‹ Le Nouveau Paris (volume 3)Chapitre 30 sur 48 · CHAPITRE CL III · texte numérisé non relu

CHAPITRE CL III

Réaction royale.

Les trois quarts et demi des Parisiens n'ont aucune idée de l'épouvantable réaction royale". Après la chute des échafauds, elle a fait p<\rir plus de républicains , que

ceux-ci n'en avoient inrtnolés. Les patriotes les plus exempts de toutes foiblesses et de tous crimes , furent incarcérés par milliers.

Le Parisien, dans son oisif parlage , et dans son stérile raisonnement , s'imaginant qu'une révolution se fait ou s'arrête à volonté , est loin de croire à cette terre du midi, imbibée d'un déluge de san^. Il Veut toujours se replacer à l'Assemblée des notables , au déficit que l'on pouvoit combler. Il ne veut ni connoître , ni suivre la chaîne des événemens. Il n'a pas mis le pied dans ces régions malheureuses , couvertes de ruines, d'ossemens et de cendres. Il n'a point vu la terre de la Vendée boursoufflée de cadavres 5 ces vastes cimetières , ces épouvantables catacombes sont l'ouvrage de cette armée rvyale et catholique, dont il révoque en doute l'existence.

Misérable ! toi qui ne sais que promener une plume vénale sur du papier timbré ; ou toi, parleur infatigable, et pilier

de café , ou de là boutique de Desenné , va dans les plaines de Châlons ? dans les rues encombrées de Lille , dans les débris de Valenciennes ? du Quesnoy, de Thionville , de Condé , dans les campagnes incendiée.s , ravagées du Midi et des côtes de Brest ; les échos , reproduisant leurs lamentables murmures , te diront : C'est au nom du roi et de la religion catholique que ces champs cm'ornoient jadis des fleurs et des épis , sont couverts de crânes d'hommes et de débris ensanglantés ; vois ces tombeaux sans nombre où gissent empilés des milliers de tes frères ; entends , entends leur voix sépulcrale mêlée au croassement des corbeaux ; cette voix te crie que les royalistes veulent immoler jusqu'au dernier républicain; mais l'ignorant n'a pas seulement jeté les yeux sur la carte où ces objets funèbres sont empreints ; il n'est sensible qu'aux calamités qui le touchent de très -près, et dont quelquefois il n'a pas même été atteint. Perturbateur par mutinerie, r*-

belle en paroles, se cachant dans sort étude ou dans sa boutique , au moindre coup de tambour , il cherche une servitude dont il n'a point le nom. Il s'attendrisscit sur un roi-marmot, et il rejette la constitution républicaine , parce que^ bien loin de l'aimer, il n'est point né pour la concevoir. Oh ! qu'il aille à Alger apprendre à obéir, puisqu'il ne veut pas çLlQ-

ijiunj uuna ou «.fclt-j. IC

Rovère demande à des ouvriers occupés

à creuser la terre aux Tuileries : Que

faites vous-xà ? Une glacière , répondit

l'un d'eux. Cet ouvrier étoit plus instruit. . . .

que la foule parisienne.

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