CHAPITRE XCIIL
Bon patriotique.
C'est l'or et l'argent qu'on portoit de bon cœur sur l'autel de la patrie, pour subvenir à ses besoins. Un précis historique de tous les dons patriotiques faits depuis le commencement de la révolution y peut devenir le sujet .d'un ouvrage propre à honorer la nation. Je n'en citerai qu'un qui mérite la préférence, parce qu'il est un des premiers qui ait été fait.
Il est dans Paris quelques sociétés d'artisans qui, réunis volontairement par l'amour du travail et de la piété, présentent l'image pure de cette vie cénobite, que depuis long-temps on cherchoit en vain dans les cloîtres.
Parmi ces établissemens on distin-
( i5* ) /fcinguoit celui des Frères cordonniers de la rue de la grande Truanderie. Ces honnêtes et laborieux artisans avoient du produit de leurs travaux communs,
formé le capital de i56,65o livres , dont le placement entretenoit* parmi eux l'aisance et le fond des aumônes qu'ils faisoient. Ces excellens patriotes ont offert à l'assemblée nationale le sacrifice de leur petit trésor, en demandant seulement une pension pour les vieillards et les infirmes.