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ici ou une pensée , où* un amour qui lient un iil , un oiseau qui yole ; ce sont des lirmamens de pierres étoilées , des présens d'amitié ; des boucles d'oreilles en fleurs, en fili grammes ; des boîtes d'or , des étuis d'or, des médaillons d'or, beaucoup de glaciers d'argent avec leurs . cuillers $ des coupes d'argent de forme , antique , avec leurs manches en ébène. Et tout en admirant cette riche clincaillerie qui annonce que l'or existe en- , core et n'est point totalement disparu (car les trois quarts et demi de la cité pourroient en avoir perdu le souvenir), l'odeur des ragoûts exquis monte en vapeur légère au travers des soupiraux $ lès buffets sont chargés de fruits , de confitures , de pâtisseries , et l'on dînelà à toute heure , de même qu'à la cour des potentats allemands , au son des instrumens et des cors-de-chasse, embouchés par des filles qui ne sont pas des nymphes de Diane.
Des tripots de jeu soutiennent des
( 9* ) "boutiques de fines qui vendent des modes, des jarretières, des houpes, de Peau de lavande , des cadenettes , de la cire à cacheter : à côté , un libraire où l'aristocrate chagrin , le frondeur de constitution , recommence journellement ses éternelles lamentations. Les plus énormes sottises se débitent au milieu des livres qui ont préparé la révolution y et à côté des ouvrages qui maintiennent la liberté $ mais le libraire ne vend ceuxci qu'à regret.
Les anti-républicains y déclament sans cesse contre ce qui s'est fait et ce qui se fera. La république ne les apperçoit pas, et marche au milieu de ses triomphes (1).
Que d'appâts sans cesse tendus à l'adolescence, à l'homme blasé !
Les tableaux sortis des cabinets eu-
(1) Les représentais du peuple sont condamnés aux outrages , aux calomnies des journalistes , ainsi que les Anglais se sont condamnés eux voleurs de grands chemins j le tout pour
cieux, les gravures libertines, les romans erotiques, servent d' enseignes à une foule de prostituées logées aux mansardes. Leurs filets sont à dix pieds de la jeunesse ambulante , oisive et déjà desséchée dans sa fleur.
Je n'ai voulu peindre que les galeries. Au-dessus des boutiques et des mansardes, sont les académies de jeu, où toutes les passions et les tourmens de l'enfer sont rassemblés.
Presque tous les mouvemens qui ont troublé Paris, ont pris leur origine dans les réduits du Palais-Egalité. C'est dans ce lieu infernal que les plus grands ennemis de la France ont ourdi leurs trames ; et un foyer d'impureté tel que celui - ci , s'il devoit subsister longtemps , suffiroit à miner la république
■ ■ — .■ '^ éviter un plus grand danger : la licence de la presse prouve sa liberté.
Je suis brave , dira quelqu'un ; j'affronte les poignards. Ce n'est pas assez, il faut savoir braver la calomnie,
( 96.) la plus robuste. Le génie républicain ne pourra s'asseoir un jour que sur ses ruines , c'est-à-dire, lorsqu'il sera transformé en un édifice nouveau et utile à la chose publique.
Ce palais a ses phases, et non moins changeantes que celles de la lune. Dès que le jour tombe, toutes les arcades s'illuminent subitement, les boutiques deviennent resplendissantes, et les bocaux des joailliers jettent au loin une grande clarté. La foule devient plus nombreuse, et sort ainsi du jardin du commerce , car on pourroit ainsi l'appeler.
C'est l'instant où les académies de jeu s'ouvrent malgré toute la sévérité des loix de la police, et tandis que les grands escrocs taillent dans les salons, les petits travaillent dans les fréquens passages qui communiquent dans les rues adjacentes , et qui servent d'échappatoires aux filous, et aux agioteurs qui abondent.
Autrefois
Autrefois c'étoit l'instant où les étrangers et les curieux alloient admirer dans les appartemens secrets du duc d'Orléans, les figures obscènes de l'Arétin exécutées en cire , grandeur de nature 5 c'étoit l'instant où le jeune homme abandonné à lui-même , alktit repaître ses yeux du spectacle de^ce prétendu sauvage qui s'accoupjoit publiquement avec une femme de son espèce , à vingtquatre sols par tète : ^i__cet homme infâme, on le mit dans la même prison où étoient trente-deux représentais du peuple ! Là je l'ai vu ! Il en fut quitte pour quelques jours de captivité. Vos pas , sous les arcades , sont arrêtés par une fumée qui vous prend aux jambes :
vous regardez 5 c'est la flamme de la cuisine des restaurateurs ; et tout à côté des bals commencent dans les grottes souterraines. On apperçoit à travers les soupiraux , les rondes de filles qui sautent, qui ricanent, qui se ruent sur leurs cavaliers comme des bacchantes,