‹ Le nouveau spiritualismeChapitre 2 sur 86 · Pentiei, p. 296. Éd. flavet · texte numérisé non relu

Pentiei, p. 296. Éd. flavet

PRÉFACE xi

Si l'Homme-Dieu n'est plus que l'homme divin, quelle sera sa puissance sur l'âme chrétienne? Quel maître de morale vaudra jamais celui dont le croyant peut dire : « Ce n'est pas un fils de Dieu, c'est Dieu lui-même qui m'instruit par sa parole, sa vie et sa mort.» La foi ne fait pas seulement les héros, les martyrs et les saints, elle est la force de bien des sages auxquels ne suffit point la raison. Socrate lui-môme eût-il eu une confiance aussi ferme dans son admirable conscience, s'il n'eût pas cru y entendre une voix divine? Les stoïques ont montré ce que peut la droite raison : apprendre à vivre et à mourir. Ce fut la gloire immortelle du Portique d'avoir sauvé la dignité humaine dans ce vieux monde que le Christianisme seul pouvait régénérer. Imagine-t-on ses philosophes faisant l'éducation des barbares conquérants de l'empire romain?

Le plus grand miracle de la religion, celui que nulle science, nulle philosophie, nulle raison ne peut faire comme elle, c'est la consolation des cœurs blessés. En enseignant son Dieu aux sages, aux forts, aux vaillants de ce monde, la philosophie peut leur dire : « Contemplez, admirez, oubliez vos misères devant le sublime spectacle de l'ordre universel. » À la religion seule du Dieu fait homme appartient la vertu de consoler les faibles et Jes affligés, en leur montrant le Calvaire. Qui console le mieux la mère pleurant aux pieds du Crucifié l'enfant arraché de ses bras par la marâtre Nature? Est-ce la vision mystique de cet enfant emporté au ciel sur les ailes des anges, si douce qu'elle soit au cœur d'une mère? N'est-ce pas le dialogue muet et intime entre le Dieu qui a porté sa croix, et la pauvre âme qui, elle aussi, a souffert sa passion? « Seigneur, je succombe à ma douleur. » — « Je pensais à toi dans mon agonie; j'ai versé telles gouttes de sang pour toi 1 . » C'est Pascal qui parle. On ne console de telles tris-

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