CHAPITRE
Insouciance.
Au milieu de ces grandes convulsions, au milieu de ces cris contre tous les gouvernans, au milieu de ce ton généralement moqueur, j'entends le son du tambourin , le violon résonne :
jugeons -nous dans les soixante bals quotidiens qui mettent tout Paris en
( "6 ) cadence; jugeons -nous aux vingtdeux salles de spectacle ; jugeons-nous d'après cette foule de restaurateurs ; l'abondance des consommations dénonce le grand nombre des consommateurs.
Là où tout arrive et se vend, il est clair que tout s'achète et se paie ; et ce qui sera remarquable , c'est que la baïonnette a fait tourner la broche.
a II ira loin , car il croit ce qu'il dit ». Ce mot est profond. Le Parisien n'a jamais cru au malheur , à l'esclavage, à l'asservissement 5 il a regardé comme de véritables tempêtes ces spectacles sanglans ; il a vu passer toutes les violences comme la fumée des hécatombes ; et ce dut être pour les étrangers , s'il y en avoit alors , un spectacle à-la-fois imposant et bizarre y de voir le contraste de nos grands intérêts et de nos petites passions, notre soif d'amusemens , et nos murmures perpétuels.
« Je ne me mêle pas des affaires » du ménage » , disoit cethomn#au-
( "7 ) quel on venoit annoncerque le feu étoii à sa maison. Voilà ce que disoit chaque boutiquier lorsqu'il apprenoit les exécutions du jour ou du lendemain.