‹ Le Nouveau Paris (volume 2)Chapitre 19 sur 50 · CHAPITRE X L I X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X L I X

Philosophisme*

L'amalgame des doctrines de Rousseau, Voltaire, Helvétius, Boulanger, Diderot , avoit formé une espèce de pâte ( que l'on me pardonne cette expression) que les esprits ordinaires ne pouvoient digérer, et qui leur devint nuisible. Les vieux principes ridiculisés, on les nia, on les abandonna. On fit plus : une foule d'étourdis enchérissant sur les esprits forts , substituèrent le système de l'athéisme et de la licence à des idées philosophiques. Le philosû-

( "4 ) pliisme dut son origine à ces livres mal lus, mal compris, mal entendus, tant il -est difficile de faire descendre certaines vérités parmi une génération qui n'y est pas disposée. Des émanations contagieuses sortirent de ces doctrines modernes. Collot-d'Herbois, Billaudde-Varennes, Lequinio, Baboeuf, Antonelle, se croyoient des philosophes.

L'ignorance engendre la barbarie, mais un demi-savoir fait pis encore j il fait circuler une foule d'erreurs dans toutes les veines du corps politique; il fait au nom de l'humanité toutes sortes de maux à l'humanité. Tout bouleverser , et faire ensuite les théologiens, n'ontiis pas pris ces extravagances pour des principes politiques ?

Ah ! nous le répétons, si les ombres de ces grands hommes avoient pu soulever la tombe qui les couvre, en voyant de tels interprètes , ils auroient dit : Pourquoi ayons-nous écrit, pour avoir pour commentateurs des Babouvistes ?

De quel étonnement ne fus -je pas frappé en entendant les Parisiens justifier tous les écarts de l'imagination par de prétendus passages horriblement défigurés ! Ce fanatisme nouveau , et que les successeurs de Babceuf voudroient rallumer, creusa le lit à ce fleuve de sang qui a traversé la révolution française; et c'est ce qui m'a fait regarder Voltaire et Helvétius d'un tout autre œil que je ne les avois considérés jusqu'alors.

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