‹ Le Nouveau Paris (volume 5)Chapitre 3 sur 40 · Tome III B · texte numérisé non relu

Tome III B

mes aux pieds nus, dont tons les doigts étoient parés avec des diamans , que l'on sortoit du règne delà terreur? Tant de milliers d'hommes dévorés par lui , ne laissent aucunes traces ; et si des regrets pour le régime ancien se font entendre , ils sont devenus si usés , et l'aristocratie est descendue si bas, que l'on ne porte plus de ces éventails adroitement semés de fleurs-de-lys , ni de ces bonbonnières mystérieuses où un se^cret découvroit habilement les enseigués proscrites de la royauté. On ne parle plus même que comme d'un amusement bizarre des bals à la victime , que je ne dois pas passer sous silence.

Croïra-t-on dans la postérité que des personnes dont les parens étoient morts sur l'échafaud , avoient institué , non des jours d'affliction solennelle et com-r mune , où , rassemblées en habits de deuil, elles auroient témoigné leur donleur sur des pertes aussi cruelles , aussi récentes, mais bien des jours de danses

où il s'agissoit de valser , de boire et de manger à coeur-joie. Pour être admis au festin et à la danse , il falloit exhiber un certificat comme quoi l'on avoit perdu un père, une mère, un mari, une femme, un frère ou une soeur sous le fer de la guillotine. La mort des collatéraux ne donnoit pas le droit d'assister à une pareille fête. Est-ce la danse des morts de Holbein qui avoit inspiré une pareille idée? Pourquoi, au milieu du bruit des violons, ne fit-on pas danser un spectre sans tête ?

Vains efforts de F aristocratie pour former de nouveaux conciliabules ! tout ce qui porte l'empreinte d'un fanatisme ou d'une cérémonie bizarre, est fait pour s'évanouir promptement..

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