Préface des Fragments philosophiques, p
nu à cette hauteur, il oublie ou néglige ùlosophie, celle de Kant, de Schelhng : et si bien que celle de Descartes et de Reid Tet on sent qu'il est dans son elemen et siècle est celui qui convient a la nature et de son talent. .
îorie de la raison impersonnelle, Cousin s seulement la chaîne interrompue de la onicienne; il fait encore rentrer la plulole giron du sens commun. Questrce, en perception primitive, distincte de la con- Séchie, sinon le sens commun oppose a ïn faisant reposer toute la réalite objective
sur cette intuition spontanée, Cousin met la philosophie, filles de la réflexion, sous
sens commun, seul critérium désormais
scientifique ou philosophique. Il l'a dit en
forts et trop éloquents pour qu il n y ait
le citer encore. « Nul homme n'est etran-
1e des trois grandes idées qui constituent
à savoir la personnalité ou la liberté de mpersonnalité de la nature, et la proyieu. Tout homme comprend ces trois idées ent, parce qu'il les a trouvées^ d'abord retrouve constamment en lui-même. Les par leur petit nombre, par les absurdités rainent, par les troubles qu'elles engenrvent qu'à faire ressortir davantage l'unila foi de l'espèce humaine, le trésor de bon dans la conscience, et la paix et le bona pour une âme humaine à ne point se croyances de ses semblables. Laissez là is qui paraissent de loin en loin dans quel- 3 critiques de l'histoire, et vous verrez que artout les masses, qui seules existent, vivent
dans la même foi, dont les formes seules varient. Mais les masses n'ont pas le secret de leurs croyances. La vérité n'est pas la science; la vérité estpour tous, la science pour quelques-uns. Toute vérité est dans le genre humain ; mais le genre humain n'est pas philosophe *. »
Enfin, la théorie de la raison impersonnelle avait encore un mérite auquel l'éclectisme de Cousin était loin d'être indifférent : c'était de réconcilier la philosophie avec la religion. Sous les symboles dont l'enveloppe l'imagination, la religion n'est-elle pas, en effet, ce fond de croyances primitives auxquelles on donne le nom de sens commun ? D'où viendrait à la religion et au sens commun leur commune popularité, si elles n'avaient pas la même origine? Si l'on veut écarter les voiles qui recouvrent toutes les grandes vérités religieuses, on reconnaîtra aisément que le fond est identique, sous la diversité des formes symboliques. Entre une révélation de la raison spontanée et une révélation de la raison divine, quelle est la différence, après ce qui vient d'être dit sur la haute origine de cette raison impersonnelle qui est la nôtre? Donc la religion et la philosophie puisent à la même source, avec cette seule différence que l'une soumet l'inspiration primitive à la réflexion, tandis que l'autre y mêle l'imagination. On comprend alors comment notre philosophe a pu parler sincèrement des deux sœurs immortelles dont la lutte a rempli jusqu'ici le monde de trouble, et l'âme humaine d'angoisse, mais qui doivent vivre en paix désormais, sous la charte de l'éclectisme. Car, selon la théorie, elles ne sont pas seulement toutes deux filles de l'esprit humain; elles ont la raison même pour mère commune. Quand donc on les oppose l'une à