CHAPITRE CLXIX
Monnoie de cuivre.
Les gros sous provenant des cloches , «orient du fond des vieux sacs dépositaires de l'économie et de la prévoyance domestiques. Ils vont charger les poches des laitières , des vendeuses de choux et de carottes ? et des marchands de beurre. Le commerce des gros sous s'est établi. Heureuses les cuisinières e! servantes qui demeurent aux environs du Perron du Palais- Royal ; en allant à la Halle ou au marché , elles changent leur écu de six livres , et gagnent jusqu'à quatre et cinq sous , ce qui ne les empêche pas de ferrer la mule.
Les harpagons ne donnent que des gros Sous à leurs servantes ; celles- ci s'en offensent et réclament des poches neuves à cause du poids. Ainsi l'airain, qui dans les airs assourdi ssoit nos oreilles, appesantit aujourd'hui nos sacs , et dans tout paiement il figure en décuplant la pesanteur
de l'argent. Voyez cet homme qui marche tout courbé ; il est comme le Corrège , qui mourut pour avoir porté des sacs de monnoie dé cuivre que des moines avares lui avoient donnés pour des tableaux devenus si précieux , qu'ils ne se vendent £>as même au poids de l'or.