CHAPITRE CXXX1L
Lanterner*
Ce mot signîfioit autrefois perdre son temps à ne rien faire, ou à faire des riens : au commencement de la révolution, il signifiait , pendre un homme à une kmienze.
Guillotiner et guillotine ont pris un tel ascendant, que ces mots ont totalement effacé ceux de lanterne et lanterner^
( «i ) CHAPITRE C XXXI IL
Noms dlamantés.
Je le soutiens, les noms d'Aristide, de Platon , de Socrate , de Corneille , de Voltaire , de tous les grands hommes présens et passés, sont moins illustres, moins brillans que ceux des bijoutiers : comment cela, me direz-vous ? c'est que les noms de ceux-ci sont écrits en lettres de diamans au fond de leur boutique , et éblouissent la vue lorsqu'on veut les lire ; ils effacent donc tous les noms connus par leur éclat nompareil : c'est une signature que le Grand-Mogolseul pourroit tracer.
Pauvres professeurs ! qui enseignez la morale et les belles-lettres, vos noms, en petites lettres noires , sont au coin d'une rue , au dessus d'une borne. Le nom de ce bijoutier resplendit de mille feux j il étincelle comme le soleil, il est à vendre; mais il est cher; bien plus cher que celui
de Poultier , représentant du peuple , quand il le met pour de l'argent à la tête de son incivil journal. Les bijoutiers , par l'éclat de leurs noms , fixent tous les regards : on peut donc dire d'eux qu'ils se sont fait un nom brillant, mêmeéclatanty sur leurs enseignes, soit au Palais-Royal , soit dans la rue S. Honoré , et qu'aucun nom de l'Institut national ne sauroit entrer en parallèle avec le leur.