‹ Le nouveau spiritualismeChapitre 11 sur 86 · Préface des Fragments philosophiques, 2 e édit., p · texte numérisé non relu

Préface des Fragments philosophiques, 2 e édit., p

mentané avec le moi, reflet pur encore, quoique affaibli, de cette lumière primitive qui découle du sein même de la substance éternelle, laquelle est tout ensemble substance, cause, intelligence. Sans l'apparition de la raison danslaconscience,nulleconnaissance,ni psychologique, ni encore moins ontologique. La raison est en quelque sorte le pont jeté entre la psychologie et l'ontologie, entre la conscience et l'être; elle pose à la fois sur Tune et l'autre; elle descend de Dieu et s'incline vers l'homme ; elle apparaît à la conscience comme un hôte qui lui apporte des nouvelles d'un monde inconnu, dont elle lui donne à la fois et l'idée et le besoin. Si la raison était personnelle , elle serait de nulle valeur et sans autorité hors du sujet et du moi individuel. Si elle restait à l'état de substance non manifestée, elle serait comme si elle n'était pas pour le moi, qui ne se connaîtrait pas lui-même. Il faut donc que la substance intelligente se manifeste; et cette manifestation est l'apparition de la raison dans la conscience. La raison est donc à la lettre une révélation nécessaire et universelle, qui n'a manqué à aucun homme, et a éclairé tout homme à sa venue en ce monde. La raison est le médiateur nécessaire entre Dieu et l'homme, ce Xéyo^ de Pythagoreet de Platon, ce Verbe fait chair qui sert d'interprète à Dieu et de précepteur à l'homme, homme et Dieu tout ensemble *. »

Voilà comment le chef de l'école éclectique prétend rentrer par l'analyse psychologique dans la voie de cette tradition métaphysique dont Platon fut le père, et que la théologie du xvii siècle avait renouvelée avec tant d'éclat par des maîtres qui s'appelaient Malebranche, Fénelon et Bossuet. Ici Victor Cousin se retrouve avec ses pairs, dont il sait si bien parler la

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