LEVIS. LES LÈCHE-SEL
Le kaïak était prêt depuis longtemps, et Fritz, qui en avait été nommé capitaine, brûlait du désir de justifier ce titre. Nos travaux les plus importants et les plus pressés étaient terminés : rien ne nous empêchait donc plus de nous donner cette représentation et ce plaisir.
Au jour fixé nous étions tous réunis sur le rivage. Fritz dut se laisser investir solennellement de ses fonctions avant d'entrer dans le canot norvégien. Chacun de nous s'empressa autour de lui, en guise d'écuyer, pour rhabiller et Tarmcr comme il convenait. Ainsi revêtu, notre nouveau chevalier grœnlandais prit en main la double rame et les harpons, en jetant aux monstres marins defiêres menaces; après quoi, pareil à Neptune, il s'installa dans le kaïak.
Il se blottit sur les genoux dans le trou de Tembarcation. Son costume une fois adapté à la rainure ménagée autour de cette ouverture, et ses harpons placés à sa droite et à sa gauche dans leurs soutiens respectifs, il procéda à son gonflement, et ne tarda pas à ressembler à une grenouille géante. Ernest et Jacques, à l'aide d'une