‹ Le nouveau spiritualismeChapitre 26 sur 86 · lbid. t p · texte numérisé non relu

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le côté où elle se rapproche de la théologie de saint Jean et des Pères alexandrins. Au fond, il appartient à cette grande école métaphysique qui , par l'organe de ses théologiens, comme de ses philosophes, maintient avec fermeté l'existence, l'activité propre, l'autonomie des individus, de manière à éviter la double erreur du panthéisme et de l'empirisme. C'est ce qui lui fait repousser, malgré sa grande admiration, la doctrine de Spinosa, et préférer, sauf la forme mystérieuse, la théologie qui fait du Saint-Esprit la troisième Personne de la nature divine. La raison en est simple, puisque cette troisième Personne est l'Amour, le principe auquel notre philosophe accorde la plus large part dans l'explication du mystère de la vie et de l'existence. Spinosa, très fort sur l'Être universel, et même sur l'intelligence, au sens de Pierre Leroux, a oublié le Saint-Esprit, c'est-à-dire le principe même de la création. « Théologiquement, Spinosa met en oubli ce qui est dans les attributions personnelles du Saint- Esprit ; et les conséquences de cet oubli sont énormes. La plus énorme, si je ne me trompe, est que, si le Saint- Esprit n'existe pas, la création n'existe pas. Tant que l'intelligence, dans son entente métaphysique de Dieu, n'a point fait apparaître la troisième hypostase, la procession des créatures hors de Dieu ne peut être conçue. Ce n'est que parla vertu de ce troisième terme que Dieu est agissant, et est par conséquent créateur... Ne pouvant avoir un but extérieur à lui, n'en ayant point en lui, Dieu demeurerait donc éternellement dans la contemplation solitaire de sa pensée, sans manifester par aucun acte son infinie puissance de produire. »

La formule de sa doctrine est donc toute théologique. C'est la célèbre Triade, qu'on retrouve dans tous les grands livres de théologie métaphysique. Ce qui fait l'originalité de cet aventureux philosophe, c'est qu'il a

constamment poursuivi la pensée de l'adapter à la science moderne. « La révolution opérée dans la théologie par l'introduction du dogme de la Trinité n'était point un écart de la marche ordinaire de l'esprit humain dans le perfectionnement de ses idées. Quoique produite en apparence par une explosion improvisée, elle s'était pendant longtemps préparée en silence dans le sein du genre humain, avant que de venir à terme et de paraître *. » Il va jusqu'à la comparer à la loi de Newton. L'auteur ne force-t-il pas l'analogie entre deux révélations d'un caractère si différent, en rapprochant le principe métaphysique de la Trinité de la loi physique de l'attraction, et en faisant observer que ce dernier principe, de même que l'autre, n'est, en définitive, qu'un véritable à priori, par lequel Newton , bien que d'ailleurs admirablement préparé par les découvertes antérieures, s'est élevé d'un bond à une explication générale, prouvant bien que tout se passait comme si le principe était vrai, mais n'en démontrant effectivement la vérité par aucun argument positif 2 . Il a montré, par ce rapprochement plus ingénieux que vrai, combien l'imagination tient plus de place que la critique dans son érudition toujours aventureuse.

Mais il faut l'entendre : « Le principe de la Trinité en théologie, comme en astronomie celui de l'attraction, se justifie donc analytiquement par sa simplicité et sa convenance, et il n'y a pas plus de raison de s'inscrire contre l'un que contre l'autre, puisqu'ils possèdent tous deux, chacun dans sa sphère, même pour la critique la plus stricte, un caractère pareil de majesté. Il y a quelque chose de plus ; car lé dogme de la Trinité, n'étant point extérieur à l'homme, mais s'y

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