‹ Le nouveau spiritualismeChapitre 21 sur 86 · Esquisse d'une philosophie 1. II., chap. n, p · texte numérisé non relu

Esquisse d'une philosophie 1. II., chap. n, p

arrive à se faire quelque idée de la liberté de l'être parfait. C'est à la psychologie que nous devons cette lumière. Encore faut-il convenir que nous comprenons mal comment la liberté se change en son contraire dans le sein de l'absolu, et que le mot nécessité est impropre à exprimer la liberté parfaite.

C'est encore ce qui arrive à l'auteur à propos de la définition de la matière. Avec saint Augustin, Malebranche, Spinosa, Fénelon et les Pères alexandrins, il définit la matière le principe qui limite l'être : « Tout ce qui peut être, ayant son type, son modèle éternel en Dieu, toute créature n'est qu'un de ces types actuellement réalisés hors de Dieu, sous la condition nécessaire d'une limite effective, sans laquelle il ne serait jamais un être véritable, mais une simple idée subsistante seulement dans l'entendement divin. Et puisque la limitation qui individualise hors de Dieu le modèle immuable, éternel, existant en Dieu, n'a pas moins de réalité que l'être même auquel elle est inhérente essentiellement, la matière, au moyen de laquelle s'opère cette limitation, est réelle aussi et substantielle. Mais, en même temps, son unique fonction étant de limiter, tout ce que les êtres ont de positif et d'intelligible, étranger à leur élément matériel, appartient à ce qu'il y a de spirituel en eux. Car la matière n'est concevable que sous une notion négative ; elle termine l'objet de la vision; invisible elle-même, elle ne laisse pas d'aider la connaissance. Par cela même qu'elle est invisible, elle manifeste ce qui peut être vu, comme l'ombre manifeste la forme ou les contours du corps lumineux, comme la ligne insaisissable qui dessine les rivages bornés par la mer, manifeste, en la terminant, leur configuration... *. Il n'existe point de pure matière;

Page 1