‹ Le Nouveau Paris (volume 4)Chapitre 24 sur 40 · CHAPITRE X X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X X

Bonne! rouge.

Étendard deperfeetionjacobinique!

ridicule ajustement fut adopté par une espèce d'imbécille représentant du peuple, qui le tint constamment sur se

< . 11 essaya de parler un jour à la tribltftô) Sans ôter son bonnet; le côle

( 1*5 ) droit se fâcha : il prit son bonnet rouge et le plaça sur le buste de Marat ; ce trait d'esprit lui avoit été souffle â l'oreille.

Les égorgeurs, qui, après avoir assassiné sous le nom de patriotes en i79«5, avoient con tinué leurs crimes après therjiûdor sous la bannière du royalisme y avoient voulu en faire la coiffure française .j on vouloitbien du bannet, signe de la liberté, mais non.de sa couleur, rouge, emblème du sang. Le bonnet fut hissé dans tous les spectacles; il couvroit toutes les tètes dans les comités révolutionnaires. Ce fut sous ce bonnet rouge que fut composée l'extravagante constitution de 1793. C'étoit le signal de l'anarchie, c'étoit le casque de Henriot, c'étoit lediadème deChaumettejle parti montagnard, sans trop l'admettre, lanfi trop Le rejeter, aimoit à voir que ses bourreaux >Vn cirassent, comme d'un ornement qui ri'annonçoit rien de gai.

Le8 femmes révolutionnaires , dési-

gnées sous le nom de furies de guillotine, parcoururent tout Paris coiffées de ce bonnet , et présentèrent une adresse pour offrir de monter la garde, de faire le service du canon , pendant que leurs maris iroient combattre les ennemis de la république. Cette extravagance fut applaudie avec enthousiasme par tous les porteurs de bonnets rouges.

Chabot, cet odieux capucin qui arriva un jour à la convention dans le sale costume des sans-culoLtes, la poitrine débraillée, les jambes nues , en sabots, tenoit honteusement le bonnet rouge à la main. Mais ce fut sous ses auspices que la commune osa demander que la loi martiale fui abrogée, pour faire place à un système d'assassinat qui devoit moissonner, sans aucune distinction, le pauvre, le riche, tous ceux qui desiroient vivre d'après des principes de justice e! de \ertu, et réaliser le projet des deux cent cinquante mille tètes coupées du laineux Marai.

On fit de ce bonnet rouge une espèce de drapeau contre les fédéralistes. Le fédéralisme avoit été une fable imaginée pour faire retomber sur la tête des députés détenus la Responsabilité de tous ]es malheurs dont à chaque instant on apportait les nouvelles à la cçnvention. On vit une multitude de sections et de communes des environs de Paris défiler dans le sein de la convention , tambour battant , et criant : vivent les sansculottes ! vive le bonnet rouge ! Ce fut à la suite de ces vociférations que le parti montagnard décréta que tous les députés arrêtés seroient transférés dans une maison nationale. Ils n'en sortirent que pour aller à la mort.

On vit un membre du conseil général révolutionnaire coucher avec le bonnet ronge, et insulter à qui ne le portoit ; i! se nommoit Jacques Roux, prêapostat , qui se chargea de conduire Louis wi au supplice, à la place du bourreau, qui se contenta d'attendre

( 1*8 ) sa victime à réchafaucl. Il était encan: plus féroce et plus incendiaire que ses collègues, tellement qu'il les etfrayoit eux-mêmes. Il déshonora le bonnet rouge ; peu-à-peu les plus forcenés rougirent de cet emblème: il ne disparut point entièrement ; mais on le mit aux trois couleurs. On le voit encore tel dans plusieurs spectacles.

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