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COURS DE QUATRIÈME ANNÉE

Droit des gens 1

Histoire du droit romain et du droit français 1

11 existe, en outre, à Paris et dans toutes les Facultés des départements, des conférences pour la préparation aux examens du baccalauréat en droit, de la licence et du doctorat.

Les Facultés de droit ont été instituées, sous le nom d'Écoles de droit, par la loi déjà citée du -13 mars 1804. Les dispositions de cette loi ont été maintenues par l'art. 1 1 du décret du 17 mars -1808; toutefois, la dénomination de Facultés a été substituée à celles d'Écoles de droit.

Jusqu'à l'année 1852, le personnel des Facultés de droit se recrutait par la voie du concours établi par la loi du 13 mars 1804, tant pour les chaires vacantes que pour les places de suppléants.

Aux termes du décret du 9 mars 1852 et de celui du 22 août

1854, les nominations qui appartiennent à l'Empereur sont faites sur la proposition du ministre, et d'après les présentations du conseil académique et de celles de la Faculté où la vacance existe.

Après avoir donné sur cette école importante des détails que nous croyons pouvoir être utiles, et contribuer à éclairer les jeunes gens indécis sur le choix d'une carrière, l'auteur du présent ouvrage demande à ses lecteurs la permission de prendre la parole pour un fait personnel.

En 1841, dans un recueil intitulé les Français peints par euxmêmes, nous avions essayé de tracer le portrait de l'étudiant en droit. Peut-être l'avions-nous chargé, car un romancier d'un mérite supérieur, George Sand, a cru devoir combattre nos conclusions et révoquer en doute la fidélité de nos tableaux. On lit dans son roman d'Horace :

« J'ai lu quelque part une définition assez étendue de l'étudiant, qui n'est certainement pas faite sans talent, mais qui ne m'a point paru exacte. L'étudiant y est trop rabaissé, je dirai plus, trop dégradé ; il y joue un rôle bas et grossier qui vraiment n'est pas le sien. L'étudiant a plus de travers et de ridicules que de vices; et quand il en a, ce sont des vices si peu. enracinés, qu'il lui suffit d'avoir subi ses examens et repassé le seuil du toit paternel, pour devenir calme, positif, rangé ; trop positif la plupart du temps, car les vices de l'étudiant sont ceux de la société tout entière, d'une société où l'adolescence est livrée à une éducation à la fois superficielle et pédantesque, qui développe en elle l'outrecuidance et la vanité ; où lajeunesse est abandonnée, sans règle et sans frein, à tous les désordres qu'engendre le scepticisme, où. l'âge viril rentre immédiatement après dans la sphère des égoismes rivaux et des luttes difficiles. Mais si les étudiants étaient aussi pervertis qu'on nous les montre, l'avenir de la France serait étrangement compromis.

« Il faut bien vite excuser l'écrivain que je blâme, en reconnaissant combien il est difficile, pour ne pas dire impossible, de résumer en un seul type une classe aussi nombreuse que celle des étudiants. Eh quoi ! c'est la jeunesse lettrée en masse que vous voulez nous faire connaître dans une simple effigie? Mais que de nuances infinies dans cette population d'enfants à demi hommes que Paris voit sans cesse se renouveler, comme des aliments hétérogènes, dans le vaste estomac du quartier latin ! Il y a autant de classes d'étudiants qu'il y a de classes rivales et. diverses dans la bourgeoisie. Haïssez la bourgeoisie encroûtée qui, maîtresse de toutes les forces de l'État, en fait un misérable trafic ; mais ne condamnez pas lajeune bourgeoisie qui sent de généreux instincts se développer et grandir en elle. En plusieurs circonstances de notre histoire moderne, cette jeunesse s'est montrée brave et franchement républicaine. En 1830, elle s'est encore interposée entre le peuple et les ministres déchus de la restauration, menacés jusque dans l'enceinte où se prononçait leur jugement; c'a été son dernier jour de gloire.

«Depuis, on l'a tellement surveillée, maltraitée et découragée, qu'elle n'a pu se montrer ouvertement. Néanmoins, si l'amour de la justice , le sentiment de l'égalité et l'enthousiasme pour les grands principes et les grands dévouements de la révolution française ont encore un foyer de vie autre que le loyer populaire, c'est dans l'àme de cette jeune bourgeoisie qu'il faut aller le chercher. C'est un feu qui la saisit et la consume rapidement, j'en conviens. Quelques années de cette noble exaltation que semble lui communiquer le pavé brûlant de Paris, et puis l'ennui de la province, ou le despotisme de la famille, ou l'influence des séductions sociales, ont bientôt effacé jusqu'à la dernière trace du généreux élan.

« Alors on rentre en soi-même, c'est-à-dire en soi seul, on traite de folies de jeunesse les théories courageuses qu'on a aimées et professées; on rougit d'avoir été fouriériste, ou saintsimonien, ou révolutionnaire d'une manière quelconque; on n'ose pas trop raconter quelles motions audacieuses on a élevées ou soutenues dans les sociétés politiques, et puis on s'étonne d'avoir souhaité l'égalité dans toutes ses conséquences, d'avoir aimé le peuple sans frayeur, d'avoir voté la loi de fraternité sans amendement. Et au bout de peu d'années, c'est-àdire quand on est établi bien ou mal, qu'on soit juste-milieu, légitimiste ou républicain, qu'on soit de la nuance des Débats, de la Gazette ou du National, on inscrit sur sa porte, son diplôme ou sur sa patente, qu'on n'a, en aucun temps de sa vie, entendu porter atteinte à la sacro-sainte propriété.

« Mais ceci est le procès à faire, je le répète, à la société bourgeoise qui nous opprime. Ne faisons pas celui de la jeunesse ;

L'Entrep6t (les Vins.

car elle a été ce que la jeunesse, prise en masse et mise en contact avec elle-même, est et sera toujours enthousiaste, roma nesque et généreuse. Ce qu'il y a de meilleur dans le bourgeois, c'est donc encore l'étudiant; n'en doutez pas.

« Je n'entreprendrai pas de contredire dans le détail les assertions de l'auteur, que j'incrimine sans aucune aigreur, je vous jure. 11 est possible qu'il soit mieux informé des mœurs des étudiants que je ne puis l'être relativement à ce qu'elles sont aujourd'hui ; mais je dois en conclure ou que l'auteur s'est trompé, ou que les étudiants ont bien changé; car j'ai vu des choses fort différentes.

« Ainsi, de mon temps, nous n'étions pas divisés en deux espèces, l'une appelée les bambocheurs, fort nombreuse, qui passait sou temps à la Chaumière, au cabaret, au bal du Panthéon, criant, fumant, vociférant dans une atmosphère infecte et hideuse; l'autre, fort restreinte, appelée les piocheurs, qui s'enfermait pour vivre misérablement et s'adonner au travail matériel dont le résultat était le crétinisme. Non ! il y avait bien des oisifs et des paresseux, voire des mauvais sujets et des idiots ; mais il y avait aussi un très-grand nombre de jeunes gens actifs et intelligents, dont les mœurs étaient chastes, les amours romanesques, et la vie empreinte d'une sorte d'élégance et de poésie, au sein de la médiocrité et même de la misère. Il est vrai que ces jeunes gens avaient beaucoup d'amour-propre, qu'ils perdaient beaucoup de temps, qu'ils s'amusaient à toute autre chose qu'à leurs études, qu'ils dépensaient plus d'argent qu'un dévouement vertueux à la famille ne l'eût permis; enfin, qu'ils faisaient de la politique et du socialisme avec plus d'ardeur que de raison, et do la philosophie avec plus de sensibilité que de science et de profondeur. Mais s'ils avaient, comme je l'ai déjà confessé, des travers et des ridicules, il s'en fallait de beaucoup qu'ils fussent vicieux, et que leurs jours s'écoulassent dans l'abrutisse-

ment, leurs nuits dans l'orgie. En un mot, j'ai vu beaucoup plus d'étudiants dans le genre d'Horace, que je n'en ai vu dans celui de l'étudiant esquissé par l'écrivain que j'ose ici contredire. »

Nous avions été nous-mème sur les bancs de l'École de droit; nous avions eu pour président de thèse M. Ducauoy, et pendant le cours de nos études nous avions été à même d'observer nos condisciples. Nous avions signalé franchement, non comme des vices, mais comme des passions naturelles, ce goût des plaisirs qui les entraînait dans un vertigineux tourbillon. En revanche, nous avions montré l'étudiant en droit occupé de mille choses étrangères à ses études, d'arts, de littérature, de politique et de philosophie. Nous convenons que notre type n'est plus ressemblant; et si la physionomie des étudiants actuels se rapproche encore de celle des étudiants d'autrefois, c'est peut-être par les traits sur lesquels George Sand nous reproche d'avoir insisté. En 1860 comme en 1811, la jeunesse obéit à ses penchants; mais, dussions-nous passer pour un laudator temporis acti, nous dirons qu'elle est plus positive et plus matérialisée.

George. Sand n'a plus maintenant à regretter que le licencié en droit, parvenu à l'âge adulte, oublie ses aspirations, car il ne les a jamais eues. L'étudiant ne se passionne plus pour des systèmes de réformes sociales ou littéraires. S'il est laborieux, il pense à faire son chemin et poursuit ses travaux en ne se permettant que de rares distractions. S'il a peu de vocation pour la jurisprudence, et quelque argent à dépenser, on le voit moins souvent au cours qu'au café, et il dispute à de nombreux rivaux une ou plusieurs femmes du quartier latin.

Les piocheurs et les bambocheurs sont toujours les mêmes; mais sans vouloir offenser les étudiants, nous croyons que si un type a vieilli, c'est le type enthousiaste et romanesque de George Sand.

LE PANTHEON

là

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Le Jardin des Plantes.

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