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haranguèrent , et ils furent harangués , tandis que les acclamations les plus bruyantes applaudissoient à ces scandaleuses processions.
Cependant , dans les cours on brùloit tous les saints et les crucifix de bois ; les flammes des bûchers alongeoient leurs langues jusqu'au deuxième étage des maisons , et chacun ouvroit ses fenêtres pour y jeter les livres que le jacobinisme avoit condamnés.
A Paspect de ces neuves orgies , le peuple égaré accouroit en foule , fier d'avoir secoué le joug de sa religion ; il rioit aux éclats , poussoit d'insolentes clameurs , et portoit au bûcher les confessionnaux dont il s'étoit affranchi. La prostituée montroit d'un air badin à son entreteneur le tableau de la chaste Suzanne à demi -brûlé j et le tableau de la Cène forma long - temps Fauvent de la boutique d'un savetier.
Chaumette , l'athée , triomphant du succès de ces profanations ? crut avoir chassé Dieu de l'univers. Il poussa jus-^
qu'au dernier excès les conceptions atroces de l'impiété. Il imagina les fêtes de la Raison. ...
C'est alors que les prêtres de Paris et des départemens , terrifiés par les rugissesemens des bêtes féroces de la Commune , envoyèrent leurs lettres de prêtrise à la Convention , et apostasièrent pour éviter la mort et le supplice.
Gobel , archevêque de Paris , vint confesser à la barre , qu'il n'avoit jamais été qu'un imposteur , qu'un cliarlatan , et qu'il méprisoit le culte dont il avoit été le ministre. Pour de l'argent , une foule de prêtres suivit son exemple ; c'étok à qui se déprêtriseroit.
Le 20 novembre 179^ mit le comble à ces folies irréligieuses 5 vint une file immense d'hommes rangés sur deux lignes et couverts de dalmatiques , chasubles et chappes;onportoitsur des brancards des calices, des ciboires, des soleils, des candélabres , des plats d'or et d'argent. A cette riche, offrande , la gaîté s'empara de
la troupe qui l'apportoit; elle demanda, pour prix de son zèle et en signe de triomphe , de danser , à l'instant même , la Carmagnole y la Convention nationale y consentit 5 et plusieurs membres, sortant de leurs chaises curules,prirent par la main les filles revêtues d'habits sacerdotaux et dansèrent la Carmagnole.
Le lendemain il fut décidé que les reliques de Sainte - Geneviève seroient brû- ^lées sur la place de Grève , pour y expier le crime d'avoir servi à propager Terreur, et k faire bouillir la marmite de chanoines fainéans. Un habitué de la Montagne , et le plus terrible vociféraîeur parmi ces énergumènes , un nommé Fayan > voulut que le procès-verbal fut envoj^é à tontes les sections et au Pape; cela passa ; et l'on fut sur le point de recommencer la danse de la Carmagnole.
Mais , au milieu de ces mascarades , les danseurs donnoient del'à-plomb au tribunal révolutionnaire , ordonnoient l'apothéose de Marat, aiguiilonnoient le zèle?
( n5 ) homicide des proconsuls ; et, par leur chère loi sut les suspects , se ménageoient les moyens d'envoyer à réchafaud,ou de plonger dans la caverne des prisons, quiconque n'obtiendroit pas de son comité révolutionnaire un certificat de civisme.