherches de M. Lamoulière, ce n'est qu'en 1009 que les premières pompes à incendie furent mises en usage à Paris. Un gentilhomme provençal, M. Dumourier-Dupcrrier, en ayant vu fonctionner en Allemagne et en Hollande, fut frappé de leur utilité, et il obtint de Louis XIV li' privilège d'en faire confectionner et de les vendre exclusivement pendant trente années.

Jusqu'alors, les moyens employés pour arrêter les progrès du feu n'atteignaient leur but que d'une manière très-imparfaite, et les incendies, qui, grâce aux ressources actuelles, sont presque toujours maitrisés facilement, faisaient d'épouvantables ravages. Des seaux, des échelles, des crocs étaient les seuls instruments employés. On trouvait ces objets déposés chez les échevins, à l'Hotcl-de-Villc, dans les couvents.

C'était chose lugubre et qui effrayait fort la population qu'un sinistre annoncé par le tintement du beffroi de l'Hôtel-de- Ville, auquel répondait le glas du tocsin des cloches de toutes les églises.

D'abord les pompes furent manœuvrées plus spécialement par les ouvriers du service de M. Dumourier-Duperrier, auquel fut allouée, pour ce personnel, une somme annuelle de i0,000 fr. Plus tard fut formée une compagnie civile de gardespompes, portant pour coiffure un chapeau de feutre couvert d'un tissu en fil de fer.

Sous Louis XV, la garde, pour les pompes à incendie, était composée de 1 10 hommes, savoir : 72 soldats et 38 officiers, répartis en douze corps de garde.

Le principal, établi rue de la Jtissicnne, se composait d'une garde et de travailleurs qui marchaient pour se rendre au feu aussitôt que le directeur des pompes le demandait.

D'autres se. trouvaient rue Neuve-Saint-Augustin, au petit hôtel du lieutenant de police;

Rue de la Jussienne, chez le directeur des pompes;

Rue Saint.-Honoré, à côté de la rue Saint-Martin;

Rue Neuve-Saint-Denis, du côté de la rue Saint-Martin;

Rue de Paradis, attenant à la porte de l'hôtel de Soubise ;

Rue de la Cerisaie, à côté de celle du Petit-Musc ;

Au palais, cours du May ;

Rue des Mauvais-Garçons;

Chez les révérends pères cordeliers ;

Place de l'Estrapade;

Rue des Vieilles-Tuileries, faubourg Saint-Germain, vis-â-vis de la rue Saint-Maur;

Rue Saint-Victor, attenant à l'Abbaye, vis-à-vis la rue des Boulangers.

Indépendamment, des douze corps de garde, il y avait plusieurs dépôts de pompes et de voitures d'eau, à côté desquels logeaient deux gardes-pompes.

L'effectif des pompiers fut successivement augmenté; on leur donna un uniforme régulier, puis on les arma de sabres, et, par arrêté des consuls du 17 messidor an IX, le corps, qui comprenait alors un effectif de 400 hommes, passa sous la direction du préfet de police, et sous la surveillance administrative du préfet de la Seine.

C'est en 1803 que l'état-major des pompiers fut placé dans le local qu'il occupa sur lo quai des Orfèvres jusqu'en 1853, époque à laquelle il fut transféré rue Chanoinesse, où il se trouve actuellement.

Lors de l'incendie qui eut lieu en 1810 chez l'ambassadeur d'Autriche, le nombre des victimes, parmi lesquelles on avait failli compter l'empereur, attira de nouveau l'attention sur l'organisation des pompiers. Avant que lo danger se fut. révélé, on avait refusé de laisser entrer les gardes-pompes dans l'intérieur do l'hôtel, et lorsque le feu éclata, la foule, qui se précipitait au dehors, les empêcha de pénétrer dans les appartements assez à temps pour prévenir les malheurs qui eurent lieu. Ce désastre fit sentir le besoin d'une autorité plus large, d'un commandement plus énergique, et l'empereur décida que les gardes-pompes seraient, mis sur un pied complètement militaire, ce qui fut régularisé. Un décret du 18 septembre 1811 créa un bataillon de sapeurs -pompiers à l'effectif de 500 hommes qui furent, soumis à la discipline et aux lois militaires et. durent être casernes. Tous les sous-officiers, caporaux et soldats de l'ancien corps, furent conservés, et le nouveau corps acheva de se recruter par des enrôlements volontaires.

La nouvelle organisation ne produisit pas immédiatement tous les bons résultats qu'on en avait espérés. Les hommes de l'ancien corps, presque tous mariés et exerçant un état, se pliaient difficilement, aux habitudes militaires, et ce ne fut que. peu à peu qu'on parvint, à les familiariser avec les exigences de leur nouvelle position. On commença par assigner aux sapeurspompiers l'ancien bâtiment des Capucines, dans la rue de la Paix, et la 2e compagnie y fut casernée en 1823. La 3e occupa, en 1814, la caserne de la rue Culture-Sainte-Catherine, et la 4e alla s'installer, en 1815, dans celle de la rue du Vieux-Colombier. La \" compagnie partagea, jusqu'en 1832, le local de la 4°; elle fut, à cette époque, casernée rue du faubourg Saint- Martin.

Une 5e compagnie, créée on 1845, fut. placée rue de Poissy, dans l'ancien couvent des Bernardins.

L'article 43 du décret du 18 septembre 1811, en mettant les dépenses du corps des sapeurs-pompiers à la charge de la ville de Paris, jusqu'à l'établissement d'uni! compagnie d'assurances contre, les incendies, indiquait l'intention d'exonérer de cette subvention, dans un avenir plus ou moins rapproché, lé budget de la ville, et de faire supporter, au moins en partie, par

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los'compagnies d'assurances, une dépense qui devait, leur être plus particulièrement profitable. La contribution qu'il aurait fallu prélever sur les compagnies aurait nécessairement élevé les primes d'assurances et suscité des obstacles à une institution qu'il importait de populariser. Le conseil municipal de la ville de la ville de Paris, qui avait réclamé ^plusieurs reprises, et surtout lors de la création de la 5e compagnie de pompiers, l'exécution des dispositions du décret de 1811, semble avoir reconnu lui-même la gravité de la question, en cessant d'insister sur ce point.

Par décret des 10 et 17 février 1855, le bataillon a été augmenté des 6e et 7e compagnies, et son nouvel effectif porté à 25 officiers et 007 sous-officiers, caporaux et sapeurs, et 12 enfants de troupe.

La 7'' compagnie, qui est destinée, à fournir des déta-bements aux corps d'armée en campagne ou rassemblés dans les camps, porte le titre de compagnie expéditionnaire. Les dépenses, personnel et matériel, sont à la charge du département de la guerre.

Lqs sapeurs-pompiers occupent aujourd'hui les casernes suivantes : lrc compagnie, rue de la Paix; 2*, rue du Châteaud'Eau; 3", rue Culture-Sainte-Catherine; 4", rue de Poissy; 5e, rue du Vieux-Colombier; 6", rue Blanche. La 7e est répartie dans les diverses casernes.

Les sapeurs- pompiers occupent, outre les théâtres, dans lesquels ils font un service spécial, cinquante-six postes permanents dans Paris.

On a compris depuis longtemps de combien d'écueils est hérissée la mission du sapeur-pompier; elle ne peut Être confiée qu'à des caractères d'élite, à des hommes dont la vigueur corporelle soit secondée par l'énergie morale et qui sachent unir le désintéressement au courage. Le sapeur-pompier doit posséder toutes les qualités du soldat et toutes les vertus du citoyen. Il nous faudrait des volumes pour rapporter les traits de courage, de probité dont s'illustrent les annales du bataillon.

Depuis quelques années, d'importantes améliorations, dues à M. de La Condamine, colonel commandant le corps, ont été apportées dans le matériel, qui unit maintenant à une parfaite uniformité une mobilité et une légèreté qui, en diminuant les fatigues des hommes, rendent les secours plus prompts et plus efficaces.

L'agrandissement de Paris a nécessité l'augmentation de ce corps si utile. Le 17 novembre 1859, la commission nommée à cet effet a, sous la présidence de M. le préfet de la Seine, assisté de M. de La Condamine, tenu sa première séance. Un décret a porté l'effectif des sapeurs -pompiers à 1,298 hommes.

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