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LE DIVORCE

Gravure en couleurs du temps, sans nom d'auteur.

à l'appui de ce désordre. Elle seconde puissamment la pente au libertinage, entretenu par les excès de la gourmandise et de la bonne chère, par l'usage journalier des spectacles, des bals et de ces dissipations frivoles dont il n'y a aucun exemple chez aucun peuple de la terre.

Cette multitude de théâtres naturalise la paresse, tue les arts et les métiers qui demandent quelque suite, paralyse les bras, efféminé les esprits et cesse d'être un divertissement à force d'être répétés. Il n'y a plus de jours de loisirs

quand chaque jour le peuple est invité à perdre la moitié de la journée pour nourrir ou mal nourrir une phalange d'histrions. Les Parisiens ont la lasciveté des moineaux francs qui peuplent leurs toits ; ils sont encore plus volages et changent de femelle plus fréquemment qu'eux : la plupart n'ont pas même leur délicatesse dans leurs plaisirs. Aussi n'appai tient-il qu'à ce peuple de badiner, de rire avec le mal qui est la suite de la luxure. Il n'est pas un angle de porte, pas un mur qui ne soit triplement couvert d'imprimés portant annonce de remède pour la guérison radicale de la maladie vénérienne. On met dans la main des vieillards, des femmes, des jeunes filles mille annonces de ], ^ prétendus guérisseurs. Nul ne rougit de donner ou de recevoir le papier. Chaque quartier a sa maison de santé : ce sont des gâteaux- toniques, des pastilles, des dragéeschocolatés, etc. Ensuite des charlatans de même espèce, mais moins en vogue, lui jouent la comédie à cheval ou en cabriolet, et Pierrot distribue aux assistants des remèdes antisyphiliques au son des cymbales, des clarinettes et des cors de chasse.

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