CHAPITRE X C I I
Les bals d'hiver.
Aux bals de printemps et d'été, à ces bals déjà très-nombreux, ont succédé rapidement ceux d'hiver. C'est une autre teinte , mais il n'y a point eu d'interruption pour ces plaisirs : partout des salles de danse ; car hélas ! ce qui favorise l'oisiveté parmi nous , l'oisiveté qui ronge le Parisien ( fainéant de son naturel) , l'oisiveté qui le tuera
avec
avec ses dix - neuf spectacles journalier s $ le règne de l'oisiveté , dis-je, est aussi continu dans la grande cité que la basse fondamentale d'un orchestre d'opéra.
Après l'argent , la danse est aujourd'hui tout ce que le Parisien aime, chérit , ou plutôt ce qu'il idolâtre.
Chaque classe a sa société dansante , et du petit au grand , c'est-à-dire du riche au pauvre , tout danse ; c'est une fureur, un goût universel. Ils dansent, les Parisiens, ou pour mieux dire, ils tourbillonnent • car rien de plus difficile pour eux que d'obéir à la mesure , et rien de plus rare parmi eux qu'une oreille musicale !
Sous le règne de la terreur les Parisiens , cois et tremblans , et n'osant pas même alors faire un journal ni arrêter une charrette , s'enfonçoient dans les spectacles ou dans les clubs et ne dansoient que dans les fêtes publiques, et quelquefois autour des échafauds: tout